Bruxelles assouplit plusieurs règles pour soutenir le transport aérien européen
La Commission européenne a présenté plusieurs mesures temporaires pour soutenir le secteur aérien face à la crise énergétique liée au Moyen-Orient. Bruxelles autorise désormais l’utilisation du kérosène américain Jet A afin de limiter les risques de pénurie dans les aéroports européens, avec le soutien de l’AESA. Les règles sur l’emport de carburant ont également été assouplies pour permettre aux compagnies d’augmenter leurs réserves sur certaines liaisons. Par ailleurs, la « clause du grand-père » sur les créneaux de décollage est suspendue temporairement afin d’éviter des pénalités en cas d’annulations de vols. La Commission rappelle toutefois que la hausse du prix du kérosène ne dispense pas les compagnies d’indemniser les passagers en cas de retard ou d’annulation.
Les Échos du 9 mai 2026
Le fret aérien mondial recule sous l’effet de la crise au Moyen-Orient
La demande mondiale de fret aérien a reculé de 4,8 % en mars 2026, selon les données publiées par l’IATA. Sur les liaisons internationales, la baisse atteint 5,5 %, tandis que les capacités ont diminué de 4,7 % au niveau mondial. Les compagnies du Moyen-Orient ont été les plus touchées avec un effondrement de 54,3 % de la demande, conséquence directe des tensions régionales ayant entraîné fermetures d’espaces aériens et perturbations dans les hubs de Dubaï, Doha et Abou Dhabi. Malgré ce contexte, certaines régions continuent d’afficher une croissance positive. Les transporteurs africains enregistrent une hausse de 7 % de la demande, devant ceux de la zone Asie-Pacifique (+5,4 %) et Europe (+2,2 %).
Le Journal de l’Aviation du 7 mai 2026
Emirates maintient des résultats records malgré les perturbations régionales
Le groupe Emirates a publié un chiffre d’affaires record de 41 Md$ pour son exercice 2025-2026, en hausse de 3 %, ainsi qu’un bénéfice net de 5,7 Md$. Ces performances ont toutefois été partiellement affectées par les perturbations liées au conflit en Iran, qui ont fortement réduit le trafic à l’aéroport de Dubaï à partir de mars 2026. Emirates indique exploiter en mai 2026 58 % de sa capacité passagers, avec 122 destinations rétablies dans 65 pays. Le trafic passagers a légèrement reculé à 53,2 millions de voyageurs, tandis que l’activité cargo progresse grâce à la livraison de 5 Boeing 777F.
Ensemble de la presse du 7 mai 2026
Air Caraïbes cède son dernier A330-200 à ESJ
Executive Jet Support (EJS) a signé une lettre d’intention avec Air Caraïbes pour acquérir le dernier Airbus A330-200 exploité par la compagnie antillaise. Cette opération marque la sortie définitive du modèle A330-200 de la flotte d’Air Caraïbes.
Le Journal de l’Aviation du 7 mai 2026
Le secteur aérien français redoute un « contrecoup » à l’automne
Les acteurs français du transport aérien estiment pouvoir éviter une pénurie de kérosène cet été malgré les tensions liées au blocage du détroit d’Ormuz. Thomas Juin, président de l’Union des aéroports français et francophones associés, a toutefois alerté sur un possible « contrecoup en automne », dans un contexte de hausse durable des coûts énergétiques. Selon lui, le kérosène représente désormais jusqu’à 40 % du prix d’un billet d’avion, contre environ 25 % auparavant. Le secteur demande au gouvernement de revenir sur le triplement de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA) qu’il juge responsable de la suppression d’environ 1 million de sièges en France en 2025. Les professionnels craignent que des compagnies soient amenées à réduire leurs capacités sur certaines lignes françaises si les coûts d’exploitation continuent d’augmenter.
Le Figaro du 7 mai 2026
L’Union européenne rappelle l’interdiction des surtaxes carburant après achat des billets
La Commission européenne a rappelé que les compagnies aériennes ne peuvent pas appliquer de supplément carburant après l’achat d’un billet, malgré la flambée récente des prix du kérosène liée aux tensions au Moyen-Orient. Cette mise au point intervient après la décision de la compagnie low cost espagnole Volotea de réclamer jusqu’à 14 € supplémentaires à certains passagers 7 jours avant leur départ. Bruxelles estime qu’une modification rétroactive du prix du billet « ne peut se justifier » et pourrait relever de la concurrence déloyale. Volotea affirme toutefois que son dispositif, baptisé « fair travel promise », a été validé par plusieurs cabinets spécialisés et qu’il fonctionne « à la hausse comme à la baisse ». Les autorités françaises doivent désormais vérifier la conformité de cette pratique avec la réglementation européenne.
Ensemble de la presse du 8 mai 2026
Transport aérien français : été rassurant, avenir incertain
Selon les chiffres dévoilés mardi 12 mai 2026 par la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers (FNAM), le transport aérien français dans son ensemble a enregistré au 1er trimestre 2026 une augmentation de 1,1 % par rapport à l’année dernière, avec 37,3 millions de voyageurs transportés. Pascal de Izaguirre, PDG de Corsair et président de la FNAM, déplore un « déficit de croissance » imputable aux « effets délétères » de la « hausse brutale » de la fiscalité et au conflit au Moyen-Orient qui « fragilise durablement le secteur ». A court terme, concernant la saison estivale, les compagnies aériennes « ne constatent pas […] d’affaissement de la demande » et le niveau des réservations « est au même niveau que l’an dernier », assure Pascal de Izaguirre. À long terme, avec le triplement de la taxe de solidarité sur les billets d’avion (TSBA), en vigueur depuis mars 2025, et le doublement des prix du kérosène dû au blocage du détroit d’Ormuz, « les compagnies françaises doivent désormais faire face simultanément à une explosion de leurs coûts opérationnels, à un environnement réglementaire de plus en plus contraignant et à une concurrence internationale toujours plus forte », insiste-t-il.
Les Echos du 12 mai 2026
Kérosène en hausse de 30 % ; les compagnies aériennes américaines sous forte pression
Les compagnies aériennes américaines, qui contrairement aux Européens n’ont pas pour habitude de se couvrir sur les marchés pour leurs besoins en kérosène, subissent de plein fouet la hausse du coût du carburant depuis le début de la guerre en Iran. Chris Sununu, le directeur d’Airlines for America, qui regroupe les plus importants groupes aériens américains, a déclaré, dimanche 10 mai 2026, que « faire voler des avions n’a jamais coûté aussi cher ». « Les compagnies américaines absorbent actuellement la majeure partie de la hausse du coût du kérosène », a-t-il déploré. En mars 2026, les compagnies aériennes ont dépensé plus de 5 milliards de dollars en kérosène aux États-Unis, avec un prix moyen en hausse de 30 % sur un an. En réaction, les compagnies annulent des vols, augmentent leurs tarifs et appliquent des surcharges pour les bagages.
Les Echos du 12 mai 2026