DÉFENSE

La guerre en Ukraine incite les armées à accélérer la limitation de leurs dépendances énergétiques

Le Monde observe que les projets se multiplient au sein de l’armée française pour limiter la consommation en carburant et en électricité. La question de la dépendance énergétique est « devenue incontournable pour l’armée française comme pour d’autres armées du monde depuis la guerre en Ukraine », relève le quotidien. L’armée de l’Air et de l’Espace est celle qui consomme le plus de carburants au sein des armées : 70% du total. La solution privilégiée à ce stade réside dans les carburants de synthèse, que ce soit pour la marine ou pour l’aviation. Au Royaume-Uni, la Royal Air Force porte un projet de carburant de synthèse avec une société dénommée Zero Petroleum et a réussi en novembre 2021 un premier vol d’appareil. Le 3 février, la DGA a également effectué, dans le sud de la France, un premier vol d’essai avec un hélicoptère militaire NH90 de l’armée de Terre, dont un des deux moteurs était alimenté par un réservoir rempli à 84% de carburant d’aviation à base d’huile de cuisson usagée, et ce, « sans modification de l’aéronef ni du moteur », une « première mondiale », selon la DGA. « De manière générale, les efforts concernant l’énergie dite « non opérationnelle », qui concerne notamment les bâtiments et la mobilité courante, ne sont pas différents de ceux observés dans le monde civil, mais elle ne représente que 25% de la consommation énergétique des armées », résume Nicolas Regaud, conseiller climat du major général des armées. « En revanche, la marche est très haute et très compliquée pour l’énergie liée aux opérations et à la préparation opérationnelle », ajoute-t-il, d’autant que les systèmes d’armes sont de plus en plus énergivores, du fait notamment de l’accroissement des systèmes électroniques embarqués.

Le Monde du 11 avril

Quelle prise en compte du réchauffement climatique par l’armée française ?

Le Monde rappelle que la France s’est dotée il y a un an d’une stratégie « climat et défense », associée à la création d’un poste de Conseiller climat auprès du major général des armées, dont la mission est notamment de piloter l’adaptation des armées au changement climatique. « La navigation dans des mers de plus en plus chaudes affecte le refroidissement des machines, favorise l’accumulation de micro-organismes à la surface des coques des bâtiments, ce qui affecte la vitesse de navigation et la maintenance, tandis que le réchauffement climatique amène de plus en plus souvent à naviguer en mer Arctique, qui est un environnement particulièrement éprouvant », explique le Conseiller climat, Nicolas Regaud. Les armées travaillent à la réduction de leurs émissions de carbone, en particulier dans le domaine des énergies dites « non opérationnelles » (pour les infrastructures et le fonctionnement quotidien, hors opérations). En revanche, l’atténuation des émissions liées à l’énergie « opérationnelle » est jugée plus difficile, la décarbonation des grandes plates-formes de combat n’étant pas envisagée avant plusieurs décennies. « Nous sommes très contraints sur le plan technologique et aussi du fait de la durée de vie opérationnelle des matériels en service. En outre, la mission première des armées n’est pas d’émettre moins mais d’être victorieuses en cas d’affrontement », souligne Nicolas Regaud.

Le Monde du 12 avril

Le rachat de la PME Segault par un groupe américain suscite des inquiétudes

La PME française Segault, spécialiste de la robinetterie des situations extrêmes (nucléaire, pétrochimie et aéronautique), est une filiale du groupe canadien Velan, qui fait l’objet d’une OPA, lancée le 10 février dernier par l’américain Flowserve. Arnaud Montebourg, ancien ministre de l’Économie et des Finances sous la présidence de François Hollande, vient d’envoyer une lettre à Bruno Le Maire pour s’alarmer de cette opération. « La loi américaine dite USA Patriot Act promulguée en 2001 permet au gouvernement américain de demander à toute entreprise américaine, sans aucune autorisation judiciaire ni la moindre motivation, n’importe quelle information dans le cadre d’enquêtes unilatérales et hors de tout contrôle, effectuées par ses services de renseignements extérieurs, relevant notamment de l’activité d’espionnage », écrit Arnaud Montebourg. L’ancien ministre, associé au fonds d’investissement Otium Capital, propose de se porter lui-même acquéreur de la PME. Les produits de Segault équipent notamment les sous-marins nucléaires français et de nombreuses centrales nucléaires dans le monde, précise Le Figaro.

Ensemble de la presse du 12 avril

La Russie mène un tir d’essai d’un missile intercontinental « avancé »

Mardi 11 avril, le ministère russe de la Défense a déclaré avoir procédé au lancement d’essai d’un missile balistique intercontinental « avancé » depuis le site d’essai Kapustin Yar. « L’ogive d’entraînement du missile a touché une cible fictive sur le terrain d’entraînement de Sary Shagan (République du Kazakhstan) », ajoute le communiqué, sans préciser le type d’ICBM utilisé. L’exercice avait pour but « de tester des équipements avancés de combat ». « Ce lancement a permis de confirmer l’exactitude de la conception des circuits et des solutions techniques utilisées dans le développement de nouveaux systèmes de missiles stratégiques », se félicite le ministère de la Défense. Fin février, Vladimir Poutine avait annoncé la mise en service cette année du missile balistique intercontinental Sarmat, présenté comme capable de « déjouer tous les systèmes antiaériens ».

