Airbus reste numéro un mondial, Boeing amorce son retour
L’année 2025 marque un tournant dans le duopole Airbus-Boeing. Airbus conserve sa place de 1er constructeur mondial avec environ 790 livraisons, soit près de 140 de plus que Boeing. Toutefois, l’avionneur américain signe un retour spectaculaire et pourrait, pour la 1ère fois depuis 2018, dépasser Airbus en prises de commandes. Avec près de 1 000 commandes nettes et un carnet en forte hausse, Boeing réduit nettement l’écart, même si Airbus demeure actuellement en tête.
Les Echos du 3 janvier 2026
Safran investit 200 M€ pour suivre le rythme imposé par Airbus
Safran a décidé d’investir 200 M€ pour accompagner la montée en cadence de son principal client Airbus, en augmentant la production des moteurs Leap qui équipent les A320. Le projet phare est la construction d’une nouvelle usine d’assemblage à Casablanca : 13 000 m², 300 emplois et une mise en service prévue fin 2027. Ce site complètera un réseau déjà ancien au Maroc. L’enjeu est de soulager l’usine de Villaroche, en Seine-et-Marne, qui restera toutefois centrale avec 65 % de la charge. Safran prévoit aussi une ligne d’assemblage plus simple au Mexique, dès fin 2026.
L’Usine Nouvelle et Essentiel de l’Eco du 3 janvier 2026
Éric Trappier, le stratège du Rafale et de la souveraineté industrielle
À 65 ans, Éric Trappier accumule les succès avec le Rafale, dont plus de 323 exemplaires ont été vendus à l’export, auxquels s’ajoute la promesse spectaculaire d’une centaine d’appareils pour l’Ukraine. Un parcours remarquable, dont les ventes internationales ont réellement décollé en 2015 avec l’Égypte. PDG de Dassault Aviation depuis de longues années, Éric Trappier incarne un patriotisme industriel assumé. Il mène aujourd’hui un bras de fer avec l’Allemagne sur le leadership du futur avion de combat européen (SCAF), refusant de diluer le savoir-faire français. Convaincu, influent et durablement installé, il reste une figure centrale de l’industrie de défense française.
Les Echos du 30 décembre 2025
L’histoire du CFM-56, le moteur d’avion le plus vendu de l’histoire
Grâce à des images d’archives, à la participation de Jean-Paul Herteman, ancien PDG de Safran et au témoignage de Bernard Esambert, ancien conseiller industriel de Georges Pompidou, une vidéo de la série « Saga » des Echos revient sur l’histoire du CFM56. Développé dans les années 1970, le moteur franco-américain CFM56, fruit d’une coopération entre la Snecma et General Electric, est devenu le moteur d’avion le plus vendu de l’histoire. Plus économe, plus silencieux et plus fiable, il a été produit à plus de 33 000 exemplaires et a transporté des milliards de passagers, notamment grâce au succès de l’Airbus A320 et du Boeing 737. Pourtant, le projet a failli échouer à plusieurs reprises, entre choc des cultures, blocages politiques et absence de commandes pendant des années. Sauvé in extremis, le CFM56 incarne une aventure industrielle exceptionnelle.
Les Echos du 4 janvier 2026
Dassault Aviation confirme son rôle central dans l’industrie française
Dassault Aviation suit une trajectoire singulière au sein de l’aéronautique mondiale. Fondée par Marcel Bloch, devenu Marcel Dassault après la guerre, la société s’impose dès les années 1950 avec le Mirage III, symbole de l’industrie française. Malgré l’échec du Mercure, Dassault Aviation se structure autour de 2 piliers durables : l’aviation militaire (Mirage, Jaguar, Alpha Jet, puis Rafale) et les jets d’affaires Falcon. En 2025, le groupe emploie près de 14 600 personnes, dispose d’un carnet de commandes record et enregistre une forte croissance portée par le Rafale et les Falcon. Dirigée par Éric Trappier, Dassault Aviation se présente comme un « David au milieu des Goliaths », combinant indépendance, excellence technologique et forte orientation export.
