L’IA augmenterait la charge de travail au lieu de la réduire
16/02/2026
Contrairement à une certaine idée reçue, l’intelligence artificielle (IA) ne permettrait pas d’alléger la charge de travail des salariés qui l’utilisent mais l’intensifierait, selon une étude qualitative publiée le 9 février dans la revue américaine Harvard Business Review portant sur l’analyse des habitudes de travail de salariés utilisant des outils d’intelligence artificielle (IA) générative dans une entreprise technologique américaine comptant environ 200 employés*.
Les auteures de l’étude Aruna Ranganathan et Xingqi Maggie Ye – deux chercheuses de l’université de Berkeley – ont identifié trois principales formes d’intensification. D’abord, un « élargissement des responsabilités », une extension des tâches. “L’IA étant capable de combler les lacunes en matière de connaissances, les employés ont progressivement assumé des responsabilités qui incombaient auparavant à d’autres, rapportent-elles. […] Des personnes de tous les services de l’entreprise ont entrepris des travaux qu’elles auraient externalisés, reportés ou tout simplement évités par le passé.”
Ensuite, les chercheuses ont relevé que les outils d’IA, par leur facilité d’emploi, étaient souvent sollicités par les salariés en débordement de leurs temps de travail (pendant leur déjeuner, en réunion ou en attendant le chargement d’un fichier). “[…] Écrire une phrase à un système d’IA s’apparentait davantage à une conversation qu’à l’exécution d’une tâche formelle […], analysent-elles. Certains employés ont confié avoir réalisé, souvent a posteriori, que les sollicitations répétées pendant les pauses étant devenues une habitude […]. De ce fait, le travail leur paraissait moins structuré et plus diffus, comme une dimension qu’on pouvait toujours explorer davantage”.
Enfin, le nombre des tâches, à gérer rapidement et simultanément, augmentaient. “Si l’impression d’avoir un “partenaire” donnait l’impression d’avancer, la réalité était tout autre : une attention constamment détournée, des vérifications fréquentes des résultats de l’IA et un nombre croissant de tâches en cours, relèvent les chercheuses. Il en résultait une charge cognitive importante […] même si le travail paraissait productif”.
“L’IA a accéléré certaines tâches, ce qui a accru les attentes en matière de rapidité ; cette rapidité accrue a rendu les travailleurs plus dépendants de l’IA. Cette dépendance accrue a élargi le champ des possibles, et cet élargissement a encore augmenté la quantité et la densité du travail”, résument les chercheuses, qui appellent les entreprises à “préserver du temps et de l’espace pour l’écoute et les échanges humains”, à réguler “l’ordre et le calendrier des tâches au lieu d’exiger une réactivité continue” ou à imposer des pauses pour “favoriser de meilleures décisions”.
*L’étude a été menée d’avril à décembre 2025 (huit mois). Les chercheuses ont procédé à des observations sur le terrain deux jours par semaine, suivi les canaux de communication interne et mené plus de 40 entretiens « approfondis » auprès des équipes d’ingénierie, de produit, de design, de recherche et d’opérations.
Source : actuel CSE
L’INRS propose une grille d’évaluation de la qualité acoustique des espaces ouverts
19/02/2026
L’INRS a mis en ligne en janvier une grille d’évaluation de la qualité acoustique des espaces ouverts à destination des préventeurs en entreprise pour faire une première évaluation simple, essentiellement basée sur des observations. Le but est de mettre en évidence les principaux points de faiblesse acoustique du local et de son aménagement.
Pour chaque élément de l’aménagement de l’espace évalué (plafond, sol, géométrie, etc.), une note comprise entre 0 et 5 est ainsi établie : 0 indique une mauvaise qualité et 5 une bonne qualité. Lorsque tous les éléments ont été évalués, une note globale, également comprise entre 0 et 5, témoigne de la qualité acoustique globale de l’espace de travail.
Cette grille s’inscrit dans le cadre de la démarche d’analyse proposée par l’INRS dans sa brochure ED 6402 – Environnement sonore en bureaux ouverts : évaluation de la gêne et démarche d’amélioration.
Source : actuel CSE