ESPACE

3ème tentative de décollage de la mission Artémis 1 prévue dans la nuit du 16 novembre

Le 3ème essai de la fusée SLS de la NASA et le décollage de la mission Artémis 1 est prévu dans la nuit de mardi à mercredi à 1h04 heure locale depuis la Floride. Avec une fenêtre de tir possible de 2 heures, la météo s’annonce coopérative, avec 90% de chances de temps favorable. Mike Sarafin, le Responsable de la mission a loué la « persévérance » de ses équipes, qui ont dû rebondir après 2 tentatives de décollage ratées cet été, puis 2 ouragans. La 1ère annulation était due à un capteur défectueux, et cet été, une fuite d’hydrogène avait causé l’annulation de la 2ème tentative de décollage au dernier moment. Les procédures ont depuis été modifiées, et vérifiées avec succès lors d’un test. Si le décollage a bien lieu mercredi, la mission doit durer 25 jours et demi, avec un amerrissage dans l’océan Pacifique le 11 décembre. Le vol test non habité, qui fera le tour de la Lune sans y atterrir, doit permettre de confirmer que le véhicule est sûr pour un futur équipage. Environ 100 000 personnes sont attendues pour admirer le spectacle depuis les plages environnantes. En 2024, Artémis 2 emmènera des astronautes jusqu’à la Lune, sans y atterrir, puisque ce sera à l’équipage d’Artémis 3, en 2025 au plus tôt, d’avoir cet honneur. La NASA envisage ensuite une mission par an, notamment pour construire une station spatiale en orbite autour de la Lune, nommée Gateaway, et une base sur son pôle sud.

Ensemble de la presse du 15 novembre

Le projet Ascend de la Commission européenne confié à un consortium mené par Thales Alenia Space

Un consortium d’entreprises emmené par Thales Alenia Space a été retenu par la Commission européenne, pour mener une étude de faisabilité portant sur l’installation sur orbite de stations de data centers, alimentées par des centrales solaires produisant sur place plusieurs centaines de megawatts, en dehors de l’atmosphère terrestre. Seul le haut débit internet serait échangé avec le sol, grâce aux communications optiques dont l’Europe maîtrise déjà la technologie. Ce projet Ascend (Advanced Space Cloud for European Net zero emission and Data sovereignty) pourrait contribuer à l’objectif de Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) de neutralité carbone d’ici 2050, que l’Union européenne s’est fixé en janvier 2020, tout en constituant un levier de développement de l’écosystème spatial et digital européen. Thales Alenia Space précise que « le 1er objectif de l’étude sera de montrer que les émissions carbone associées aux phases de production et de lancement de telles infrastructures spatiales seront nettement inférieures aux émissions que produiraient les data centers en restant au sol ». Son 2ème objectif sera de prouver qu’il est possible de développer la solution de lancement requise, et d’assurer le déploiement et l’opérabilité de ces data centers spatiaux, en utilisant des technologies d’opérations robotisées d’assistance en orbite actuellement développées en Europe. Elles feront l’objet du démonstrateur Eross IOD (European Robotic Orbital Support Services In Orbit Demonstrator), qui a été confié à Thales Alenia Space par la Commission européenne.

La Tribune et Air & Cosmos du 15 novembre

La mission Artémis 1 a réussi son lancement ce mercredi 16 novembre depuis la Floride

La fusée SLS a décollé mercredi 16 novembre à 7h47 depuis la Floride, pour une mission marquant le début du programme américain de retour sur la Lune, Artémis. Le lanceur a décollé avec une quarantaine de minutes de retard, après qu’une fuite d’hydrogène liquide se déclare au niveau d’une valve. La NASA n’a pas eu d’autres choix que d’envoyer une équipe, la « red team », sur le pas de tir, faire la réparation directement sur place, littéralement avec une clé à molette pour resserrer des boulons sur la valve. Un problème avait également été repéré au niveau d’une station de suivi radar, nécessaire pour suivre la trajectoire de la fusée. Ce lancement était attendu depuis des années aux États-Unis. Le but de cette mission Artémis 1, qui doit durer un peu plus de 25 jours, est de vérifier que ce nouveau vaisseau est sûr pour transporter dans les prochaines années un équipage jusqu’à la Lune.