L’Essentiel de l’Eco du 3 janvier 2026
Le secteur aéronautique, un pilier stratégique de l’économie française
Dans un dossier dédié au secteur, le journal Libération rappelle que le transport aérien connaît une croissance record, avec près de 5 milliards de passagers en 2025 et des carnets de commandes records chez Airbus, Boeing et Comac. Cette dynamique profite à Safran, ainsi qu’à l’ensemble de la filière française, malgré les tensions sur la supply chain et la pénurie de main d’œuvre. Visités par le média, les industriels Figeac Aero et NTN Europe augmentent fortement leurs cadences, investissent, automatisent et recrutent pour répondre à la demande. Avec plus de 4,6 Md€ de carnet de commandes, Figeac Aero ambitionne de dépasser les 600 M€ de chiffre d’affaires en mars 2028. NTN Europe, chez qui l’aéronautique ne représente actuellement que 9% de son activité (le 1er poste étant l’automobile), a vu son chiffre d’affaires pour cette branche, passer de 58 M€ en 2019 à 82 M€ en 2025. L’aéronautique, portée par l’export, compense le déclin d’autres secteurs industriels et reste un pilier stratégique pour l’économie française.
Libération du 30 décembre 2025
Safran et Skyted signent un partenariat pour transformer la connectivité en vol
Safran Passenger Innovations (SPI) et la startup française Skyted ont conclu un partenariat pour intégrer la technologie de communication vocale silencieuse et confidentielle développée par Skyted, au sein des systèmes de divertissement et de connectivité « Rave » de Safran. La solution brevetée de Skyted capte la voix à la source et limite sa propagation, permettant des conversations confidentielles sans gêner les autres passagers, même en cabine bruyante. Cette innovation améliore le confort acoustique, la productivité des voyageurs d’affaires et la sécurité des échanges. Elle s’inscrit dans la volonté de SPI d’enrichir l’expérience numérique à bord et dans la stratégie de Skyted de déployer sa technologie dans les environnements mobiles.
Aerocontact du 5 janvier 2026
3Deus Dynamics obtient 3,7 millions d’euros pour industrialiser la production de silicones techniques
3Deus Dynamics, lauréate de l’appel à projets « i-Demo » du plan France 2030, a obtenu 3,7 M€. Ce soutien financier va permettre à la startup de Rillieux-la-Pape d’accélérer son industrialisation au travers du déploiement d’une ligne multi-robotique d’impression 3D, dédiée aux silicones haute performance pour l’aéronautique et la défense. Cette 1ère ligne de production en moyenne série, robotisée et pilotée par intelligence artificielle, sera capable de fabriquer jusqu’à 48 000 pièces par an.
Le Journal des Entreprises, Lyon Entreprises et J’aime les Startups de décembre 2025
L’ONERA récompensé à plusieurs reprises en 2025
L’ONERA a reçu la médaille d’argent de l’EREA (Association des établissements européens de recherche aéronautique), ainsi qu’une médaille d’or et une médaille d’argent de l’ESRE (European Sustainable Research Establishment). Ces prix récompensent les travaux menés dans des domaines variés, de la physique appliquée à la modélisation expérimentale. Lors de la remise biennale des distinctions de la 3AF (Association aéronautique et astronautique de France), Arnaud Le Pape, ingénieur-chercheur, a été distingué pour l’ensemble de ses travaux sur la thématique des hélicoptères. Carsten Döll a reçu la même distinction pour ses recherches dans le domaine des commandes de vol et son parcours au service de l’innovation scientifique. Autre reconnaissance : Estelle Piot, adjointe du directeur scientifique général, a reçu le Prix de l’innovation & de la recherche lors de la 1ère édition du Prix Femmes de l’Aéro et du Spatial, organisé par le GIFAS et le Journal de l’Aviation.
Aerocontact du 5 janvier 2026
Lisi Aerospace agrandit son usine de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron)
Lisi Aerospace prévoit l’installation de 2 chaînes de fabrication de vis en titane et de rivets aveugles, afin de répondre à la croissance de la construction d’avions. Le groupe investira 14 M€ dans le bâtiment et 30 M€ dans les machines. L’extension de 7 500 m² sera livrée début 2027. Lisi Aerospace a obtenu une première commande de l’équipementier allemand MT Aerospace pour son rivet aveugle, qui doit être utilisé sur les lanceurs Ariane 6. Le fabricant espère aussi obtenir l’an prochain la qualification de ce rivet pour l’avion long-courrier Airbus A350.
