BOEING

Boeing, en difficulté sur tous ses modèles civils

Valeurs Actuelles récapitule les ennuis de Boeing qui, outre des raisons conjoncturelles (la crise pandémique affecte particulièrement le segment longcourrier), « rencontre des problèmes sur toute sa gamme d’appareils civils pour une raison assez simple à résumer : ses avions sont vieux ». Il est bien sûr question du Max, de l’arrêt de production du 747, et des deux incidents qui ont récemment frappé le 777, le 777-200 motorisé par Pratt & Whitney qui a perdu un réacteur au-dessus de Denver, et un 777 cargo affrété par la compagnie russe Rossiya, qui a dû atterrir d’urgence sur l’aéroport de Cheremetievo (Moscou). Ici, les pilotes avaient détecté un problème sur le capteur de contrôle du moteur. A ces déboires il faut ajouter ceux d’un appareil relativement récent, le Dreamliner, dont certains exemplaires connaissent des défauts au niveau du stabilisateur horizontal et des joints sur le fuselage. Le Dreamliner appartient à la catégorie des long-courriers, et presque tous les appareils de ce segment sont aujourd’hui cloués au sol, foudroyés par la crise.

Valeurs Actuelles – 04/03

Boeing, mis à l’amende par la FAA

La FAA a infligé, à Boeing, une amende de 6,6 millions de dollars pour « divers manquements à la sécurité ». Le régulateur reproche ainsi, au constructeur, d’avoir exercé une « pression excessive » parmi ses effectifs de Caroline du Sud, lors de l’inspection d’un Dreamliner, dont les défauts de fabrication se firent jour plus tard. Ce n’est pas la première fois que Boeing est mis à l’amende par la FAA. En 2015, une promesse non tenue de modification des « processus internes » avait valu à l’avionneur une amende de 12 millions de dollars. Malgré cette pénalité, la négligence de ces normes avait perduré. « J’ai répété à maintes reprises aux dirigeants de Boeing que la société devait donner la priorité à la sécurité et au respect des normes », a déclaré Steve Dickson, le patron de la FAA. Certaines inspections de Boeing, menées entre novembre 2017 et juillet 2019, étaient supervisées par des personnes non habilitées par la FAA. Les « pressions indues » de la direction, sur certains employés, avaient coûté à Boeing 1,1 million de dollars, puis encore 184 522 dollars pour sanctionner une inspection de Dreamliner en février 2020. Après le discrédit du Max, qui entache la réputation de Boeing et de la FAA, tous deux se retrouvent sur la sellette avec l’incident récent du 777 dans le Colorado.

AFP – 25/02

777. Le capot de soufflante devait être modifié

Avant même l’incident de Denver, depuis 2018 en fait, Boeing et la FAA discutaient d’un nouveau capot de soufflante pour le moteur du 777 (fabriqué par Pratt & Whitney). Des mésaventures comparables à celles de Denver avaient été recensées sur des vols opérés par United Airlines, Japan Airlines (777) et Southwest Airlines (737). Pourquoi deux ans ? « Toute modification proposée sur la conception d’un élément crucial de la structure doit être soigneusement évaluée et testée, pour s’assurer qu’elle offre un niveau de sécurité équivalent ou amélioré et n’introduit pas de risques involontaires », plaide la FAA. Le nouveau capot doit répondre à des problèmes de résistance structurelle et d’humidité.

AFP – 25/02

Max. Le régulateur chinois prend son temps…

Le régulateur chinois dit être en « pleine communication » avec Boeing et la FAA pour la remise en vol du 737 Max, mais il reste de « sérieux problèmes de sécurité » à résoudre. Lorsqu’ils l’auront été, un examen final de l’avion sera réalisé. La Chine fait valoir trois étapes avant recertification : les correctifs de l’appareil doivent être approuvés, les pilotes doivent être formés en conséquence, et les conclusions des rapports d’accident, en Ethiopie et en Indonésie, doivent être claires. Les commandes de Boeing en Chine se sont significativement appauvries en quatre ans, alors que les tensions entre Washington et Pékin n’ont cessé de s’alourdir. Dave Calhoun, le dirigeant de Boeing : « Les choses se calmeront et les Chinois voudront de nouveau acheter des avions ». Air China, China Southern Airlines et China Eastern Airlines, ainsi qu’une dizaine d’autres transporteurs, sont clients du Max.

Bloomberg – 01/03

Atterrissage d’urgence d’un cargo 777 à Moscou

Un Boeing 777 de la compagnie russe Rossiya Airlines a dû atterrir d’urgence à Moscou, sur l’aéroport international de Sheremetyevo. L’appareil assurait un service de fret, et desservait des liaisons vers Hongkong et Madrid. La cause de l’incident, qui n’a fait aucun blessé, serait due à un problème de moteur. Ce nouveau déboire du 777 rappelle évidemment celui du Colorado, et la mise en cause des pales de la soufflante équipant le moteur de Pratt & Whitney. A noter que le 20 février, un cargo 747-400 de Longtail Aviation subissait, lui aussi, une panne de moteur, encore un Pratt & Whitney, peu après le décollage de Maastricht.

Bloomberg – 26/02

Le Max, autorisé en Australie

Le régulateur australien autorise le 737 Max à voler dans son espace aérien, « convaincu de sa sécurité » et acceptant les exigences de la FAA pour sa recertification, comme le « certificat type » propre au Max. L’Australie est le premier pays de la zone Asie-Pacifique à lever cette interdiction de vol. Si aucune compagnie aérienne du pays n’opère de Max, Fidji Airways et Singapore Airlines l’exploitent pour leurs liaisons avec l’Australie. Reuters –