Les Echos du 12 avril

La loi de programmation militaire renvoyée au Conseil Constitutionnel

L’Assemblée nationale a demandé au ministère des Armées de revoir l’étude d’impact qui accompagne la loi de programmation militaire, la jugeant « insuffisante et pas assez argumentée » et a renvoyé le texte au Conseil constitutionnel. Ce dernier a désormais une semaine pour se prononcer sur la validité ou non de cette étude d’impact. « Sur 100 Md€ de dépenses supplémentaires, on parle d’un impact de 30 Md€ pour l’inflation, de 66 Md€ pour financer de nouvelles priorités comme la cyber ou le spatial et, entre temps, toute la défense continentale est amoindrie avec une baisse des cibles d’acquisition de 185 à 137 avions Rafale à l’horizon 2030 » a déclaré Olivier Marleix, le président des députés Les Républicains à l’origine du renvoi, « on nous vend un effort historique, mais nous serons très attentifs à ce qu’il le soit », souligne-t-il. Le ministère des armées s’est déclaré serein dans l’attente de l’avis du Conseil constitutionnel, qui arrivera en fin de semaine prochaine et ne mettra pas en retard l’examen du texte au Parlement, prévu en mai. « Notre LPM et son étude d’impact ont été validés par le Conseil d’État et présentées au Haut Conseil des finances publiques », a déclaré le porte-parole du ministre des Armées, Sébastien Lecornu.

Ensemble de la presse du 13 avril

Un accord majeur entre Embraer et Saab sur les programmes C-390 et Gripen E

Embraer et Saab ont signé un important protocole d’accord (MoU) au salon LAAD Defence & Security qui se tient à Rio de Janeiro jusqu’au 14 avril. Il vise à renforcer leur collaboration sur le développement commercial et les opportunités d’ingénierie pour l’avion de transport tactique C-390 Millenium ainsi que pour le chasseur Gripen E. Avec cet accord, l’avionneur brésilien pourra s’appuyer sur son partenaire suédois pour proposer son C-390 à l’armée de l’Air suédoise. Embraer et Saab évalueront également l’intégration d’équipement et des systèmes Saab à bord de l’avion de transport militaire. De son côté, l’avionneur suédois pourra s’appuyer sur Embraer dans le cadre du contrat des Gripen E brésiliens pour de nouvelles opportunités commerciales, au Brésil et en Amérique latine, et notamment grâce à la chaîne d’assemblage final et au Gripen Flight Test Centre (GFTC) implantés chez Embraer à Gavião Peixoto. Le Brésil avait commandé 36 chasseurs Gripen NG à Saab en 2014, une commande que l’armée brésilienne souhaiterait voir augmenter d’une trentaine d’appareils. Les premiers Gripen E de série de la FAB (Força Aérea Brasileira) sont entrés en service il y a un an.

Ensemble de la presse du 13 avril

Portrait de Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN

Le Figaro consacre un portrait au norvégien Jens Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN. Après trois mandats successifs, le dirigeant quittera ses fonctions en octobre prochain. En fonction depuis 2014, il a vu son mandat prolongé à l’unanimité en mars 2022 et s’est attelé à « la réorganisation la plus importante de la défense collective de l’Alliance depuis la guerre froide », selon ses mots. Fin juin 2022, il a validé un renforcement de l’OTAN sur son flanc oriental avec quatre nouveaux groupements tactiques en Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Slovaquie et a porté à plus de 300 000 militaires les forces à haut niveau de préparation de l’OTAN. La Finlande est devenue, le 4 avril 2023, le 31ème pays membre de l’Alliance atlantique, une « journée historique » saluée par les dirigeants de l’OTAN, qui demandent désormais à la Turquie et à la Hongrie de ratifier l’adhésion de la Suède pour le sommet de Vilnius, en juillet prochain, que Jens Stoltenberg présidera pour la dernière fois en tant que secrétaire général.

Le Figaro du 14 avril

La Corée du Nord déclare avoir tiré un « nouveau type » de missile à combustion solide

La Corée du Nord a confirmé avoir tiré jeudi 13 avril un « nouveau type » de missile balistique intercontinental (ICBM) à combustible solide. Le dirigeant Kim Jong Un s’est félicité de ce qu’il a présenté comme une étape majeure dans le programme d’armement du pays. Tous les missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) lancés jusqu’à présent par la Corée du Nord étaient à combustible liquide. Les missiles à combustible solide, que Pyongyang cherche depuis longtemps à mettre au point, « sont plus stables et plus rapides à préparer pour un lancement, ce qui peut rendre plus difficile leur détection et leur destruction par les forces américaines », précise Le Monde.

Le Monde du 14 avril