Hausse des coûts de l’énergie : « La France est en situation de fragilité », selon Patrick Martin (MEDEF)

Patrick Martin, président du MEDEF, alerte sur les conséquences à long terme de la guerre en Iran. Il rappelle avoir averti, à l’automne 2025, sur « les choix concernant le PLFSS et le PLF 2026, qui nous privaient de toute marge de manœuvre en cas de nouveau choc. Il faut être clair : aujourd’hui, la France est en situation de fragilité. Le gouvernement est prisonnier du mauvais état des finances », estime-t-il. L’emballement des cours boursiers du gaz et du pétrole présente « un risque de propagation à toute l’industrie, au travers de la hausse des taux d’intérêt, du coût de certains sous-composants et du fret maritime, mais aussi de l’énergie de manière durable », met-il en garde. Plus de 71 % des ETI constatent une forte hausse des coûts de l’énergie depuis le début du conflit au Moyen-Orient et plus de la moitié remarquent une hausse des prix des intrants (hors énergie), selon La Tribune Dimanche.

La Tribune Dimanche du 29 mars 2026

En Belgique, Safran crée une usine de composants de compresseurs pour moteurs d’avion

Le 27 mars Safran Aero Boosters a annoncé la création d’une nouvelle filiale, Safran Booster Components, qui sera implantée à Welkenraedt, en Belgique. Ce nouveau site industriel produira des composants de compresseurs de moteurs d’avion. Le projet, qui représente un investissement de 125 M€, est le fruit d’un partenariat avec les pouvoirs publics wallons et fédéraux belges. L’activité sera opérationnelle en 2028. La décision intervient dans un contexte de forte accélération de la demande mondiale sur plusieurs programmes d’avions civils. Les cadences des moteurs LEAP (Boeing 737 MAX, Airbus A320neo et Comac C919), GEnx (Boeing 787) et GE9X (Boeing 777X) vont connaître une hausse très importante dans les années à venir. Pour accompagner cette accélération, Safran renforce sa capacité industrielle, notamment via le dédoublement des sources de production.

Air & Cosmos du 30 mars 2026

La réindustrialisation continue de ralentir en France

En 2025, la dynamique industrielle française s’est nettement ralentie. D’après le baromètre établi par le ministère de l’Économie et des Finances, seules 19 ouvertures ou extensions d’usines ont été recensées contre 88 en 2024. Ce recul s’explique par les tensions géopolitiques (Ukraine, Moyen-Orient), la concurrence internationale de plus en plus forte, l’instauration des droits de douane américains et la hausse des prix de l’énergie. Si la défense, l’aéronautique et le spatial résistent et gardent un solde positif, d’autres secteurs (transports, chimie, mécanique…) basculent dans le rouge. Malgré des dispositifs comme France 2030, l’incertitude économique et fiscale freine les investissements industriels.

France Info du 30 mars 2026

PFAS : la commissaire européenne à l’Environnement plaide pour une approche progressive

À Paris, la commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall, a plaidé pour une sortie progressive des PFAS, privilégiant l’interdiction des produits de grande consommation dès 2027. « L’objectif de la Commission est bien d’abandonner les polluants éternels. Mais nous devons prendre en compte les contraintes économiques de certains de nos industriels », a-t-elle précisé. Un rapport de l’Agence européenne des produits chimiques, récemment paru, a conclu que les polluants éternels sont « nocifs » et présentent « des risques croissants » pour la population et l’environnement. La proposition de loi de l’UE sur les PFAS n’est pas attendue avant 2027.

La Tribune du 1er avril 2026

Souveraineté numérique : en reprenant Bull, l’État sécurise ses capacités industrielles dans le calcul haute performance

Roland Lescure, ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle, énergétique et numérique, a annoncé l’acquisition par l’État de l’intégralité du capital de Bull auprès d’Atos pour un montant pouvant atteindre 404 M€. Cette opération permet à l’État de devenir l’actionnaire unique de Bull, qui est la seule entreprise en Europe à développer et fabriquer des supercalculateurs, socle indispensable de l’intelligence artificielle et du quantique. L’acquisition intervient à un moment où le contexte géopolitique incite la France à réduire ses dépendances numériques par rapport aux États-Unis et à l’Asie.

