Egalité femmes-hommes :

Nouvelle étape pour l’index égalité entre femmes et hommes en entreprise

L’index créé pour mesurer les écarts de rémunération est entré en vigueur il y a deux ans. Pour la deuxième fois ce lundi, toutes les entreprises concernées (celles de plus de 50 salariés) doivent publier le leur. Les évolutions prévues n’interviendront pas cette année.

Instauré avec la loi « Pour la liberté de choisir son avenir professionnel » de septembre 2018, l’index de l’égalité professionnelle censé réduire l’écart des rémunérations des femmes vis-à-vis des hommes est rentré dans les moeurs des entreprises. Avec pour la deuxième fois une publication simultanée, ce lundi, des notes par toutes les entreprises qui ont obligation de la calculer une fois par an.

Pour rappel, l’index est calculé à partir de 4 ou 5 critères avec une note maximum de 100. Au-delà de 75, ça passe. En dessous, l’entreprise doit prendre des mesures correctrices sous trois ans, faute de quoi elle peut être sanctionnée d’une amende allant jusqu’à 1 % de sa masse salariale. A ce stade, l’administration a procédé à 270 mises en demeures, dont 228 pour non-publication de l’index, et une trentaine pour inaction. Six ont dû passer à la caisse.

Marge de progression

Compte tenu de la tolérance accordée aux employeurs pour respecter l’échéance du 1er mars, surtout en ces temps troublés économiquement, le ministère attendra la journée internationale des droits des femmes le 8 mars pour donner les résultats de la dernière salve de publication. Du côté des entreprises de plus de 1.000 salariés, les premières à avoir été soumises à l’exercice , les taux de réponses sont de 100 %. Pour celles de 250 à 999, le dernier comptage faisait état d’un taux de déclaration de 83 %, et de 60 % parmi les 50 à 249 salariés, les dernières à être entrées dans la danse. « Ce sont elles qui ont le plus de marge de progression », résume-t-on au ministère.

Nouvelles propositions pour mieux cerner les inégalités entre femmes et hommes

Au-delà de la participation qui ne peut qu’augmenter, c’est l’évolution des notes, critère par critères, qui va être scrutée à la loupe. Côté cancres, la situation s’améliore : en septembre on ne comptait que 4 % d’entreprises de plus de 1.000 salariés en dessous de 75, contre 17 % lors du premier comptage de mars 2019. En haut de l’échelle, seules 2 % des entreprises qui ont répondu affichaient 100/100.

Plafond de verre

Entre les deux, la note moyenne ressortait à 84 points, toujours au dernier comptage. Pour les critères 1 (écart de rémunérations), 2 (augmentations annuelles) ou 3 (promotions), les résultats s’affichent dans le haut des fourchettes, mais les grilles de calcul ne sont pas exemptes de critiques . Pour les deux derniers, les entreprises peuvent mieux faire, et pas qu’un peu.

Ainsi, une entreprise sur sept ayant publié son index toutes tailles confondues n’a pas satisfait à son obligation de réévaluer la rémunération des salariées de retour de congé maternité quand des augmentations, générales ou individuelles, ont eu lieu durant leur absence (critère 4). Quant à la parité parmi les dix plus hautes rémunérations (5), seules un quart des répondants peuvent se targuer des 10 points maximum, tandis qu’un gros tiers affiche un zéro pointé !

Pas d’évolution cette année

Pour lutter durablement contre ce plafond de verre, la ministre du Travail, Elisabeth Borne, a promis en octobre dernier une concertation avec les partenaires sociaux pour définir un nouvel indicateur mesurant la part des femmes dans les cadres dirigeants . Seuls des échanges informels ont eu lieu depuis, indique-t-on dans son entourage. En l’état actuel des réflexions, cet indicateur pourrait ne s’appliquer que pour les entreprises de plus de 1.000 salariés. Elargi au-delà du comité exécutif et du salaire, il vivrait sa vie en parallèle de l’index égalité professionnelle.

A l’autre bout du spectre, la prise en compte du poids des femmes dans les bas salaires va faire l’objet d’une mesure spécifique, dans l’index cette fois-ci. Là encore, ce ne sera pas pour cette année, le ministère renvoyant aussi à la concertation en cours sur la revalorisation des métiers dits de la deuxième ligne occupés majoritairement par des femmes. https://embed.acast.com/la-story/loicope-zimmerman-10ansapres-camarche

Fonctions dirigeantes : propositions « prochainement » assure Elisabeth Borne

L’index égalité professionnelle ? Un outil « très efficace » pour mesurer les écarts de rémunérations entre les femmes et les hommes et qui permet de « progresser », a jugé la ministre du Travail, Elisabeth Borne, ce dimanche sur Bfm. Une entreprise dont la note est mauvaise, « ça se sait », a-t-elle souligné pointant l’enjeu de réputation, même si l’index n’épuise pas le sujet. Le gouvernement fera ainsi des propositions « prochainement » pour une plus grande parité dans les fonctions de direction en entreprise.

