AVIATION COMMERCIALE

Le gouvernement ouvre la voie à une réforme des aéroports

En clôture du congrès annuel de l’Union des aéroports français le 26 novembre, le ministre délégué aux transports, Jean-Baptiste Djebbari, a annoncé le lancement d’une étude sur une possible réforme du cadre de régulation des aéroports. L’objectif de cette réforme serait de leur permettre de faire face aux lourds investissements nécessaires pour accompagner la transition énergétique du transport aérien, et de repenser le modèle économique des aéroports français, basé sur une croissance continue du trafic et handicapé par la crise de la Covid-19. « Les aéroports ont perdu 60% de leur chiffre d’affaires, alors que leurs coûts n’ont baissé que de 21% », a rappelé le président de l’UAF, Thomas Juin. « Pour tenir, nous avons dû nous endetter et réduire nos investissements de 30%. Mais la crise n’est pas finie. Nous ne retrouverons pas le trafic de 2019 avant 2024, au mieux », a-t-il ajouté. « Il faut harmoniser les pratiques, tout en établissant des contrats sur trois ou cinq ans, afin de garantir de la visibilité et une certaine sécurité juridique pour les exploitants », estime Thomas Juin. Jean-Baptiste Djebbari a annoncé une nouvelle avance de 150 M€, destinée à couvrir le déficit attendu de la taxe d’aéroport, ainsi que le report à 2024 des premiers remboursements, qui s’étaleront jusqu’en 2030.

Les Echos du 27 novembre

British Airways s’apprête à lancer une filiale « low-cost »

British Airways va se doter à son tour d’une filiale low-cost. Vingt ans après une première tentative, la compagnie britannique devrait officialiser bientôt le lancement d’une nouvelle filiale, « BA Euroflyer », une compagnie court et moyen-courrier à coûts réduits, qui sera basée à l’aéroport de Londres-Gatwick. Sa finalisation ne serait plus qu’une question de jours, et la nouvelle compagnie devrait commencer à voler à partir de mars 2022, avec une flotte de 17 Airbus A320 monocouloirs, sur des lignes intra-européennes à dominante loisirs. L’objectif final, annoncé clairement par le patron d’IAG, l’espagnol Luis Gallego, est bien de réduire suffisamment les coûts pour restaurer la rentabilité de liaisons fortement concurrencées par Ryanair, easyJet et Wizz Air et presque toutes déficitaires. Avant même la crise, le réseau européen de British Airways à Gatwick enchaînait déjà les déficits depuis une dizaine d’années, tandis que sa part de marché se réduisait drastiquement.

Les Echos du 30 novembre

Au Nigeria, le gouvernement fixe pour avril 2022 le démarrage des activités du transporteur national

La compagnie aérienne nationale du Nigeria, Nigeria Air, dont le processus de création a été relancé en juillet 2018, pourrait être opérationnelle en avril 2022. C’est ce qu’a indiqué le ministre nigérian de l’Aviation, Hadi Sirika. La forme juridique retenue pour le transporteur en gestation est telle que le gouvernement fédéral sera détenteur de 5% des actions et 46% appartiendraient à des entrepreneurs nigérians, et les 49% restants seront détenus par des partenaires stratégiques. Des fonds évalués à près de 250 M$ devraient être mobilisés par les investisseurs privés pour le lancement de la compagnie. Doté d’une économie dynamique et d’une population croissante de plus de 200M d’habitants, le Nigéria constitue un marché aérien à fort potentiel. Néanmoins, la grande partie du trafic passager pour les vols internationaux est assurée par des transporteurs étrangers alors que le pays dispose d’une dizaine de compagnies aériennes, toutes appartenant à des individus privés.

Agence Cofin du 25 novembre

Kenya Airways et South African Airways signent un accord de partenariat stratégique