Ensemble de la presse du 16 novembre

Eutelsat et OneWeb ont signé « l’accord définitif » de leur rapprochement

L’opérateur français de satellites Eutelsat a annoncé avoir signé le 14 novembre avec le britannique OneWeb « l’accord définitif » de leur rapprochement, qui doit donner naissance à un géant européen dans la course à l’internet depuis l’Espace. Initialement estimée « à la fin du 1er semestre 2023 », la finalisation de l’opération « devrait désormais se tenir au 2ème ou au 3ème trimestre 2023 ». Le projet de fusion prévoit une coentreprise détenue à 50-50, dont le siège restera en France et qui continuera d’être cotée à Paris. En parallèle, l’entreprise va également demander son admission dans un segment de la Bourse de Londres. Outre le conglomérat indien Bharti (30%) et Eutelsat (22,9%), le capital de OneWeb comprend le gouvernement britannique (17,6%), le japonais Softbank (17,6%) et le conglomérat coréen Hanwa (8,8%). Eutelsat est lui contrôlé à 20% par Bpifrance, la banque publique d’investissement de l’État français, ainsi que par le Fonds stratégique de participations (FSP) détenu par 7 assureurs français, le reste du capital étant flottant.

Le Figaro du 16 novembre

Interview de Franck Poirrier, PDG de Sodern et vice-président de la Commission Espace du GIFAS

A quelques jours de la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne, Franck Poirrier, PDG de Sodern et vice-président de la Commission Espace du GIFAS, explique dans une interview à La Tribune l’importance des équipementiers français dans l’écosystème spatial européen. Il détaille les 3 objectifs attendus de la conférence ministérielle de l’ESA : « Avoir un bon budget sur les programmes permanents comme Copernicus, lancer de nouveaux programmes et renforcer le programme GSTP (General Support Technology program) ». Le dirigeant envisage désormais 2 nouveaux programmes pour les équipementiers : Aeolus 2, un satellite qui mesure les vents, et LEO PNT, un programme pour rendre un peu plus robuste Galileo. « Depuis un an, nous avons lancé SpacEarth Initiative, qui a réussi à fédérer toute la filière autour d’un nom et d’une vision commune. Nous avons mené une campagne pour expliquer aux Français que l’Espace est utile à tous. Cette coalition a renforcé la filière », se félicite Franck Poirrier. Concernant Sodern, il rappelle qu’en 2021, l’entreprise a réalisé 83 M€ de chiffre d’affaires et confirme son objectif de doubler ses chiffres « d’ici 10 à 15 ans ». Filiale d’ArianeGroup et du CEA, Sodern, qui emploie 450 personnes, est devenue leader mondial sur le marché stratégique des viseurs d’étoiles et souhaite le devenir sur le marché des caméras intelligentes et des viseurs diurnes, qui permettront de s’affranchir des satellites de géolocalisation. Franck Poirrier revient finalement sur le succès du viseur Auriga, qui a effectué son vol inaugural en 2019 sur le 1er satellite fabriqué par Airbus pour le compte de OneWeb. « 50% de nos clients sont des acteurs historiques, les agences et les maîtres d’œuvre, y compris américains (comme Lockheed Martin), français (Thales Alenia Space et Airbus), et 50% sont des startups. Nous avons révolutionné le marché au point qu’Auriga est aujourd’hui une vraie référence mondiale », explique-t-il.

La Tribune du 16 novembre

Le rôle stratégique des régions dans la conquête de l’Espace

Pour sa souveraineté et dans un contexte géopolitique de plus en plus instable, Alain Rousset, Président de la région Nouvelle-Aquitaine, estime que l’Europe doit faire preuve d’une forte volonté politique pour ne pas se laisser distancer dans la course au spatial. Pour lui, les régions françaises ont ici un rôle stratégique à jouer dans le soutien au développement d’un écosystème industriel lié au spatial. « Le marché du spatial est appelé à tripler d’ici à 2030 », rappelle-t-il. « Notre souveraineté suppose d’avoir une forte volonté politique, une unité au sein de l’Union européenne pour soutenir nos lanceurs, mais aussi avancer sur une constellation européenne de satellites ». Pour lui, si l’Agence spatiale européenne a déjà investi dans plus de 500 startups, ces jeunes pousses ne peuvent décoller sans les pouvoirs publics, notamment les régions, ni sans une stratégie dédiée pour leur donner les fonds propres nécessaires à leur déploiement. Des régions comme la Nouvelle-Aquitaine tiennent une place stratégique, ArianeGroup y rassemble par exemple 40% de ses effectifs, plus de 300 fournisseurs et 90 entreprises. « C’est à cette échelle que l’on peut mieux identifier les compétences et les besoins pour développer des filières d’excellence en lien avec l’environnement industriel local, grâce à des partenariats avec le monde universitaire et scientifique ou le pôle de compétitivité Aerospace Valley », conclut Alan Rousset.

Les Echos du 16 novembre