ESPACE

Les Européens devront rester unis pour s’assurer un accès autonome à l’Espace, selon Stéphane Israël

Le succès de la filière spatiale européenne dépendra de la volonté des Européens de rester unis face à une concurrence toujours plus forte. « Il dépendra aussi de nos institutions, qui doivent confirmer leurs engagements pour Ariane 6 et Vega-C et compenser les effets de l’hyperinflation », explique Stéphane Israël, président d’Arianespace, dans une tribune publiée par Les Echos. En 2021, Arianespace a réalisé 15 lancements depuis 3 bases spatiales différentes, avec, pour finir la mise en orbite du télescope James-Webb de la NASA, dont Ariane 5 a doublé la durée de vie. En 2022, Arianespace a dû faire face à une série inédite de crises, qui ont provisoirement mis à mal l’autonomie d’accès à l’Espace de l’Europe : la fin brutale de la coopération concernant le lanceur russe Soyouz, à la suite de l’invasion de l’Ukraine ; l’échec du deuxième tir de la fusée Vega-C ; le décalage de la mise en service d’Ariane 6. Néanmoins, les succès commerciaux d’Ariane 6 et de Vega-C démontrent leur pertinence : Ariane 6 compte déjà 28 missions dans son carnet de commandes, et Vega-C a déjà obtenu 13 contrats. Dans ce contexte, Arianespace se mobilise et la montée en cadence industrielle est essentielle. La réussite dépendra de la volonté des Européens de soutenir la filière spatiale : en 2022, le secteur public européen a commandé pour 320 M€ de lancements à Arianespace, alors que dans le même temps, les agences gouvernementales américaines ont attribué pour 5,9 Md€ de contrats à SpaceX.

Les Echos du 6 mars

MaiaSpace dotera l’Europe de son 1er lanceur réutilisable

En décembre 2021, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique, annonçait le développement d’un mini-lanceur réutilisable par ArianeGroup, avec l’objectif d’un 1er lancement en 2026 depuis le Centre spatial guyanais. Pour réaliser et piloter ce petit lanceur, la société MaiaSpace, fondée en avril 2022, compte aujourd’hui une soixantaine de salariés et sa croissance devrait s’accélérer les prochains mois. Yohann Leroy, directeur général de MaiaSpace, explique que son entreprise est une « société française à vocation européenne qui veut incarner l’avenir du transport spatial européen avec le développement, la fabrication et l’exploitation du premier lanceur européen réutilisable, qui pourrait être le précurseur de la future génération des lanceurs européens ». Avec son petit lanceur, MaiaSpace vise aussi les marchés des lancements de satellites de plus de 500 kg en orbite basse, bien plus prometteurs et rentables que le lancement de charges moins lourdes. Sa performance « lui permet d’atteindre des économies d’échelle qui le rendent compétitif en termes de prix par rapport aux autres projets de micro-lanceurs. ». La réutilisabilité du lanceur est aussi un atout opérationnel et économique. Maia sera le 1er lanceur à deux étages à s’appuyer sur des briques technologiques en cours de développement par ArianeGroup dans le cadre européen de l’ESA, précisément le démonstrateur Themis, démarré en 2019 et le moteur Prometheus débuté en 2015, ce qui explique pourquoi Maia sera développé et mis en service en très peu de temps. Un des objectifs de MaiaSpace est aussi de « baisser l’empreinte environnementale du lanceur, sur l’ensemble de son cycle de vie, et pas seulement au moment du lancement », souligne Jérôme Vila, directeur du programme.

