ESPACE

Arianespace lance 34 nouveaux satellites OneWeb

Arianespace a lancé un nouveau lot de satellites OneWeb le 10 février. 34 satellites ont été lancés, à bord d’un lanceur Soyouz qui a décollé du Centre spatial guyanais. Il s’agit de la première mission d’Arianespace en 2022. Les satellites s’élèveront au cours des prochaines semaines jusqu’à une altitude opérationnelle d’environ 1 200 kilomètres, où ils rejoindront d’autres satellites pour étendre le réseau de la constellation à 428 des 648 satellites prévus.

SpaceNews du 11 février

Espace : les patrons des filiales spatiales de Thales et Airbus veulent préserver le rang de l’Europe

À la veille du 16 février, qui réunira à Toulouse les ministres européens chargés de l’Espace, la filière française se mobilise. « Alors que les cycles d’innovation s’accélèrent, nous devons conserver notre leadership dans l’espace, ce qui suppose une hausse des investissements européens. Cela nous permettra de maintenir notre rang face aux États-Unis, où les investissements atteignent 40 Md€ par an, au lieu d’environ 8 Md€ en Europe », souligne Hervé Derrey, PDG de Thales Alenia Space (TAS). Preuve de la détermination du camp français, Hervé Derrey et le DG d’Airbus Espace et directeur des systèmes spatiaux chez Airbus Defence & Space, Jean-Marc Nasr, ont choisi de détailler au JDD leurs positions communes. Réuni au sein du GIFAS, le tandem a élaboré de concert avec les autres acteurs 10 propositions pour renforcer l’industrie spatiale européenne. Ce projet, baptisé SpacEarth Initiative, insiste sur l’importance du spatial dans la vie quotidienne, en particulier pour lutter contre le dérèglement climatique, et sur le défi du nombre croissant de débris spatiaux. « La gestion des débris spatiaux et du trafic en orbite devient un sujet de préoccupation majeure. La France est précurseur et a mis une réglementation en place. Nous soutenons une démarche similaire à l’échelle mondiale du cadre existant en France, pour que l’espace reste un environnement durable. Les mêmes règles doivent s’appliquer à tous », suggère Hervé Derrey. Si le volet spatial du plan de relance France 2030, présenté en octobre 2021, prévoit une enveloppe de 1,5 Md€, « un financement européen d’envergure se révèle indispensable pour exister face aux acteurs américains, qu’il s’agisse des lancements, des satellites ou du traitement des données », estime un entrepreneur du secteur. Et la filière tricolore « représente 48% de l’industrie spatiale européenne », confirme Jean-Marc Nasr. Pour lui, l’Europe n’est pas à la traîne des États-Unis : « Seule Ariane 5 avait la capacité et la précision nécessaires pour le lancement du télescope James Webb en décembre ».

Le Journal du Dimanche du 13 février

Comment Thales Alenia Space fait décoller l’Europe spatiale

C’est à Turin que TAS, codétenu par Thales (67%) et l’italien Leonardo (33%), conçoit les éléments les plus complexes des infrastructures spatiales. Le groupe y avait déjà fabriqué environ 50% de la station spatiale internationale (ISS). Les 1 000 salariés turinois du groupe franco-italien y assemblent désormais les premières structures de la Lunar Gateway, la future station de la NASA en orbite autour de la Lune. « Avec 2 000 mètres carrés de salles blanches et 400 ingénieurs, ce site est unique en Europe, et n’a guère d’équivalent dans le monde », assure son responsable Walter Cugno, directeur des activités d’exploration de TAS. Ayant développant des modules clés de l’ISS, le groupe n’a pas grand-chose à envier aux acteurs américains ou chinois sur les structures spatiales habitées. Cette expérience réussie lui a permis, en 2009, d’être sélectionné par le géant américain Northrop Grumman pour construire une grande partie de la capsule Cygnus, un module de fret qui ravitaille régulièrement la station spatiale. Fort de ce succès, TAS est devenu le partenaire incontournable de quasiment tous les projets américains de vol habité. Le groupe s’est même imposé comme un fournisseur incontournable des startups du New Space, comme Axiom Space. Au-delà des stations orbitales, TAS travaille également sur un programme ambitieux de navette réutilisable, Space Rider. TAS met enfin la dernière main à un des projets les plus ambitieux de l’Europe spatiale : le rover Rosalind Franklin du programme ExoMars. Son lancement est prévu fin septembre.

Challenges du 13 février

Le directeur des systèmes spatiaux chez Airbus explique les enjeux du spatial militaire et le programme « Ceres »

Dans une interview à RFI, Jean-Marc Nasr, le directeur des systèmes spatiaux chez Airbus Defence & Space, explique pourquoi la France est en pointe dans le spatial militaire. Après le succès du lancement d’une constellation de trois satellites militaires de renseignement d’origine électromagnétique « Ceres », la France accède en 2022 à une technologie et des ressources que peu de pays au monde maîtrisent. Il s’agit du premier système européen capable de détecter des radars et des moyens de communication depuis l’espace, se réjouit Jean-Marc Nasr.

Radio France Internationale du 13 février