Quelle vulnérabilité de l’Europe face à la crise mondiale du kérosène ?

Vendredi, le porte-parole des compagnies aériennes mondiales, Willie Walsh, directeur général de l’Association internationale du transport aérien (IATA) a demandé aux autorités européennes un plan d’urgence « au cas où le rationnement [de carburant] deviendrait nécessaire ». Selon la Commission européenne, qui rappelle l’existence de stocks stratégiques, il n’y a à ce stade pas d’indication de pénuries systémiques de carburant aérien. Bruxelles doit mettre en place un « observatoire » pour évaluer l’approvisionnement des pays européens et envisage « un éventuel partage et une redistribution du kérosène entre les États membres », si la crise perdurait. « Plus de la moitié du carburant d’aviation consommée en Europe est raffinée dans le golfe Persique », rappelle Arnaud Aymé, directeur général France de Sia Partners.

Les Echos du 20 avril 2026

Crise au Moyen-Orient : forte hausse des tarifs de l’aviation d’affaires

Face à la guerre au Moyen-Orient, l’aviation d’affaires subit une forte hausse des coûts, notamment à cause de l’augmentation du prix du kérosène, qui a été multiplié par 2,5 en Europe, selon l’Association internationale du transport aérien (IATA). Les opérateurs ne peuvent pas pratiquer le « hedging » (achats anticipés de carburant), faute de connaître à l’avance la destination pour laquelle ils seront sollicités. Le kérosène – qui, comme pour l’aviation commerciale, représente 25 % à 30 % des coûts d’exploitation – est donc acheté à 100 % au prix du marché. S’ensuit une nette augmentation des tarifs des vols. Le surcoût peut atteindre jusqu’à 25.000 euros pour des long-courriers. Le risque de pénurie de kérosène pourrait aggraver la situation.

Les Echos du 20 avril 2026

Conflit au Moyen-Orient : de premiers effets perceptibles sur le trafic aérien français

Jeudi 16 avril, la direction générale de l’Aviation civile (DGAC) a organisé un webinaire d’analyse de la conjoncture économique du transport aérien au premier trimestre 2026. Le trafic aérien commercial pendant cette période s’élève à 37,3 millions de passagers à l’arrivée et au départ de France, en hausse de 1,1% par rapport au premier trimestre 2025. Cette croissance résulte d’une forte dynamique avec les pays du Maghreb et d’une hausse du taux de remplissage des avions vers l’Asie. Les premiers effets du conflit au Moyen et Proche-Orient sont perceptibles à travers la réduction de l’offre vers cette région, estimée à −200 000 sièges pour la France en mars 2026, équivalant à -160 000 passagers. Le nombre de vols directs vers l’Asie a augmenté au T1 2026 mais pas assez pour compenser la baisse des vols indirects, en correspondance via les hubs du Moyen−Orient et les compagnies du Golfe. En période « normale », plus d’un quart (28 %) des passagers voyageant entre la France et l’Asie−Pacifique utilisent un hub moyen−oriental, contre 6 % pour le hub d’Istanbul.

Les Echos du 20 avril 2026

Benjamin Smith, DG d’Air France-KLM : « Nous avons besoin de champions européens »

Benjamin Smith, directeur général d’Air France-KLM, se félicite de la volonté récemment annoncée de l’Union européenne d’assouplir les règles en matière de fusions et acquisitions. « Nous avons besoin de champions européens capables de se battre contre des concurrents qui bénéficient trop souvent de conditions plus favorables », souligne-t-il. Air France-KLM a soumis une offre pour prendre une part minoritaire dans la compagnie TAP Air Portugal – opération pour laquelle le groupe est en concurrence avec Lufthansa. Air France-KLM a aussi entamé un processus en vue d’une prise de participation majoritaire dans le capital de la compagnie scandinave SAS, dont elle est déjà l’un des principaux actionnaires.

La Tribune Dimanche du 20 avril

Guerre au Moyen-Orient : la Commission européenne prend des mesures face au risque de pénurie de kérosène

La Commission européenne a présenté mercredi 22 avril un plan d’urgence destiné à atténuer les effets de la crise énergétique déclenchée par la guerre au Moyen-Orient. L’objectif est d’apporter une aide à court terme aux États et aux industriels, en modifiant certaines obligations, tout en opérant des changements structurels à long terme, pour sortir des énergies fossiles. En ce qui concerne le kérosène, l’Agence internationale de l’énergie a récemment averti que l’UE ne disposait plus que d’environ six semaines de réserves. La Commission a annoncé qu’un nouvel « observatoire » sera mis en place pour suivre la production, les importations, les exportations et les niveaux de stocks de carburants destinés aux transports.

Le Figaro du 23 avril 2026