Kenya Airways et South African Airways (SAA) ont signé le 25 novembre un accord de partenariat stratégique avec pour objectif de lancer un groupe aérien panafricain d’ici 2023. Ce partenariat fait suite au protocole de coopération (MoC) que les deux compagnies africaines ont signé il y a deux mois dans le but de promouvoir l’échange d’expertise, d’innovation et de technologies numériques. Toutes deux ébranlées par la crise de la Covid-19, les deux compagnies africaines estiment qu’une alliance des actifs, voire éventuellement une fusion de certaines opérations, fournira « un environnement aérien plus fort et plus compétitif ». « Le partenariat renforcera la viabilité financière des deux compagnies aériennes en créant une connectivité de transport aérien, en bénéficiant des deux hubs basés à Johannesburg et Nairobi. Cela stimulera les circuits touristiques du Kenya et de l’Afrique du Sud, qui représentent une part importante du PIB des deux pays », a indiqué le président de SAA, John Lamola. De son côté, le président de Kenya Airways, Michael Joseph, a déclaré : « Cette coopération est conforme à l’objectif principal de Kenya Airways de contribuer au développement durable de l’Afrique et est basée sur des avantages mutuels. Il augmentera la connectivité en augmentant le trafic de passagers et les opportunités de fret tout en améliorant la mise en œuvre de l’AFCFTA (Accord de Zone de libre-échange continentale africaine) ».

Air Journal du 28 novembre

EasyJet entame l’exercice 2022 dans l’incertitude

L’exercice 2020-2021 d’easyJet, clos fin septembre, s’est achevé avec des pertes majeures et un espoir d’amélioration, tempéré par une forte incertitude liée à la 5ème vague de la Covid-19. Au vu de l’exercice précédent, la compagnie aérienne peut se féliciter d’avoir réduit sa perte, ramenée à 1,22 Md€. Ce qui reste important, compte tenu d’un chiffre d’affaires de 1,46 M£, et équivaut à une chute de 51,6% comparé à 2020. Pour réduire son déficit et enrayer sa consommation de cash, easyJet a réduit ses coûts (d’environ 30%) et son offre, pour ne conserver que les vols susceptibles de rapporter assez pour couvrir au minimum les frais d’exploitation. EasyJet ne représente ainsi plus qu’un tiers de l’offre de Ryanair. La compagnie prévoyait de remettre 70% de ses capacités pour les vacances de Noël, mais le regain de l’épidémie et l’arrivée d’Omicron font planer le doute. Comme d’autres compagnies, easyJet a dû prolonger la possibilité offerte aux passagers d’annuler ou reporter sans frais leur billet jusqu’au 31 mars 2022.

Les Echos du 30 novembre

La compagnie italienne ITA confirme une commande de 28 Airbus

Italia Trasporto Aereo (ITA), la nouvelle compagnie aérienne italienne qui a succédé à Alitalia, a passé une commande ferme de 28 avions à Airbus, confirmant le protocole d’accord annoncé le 30 septembre. Cette commande porte sur 7 monocouloirs A220, 11 A320neo et 10 long-courriers A330neo et la transaction devrait s’élever au plus à 4,7 Md€ (prix catalogue). « En outre, la compagnie aérienne italienne poursuivra ses projets de location d’A350 pour compléter la modernisation de sa flotte », indique Airbus dans un communiqué. ITA, dont les vols ont commencé le 15 octobre, a signé fin septembre un accord avec Air Lease Corporation (ALC) pour 31 appareils Airbus de nouvelle génération supplémentaires, court, moyen et long-courriers. L’Italie a approuvé fin juillet l’injection de 700 M€ de fonds dans ITA, fondée en 2020. Après cette injection initiale, ITA devrait bénéficier de deux autres augmentations de capital en 2022 et 2023, portant le total à 1,35 Md€.

Le Figaro du 2 décembre

Air France obtient deux ans de plus pour rembourser son PGE de 4 Md€

Alors que le groupe Air France-KLM a finalisé la renégociation avec les banques des 4 Md€ de prêts garantis, le gouvernement français a obtenu l’accord de la Commission européenne pour la prolongation, jusqu’en mai 2025, de sa garantie sur les 4 Md€ de prêts bancaires consentis à Air France en mai 2020. Cette prolongation de deux ans était la condition à l’acceptation par les banques d’un « lissage » des remboursements du PGE, au-delà de l’échéance initialement fixée à 2023. « En vue de la lente reprise des activités dans le secteur aérien, cette mesure vise à préserver la position de trésorerie de l’entreprise à moyen terme », estime la Commission, jugeant la mesure d’aide française « nécessaire, appropriée et proportionnée ». Air France-KLM va donc pouvoir annoncer très prochainement la signature d’un accord définitif avec les banques. Le groupe doit aussi restaurer sa situation de fonds propres, en négatif à hauteur de 5,4 Md€ au 31 décembre 2020.

Les Echos du 2 décembre