La Tribune et L’Usine Digitale du 31mars 2026

En 2025, la France est restée le deuxième pays européen à avoir déposé le plus de brevets

Selon un bilan de l’organisme publié le 24 mars 2026, la France a déposé près de 11 000 demandes de brevets auprès de l’Office européen des brevets en 2025. Elle se maintient à la 2ème place des pays européens, derrière l’Allemagne, et à la 6ème place mondiale derrière les États-Unis, la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Valeo, qui a déposé 650 demandes, est l’entreprise française ayant déposé le plus de brevets, suivie de Safran avec 593 demandes et Airbus* avec 543 demandes. L’Office européen des brevets note par ailleurs que 26 % des demandes d’origine européenne provenaient d’inventeurs individuels ou de PME en 2025.

Le Journal des Entreprises et la Revue économique du 1er avril 2026

Réunion à Paris des ETI françaises et européennes

Ce jeudi 2 avril, les ETI françaises réunissent leurs homologues européennes à la Sorbonne à l’occasion de l’European ETI Summit, un événement appelé à devenir annuel (le prochain aura lieu le 11 mars 2027). Près de 700 chefs d’entreprise, des représentants des organisations patronales italiennes, allemandes, portugaises et polonaises sont annoncés. Les ministres Sébastien Martin (Industrie), Benjamin Haddad (Europe) et Jean-Pierre Farandou (Travail) seront présents. Les ETI souhaitent peser à l’échelle européenne, où se joue l’avenir de la compétitivité industrielle. Selon Les Echos, les ETI françaises représentent 38 % de l’emploi industriel et un tiers des exportations du pays.

Les Echos du 2 avril 2026

Entretien avec Géry Mortreux, directeur général adjoint d’Air France Industries

Géry Mortreux, directeur général adjoint d’Air France Industries, quittera son poste le vendredi 1er mai 2026. Il revient pour l’Usine Nouvelle sur les perspectives de croissance du groupe et les principaux défis du secteur. Il souligne notamment la dynamique liée aux flottes de nouvelle génération (A220, A320neo, 737 MAX, A350, 787), ainsi que le développement des capacités de maintenance sur les moteurs de dernière génération (Leap, Trent XWB, PW1500G). « Il y a aussi une forte dynamique de croissance avec des clients qui renouvellent des flottes de plusieurs centaines d’avions. Cela concerne en particulier le Moyen-Orient et la zone Inde-Asie ». Le dirigeant rappelle qu’Air France Industries a renouvelé en 2025 le contrat de maintenance des AWACS de l’armée de l’Air et de l’Espace pour 10 années supplémentaires. « Nous avons également des contrats qui sont signés avec des états pour des flottes militaires dérivées du civil comme avec l’A330 MRTT », précise-t-il.

L’Usine Nouvelle du 2 avril 2026

Le loueur irlandais Abelo convertit trois options en commandes fermes d’ATR-72

Le loueur Abelo confirme 3 options supplémentaires d’ATR 72-600, issues d’un accord signé avec ATR lors de l’édition 2023 du salon aéronautique de Dubaï. « Cette commande vient renforcer l’engagement du loueur envers une aviation régionale plus moderne et plus efficace, et atteste du solide partenariat établi entre Abelo et ATR », commente l’avionneur. Ces 3 options supplémentaires désormais exercées, le nombre d’appareils fermes commandés par Abelo à ce jour passe à 36 ; le loueur conserve par ailleurs 9 options et droits d’achat. Les livraisons sont prévues pour 2027.

Le Journal de l’Aviation et Le Journal des Entreprises du 2 avril 2026

Ascendance décroche 12,2 millions d’euros dans le cadre d’un appel à projets de France 2030

Ascendance développe un aéronef hybride-électrique capable de transporter 4 passagers sur 400 kilomètres et en parallèle, un système de propulsion hybride-électrique qui volera sur son futur appareil et pourra aussi équiper des drones et des avions régionaux. La startup annonce avoir décroché un financement de 12,2 M€ dans le cadre de l’appel à projets Première usine de France 2030. Ce financement va leur permettre d’implanter une 1ère ligne d’assemblage, dans leur usine actuelle au sud de Toulouse, capable de produire 40 systèmes de propulsion hybride par an. Dans un second temps, ils se doteront d’ici 2028 d’une nouvelle usine, afin d’augmenter la cadence de production de ces systèmes, mais aussi de leurs avions qui servent à la fois le marché de la défense et le marché civil.

