Conditions de travail chez Action : la CGT écrit au ministre du travail pour demander un contrôle national

02/03/2026

Après la diffusion le jeudi 26 février, dans “Complément d’enquête” sur France 2, d’une enquête sur les mauvaises conditions de travail du distributeur Action, Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, et Amar Lagha, secrétaire général de la fédération CGT Commerce, distribution et services, ont adressé le 27 février une lettre au ministre du travail.

“Tout comme les journalistes qui ont investigué nous avons constaté que l’organisation du travail, les méthodes managériales et le manque d’équipements de travail et de protections individuelles mettent en danger tant la santé physique que mentale des travailleurs et travailleuses dans ces magasins. Il apparait clairement que le chronométrage des salariés, le maintien sous pression permanente des managers ont un impact conséquent sur eux. Les salariés souffrent de douleurs physiques qui entrainent des pathologies telles que notamment la tendinopathie chronique de l’épaule, le canal carpien et la sciatique par hernie discale (..) Nous avons aussi constaté des pratiques totalement illégales telles que la modification des horaires de pointage des salariés dans le but de ne pas payer les heures supplémentaires et l’utilisation de la vidéosurveillance pour espionner les salariés afin de détecter ceux qui ne sont pas assez productifs”, écrivent les deux responsables CGT.   

“Au vu de la gravité des faits exposés et de la mise en danger des salariés”, les syndicalistes demandent à Jean-Pierre Farandou “d’agir dans les plus brefs délais”. La CGT demande au ministre de “donner instruction à vos services d’engager une campagne nationale de contrôle sur le non-respect des obligations, d’éviter la manutention manuelle. Ces infractions étant facilement constatables, il nous semble qu’une campagne alliant, procès-verbaux / transaction pénale ou encore saisine des juges des référés compte tenu des risques sérieux d’atteinte à l’intégrité physique d’un travailleur, aurait nécessairement un impact immédiat”.

La CGT rappelle au passage sa revendication d’un rétablissement des CHSCT, d’une augmentation des moyens des inspections du travail et de la création de tableaux de maladies professionnelles pour les maladies psychiques.

Source : actuel CSE

L’inquiétude d’AvoSial face aux modifications apportées au régime de la rupture conventionnelle

02/03/2026

Alors qu’un projet d’avenant a été finalisé par les partenaires sociaux le 25 février, AvoSial s’inquiète des conséquences des modifications successives apportées au régime de la rupture conventionnelle. 

AvoSial “considère que le mécanisme des ruptures conventionnelles est devenu indispensable pour les employeurs et les salariés, en apportant souplesse et prévisibilité dans une rupture concertée du contrat de travail, Il encourage donc son maintien au sein de la réforme en cours de l’assurance chômage, qui ne doit peser ni sur son utilisation, ni sur son coût au risque de revoir les licenciements ou les arrêts maladie de complaisance se multiplier”.

Déjà, en novembre dernier, la présidente d’AvoSial, Amélie d’Heilly, alertait sur le risque de vouloir limiter le recours à la rupture conventionnelle. 

Source : actuel CSE

Vente de SFR : la CFDT demande des négociations sociales tripartites

05/03/2026

Olivier Pinto, Olivier Lelong, Marylise Léon, Christophe Visse, Olivier Berducou

Alors que les opérateurs concurrents ont commencé un audit de la marque au carré rouge, les représentants CFDT du personnel réclament l’ouverture de négociations afin de définir un cadre social. Objectif : rassurer les salariés et obtenir des garanties sur l’emploi.

Consolidation du secteur des télécoms, recentrage du groupe Altice, désendettement, enjeux financiers… Les motifs de vente de SFR sont multiples mais il ne s’agit certainement pas des difficultés de l’entreprise, indiquent les représentants du personnel de SFR, regroupés en conférence de presse au siège de la CFDT, mercredi 4 mars. “En 2024, SFR a encaissé 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 1,4 milliard de cash-flow”, explique par exemple Olivier Lelong, délégué syndical central et représentant au CSE central de SFR. Il souligne également que “12 milliards se sont évaporés en dividendes”…

Pas de risque de faillite donc, mais plutôt des créanciers du groupe Altice, qui auraient contraint son dirigeant, Patrick Drahi, à céder SFR sous peine de se voir évincé de son poste. Quoi qu’il en soit, les opérations ont connu une récente accélération : après avoir refusé la proposition conjointe des autres opérateurs (Orange, Free, Bouygues) à 17 milliards, le dirigeant du groupe a autorisé le lancement de la “due diligence”, à savoir l’audit complet de SFR par ses acheteurs potentiels. Une phase considérée comme décisive par les représentants CFDT qui veulent faire entendre une voix sociale au milieu des intérêts financiers.

“Ce projet va toucher en priorité les salariés”

Chez SFR, le siège emploie à lui-seul 1 600 salariés, les boutiques environ 2 000 et les filiales techniques jusqu’à 3 000. L’ensemble pèse donc près de 8 000 salariés dans le groupe Altice. Certes, tous ne perdront pas leur emploi après l’opération, mais l’enjeu social est majeur. En revanche, “il est totalement absent du calendrier”, s’offusque Christophe Visse, secrétaire fédéral (fédération communication conseil culture) de la CFDT.

