SCAF ET DEFENSE

Scaf. Florence Parly rappelle les fondamentaux

Florence Parly, ministre française des Armées, est intervenue dans la querelle du Scaf, les industriels responsables du programme (Dassault Aviation et Airbus) commençant à se désolidariser, et les trois capitales engagées, Paris, Berlin et Madrid, commençant à émettre des revendications qui n’étaient pas initialement prévues. « Il ne faut pas perdre de vue les grands principes qui ont été posées par le président de la République et la chancelière dès le départ, a-t-elle déclaré. [Ces principes] sont les clés du succès de ce programme, au risque de reproduire des erreurs commises lors de précédents programmes en coopération, comme l’avion de transport A400M. » Elle a plaidé pour que le critère de sélection soit la campétence et non la géographie, de sorte que « le meilleur » gouverne le lot technologique dans lequel il excelle. Face à Airbus, qui représente désormais les intérêts de l’Allemagne et de l’Espagne, Dassault Aviation estime ne plus être en mesure d’assurer la maîtrise d’oeuvre qui lui a été confiée.

AFP – 11/03

Scaf en danger

Florence Parly, ministre des Armées, s’est exprimée sur l’enjeu et les difficultés du programme du Scaf, mis en difficulté par les nouvelles exigences allemandes et espagnoles. Paris ne conçoit pas, d’une part, le lancement de ce programme sans le volet exportations. « La France a développé des partenariats stratégiques peu nombreux, mais importants, déclare ainsi Mme Parly. C’est le cas des Emirats arabes unis, un pays dans lequel nous avons trois bases militaires. » La ministre française a rappelé, d’autre part, les deux grands principes initiaux, sur lesquels s’étaient pourtant accordés Paris et Berlin : « Identifier des responsables sur les différents chantiers de ce programme. Evitons de reproduire les erreurs commises dans le passé, comme avec l’A400M. » Et, pour chacun des lots technologiques, la certitude que « c’est le meilleur qui est en charge ». Florence Parly a également évoqué les investissements massifs que la France va engager dans le spatial et le cyber : « Nous avons besoin de cybercombattants. Chaque mois, nous voyons de nouvelles attaques. »

Le Monde – 13/03

MGCS en danger

La coopération franco-allemande sur le programme MGCS est devenue aussi problématique que sur le programme Scaf, et là aussi, en raison de l’entrée en scène inopinée d’un troisième acteur : RheinMetall. Au départ, la charge se répartissait entre KMW et Nexter, au sein de KNDS. RheinMetall a fait pencher la balance du côté allemand. D’abord en retrait, le nouvel entrant revendique des responsabilités de plus en plus importantes. L’équipe KNDS est maintenant au complet, et va pouvoir entamer les discussions avec RheinMetall. Philippe Petitcolin, ex-patron de Safran, a pris la tête du conseil d’administration de la joint-venture. Sa direction générale a été confiée à Frank Haun, ex-président de KMW. Nicolas Chamussy, ex-Airbus, vient d’être nommé directeur général de Nexter, et fait partie du comité exécutif de KNDS. Il sera responsable de la production. Ralf Ketzel, directeur général de KMW, sera responsable des programmes.

Les Echos – 15/03

L’Allemagne est-elle un partenaire fiable pour la France ?

Face aux entraves de Berlin, qu’il s’agisse du Scaf ou du char du futur, La Tribune se demande si l’Allemagne n’est pas en train de saborder tous les programmes franco-germaniques pour acheter du matériel américain. « L’Allemagne n’en sera pas à sa première déloyauté vis-à-vis de la France », souligne la rédaction, mentionnant le missile MAST-F et les projets d’observation spatial, alors que « les industriels français jouent le jeu des équipiers modèles dans les programmes Eurodrone et MGCS, sous leadership allemand. Qu’attend l’État français pour taper du poing sur la table ? »

Latribune.fr – 15/03 DIFFUSION INTERNE

Scaf. Les sénateurs français entendent Airbus

Après avoir auditionné Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat a entendu deux représentants d’Airbus, Dirk Hoke, PDG d’Airbus Defense and Space, et Antoine Bouvier, directeur de la stratégie du groupe. Au coeur des auditions : l’impasse dans laquelle s’avance le programme Scaf, et le différend franco-allemand entre Dassault et Airbus. Ceux d’Airbus ont tenté de « déminer » la polémique, indiqué que le temps pressait, et qu’il fallait prendre de court les élections au Bundestag. Selon eux, il n’y a pas de plan B possible. Ces négociations difficiles auraient dû être bouclées fin février.

