Plus de 840 000 décès annuels liés aux risques psychosociaux au travail alerte l’OIT

04/05/2026

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril, l’Organisation internationale du travail (OIT) publie un rapport alarmant sur l’impact des risques psychosociaux (RPS). Selon ses estimations, cinq facteurs majeurs – stress, déséquilibre efforts-récompenses, précarité de l’emploi, longues heures de travail et harcèlement – seraient responsables de plus de 840 000 décès chaque année dans le monde.

La grande majorité de ces décès (près de 784 000) est liée aux maladies cardiovasculaires, tandis que plus de 56 000 sont imputables à des troubles mentaux.

Au-delà de la mortalité, les RPS favorisent dépression, anxiété, épuisement professionnel et troubles du sommeil, ainsi que des comportements à risque (tabac, alcool, sédentarité), aggravant les maladies chroniques. Les entreprises sont également touchées, avec une hausse de l’absentéisme, une baisse de la productivité et une dégradation de la collaboration interne.

L’OIT chiffre le coût économique global de ces impacts à 1,37 % du PIB mondial. Face à ce constat, elle appelle à renforcer la prévention, notamment via une meilleure organisation du travail, un soutien accru aux salariés et des politiques favorisant le dialogue et la santé mentale.

Source : actuel CSE

Arrêts de travail : la Fnath s’oppose aux projets de décret

04/05/2026

Dans un communiqué publié hier, l’Association des accidentés de la vie (la Fnath) a annoncé avoir voté contre les projets de décrets relatifs aux arrêts de travail. La logique du gouvernement est claire : réduire l’indemnisation des arrêts maladie au mépris de la liberté de prescription des médecins et de la santé des personnes malades ou accidentées”, s’offusque la Fnath, rappelant que la réforme vise à limiter la durée des arrêts de travail à un mois pour une première prescription et à deux mois pour une prolongation de prescription. 

“Le seuil des 30 jours n’est pas fixé par hasard puisque le montant de l’IJSS passe de 50 % à 80 % du salaire journalier au terme des 28 premiers jours pour les accidentés du travail, et de 50 % à 60% du salaire journalier au terme des 30 premiers jours pour les assurés en maladie non professionnelle. Ce n’est donc pas que le nombre des arrêts maladie que le gouvernement veut réduire mais aussi le niveau d’indemnisation et donc le pouvoir d’achat des malades ou des accidentés”, dénonce la Fnath.

Pour la FNATH, l’accumulation, ces derniers mois, des lois et des décrets qui attaquent le droit à un congé maladie accélère grandement la précarité sociale et porte atteinte au pacte républicain de la Sécurité sociale, tout en dégradant plus encore la santé des assurés sociaux.

Source : actuel CSE

Le secteur du travail temporaire se dote d’un nouvel outil en matière de prévention

04/05/2026

Prism’emploi et les six organisations syndicales représentatives de la branche ont signé à l’unanimité, le 3 avril 2026, l’accord créant l’Organisme prévention santé sécurité intérimaires (OP2SI). Cette structure paritaire aura pour mission de piloter les politiques de santé, de sécurité et de prévention des risques professionnels, complétant ainsi l’écosystème existant aux côtés du Fonds d’action sociale (FASTT), du Fonds professionnel pour l’emploi (FPETT) et de l’Observatoire de l’intérim.

Cette création intervient dans un contexte préoccupant : les intérimaires restent particulièrement exposés aux accidents du travail, avec un risque deux fois plus élevé d’accidents graves et 2,5 fois plus élevé d’accidents mortels que les salariés permanents. En 2024, 37 164 accidents ont été recensés dans la branche, un chiffre en baisse mais toujours élevé. En cause notamment, la forte exposition aux postes à risque et des lacunes dans l’accueil et la formation à la prise de poste.

Source : actuel CSE

Stages d’observation : le ministre du travail privilégie la prévention à la suspension

05/05/2026

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, échange avec des compagnons de l’entreprise Drouet sur un chantier de logements à Drancy, le 28 avril 2026.

Le 28 avril, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a écarté l’idée d’une suspension ou d’une suppression des stages en entreprise des lycéens et collégiens, en dépit des appels en ce sens de députés de gauche et de la CGT, après le drame du 17 avril.

“C’était un stage d’observation, ce n’est pas normal”, a déploré le ministre le 28 avril, en réaction à la mort d’un lycéen en stage le 17 avril, survenue après une série d’au moins cinq décès de jeunes en formation, en apprentissage ou en stage d’observation depuis avril 2025, selon un décompte du syndicat Solidaires. “Qu’est-ce qu’il faisait à conduire l’engin ? Je m’arrête là. L’enquête le dira. Mais le stage d’observation, c’est de l’observation !”