Alain Ruello – Les Echos

Egalité femmes-hommes : un nouveau critère pour les cadres dirigeants

Dans une interview au « Parisien », la ministre du Travail, Elisabeth Borne, indique son intention de créer un nouveau critère d’évaluation des entreprises sur l’égalité femmes-hommes, portant sur la place des femmes dans les cadres dirigeants.

Le gouvernement va renforcer les dispositifs pour améliorer l’égalité entre les femmes et les hommes au sein des entreprises. La ministre du Travail, Elisabeth Borne, a indiqué ce week-end dans une interview au « Parisien » avoir l’intention d’engager une concertation avec les partenaires sociaux pour ajouter un nouvel indicateur sur lequel les entreprises seront jugées : la part des femmes dans les cadres dirigeants.

Aujourd’hui, 37 % des entreprises comptent moins de deux femmes parmi les dix plus hautes rémunérations, ce que la ministre juge « choquant ». Elle estime qu’il y a « toujours un plafond de verre » dans ce domaine. Cet indicateur rentre déjà en compte dans le calcul de l’indice global de l’égalité femmes-hommes. Cinq critères entrent jusqu’à présent en jeu : l’écart de rémunération, l’écart dans les augmentations annuelles, dans les promotions, les augmentations au retour de congé maternité et enfin la présence de femmes parmi les plus gros salaires de l’entreprise. Pour « changer les choses durablement », selon la ministre, l’indicateur portera non plus uniquement sur les salaires mais aussi sur la part des femmes parmi les dirigeants de l’entreprise. Les critères précis seront négociés entre les partenaires sociaux.

Près de 17.000 entreprises n’ont pas donné leur indice

Depuis mars 2019, chaque entreprise d’au moins 250 salariés doit calculer et publier tous les ans sur Internet son indice d’égalité femmes-hommes et depuis mars 2020, c’est aussi le cas pour les entreprises de 50 à 250 salariés . « En mars 2020, 77 % des entreprises de plus de 1.000 salariés avaient renseigné leur indice. Elles sont aujourd’hui 97 % », a indiqué Elisabeth Borne. Parmi celles de moins de 250 salariés, « 52 % ont fait l’effort de le remplir malgré le contexte sanitaire et économique », a ajouté la ministre, qui insiste : « La crise ne doit pas faire passer au second plan la lutte contre les inégalités salariales. » Il reste tout de même 16.680 entreprises de 50 à 250 salariés qui ne l’ont pas encore rempli.

Deux entreprises sanctionnées

Il y a aussi celles dont l’indice sur l’égalité est trop bas. Ainsi, 19 entreprises ont obtenu une note inférieure à 75 points sur 100 en 2019, la barre en dessous de laquelle les « mauvais élèves » doivent prendre des mesures correctives. Safran a quitté la liste des cancres en matière d’égalité femmes-hommes. Mais d’autres y sont toujours. Actuellement, Derichebourg Propreté « stagne à 62, Socotec Equipements régresse à 65 et Securitas France à 69 », a expliqué la ministre, en nommant publiquement les entreprises pour les inciter à faire plus sur ce sujet. « Deux entreprises ont été sanctionnées. L’une d’elles devra payer une amende équivalente à 0,8 % de sa masse salariale », a déclaré la ministre, précisant que des secteurs « sont à la traîne », comme ceux de la construction, de l’énergie ou des industries extractives.

Guillaume de Calignon

Accès aux postes de direction, rémunération : les écarts F/H persistent

08/03/2021

Selon une étude publiée, le 5 mars, par le cabinet Robert Walters, les inégalités femmes-hommes persistent au travail. S’agissant d’évolution de carrière, les femmes ne se sentent pas sur un pied d’égalité avec les hommes. En effet, 63 % d’entre elles pensent qu’il est plus difficile d’obtenir une promotion quand on est une femme contre seulement 28 % des hommes. Femmes et hommes sont néanmoins d’accord (80%) pour affirmer que les premières sont sous-représentées aux postes de direction.
Côté rémunération, elles sont également moins satisfaites que les hommes. En effet, 45 % des répondantes estiment que leur salaire ne reflète pas fidèlement leurs expérience et compétences, contre 31 % des hommes. De même, des différences persistent en matière d’inclusion. Elles ne sont pas convaincues de la place qui leur est accordée au sein de l’entreprise : 35 % d’entre elles pensent que leurs opinions ne comptent pas autant que celles des autres collaborateurs, contre seulement 22 % des hommes.