La Tribune du 3 avril 2026

Airbus consolide son activité de services numériques

Airbus a créé une nouvelle filiale à 100% qui regroupe les activités numériques de Skywise Services Digital Trading et de Navblue. La nouvelle entité conserve le nom de Skywise et devient le seul véritable fournisseur de solutions digitales de bout en bout pour les opérateurs d’avions. Cette fusion vise à améliorer la coordination entre les acteurs clés du vol : pilotes, ingénieurs de maintenance et personnel au sol – en mettant fin à la fragmentation des données. Jusqu’ici, les systèmes fonctionnaient de manière isolée, limitant l’efficacité opérationnelle. En combinant l’expertise historique de Navblue dans les opérations de vol et la puissance de la plateforme Skywise, qui connecte déjà des milliers d’avions, Airbus propose désormais une approche unifiée.

Aeromorning et Le Journal de l’Aviation du 2 avril 2026

Mecadaq passe à la vitesse supérieure

Mecadaq Group, PME familiale spécialisée dans l’usinage de haute précision pour l’aéronautique et la défense, a progressivement accéléré son développement grâce à l’optimisation de ses procédés et à une montée en gamme continue. Le tournant majeur intervient en 2002 avec la reprise par Julien Dubecq, qui recentre l’activité sur l’aéronautique et positionne l’entreprise sur de grands programmes civils, comme l’A380, le B787, le Falcon 7X ou l’A350. L’expansion internationale débute en 2008 aux États-Unis, entraînant une forte croissance. Dès 2015, l’entrée d’un fonds d’investissement soutient une stratégie d’acquisitions et de consolidation. Aujourd’hui, le groupe dispose de plusieurs sites en France et à l’étranger et se distingue par une offre diversifiée, renforcée récemment par les acquisitions d’Echeverria (cabines d’avions) et Lopez (maintenance). Autre signal fort qui valide des années d’efforts : l’obtention du label Aero Excellence Bronze pour le site de Tarnos.

Presselib du 2 avril 2026

Socomore annonce l’acquisition de la filiale allemande du groupe chinois Hansi

Socomore renforce sa stratégie industrielle en acquérant la filiale allemande du groupe chinois Hansi, spécialisée dans les collages ultra-techniques (« bonding ») et dont le siège est à Shanghai. Cette opération structurante lui ouvre l’accès à de nouvelles technologies et marchés (automobile, énergie, aéronautique, défense), tout en accélérant sa R&D de plusieurs années. Soutenue par des partenariats et plusieurs acquisitions récentes, l’ETI bretonne qui prévoit 2 nouvelles acquisitions cette année, ambitionne 200 M€ de chiffre d’affaires en 2030. Portée par la montée en cadence chez Airbus, Boeing, Dassault Aviation ou Lockheed, et par l’explosion du marché des drones, Socomore devrait franchir le cap des 150 M€ cette année, soit 15 M€ de plus qu’en 2025.

Les Echos du 3 avril 2026

Le Maroc ambitionne la fabrication d’un premier avion 100% marocain d’ici 2030

En vingt ans, le Maroc est devenu un acteur clé de l’aéronautique, capable de produire 42 % des composants d’un avion. Le pays vise désormais la fabrication d’un moteur d’ici 2027-2030, en s’appuyant sur des partenaires comme Safran, qui prévoit d’importants investissements. L’implantation d’usines, notamment près de Casablanca et Tanger, illustre cette montée en puissance, soutenue par des atouts comme la proximité avec l’Europe et des incitations économiques. Des entreprises comme Mecachrome ont contribué à structurer un écosystème industriel local compétitif. À terme, le Maroc ambitionne même de produire un avion complet.

TV5 Monde du 2 avril 2026