Absent aussi des colonnes médiatiques les plus connues, reprochent les représentants CFDT, lassés de lire des articles abordant uniquement les aspects téléphoniques, stratégiques et financiers de la vente de SFR. Pourtant, “ce projet va toucher en priorité les salariés, il faut sortir de l’idée que la consolidation du secteur n’est qu’un problème économique mais aussi social”, ajoute Olivier Lelong. Le délégué syndical craint pour l’emploi en région parisienne et en province, car SFR est présente dans toutes les grandes métropoles : Bordeaux, Nantes, Grenoble, Chartres, Lyon, Nantes, Toulouse, Metz, Lille, Rouen…

Des négociations tripartites et une clause sociale

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, soutient ses militants dans ce dossier et tente d’avertir les pouvoirs publics lors de ses contacts avec l’exécutif. “Il faut poser un cadre tripartite de discussion. L’État doit assumer et reconnaître qu’il existe un problème d’emploi. La CFDT exige que toute autorisation de l’opération soit conditionnée à des engagements sociaux opposables”, a-t-elle indiqué. A la clé se dessinerait un accord définissant comment l’emploi serait protégé en incluant les filiales et les sous-traitants. Rappelons que l’État est actionnaire d’Orange, il régule le secteur des télécoms, encadre les investissements et encadre la concurrence. Ces discussions impliqueraient donc les syndicats, les directions des entreprises et l’État.

Du fait de la consolidation du secteur des télécoms, ces négociations pourraient porter sur l’emploi chez les autres opérateurs. C’est pourquoi les représentants du personnel d’Orange, Free et Bouygues sont eux aussi inquiets. “Notre demande est constante : des garanties fortes sur l’emploi, une clause sociale de non-dégradation et une responsabilité sociale étendue aux sous-traitants”, analyse Olivier Berducou, délégué syndical central chez Orange.

Les CSE laissés dans l’inconnu

Pour l’instant, la direction de SFR communique le moins possible afin de préserver la confidentialité de sa vente. “C’est la grande muette”, s’agace Olivier Lelong. Selon le délégué syndical et représentant au CSE central de SFR, aucune procédure d’information-consultation des CSE n’a été lancée. Ce ne sera le cas que quand l’opération aura été déposée auprès de l’Arcep, l’autorité de régulation des communications électroniques.

Pour autant, l’élu entend bien “rentrer dans une appropriation en avance de phase pour ne pas se retrouver dans le rôle du pompier de service”. Son but : rassurer ses collègues. Car dans ce type de projet, les élus du personnel sont en première ligne. “Quand on est représentant syndical, combien de fois on entend par jour les collègues demander ‘qu’est-ce qu’on va devenir’ ?”, confirme Marylise Léon.

Jusqu’à présent, les autres organisations syndicales de SFR (où l’UNSA et la CFE-CGC) ont-elles aussi alerté sur les risques pesant sur l’emploi des salariés. Mais à ce jour, aucune coordination intersyndicale n’est envisagée.

Inquiétude sur les boutiques

Si Free, Bouygues et Orange devaient racheter SFR, des points de vente se trouveraient inévitablement en doublon. De plus, SFR dispose de son propre réseau de distribution de 500 boutiques en incluant les franchises, avec une ligne managériale et un siège social indépendant dénommé SFR Distribution. “Nous accompagnons les clients et répondons à leurs besoins. Nous sommes le lien humain et le levier commercial de l’opérateur mais la rumeur du mur de la dette nous pèse depuis des années”, explique Olivier Pinto. L’élu au CSE de SFR Distribution ne cache pas son inquiétude : “Si on est vendus à la découpe, qui va rentrer dans les boutiques ?”. En effet, la vente de SFR risque de rendre les consommateurs attentistes : ils attendront la fin de la vente pour choisir un opérateur parmi les trois restants, mais certainement pas chez SFR.

Olivier Pinto ajoute : “Le dialogue social est indispensable. Il faut de la transparence et de l’anticipation, nous ne pouvons plus travailler dans le flou. On ne peut pas nous mettre hors-jeu”.

Les salariés et leurs élus risquent d’attendre longtemps avant d’être fixés. Selon les représentants CFDT, une accélération pourrait se produire fin mars mais il leur faudra sans doute patienter entre 12 et 18 mois avant d’en savoir plus…

Marie-Aude Grimont

L’intersyndicale appelle les députés à rejeter la proposition de loi sur le 1er mai

05/03/2026

“Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU vous appellent donc solennellement à vous opposer à toute tentative de remise en cause du 1er mai”, indique le courrier envoyé par les syndicats aux députés. Lors de la niche parlementaire des Républicains, la proposition de loi sur le 1er mai était à l’ordre du jour mais n’a pas pu être discutée faute de temps. Elle reviendra dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale le 10 avril, lors de la journée de niche parlementaire du groupe Ensemble pour la République.

Le texte a déjà été adopté par le Sénat en juillet 2025. Les syndicats y sont depuis toujours opposés. Selon leur courrier, “L’ouverture de la dérogation au principe du repos rémunéré le 1er mai constitue une première brèche, remettant en cause l’exceptionnalité de cette journée. L’histoire sociale nous montre qu’à chaque fois qu’un principe est entamé, les dérogations s’étendent progressivement jusqu’à devenir la règle. Le travail du dimanche en est une illustration éclairante” (courrier en pièce jointe). Ils craignent par ailleurs que le volontariat à travailler le 1er mai ne constitue qu’une façade, les salariés n’osant pas s’opposer à leur hiérarchie pour s’absenter le 1er mai, en particulier dans les petites entreprises.

Ils soulignent enfin : “Le 1er mai n’est pas un jour férié comme les autres. Il commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs, marquées notamment par des événements tragiques, comme la fusillade de Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives”.

Source : actuel CSE