Les Echos du 6 janvier 2026
Lars Wagner est devenu CEO d’Airbus Commercial Aircraft le 1er janvier 2026
L’allemand Lars Wagner a succédé à Christian Scherer comme directeur général de la division Commercial Aircraft d’Airbus. Lars Wagner occupait auparavant le poste de PDG du fabricant allemand de moteurs d’avions MTU Aero Engines AG, basé à Munich, depuis janvier 2023. Avant d’entrer chez MTU, il avait déjà occupé plusieurs postes de direction chez Airbus.
La Dépêche du Midi et L’Usine Nouvelle du 7 janvier 2026
Dassault Aviation a livré 26 Rafale en 2025 et relève sa perspective de chiffre d’affaires
En 2025, Dassault Aviation a livré 26 Rafale, soit un de plus que prévu initialement et 5 de plus qu’en 2024. Sur ce total, 15 appareils ont été remis à des clients à l’international et 11 aux armées françaises. Le groupe a livré 37 avions d’affaires Falcon (contre 40 initialement prévus et six jets de plus qu’en 2024). En ce qui concerne les prises de commandes, Dassault Aviation a signé des contrats portant sur 26 Rafale à l’exportation (30 en 2024) et 31 Falcon. Fin décembre 2025, le carnet de commandes comptait 220 Rafale (175 pour l’international, 45 pour la France) et 73 Falcon à produire. Le constructeur français a annoncé attendre désormais un chiffre d’affaires « au-dessus de 7 Md€ » pour 2025, contre 6,5 Md€ attendus précédemment. La publication des résultats financiers 2025 est prévue le 4 mars prochain.
Ensemble de la presse du 8 janvier 2026
Michelin annonce deux projets d’acquisition d’entreprises américaines, visant à renforcer son activité Polymer Composite Solutions
Michelin accélère sa croissance avec l’acquisition de Cooley Group et de Tex Tech Industries, deux leaders des marchés de tissus enduits et textiles techniques. Cooley Group est reconnue pour son expertise dans les tissus enduits polymères haute performance, pour un large panel d’applications. Tex Tech Industries a créé des solutions, notamment, pour des systèmes de protection thermique pour les véhicules spatiaux, des matériaux résistant au feu pour le fuselage des avions, des textiles ignifuges pour les sièges d’avion et des tissus sur mesure pour les applications composites. Ces 2 acquisitions doivent fortement accélérer l’expansion du groupe sur de nouveaux marchés et de nouveaux territoires, tout en augmentant d’environ 20 % le chiffre d’affaires de l’activité Polymer Composite Solutions de Michelin. Les deux transactions devraient être finalisées au cours du premier semestre 2026.
La Tribune du 8 janvier 2026
Le banc d’essais Jéricho est entré en service à l’ONERA
À Palaiseau, l’ONERA vient de procéder à la première campagne d’expérimentations de son nouveau banc d’essais de matériaux aéronautiques inauguré en septembre dernier, baptisé Jéricho. Cet outil permet de développer des méthodes d’essais hybrides (couplage essais – simulations numériques) sur les futures structures aéronautiques et spatiales et d’accompagner les industriels européens dans leurs projets de recherche et de certification. Il est cofinancé par la DGAC et l’ONERA avec l’aide de la DGA. Philippe Beaumier, directeur aéronautique à l’ONERA, a commenté : « Grâce au soutien de la DGAC et du plan de relance France 2030, de la DGA et de l’AID, l’ONERA dispose dorénavant avec Jéricho d’un nouveau moyen d’essai exceptionnel pour préparer les matériaux aérospatiaux de demain. Nouveau moyen de souveraineté technologique, Jéricho va ainsi contribuer à l’innovation aéronautique française et européenne ».
Aerobuzz du 8 janvier 2026
IndiGo a reçu son premier A321XLR pour mieux connecter l’Inde au reste du monde
La compagnie indienne a réceptionné le 7 janvier 2026 son 1er A321XLR, également le 1er appareil de ce type déployé en Inde. L’avion possède une autonomie pouvant atteindre 4 700 milles nautiques, soit environ 8 700 km, ce qui ouvre à IndiGo la possibilité de relier directement l’Inde à une partie de l’Europe, au Moyen-Orient élargi, à l’Asie du Sud-Est ou à l’Afrique de l’Est, sans recourir à des gros-porteurs. IndiGo attend 40 exemplaires de l’appareil, dont 9 seront livrés en 2026.
