ENVIRONNEMENT

Focus sur la Chaire de recherche industrielle de Safran qui s’attaque aux traînées de condensation

La Chaire de recherche industrielle Safran sur le développement de systèmes d’aéropropulsion durables a commencé ses recherches l’an dernier. Son objectif est de tenter de faire progresser les connaissances liées aux processus physico-chimiques impliqués dans la formation des polluants produits par les moteurs d’avion et permettre à Safran de mieux comprendre la relation entre les composants internes du moteur et les émissions de particules. « On parle beaucoup du CO2 lorsqu’il est question de réchauffement climatique, mais des travaux de synthèse réalisés en 2021 disent que le non-CO2, comme le méthane, les oxydes d’azote et les particules, réchaufferait deux fois plus le climat que le CO2 dans le domaine de l’aviation », indique François Garnier, professeur au département de génie mécanique de l’École de technologie supérieure (ETS) et titulaire de la Chaire de recherche industrielle de Safran. Il tente quotidiennement d’améliorer les technologies pour diminuer le plus possible la formation de traînées de condensation dans le ciel qui ont un impact sur le réchauffement climatique et sur la qualité de l’air autour des aéroports. Ces traînées sont le résultat d’un phénomène physique qui se produit seulement lorsque l’atmosphère est humide et relativement froide. Il s’agit d’un mélange de vapeur d’eau et de particules de suie formées majoritairement de carbone qui sont émises par le moteur et la combustion dans une masse d’air sursaturée. Le tout se transforme en glace dans la haute atmosphère où il fait – 56°C. Cette « glace sale » finit par former des nuages de type cirrus, qui absorbent une partie de la radiation de la Terre et la renvoient vers le sol, en plus de laisser passer les rayons du Soleil. Ils participent donc à l’augmentation des gaz à effet de serre et du réchauffement climatique.

La Presse du 6 septembre

Airbus teste pour la 1ère fois l’A400M au carburant SAF

C’est un 1er pas vers une aviation militaire plus durable. Airbus a annoncé avoir mené un vol d’essai en Espagne durant l’été avec l’un de ses 4 A400M alimenté partiellement avec du carburant d’aviation durable (SAF). L’un des 4 turbopropulseurs (moteur n°2) de l’avion MSN4 a fonctionné avec un mélange de carburant comprenant 29% de SAF, le reste étant du traditionnel Jet A1. Le vol était organisé depuis le site d’Airbus à Séville et a duré un peu plus d’une heure. Le carburant d’aviation durable utilisé était du type HEFA (Huiles Végétales Hydrotraitées), composé de résidus d’huiles, de légumes et de graisses, mais exempt de substances aromatiques et de soufre. Pour ce vol d’essai, l’utilisation de SAF a été limitée à un seul moteur afin de mieux analyser le comportement du système de carburant. Le moteur TP400-D6 d’Europrop International n’avait pas encore été testé avec du carburant d’aviation durable jusqu’à présent. Airbus et EuroProp International ont convenu d’une feuille de route menant vers une certification 100% SAF de l’A400M sur le long terme, soutenus par l’OCCAR et certains clients de l’avion de transport militaire. Plus d’une centaine d’A400M sont aujourd’hui en service dans 8 pays, Airbus en fait une de ses priorités de leur offrir la capacité d’utiliser du SAF.

Le Journal de l’Aviation du 13 septembre