Indice Unsa : en 2026, les salariés veulent d’abord une augmentation
03/02/2026
Selon l’indice Unsa du moral des salariés, un sondage effectué du 2 au 6 janvier 2026 auprès de 1 003 salariés, les souhaits exprimés par les salariés sont :
- des augmentations salariales pour 88 % des personnes interrogées (pour 45 % des salariés interrogés, c’est le 1er souhait ) ;
- de la sérénité au travail pour 55 % (pour 17 % des salariés, cette réponse arrive en tête) ;
- un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle pour 46 % (ce souhait arrive en tête chez 10 % des salariés).
Avec un indice moral des salariés évalué à 5,3 sur 10 par ce baromètre début janvier (contre 5,4 en décembre), l’union des syndicats autonomes juge que ce résultat “évolue sans dynamique de redressement, traduisant un climat de fragilité durable dans un contexte économique, social et politique incertain”.
Source : actuel CSE
Contrat jeune : la CGT dénonce une proposition du Medef “pire que le CPE”
03/02/2026
La semaine dernière, dans le cadre des discussions avec les organisations syndicales pour la mise à jour de leur agenda social commun, le Medef a formulé plusieurs propositions concernant l’emploi des jeunes : un contrat spécifique avec 3 ans de période d’essai, un salaire minimum qui pourrait être adapté, et des dérogations sur les temps partiels et les contrats à durée déterminée.
La CGT, dans un communiqué publié samedi, réagit vivement à ces propositions. “Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE (Ndlr : le contrat première embauche alors voulu par le Premier ministre Dominique de Villepin), le Medef ose remettre le couvert (..) Il réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai”.
Le syndicat parle d’une “déclaration de guerre contre les jeunes et les salariés” et prévient qu’elle refusera “catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments”.
Source : actuel CSE
Meeting sur les libertés syndicales : la CGT réclame une loi d’amnistie
06/02/2026
La CGT a tenu, dans la soirée du mardi 4 février, un grand meeting dans ses locaux de Montreuil. Un événement en forme de riposte à l’attaque en justice contre sa secrétaire générale Sophie Binet qui ne compte pas en rester là : la CGT réclame une grande loi de défense des libertés syndicales et détaille ses propositions de réforme du code du travail.
“Oui, les rats quittent le navire mais personne ne fera taire la CGT”, a tempêté Sophie Binet en conférence de presse, juste avant le démarrage du meeting de la CGT consacré à la défense des libertés syndicales. Sur fond de musique militante, le patio du siège de l’organisation a commencé à se garnir des militants venus soutenir leur porte-étendard.
Car ce meeting consiste bien à marquer le coup après ce que la CGT qualifie de procédure bâillon à l’encontre de Sophie Binet : une plainte pour injure publique déposée par Sophie De Menthon, présidente du lobby patronal Ethic, à l’encontre de propos tenus sur la station de radio RTL au sujet de patrons qui délocalisent leur entreprise (“Les rats quittent le navire”). La secrétaire générale de la CGT tient à souligner qu’Ethic est “une association financée par Pierre-Edouard Stérin, un milliardaire d’extrême droite”.
La boucle est donc bouclée mais pour Sophie Binet, la répression syndicale dépasse ce type de procédure : elle concernerait plus de mille militants de son organisation, délégués syndicaux et élus de CSE avec pour point de départ les ordonnances Macron de 2017. Enfin, malgré le soutien intersyndical apporté à Sophie Binet, le meeting fût parfois un peu chahuté (voir notre encadré).
L’affaire n’est pas terminée puisque d’une part, la justice française devra se prononcer sur cette affaire, et d’autre part, le représentant de la Confédération syndicale internationale, Luc Triangle, a annoncé avoir déposé plainte à son tour pour soutenir la secrétaire générale, auprès du Comité des libertés syndicales de l’Organisation internationale du travail (OIT).
La fusion des instances a “déstructuré les équilibres de la démocratie sociale”
Pour la CGT, les ordonnances constituent un tournant démocratique : “En fusionnant les instances représentatives du personnel et en renforçant les accords d’entreprise au détriment de la hiérarchie des normes, elles ont profondément déstructuré les équilibres de la démocratie sociale dans l’entreprise”, indique le dossier de presse du meeting.
Il ne s’agissait que du début d’un “processus de restriction des libertés” qui se déroule depuis le premier quinquennat d’Emmanuel Macron, et dont la procédure contre Sophie Binet ne serait qu’une étape. La CGT met en avant “les tentatives de restriction du droit de grève, la répression des manifestations, l’intimidation et le chantage à l’emploi”.
Répression et discrimination prennent diverses formes selon Gérard Ré et Myriam Lebkiri, membres du bureau confédéral de la CGT : “Il s’agit d’entraves aux droits des CSE, des convocations qui ne sont pas envoyées aux élus parfois empêchés de participer aux instances”.
Une liste noire de la répression syndicale
L’organisation s’apprête à publier dans les prochains jours une liste de ses mille militants inquiétés par la justice. Le but est de “rendre visibles les atteintes aux libertés syndicales”.
