ENVIRONNEMENT

Liebherr-Aerospace investit dans un banc hydrogène pour prendre le virage de la décarbonation

Liebherr-Aerospace prend le virage de la décarbonation. « Nous sommes convaincus que nous pouvons prendre notre part », explique Nathalie Duquesne, directrice générale de Liebherr-Aerospace. Cette filiale, spécialisée dans le développement et la maintenance de systèmes de traitement de l’air pour l’aéronautique, a investi 3 M€ dans un banc hydrogène installé dans son centre d’essais à Toulouse. Avec ce nouvel équipement, qui a bénéficié de l’aide financière de la Région Occitanie et le soutien de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), le sous-traitant s’emploie à démontrer la capacité à générer de la puissance électrique, en utilisant des piles à combustible, pour alimenter les systèmes non propulsifs électriques majeurs d’un avion de type monocouloir de nouvelle génération. En phase de test pour l’instant, cet équipement sera connecté dans quelques mois au banc Geti (Gestion dynamique de l’énergie électrique et thermique), chargé de développer des technologies électriques et thermiques pour les architectures de puissance des nouvelles générations d’avions. En parallèle, Liebherr-Aerospace doit faire face à la hausse des cadences de production de ses clients, en particulier pour la famille A320 d’Airbus. En 2022, 150 personnes ont été embauchées et l’effectif n’est toujours pas suffisant pour compléter l’équipe de 1 500 personnes réparties sur le site d’assemblage, à Toulouse, et sur le site spécialisé dans l’usinage, à Campsas, dans le Tarn-et-Garonne. Le groupe aimerait recruter 130 nouveaux profils, dont 50 postes dans les métiers du développement et du bureau d’études ingénierie. Il est également prévu de doubler la surface de l’usine de Campsas avec la construction d’un nouveau bâtiment de 12 000 m2. Le début des travaux est attendu en août pour une mise en service en 2025.

Touléco du 5 février

ATR et Air New Zealand renforcent leur partenariat pour une aviation décarbonée

ATR et Air New Zealand ont annoncé aujourd’hui le renforcement de leur partenariat existant afin d’accélérer le développement et l’introduction d’avions à faibles émissions de carbone en Nouvelle-Zélande. Cette collaboration permettra aux deux acteurs d’intensifier leurs études d’innovations pour l’avenir de l’aviation régionale. Dans le cadre de l’initiative « Mission Next Gen Aircraft », Air New Zealand collabore avec diverses parties prenantes du secteur et du monde universitaire pour remplacer sa flotte domestique de Q300 par une option plus durable à partir de 2030. ATR, de son côté, a lancé une étude de faisabilité pour son concept ATR « EVO », afin de mener le marché de l’aviation régionale vers l’objectif zéro émission nette de carbone. « ATR partage en tous points l’ambition d’Air New Zealand d’accélérer la transition vers le zéro émission nette. Depuis 2018, nous menons conjointement des recherches sur de nouvelles technologies de propulsion et leur impact en termes d’opérations et d’infrastructures. Aujourd’hui, notre partenariat passe à la vitesse supérieure », déclare Nathalie Tarnaud Laude, Présidente exécutive d’ATR. Premier constructeur à avoir fait voler un avion commercial avec 100% de carburant d’aviation durable dans les deux moteurs, en collaboration avec Braathens Regional Airlines et Pratt & Whitney Canada, ATR vise la certification 100% SAF de ses appareils d’ici 2025.

Air & Cosmos du 9 février

Pratt & Whitney Canada et ATR unissent leurs efforts pour faire fonctionner des avions équipés de moteur PW127 exclusivement aux carburants d’aviation durables

Pratt & Whitney Canada et ATR ont annoncé avoir conclu une entente de collaboration visant à se donner les moyens, d’ici 2025, de faire fonctionner les moteurs de la famille PW127 exclusivement aux carburants d’aviation durables (SAF). Cette initiative concerne entre autres le moteur PW127XT, qui équipe les appareils de nouvelle génération d’ATR. « Notre collaboration avec ATR en 2023 et en 2024 s’appuie sur le récent succès de notre essai en vol sur un appareil de Braathens Regional Airlines exclusivement alimenté avec des SAF », déclare Anthony Rossi, vice-président, Ventes et marketing, Pratt & Whitney Canada. En juin 2022, Pratt & Whitney Canada, ATR et Braathens avaient réalisé avec succès un essai en vol sur un 72-600 d’ATR, propulsé par deux moteurs PW127M exclusivement alimentés avec des SAF. Lors de la prochaine phase du programme, ATR espère obtenir l’autorisation de faire voler son ATR 42 et son ATR 72 avec des mélanges composés à 100% de carburants d’aviation durables. En travaillant ensemble, Pratt & Whitney Canada et ATR pourront effectuer les études de compatibilité, les analyses techniques ainsi que les essais au sol et en vol nécessaires. L’homologation dépendra finalement du cahier des charges défini par ASTM International, qui pourrait donner son feu vert dès 2025.

Le Journal de l’Aviation du 10 février

Safran Nacelles commence les travaux de solarisation de ses usines par celle de Gonfreville-L’Orcher près du Havre

L’usine Safran Nacelles de 1 400 salariés de Gonfreville-L’Orcher, proche du Havre, ouvrira le bal de la campagne nationale de solarisation du fabricant de moteurs pour l’aéronautique. Safran a récemment annoncé son intention d’équiper 17 de ses usines françaises de centrales solaires d’ici à 2025. « Environ 39 MWh par an seront dédiés à l’autoconsommation pour couvrir en moyenne 15% de la consommation des sites », est-il précisé dans un communiqué. Safran n’investira pas en propre mais par l’intermédiaire d’un tiers investisseur, la société marseillaise Reservoir Sun, filiale de GreenYellow et d’Engie, qui avait été retenue à l’issue d’un appel d’offres lancé en 2022. L’entreprise financera, construira et exploitera les installations avant de revendre l’électricité aux sites concernés. Les travaux viennent donc d’être lancés à Gonfreville-L’Orcher et ils vont aller vite. En juin prochain, les parkings de l’usine devraient être équipés de près de 12 000 panneaux photovoltaïques, représentant de 24 000 m2 d’ombrières. L’installation permettra de couvrir 20% de la consommation annuelle de l’usine. Le solaire n’est pas la seule solution imaginée par Safran Nacelles pour diminuer son empreinte carbone et, au passage, se préserver de la fluctuation des prix de l’énergie. L’usine a en effet prévu de s’affranchir du réseau de gaz naturel en se raccordant au futur réseau de chaleur de la communauté urbaine du Havre, alimenté par une chaudière biomasse en cours de construction par Suez sous le nom de Biosynergy. « Il couvrira 80% de nos besoins en gaz, le résiduel sera couvert par des économies grâce notamment à l’isolation des bâtiments et une politique d’incitation aux éco-gestes », explique la direction. De son côté, le groupe Safran rappelle qu’il s’est engagé à « réduire les émission directes et indirectes liées à la consommation d’énergie de ses opérations de 50,4% d’ici 2030 par rapport à l’année de référence de 2018 ».

La Tribune du 10 février 23