Malgré l’émoi, et alors qu’une cinquantaine de parlementaires de gauche ont appelé la semaine dernière à suspendre les stages d’observation pour les mineurs “le temps de définir un cadre strict garantissant pleinement leur sécurité”, le ministre a confirmé sa volonté d’avoir “de plus en plus de jeunes qui découvrent l’entreprise” pour “bien les orienter”.

“Les métiers du BTP sont passionnants : si on empêche les jeunes de les découvrir, comment fait-on [pour les attirer] ?”, a-t-il souligné lors d’une visite sur le chantier d’un tunnelier de la ligne du Grand Paris Express à Bobigny, à l’occasion de la journée internationale de la santé et de la sécurité au travail. “Je ne voudrais pas que l’on empêche ces jeunes de découvrir ces métiers”.

Guide et casques bleus

“Je pense qu’il vaut mieux travailler sur la prévention, annuler le risque, pour qu’il n’y ait plus d’accidents lorsqu’un jeune arrive dans une entreprise”, a déclaré le ministre, affirmant “mettre le paquet” sur la prévention, alors que la publication du cinquième plan santé au travail (PST 5) est attendue fin mai.

Hormis l’annonce d’un guide dédié à la sécurité qui sera remis, “consulté, expliqué et présenté”, lors de la signature de la convention de stage et le lancement d’une mission flash menée conjointement par les inspections générales des affaires sociales (Igas) et de l’éducation, du sport et de la recherche (Igésr), pour “se mettre au clair sur ce sujet-là”, le ministre n’a évoqué aucune mesure spécifique aux stagiaires en entreprise, appelant seulement les employeurs à “être encore plus vigilants”. “On a décidé de traiter de manière homogène les stagiaires et les nouveaux arrivants”, a-t-il expliqué.

Parmi les mesures destinées à renforcer la sécurité des jeunes – l’une des priorités du futur PST 5 avec la santé mentale évoquées par le ministre – Jean-Pierre Farandou préconise une nouvelle fois le port d’un signe distinctif : “A la SNCF, on faisait porter aux primo-arrivants un casque bleu ; chez Dassault, des casquettes de sécurité marquées d’un “A” pour apprenti”.

“Aucune plus-value pédagogique”

Dans un communiqué publié le 24 avril, la CGT Educ’action fustige “l’entêtement du ministre [de l’éducation nationale] à vouloir maintenir un dispositif qui ne fonctionne pas” – une position qui rejoint celle défendue par son homologue du travail – et exige l’abrogation des stages d’observation de troisième et de seconde.

Selon le syndicat, ces stages sont “difficiles à trouver, non préparés et mal encadrés […], n’amènent aucune plus-value pédagogique et s’avèrent de plus en plus dangereux en termes d’accidents du travail, d’exposition aux produits dangereux ou de VSST [violences sexistes et sexuelles au travail]”. Ils ne permettraient pas non plus d’améliorer l’orientation des élèves, d’après la CGT, “dans la mesure où celle-ci se situe très en amont de ces périodes de stage”.

À l’inverse, le Medef – signataire le 14 avril d’une troisième convention de coopération avec l’éducation nationale sur l’orientation et la formation professionnelle – défend ces dispositifs et appelle à les rendre plus immersifs. “Nous serons attentifs à ce que […] ces stages […] mettent le plus possible les jeunes en situation réelle d’activité : ce n’est pas encore suffisamment le cas, nous allons nous appliquer à y remédier”, écrit ainsi son président, Patrick Martin, dans l’édito d’un guide publié en 2024.

Une immersion qui se heurte – plus encore que la simple observation – aux exigences de sécurité pourtant posées par l’organisation patronale. “Il ne faut jamais laisser un jeune en formation professionnelle : seul, sur un lieu ou à un poste de travail comportant des risques (par exemple sur un chantier) ; seul, à proximité des machines, équipements ou engins dangereux ; seul, à utiliser une machine dangereuse”, précise une annexe du guide, passée trop inaperçue.

“La très grande majorité des entreprises font ce qu’il faut”
À travers ces visites sur les chantiers d’Eiffage et de l’entreprise du BTP Drouet en Seine-Saint-Denis, le ministre du travail avait surtout “envie de parler de ce qui va bien”. “Il faut que ce soit clair : la très grande majorité des entreprises font ce qu’il faut, a-t-il appuyé. Il peut y avoir des accidents. Oui, ça arrive. Mais on veut aussi valoriser les entreprises qui performent en matière de sécurité au travail [comme] les deux entreprises que j’ai vues aujourd’hui”.

Preuve que “si on fait ce qu’il faut, on y arrive, a conclu le ministre. On voit bien que [réduire l’accidentologie, la prévention] c’est possible, ce sont des sujets que l’on peut attraper. Tout passe par la culture sécurité. Il faut vraiment faire entrer dans la tête des salariés que la sécurité est primordiale, en parler souvent, être conscients des risques. Au-delà des processus légaux, il y a des savoir-faire en matière de sécurité au travail qui donnent des résultats”.

