ENVIRONNEMENT

Air France-KLM va acheter 800 000 tonnes de carburants durables à TotalEnergies

Le groupe Air France-KLM a signé un protocole d’accord avec TotalEnergies pour la fourniture de 800 000 tonnes de carburant d’aviation durable à ses compagnies dès 2023 et ce pour 10 ans. Air France-KLM compte sur ce type de combustible pour décarboner ses vols et ainsi réduire ses émissions de gaz à effet de serre liées au kérosène de l’ordre de 30% par passager-kilomètre au cours de la décennie. L’objectif final est d’atteindre 10% de SAF incorporé en 2030, 20% en 2035 et jusqu’à 63% en 2050. TotalEnergies a de son côté pour ambition d’en produire 1,5 million de tonnes à horizon 2030. Ces carburants verts permettent « en moyenne une réduction d’au moins 80% des émissions de CO2 sur l’ensemble du cycle de vie, en comparaison à leur équivalent fossile », peut-on lire dans un communiqué commun. Aujourd’hui, les volumes de production de SAF demeurent encore embryonnaires. En France, TotalEnergies prévoit 300 000 tonnes par an de SAF disponibles à horizon 2024-2025. Selon l’Association du transport aérien international (IATA), 125 millions de litres de SAF ont été disponibles en 2021. La signature de contrats de longs termes, comme le fait Air France-KLM avec ses différents fournisseurs de SAF, permet d’établir une demande et progressivement de faire baisser les prix, alors que les SAF sont actuellement 3 à 4 fois plus chers que le kérosène d’origine fossile.

Ensemble de la presse du 6 décembre

Les contours du technocampus hydrogène de Toulouse-Francazal dévoilés

Les contours du futur technocampus hydrogène de Francazal viennent d’être dévoilés à l’occasion du salon Aeromart à Toulouse. Le plus grand centre d’essais européen consacré à l’hydrogène vert s’étendra sur 10 000 m2 avec des bâtiments permettant aux laboratoires et aux industriels de mener des tests à faible et forte puissance, une capacité de stockage de 2 tonnes d’hydrogène et une aire d’essais extérieurs. Le projet demandera 35 M€ pour les infrastructures et 20 M€ d’équipements financés par la puissance publique (l’Etat, la région Occitanie, qui porte la construction du projet, et Toulouse Métropole) avec un fort soutien des industriels (Airbus, Safran, Liebherr, Vitesco, H2 Pulse). Le technocampus doit commencer à sortir de terre début 2024 avec une livraison des bâtiments entre fin 2024 et l’été 2025. Il abritera notamment 2 bunkers de 60 et 40 m2 « pour pouvoir aller aux limites des matériaux ». Les industriels pourront louer ces bunkers, des équipements ou des espaces au sein des bâtiments et même des conteneurs sur l’aire extérieure pour mener des tests. L’installation d’un électrolyseur de 3 à 5 MW est également en réflexion, sachant que le technocampus devrait consommer entre 600 et 700 kilos par jour d’hydrogène en exploitant seulement la moitié du centre. Dès 2030, le centre réunira 200 personnes, dont un noyau dur de 50 chercheurs, et aura à terme une capacité de 400 personnes.

La Tribune du 6 décembre

Guillaume Faury a prévenu lors de « l’Airbus Summit » que les progrès en matière de développement durable n’étaient pas assez rapides

A l’occasion de « l’Airbus Summit » qui s’est tenu du 30 novembre au 1er décembre à Toulouse et à Munich, Airbus a présenté sa stratégie et particulièrement ses objectifs pour améliorer ses références environnementales et se positionner comme le moteur des efforts de durabilité du secteur. Les équipes d’Airbus explorent notamment toutes les possibilités pour le projet phare ZEROe, comme les piles à combustible ou la combustion directe pour le moteur à hydrogène, et cherchent à résoudre de potentielles fuites d’hydrogène grâce à des catalyseurs. La plupart des initiatives lancées par le secteur, comme le ZEROe, ne devrait pourtant avoir des effets qu’à moyen terme. Guillaume Faury, PDG d’Airbus, a prévenu lors du sommet Airbus que les choses n’allaient pas assez vite. « L’ambition ne s’accompagne pas encore d’actions », a-t-il déclaré. « Mais l’heure tourne. Il est difficile de surestimer l’ampleur du défi énergétique. Le temps des excuses est terminé, le temps de l’action est maintenant ». Il a indiqué, pour la 1ère fois, que l’incertitude concernant l’approvisionnement en hydrogène « pourrait être une raison de retarder le lancement du programme, même si les technologies pour l’avion sont prêtes ». Les avions d’Airbus sont désormais certifiés pour une utilisation de 50% de SAF, les carburants durables, mais le mandat de l’Union européenne ne porte que sur 5%. « Je suis impressionné par la façon dont ce secteur s’est rassemblé, mais dans l’ensemble, le tableau est mitigé », explique Guillaume Faury. « Nous devons avoir 10% de SAF d’ici 2030 ».

Aviation Week du 7 décembre