Air et Cosmos du 6 mars

La mission Artémis 2 prévue pour fin 2024

La mission spatiale Artémis 2, qui doit emmener un équipage d’astronautes vers la Lune pour la première fois depuis 1972, est prévue pour novembre 2024, a annoncé la NASA mardi 7 mars. Ce calendrier est permis par le succès de la mission Artémis 1, qui s’était conclue en décembre après un peu plus de 25 jours dans l’Espace. Le vaisseau Orion d’Airbus Defence and Space, qui ne comportait personne à bord, avait été propulsé par la nouvelle fusée SLS et s’était mis avec succès en orbite autour de la Lune, avant de revenir sur Terre. La NASA doit annoncer cette année les 4 astronautes qui formeront l’équipage d’Artémis 2. Ils iront faire le tour de la Lune, sans y atterrir, lors d’une mission d’une dizaine de jours. Puis viendra la mission Artémis 3, qui doit, elle, faire atterrir des astronautes sur la surface lunaire. Malgré un calendrier incertain, « nous avons toujours prévu approximativement 12 mois » entre Artémis 2 et 3, a indiqué Jim Free, administrateur associé à la NASA lors d’une conférence de presse le 7 mars. Il a notamment souligné que la 3ème mission serait suspendue à la finalisation de nombreux éléments indispensables, actuellement en développement. L’alunisseur sera une version du vaisseau Starship de SpaceX, mais dont le premier vol orbital n’a pas encore eu lieu. Les combinaisons spatiales sont, elles, développées par l’entreprise Axiom Space. L’objectif de la NASA est d’établir une présence durable sur la Lune, avec la construction d’une base à sa surface et d’une station spatiale en orbite autour d’elle. Apprendre à vivre sur la Lune doit permettre de tester toutes les technologies nécessaires à un voyage d’une complexité encore plus grande : l’aller-retour d’un équipage vers Mars.

Le Figaro du 8 mars

Eutelsat s’allie à l’américain Intelsat pour fournir Internet par satellite

Eutelsat va s’allier avec son homologue américain Intelsat pour lui fournir des capacités de connectivité en Europe, au Moyen-Orient et dans le Pacifique, et l’accès au réseau de OneWeb, a annoncé jeudi l’opérateur européen de satellites dans un communiqué. Ce partenariat d’une durée de 7 ans « représente plusieurs millions d’euros » et est « une parfaite illustration des débouchés potentiels offerts par le projet de rapprochement entre Eutelsat et OneWeb », explique le communiqué. La fusion entre Eutelsat et le britannique OneWeb, annoncée en juillet et qui doit être finalisée courant 2023, doit donner naissance à un géant européen dans la course à l’internet depuis l’Espace, notamment pour faire face à Starlink. Eutelsat avait déjà noué un partenariat en 2019 avec Gogo Commercial Aviation, une société dont Intelsat a fait l’acquisition en 2020. Le nouveau contrat est « multi-orbites », c’est-à-dire qu’il associe la constellation de satellites en orbite basse de OneWeb avec les satellites géostationnaires d’Eutelsat. « Cette approche véritablement hybride prépare la voie à la mise en œuvre de solutions de connectivité complètes, que ce soit dans le ciel, en mer ou au sol », ont déclaré Cyril Dujardin, directeur général de la branche connectivité d’Eutelsat et Ben Griffin, vice-président mobilité de OneWeb.

Le Figaro du 9 mars

ITA Airways s’associe avec l’ESA pour optimiser les itinéraires de vol grâce au programme Iris²

ITA Airways a établi un partenariat avec l’Agence spatiale européenne (ESA) pour optimiser la planification et les opérations de vol. En utilisant des données satellitaires, la technologie de l’ESA peut améliorer considérablement la communication et la coordination entre le contrôle du trafic aérien (ATC) et les pilotes. Le programme Iris² doit permettre aux avions d’emprunter des itinéraires plus économes en carburant en fournissant des communications numériques par satellite.

Air & Cosmos du 10 mars

Les constellations de nanosatellites en orbite basse menacent la couche d’ozone

Un rapport du Government accountability office (GAO), présenté fin 2022 au Congrès américain, alerte sur les risques environnementaux dus à la prolifération des constellations de nanosatellites en orbite terrestre basse. Le carburant utilisé lors des lancements, qui reste en suspension dans l’atmosphère, ainsi que la dislocation des satellites dans l’atmosphère après une durée de vie de 5 ans en moyenne, génèrent une pollution qui détériore la couche d’ozone, selon le rapport. Près de 5 500 appareils seraient en orbite autour du globe actuellement, estime le GAO. SpaceX compte déjà 2 000 unités et dispose d’un feu vert réglementaire pour en envoyer 12 000 supplémentaires.

L’Usine Nouvelle du 10 mars

Le vaisseau Starship, vers la Lune et Mars

Le Figaro consacre un article au vaisseau Starship de SpaceX, dont le premier vol orbital pourrait avoir lieu prochainement. Le lanceur de 120 m de haut a été choisi en 2021 par la NASA pour jouer le rôle du LEM (Lunar Excursion Module) lors de ses futures missions lunaires. En 2025, lors de la mission Artemis III, Starship doit permettre à un équipage de débarquer sur la Lune dans une région proche du pôle Sud. La construction d’une base lunaire, en vue d’une mission vers Mars, est prévue.

Le Figaro du 10 mars