Interrogé sur l’action de l’OPPBTP (office de prévention du BTP), qui a présenté le même jour son plan stratégique pour les quatre années à venir, le ministre est élogieux : “Je dis aux autres branches, prenez l’exemple de l’OPPBTP. Dupliquer ce modèle me paraît une très bonne idée”. Une démarche encore peu explorée.

Matthieu Barry

BTP : une campagne nationale pour prévenir les accidents du travail

07/05/2026

À l’occasion de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, le 28 avril, l’OPPBTP, l’office de prévention du secteur du bâtiment et travaux publics, a lancé une campagne nationale pour renforcer la culture de prévention dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Baptisée “Adoptons le réflexe prévention”, cette initiative vise en priorité les TPE et PME, qui représentent 90 % des entreprises du secteur.

Déployée jusqu’à l’automne 2026, cette première campagne s’inscrit dans le plan stratégique “Horizon 2030” et entend transformer les pratiques grâce à des outils concrets, un accompagnement personnalisé et une communication renouvelée, notamment via une websérie diffusée sur les réseaux sociaux. L’objectif est d’ancrer des réflexes durables pour limiter les accidents du travail et améliorer les conditions de sécurité sur les chantiers.

Le dispositif repose sur trois leviers : une large campagne de communication, des actions de sensibilisation (webinaires, autodiagnostic en ligne) et un accompagnement opérationnel (formations, outils pratiques). À terme, l’OPPBTP souhaite structurer une dynamique continue de prévention, en abordant chaque année des thématiques clés comme l’évaluation des risques ou la gestion des imprévus.

Source : actuel CSE

Absentéisme : la facture s’alourdit pour les entreprises en 2025

07/05/2026

L’absentéisme au travail poursuit sa progression en France et pèse de plus en plus lourd sur les entreprises. Selon le neuvième baromètre annuel publié mardi par le courtier Verlingue, le taux atteint 5,8 % en 2025, en hausse de 4 % sur un an. Une dynamique qui s’accompagne d’un coût en forte augmentation : +10 % pour le maintien de salaire, avec des hausses encore plus marquées chez les cadres (+15 %) et les jeunes actifs de 25 à 35 ans (+12 %).

Près de quatre salariés sur dix (38,4 %) ont connu au moins un arrêt de travail cette année, tandis que la durée moyenne des absences s’allonge à 21,5 jours. Les arrêts longs, supérieurs à un mois, concentrent désormais 74 % des jours d’absence et concernent près d’un salarié sur dix.

Si les épidémies hivernales expliquent en partie cette hausse, la tendance reste structurelle. Tous les secteurs sont touchés, avec une situation particulièrement marquée dans la santé (7,8 % d’absentéisme) et une forte progression dans les services.

Source : actuel CSE

BTP, propreté, restauration : des chercheurs mettent en évidence un risque accru de TMS chez les seniors

07/05/2026

Dans les métiers physiques, les seuils d’exposition aux contraintes posturales issus de la littérature – à partir desquels le risque de troubles musculosquelettiques (TMS) devient élevé (bras au-delà de 60° pendant plus de 10 % du temps de travail ; flexion du tronc supérieure à 45° pendant environ 12,5 % du temps de travail) – sont fréquemment dépassés par les travailleurs de plus de 50 ans, selon une étude suédoise publiée le 24 avril 2026 dans Annals of Work Exposures and Health (Oxford University Press), menée auprès de 124 salariés (bâtiment, restauration collective, propreté, aide-soins)*.

Les chercheurs relèvent que ces travailleurs passent jusqu’à 23 % de leur temps de travail avec les bras au-delà de 60° (seuil de 10 %) et jusqu’à 40 % en flexion du tronc (seuil d’environ 12,5 %). Les ouvriers du bâtiment concentrent les expositions les plus élevées (bras et tronc), les agents d’entretien se distinguent par des flexions plus longues, tandis que les employés de cuisine et de nettoyage cumulent davantage de mouvements rapides des bras.

Face au risque accru de TMS lié à la diminution des capacités physiques avec l’âge, les chercheurs appellent à des “interventions ergonomiques ciblées” pour prolonger la vie professionnelle.

* Cette étude repose sur des mesures en continu des postures et des mouvements du bras et du tronc à l’aide de capteurs portés par les travailleurs (IMU), réalisées pendant trois journées de travail consécutives chez 124 salariés de plus de 50 ans (bâtiment, restauration collective, propreté, aide-soins), puis analysées en termes de temps d’exposition et de dépassement des seuils recommandés, avec prise en compte de la variabilité entre individus et entre journées.

Source : actuel CSE