ESPACE

Isar, le SpaceX allemand ?

Isar Aerospace, la start-up allemande « qu’on n’attendait pas », veut lancer, au deuxième trimestre 2022, une fusée légère baptisée Spectrum, propulsée par le moteur Aquila. La fusée serait capable de mettre en orbite basse un satellite pesant jusqu’à une tonne. Le vol inaugural aurait lieu sur le pas de tir norvégien d’Andøya. Daniel Metzler, le dirigeant d’Isar, estime « le modèle SpaceX tout à fait transposable à l’Europe ». Pour réduire l’empreinte carbone de ses lancements, Isar utilisera des hydrocarbures légers et de l’oxygène liquide. Des observateurs français considèrent « le volet technologique de Spectrum super-crédible. Ils avancent et n’ont besoin de personne. » Isar a procédé à plusieurs levées de fonds, intéressant dès le départ Airbus Ventures, « ce qui a beaucoup fait tousser en France, notamment chez ArianeGroup ». Le DLR pourrait investir 11 millions d’euros dans Isar Aerospace, à travers le programme ‘Commercial Space Transportation Services’ (Esa), si Spectrum remporte la compétition contre deux autres lanceurs légers allemands : RFA One et HyImpulse. Dès 2024 ou 2025, Isar prévoit une montée en cadences des lancements sur deux pas de tir différents, Andøya et Kourou. Isar aimerait disposer d’un pas de tir exclusif pour Spectrum, et en négocie l’éventualité avec le Cnes. En Guyane, l’Agence française est en train d’aménager Diamant, un pas de tir multilanceurs, dans le cadre du programme ArianeWorks. « Un pas de tir partagé est problématique, explique Alexandre Dalloneau, l’un des responsables d’Isar. Chaque lanceur hérite des contraintes des autres. »

Latribune.fr – 04/03

Galileo. Bruxelles peut conclure avec TAS

La Cour de Justice européenne autorise finalement Bruxelles à signer le contrat avec Thales Alenia Space, pour la fourniture de six satellites de nouvelle génération, destinés à Galileo. Ce contrat, estimé 700 millions d’euros, était contesté par l’un des compétiteurs de l’appel d’offres, l’allemand OHB System. Ce dernier conteste également l’attribution d’un contrat similaire à Airbus Space, lui aussi destiné à Galileo. La CJUE avait d’abord suspendu la signature des deux contrats après le dépôt d’un recours en annulation.

La Tribune – 02/03

L’essai de Starliner reporté à cause de la météo

La mission d’essai non habitée de Starliner, la capsule spatiale de Boeing, vers l’ISS, a dû être de nouveau annulée, cette fois en raison d’une météo très défavorable sur le Texas. L’essai devrait avoir lieu le mois prochain, le test habité étant toujours programmé pour septembre 2021. Le programme de Boeing accuse un retard grandissant, face à l’autre champion de la Nasa, SpaceX, dont capsule Crew Dragon s’est déjà arrimée plusieurs fois à l’ISS, avec des astronautes à bord.

Bloomberg – 01/03.AFP – 02/03

En attendant Ariane 6 et Ariane Next…

Le reporter de The Good Life a visité les sites ArianeGroup de Vernon et des Mureaux, guidé par l’ingénieur Mathieu Chaize, « l’un des chefs d’orchestre de la relève : Ariane 6 ». Il recense les préoccupations du constructeur, notamment le besoin d’être plus compétitif face à SpaceX, mais aussi face à Blue Origin. « Les Américains sont dans une logique d’affrontement, déclare Morena Bernardini, directrice de la stratégie d’ArianeGroup. Cela pourrait se traduire par une guerre des prix qui n’arrangerait pas le marché européen. Pour toutes ces raisons, il a fallu réinventer le produit phare, avec un objectif costaud : produire une Ariane 6 plus performante que sa prédécesseuse, pour beaucoup moins cher. » Non seulement ArianeGroup doit parer les coups de la concurrence, mais aussi « définir dès aujourd’hui comment le secteur public consolidera la demande autour d’Ariane 6, souligne Stéphane Israël, CEO d’Arianespace et membre du comité exécutif d’ArianeGroup. Et nous devons également préparer la décennie 2030, en vue de réorganiser l’Europe des lanceurs, afin de franchir une nouvelle étape. » ArianeGroup et Arianespace sont parfois tiraillés par un dilemme commercial : ArianeGroup détient 74 %, d’Arianespace, mais ce sont deux entités économiques distinctes. Arianespace tend à privilégier les lanceurs concurrents Soyouz et Vega, « mieux adaptés et moins coûteux ». L’éparpillement des activités à travers plusieurs pays européens et la Guyane, éclaire, selon Capital, une autre faiblesse du dispositif européen face aux Américains, mais aussi face aux Chinois : « Chez SpaceX, celui qui s’occupe du moteur peut poser très facilement une question à son collègue chargé des câbles ou d’autre chose, puisque tout le monde travaille sous le même toit », témoigne le professeur David Mimoun. The Good Life rend également compte du travail d’Emmanuel Edeline, qui « travaille d’arrache-pied sur son bébé, Prometheus, le moteur du futur ». Jean-Yves Le Gall (Cnes), cité par Capital : « J’ai lancé, dès 2015, le programme Prometheus, qui pourrait équiper Ariane Next, et sera, au moins en partie, réutilisable en 2028-2030. ».

The Good Life, Capital – 01/03