PROTECTION SOCIALE

Assurance chômage : pas d’évolutions sur le projet d’accord, une 2e version est présentée ce matin

10/11/2023

Les partenaires sociaux tiennent leurs dernières réunions de négociation sur l’assurance chômage en cette fin de semaine. Après une longue réunion jeudi jusqu’à 22 heures sans avoir fait évoluer leur projet d’accord, ils se retrouvent ce matin pour tenter de trouver un compromis. Le patronat est resté fixé sur ses positions, et exige une réduction de contributions tandis que les syndicats de salariés défendent une amélioration des droits des demandeurs d’emploi. Denis Gravouil, le négociateur de la CGT, a indiqué que dans ces conditions, signer l’accord serait “inacceptable pour nous”. Pour Olivier Guivarch (CFDT), “on savait que ce serait difficile, et on n’a rien de neuf. On était d’accord sur la légitimité patronale à demander un baisse de cotisation, mais la voie est étroite, on continue demain matin”.

Michel Beaugas (FO) a salué la poursuite des discussions ce matin mais en posant les conditions d’une signature du texte par Force Ouvrière : un renvoi du sujet des seniors, la suppression de l’article 4 pour les assistantes maternelles, la suppression de la dégressivité. “Sur la mensualisation, il faut réécrire l’article. Le projet d’accord est actuellement déséquilibré en défaveur des demandeurs d’emploi”, a-t-il indiqué. Jean-François Foucard (CFE-CGC) a continué de demander la suppression de la dégressivité : “Elisabeth Borne nous a dit deux fois lors de réunions bilatérales en juin et en octobre qu’on pouvait la supprimer, le patronat s’en remet à la lettre de cadrage mais c’est politique. Si on signe cet accord, on avalise l’ensemble des sujets contre lesquels on a lutté pendant 4 ans “.

Si les organisations patronales et syndicales ne trouvent pas d’accord, l’État pourra reprendre la main sur ce régime et réglementer l’assurance chômage directement par décrets. L’enjeu de cette négociation pour les partenaires sociaux est donc de tirer leur épingle du jeu tout en sauvegardant ce volet important du paritarisme. Ils espèrent également éviter que le gouvernement ponctionne les excédents de l’Unédic, comme il a souhaité le faire à l’égard des retraites complémentaires Agirc-Arrco avant de finalement y renoncer.

Source : actuel CSE