Air Journal et Le Journal de l’Aviation du 8 janvier 2026
Pour rester au meilleur niveau mondial, la filière aéronautique souhaite des décisions cohérentes de la part des politiques
À l’occasion de ses vœux à la presse, le nouveau président du GIFAS et directeur général de Safran, Olivier Andriès, a souligné la forte dynamique du secteur aéronautique français (+10 à 15 % d’activité, 25 000 à 30 000 recrutements l’an dernier), tout en dénonçant une pression fiscale croissante. « Nos parlementaires ont perdu la boussole. C’est, tous les jours, un concours Lépine pour taxer plus et travailler moins. Ce n’est pas comme ça que nous allons nous en sortir. Pour créer de la richesse, Il faut encourager l’investissement et non pas le décourager », a-t-il déclaré. L’industrie aéronautique française, qui est le premier contributeur à la balance commerciale hexagonale, avec un excédent de 30 Md€ en 2024, est déjà celle qui supporte les prélèvements fiscaux les plus importants en Europe. « L’Etat et les collectivités locales prélèvent 12,5 Md€ par an sur le secteur, pour 1 Md€ d’aides publiques, souligne-t-il. C’est un beau taux de rentabilité. » Les débats budgétaires pour 2026 menacent encore sa compétitivité : hausse de l’impôt sur les sociétés, réduction des aides à la R&D et remise en cause du crédit d’impôt recherche. Selon Olivier Andriès, ces choix risquent d’accélérer les délocalisations, déjà à l’œuvre vers des pays à bas coûts comme le Maroc.
Ensemble de la presse du 8 janvier 2026
La filière aéronautique et spatiale demeure l’un des principaux recruteurs industriels en France
Le GIFAS souligne la vitalité de la filière aéronautique et spatiale, 1er recruteur industriel français. Si le décompte précis des embauches de 2025 sera connu en mai, Clémentine Gallet, présidente du Comité Aéro-PME du GIFAS, annonce qu’elles se situent entre 25 000 et 30 000. En 2024, la filière avait déjà créé environ 14 000 emplois nets. « Nous sommes sur une dynamique d’embauche très forte, avec une croissance de 5 % des effectifs totaux », indique-t-elle. La filière emploie 222 000 personnes (donnée 2024), dans toutes les régions et poursuit une forte dynamique, portée par des besoins accrus en ingénieurs et profils qualifiés, mais s’inquiète de l’avenir de l’alternance faute de budget 2026. Son président, Olivier Andriès, dénonce un climat politique anxiogène et une pression fiscale croissante, alors que le secteur est déjà lourdement taxé. Malgré un chiffre d’affaires de 78 Md€ et un excédent commercial de 30 Md€, les industriels redoutent que de nouvelles taxes et l’érosion des aides publiques découragent l’investissement en France.
Le Journal de l’Aviation du 8 janvier 2026
Première commande ferme aux USA pour Elixir Aircraft
Après la certification américaine de son biplace en juillet 2025, Elixir Aircraft, peut désormais transformer ses précommandes en commandes fermes. Une étape clé vient d’être franchie avec la signature par l’école de pilotage Cirrus Aviation de 10 appareils, après près de 10 ans de relations entre les 2 partenaires. Les 2 premières livraisons aux États-Unis sont prévues au printemps 2026, en Floride. Cette première commande confirme la crédibilité du constructeur rochelais sur le marché américain et ouvre la voie à la conversion progressive d’environ 200 précommandes enregistrées aux États-Unis. Elle accélère aussi le projet d’implantation d’un site de réassemblage à Sarasota, désormais entré dans sa phase opérationnelle.
Aerobuzz du 8 janvier 2026
Nehia s’agrandit à Toulouse
Portée par la montée en cadence de l’aéronautique, Nehia Group engage l’extension de son site toulousain, à l’image d’Airbus ou de Liebherr-Aerospace dans la région. La PME investira près de 800 000 € pour augmenter d’un tiers ses surfaces, soit 560 m² d’ateliers et 900 m² de capacité de stockage en plus. Forte de 80 salariés et d’un chiffre d’affaires de 14 M€ en 2025, Nehia prévoit 20 % de croissance et envisage de nouveaux recrutements. Spécialisée dans les solutions de masquage, décoration et revêtements, elle renforce ses positions auprès d’Airbus, se diversifie vers la maintenance aéronautique, le ferroviaire et les véhicules électriques, tout en misant sur l’innovation, via son laboratoire de R&D.
La Tribune du 8 janvier 2026