Pour l’heure, la CGT a recensé 357 signalements issus de remontées du terrain : 342 militants se trouveraient sous le coup d’une procédure disciplinaire, 63 seraient victimes de discriminations syndicales et 25 d’entraves à l’exercice du droit syndical. Sur les 180 militants ou structures concernés par des procédures judiciaires, 31 ont été mis en garde à vue et 22 condamnés. La CGT compte bien publier également le nom des entreprises suivant le principe du “name and shame” (nommer pour faire honte).
Dans le patio de la CGT, nous sommes partis à la recherche de témoins de ces phénomènes. Un élu de CSE du secteur de l’énergie nous confie : “Nous ne sommes pas visés mais pour une raison simple : nous sommes toujours en déplacement, donc l’employeur ne peut pas nous atteindre”. Chez GDF Suez, une déléguée syndicale reconnaît que “la situation se tend mais nous sommes protégés par nos accords, il y a encore du dialogue social”. A l’inverse, à la Réunion, cet élu de CSE d’un hôtel témoigne : “On m’emmerde tout le temps sur mes heures de délégation, ils veulent toujours savoir où je suis”.
Un droit de veto suspensif du CSE
Outre le retour du CHSCT dans tout établissement d’au moins 50 salariés, la CGT revendique un renforcement des droits d’enquête, d’alerte et d’intervention des représentants du personnel, assortis d’un droit de veto suspensif quand le CSE estime qu’une décision de l’employeur porte une atteinte grave à la santé, la sécurité des salariés ou à la liberté syndicale. La décision de l’employeur serait alors suspendue jusqu’à l’accord des représentants du personnel ou la décision du juge saisi en référé.
À l’instar des propositions des chercheurs lors du colloque consacré au même sujet au Sénat, la CGT appelle de ses vœux un droit d’accès aux locaux de toute entreprise au bénéfice des représentants des unions locales et départementales, ainsi qu’un crédit d’heures interprofessionnel permettant aux délégués territoriaux de rencontrer les salariés dans les petites structures.
Le syndicat revendique également de véritables sanctions dissuasives à l’encontre des employeurs coupables d’atteintes aux libertés syndicales : une privation d’aides publiques, des pénalités financières, une exclusion des marchés publics pendant au moins cinq ans.
La CGT défend également une loi d’amnistie en faveur des militants syndicaux pour tout délit ou contravention commis à l’occasion des conflits du travail, dans l’exercice normal du droit de grève ou de l’activité syndicale. Enfin, l’organisation dénonce les attaques dont sont victimes ses Bourses du Travail un peu partout sur le territoire.
| Quel soutien intersyndical ? |
| Sophie Binet milite aussi pour une interdiction des procédures bâillon prenant la forme d’un non-lieu immédiat prononcé par le procureur ou le juge d’instruction en cas de procédure présentant “les caractéristiques d’une action manifestement infondée visant à entraver la participation publique”. De plus, cette possibilité est assortie du versement par le demandeur d’une provision pour frais de défense du défendeur. “C’est quand même gravissime que je sois obligée de prendre un avocat, de perdre des heures pour organiser ma défense, organiser ce meeting. C’est un message qui est passé pour nous faire taire”, nous a confié Sophie Binet. Le 5 décembre 2025, une intersyndicale (hors CFTC) a publié un communiqué de soutien à la secrétaire générale de la CGT. “Nous l’affirmons, ‘les rats quittent le navire’ n’est pas une injure, mais le constat amer d’un comportement irresponsable”, ont signé Marylise Léon (CFDT), Frédéric Souillot (FO), Laurent Escure (Unsa), Murielle Guilbert et Julie Ferrua (Solidaires), Caroline Chevé (FSU) et François Hommeril (CFE-CGC). Malgré cette solidarité intersyndicale, certains militants de la CGT n’ont pas apprécié que le meeting donne la parole à Marylise Léon. Dès le lancement de la vidéo, les derniers rangs de militants ont sifflé et hué la secrétaire générale de la CFDT. Malgré l’intervention sur scène de Sophie Binet, qui a tenté de rassembler en scandant le slogan “Tous ensemble, tous ensemble”, François Hommeril ne fut pas mieux accueilli par le fond de la salle. “Je suis ici ce soir pour réaffirmer mon total soutien à Sophie Binet, qui est la proie d’un acharnement indigne ! En attaquant Sophie Binet, Sophie de Menthon ne frappe pas au hasard. C’est l’ensemble des organisations, c’est le syndicalisme lui-même qui est attaqué !”, a clamé le président de la CFE-CGC. François Hommeril a conclu son intervention par ce récit : “Il y a 25 ans, dans une petite usine en Savoie, le délégué syndical de la CFE-CGC, harcelé par la direction (…) a dû subir la discrimination, les avertissements, une mise à pied. Un lundi, un syndicat a porté un mot d’ordre de grève de deux heures pour le soutenir. Ce syndicat c’était la CGT, ce délégué c’était moi ! Et 25 ans après, je ne l’ai pas oublié !”. |
Marie-Aude Grimont