ActuEL CSE

Index femmes-hommes : les grandes entreprises les plus inégalitaires montrées du doigt

Une PME sur deux a publié son index de l’égalité salariale. 5 % à 10 % des entreprises de plus de 50 salariés seraient hors des clous, selon un premier bilan du ministère du Travail présenté ce jeudi. Parmi les plus grandes entreprises, Alsace croisières CroisiEurope affiche le plus mauvais score, suivi de près par Ufifrance Patrimoine et Derichebourg Propreté.

Une première photo pour les PME, un début de film pour les plus grandes entreprises. Ce jeudi, le ministère du Travail a rendu publique la première édition complète de son index de l’égalité femmes-hommes – qui mesure la réalité des inégalités salariales, des promotions et du plafond de verre dans les entreprises. L’obligation de calculer et de publier cet indicateur chaque année, inscrite dans la loi Avenir professionnel , est entrée en vigueur en trois étapes. Il y a un an, elle s’est imposée aux employeurs d’au moins 1.000 personnes , avant d’être étendue le 1er septembre 2019 à ceux de 250 à 999 salariés, puis,dimanche dernier, aux employeurs de 50 à 299 salariés .

Une PME sur deux a publié son index

Environ 32.000 PME, soit une sur deux, avaient publié leur index quelques jours après la date butoir, selon les chiffres rendus publics ce jeudi. C’est certes moins bien que les plus grandes, qui sont 83 % dans ce cas. Mais outre le fait que c’était une première pour les PME, elles sont moins équipées en gestion des ressources humaines. « Cela montre un bon niveau d’appropriation par les employeurs », se félicite le ministère du Travail.

https://2559dfb0663a5afb996f4e1c3aa1d170.safeframe.googlesyndication.com/safeframe/1-0-37/html/container.html On commence à être en mesure d’évaluer le nombre d’entreprises de plus de 50 salariés dont l’index serait inférieur à 75, et donc hors des clous. « Si on fait des projections à partir des derniers résultats, on arrive au chiffre de 2.000 à 3.000, soit 5 à 10 % des entreprises et entre 200.000 et 400.000 femmes », estime-t-on dans l’entourage de Muriel Pénicaud. Et de prévenir : « Il faut qu’elles agissent vite, sinon dans deux ans pour les plus de 1.000 salariés et trois ans pour les autres, elles encourent une amende pouvant aller jusqu’à 1 % du chiffre d’affaires. »

L’heure du « name and shame »

Pour renforcer la pression, l’heure est venue du « name and shame », tout du moins pour les plus gros employeurs. Muriel Pénicaud s’y était engagée l’an dernier, le ministère du Travail va publier ce vendredi matin sur son site la liste des entreprises de plus de 1.000 salariés avec leur score. Le César des inégalités revient cette année à Alsace croisières CroisiEurope – avec un score de 51 – tandis que 10 entreprises se disputent la première place, atteignant le score maximum de 100.

Les premiers résultats présentés ce jeudi ne montrent pas de grandes différences de performance globale selon la taille des entreprises. Le score moyen varie entre 83,4 points entre 50 et 250 salariés et 87,4 points pour les plus de 1.000 salariés (+ 4,5 points par rapport à 2019). La hausse moyenne observée pour les grandes entreprises depuis un an semble montrer que le dispositif a un impact sur les employeurs, même si, comme le souligne Muriel Pénicaud, 19 entreprises étaient en dessous du seuil de 75 points en 2019 et le sont toujours aujourd’hui.

Le plafond de verre a la vie dure

« La problématique des inégalités, cependant, n’est pas la même selon la taille des entreprises », note le ministère du Travail. Le plafond de verre, mesuré par le nombre de femmes parmi les 10 plus hauts salaires, est moins présent dans les PME, avec un score moyen de 4,5/10 contre 3,7/10 chez les plus grandes entreprises. Comme l’an dernier, une grande entreprise sur dix a au plus une femme dans ses 10 plus hauts salaires.

Les inégalités salariales sont en revanche plus marquées dans les PME que dans les grandes entreprises, avec un score sur cet indicateur de 34/40 contre 37,3/40. Ces données doivent cependant être maniées avec précaution pour deux raisons. D’abord, dans beaucoup de PME, en particulier de moins de 150 salariés, l’indicateur serait « incalculable ». En outre, le mode même de calcul de cet indicateur rend son résultat discutable.

Il est en tout cas un point sur lequel l’entrée en vigueur de l’index est en train de changer la donne : le respect de l’obligation d’augmenter les femmes à leur retour de congé maternité, inscrit dans la loi depuis longtemps mais souvent négligée par les employeurs. L’an dernier, une entreprise de plus de 1.000 salariés sur trois était hors des clous. Cette fois-ci, elles ne sont plus qu’une sur dix. « Cela concerne plusieurs centaines de milliers de femmes chaque année », se félicite-t-on au ministère du Travail.

Leïla de Comarmond Les Echos