En cause : la propriété intellectuelle de Dassault, et le nombre de « work packages stratégiques » que revendiquent Dassault et Airbus. En qualité de maître d’oeuvre, le Français veut tous les contrôler ; Airbus en revendique deux : un pour l’Allemagne, un pour Airbus Espagne. Antoine Bouvier a regretté « un grand nombre de non-dits et de procès d’intention, [qui] font aujourd’hui obstacle à une compréhension mutuelle ». Chez Dassault, la CGT proteste contre « un Scaf à la sauce allemande, qui serait une formidable machine à pomper notre savoir-faire et nos charges de travail. En particulier dans les parties de haute technologie comme les commandes de vol, les Fadec des moteurs, qui ont été financées par le contribuable français. ». De son côté, le syndicat IG Metall fait pression pour que Berlin réalise son propre démonstrateur.

AFP – 17/03. Les Echos, Latribune.fr – 18/03

Scaf. Airbus est-il de bonne foi ?

La rédaction de La Tribune est sceptique en analysant les arguments d’Airbus. MM. Hoke et Bouvier ont souligné la différence d’approche entre les deux industriels, le premier, de culture française, envisageant la coopération sous la férule d’un maître d’oeuvre fort, « qui contrôle les risques et prend des responsabilités sur le programme lui-même, et les sous-traitants ». Airbus obéirait davantage à une culture allemande selon laquelle la maîtrise et les work packages sont partagés. La Tribune fait néanmoins valoir que, lorsque l’Allemagne est en charge d’un programme comme le MGCS, « ses industriels exercent une maitrise d’oeuvre forte sans aucune forme de discussion possible ». En outre, Berlin n’a pas de scrupules à faire entrer un partenaire inopiné comme Rheinmetall, « qui s’est imposé en fin des négociations et a raflé 33 % du leadership ».

Latribune.fr – 18/03

Scaf. Eric Trappier « commence à bouillir »

Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a de plus en plus de mal à dissimuler son exaspération face à l’orientation qu’est en train de prendre le programme Scaf, devant être placé initialement sous maîtrise française, Dassault pour le NGF, coeur du système, et Safran pour sa motorisation. « Je reste calme, mais ça commence à bouillir », déclare M. Trappier. Il fait le compte des concessions accordées à Berlin pour préserver le programme, Dassault acceptant que le 50/50 franco-allemand devienne un trois-tiers franco-germanico-espagnol. Or, Airbus coiffant le partenaire espagnol, Dassault se retrouve maintenant à un tiers/ deux tiers. Le Français a encore accepté qu’une partie du travail se fasse en « joint », sans responsable désigné, mais commence à regimber devant l’exigence supplémentaire d’Airbus, qui veut un rééquilibrage qualitatif des « workpackages stratégiques. Si je le fais, je renonce à ma maîtrise d’oeuvre » et le NGF risque alors de devenir un « Eurofighter bis ». Eric Trappier souligne que son plan B reste ancré dans un projet européen, mais pas avec les règles de gouvernance qui ont été fixées par les Etats, « car ça ne marchera pas ».

Aerobuzz.fr – 16/02

Sévères critiques contre le F-35

Adam Smith, le nouveau chef de la commission des Services armés à la Chambre des Représentants, a sévèrement critiqué le F-35 de Lockheed Martin, qu’il a décrit comme « un trou de cul qui aspire de l’argent ». M. Smith a exhorté le Pentagone à trouver le moyen d’« éliminer ses pertes ». Les trois versions du chasseur ont pris trois ans de retard au moins, et moins d’un quart de leurs pièces sont interchangeables, contre une prévision de 70 % au moment de la signature du contrat.

The New York Times International – 15/03

Le SO4.0, et son cinquième axe prioritaire

Après avoir lancé le chantier de modernisation du MCO en créant la DMAé (direction de la Maintenance aéronautique), le ministère des Armées va plus loin avec le projet NSO4.0, qui devient SO4.0. SO pour « soutien opérationnel », et 4.0 en référence à l’industrie du futur, ou quatrième révolution industrielle. Michel Rouat, général de brigade aérienne et directeur de projet soutien opérationnel 4.0 : « Le SO4.0 témoigne de la volonté d’impliquer davantage les industriels, et d’utiliser les opportunités offertes par les technologies 4.0, avec un objectif clair : le respect des résultats et des performances ». Il s’agit d’améliorer la disponibilité des équipements. C’est la raison d’être des contrats Ravel (Rafale) et Chelem (hélicoptères moyens), du projet Balzac (Mirage2000) ou du projet Vasco (information et de communication). NSO 4.0 s’organisait autour de quatre piliers : organisationnel et RH, ordonnancement (procédures et organisation des actions), amélioration de la production/ organisations, mesure de la performance (temps d’activité, disponibilité du matériel, coûts). Un cinquième axe prioritaire s’est imposé : la modernisation de l’environnement de travail des mécaniciens et des outils de soutien.

Air & Cosmos – 12/03