L’image des élus du personnel et des syndicats s’améliore entre 2017 et 2023

12/01/2026

Selon la nouvelle enquête Reponse de la Dares, de plus en plus de salariés considèrent que les élus du personnel répondent bien à leurs aspirations et que les syndicats sont irremplaçables. Les chiffres dépendent bien sûr de la taille de l’entreprise et de la présence ou non de représentants.

Comment les salariés et les directions perçoivent-ils les représentants du personnel et les syndicats ? C’est l’objet de l’étude Reponse publiée par la Dares, la direction de l’animation de la recherche et des statistiques du ministère du travail. La dernière version datait de 2017. Entre les deux dates, plusieurs points d’écart se sont installés en faveur des délégués syndicaux et des élus de CSE.

L’image des élus de CSE progresse de 5 points

Dans les entreprises de plus de 10 salariés des secteurs privés non agricoles, 51 % des salariés estiment que les représentants du personnel traduisent bien leurs aspirations. Ils n’étaient que 46 % à fournir cette réponse en 2017. Précisons que la précédente enquête de 2017 avait été réalisée en janvier, soit plusieurs mois avant la réforme fusionnant les instances de représentation du personnel.

Il en va de même de l’opinion des salariés sur les syndicats : 41 % des salariés des mêmes secteurs jugent que leur rôle est irremplaçable, contre 37 % en 2017, en hausse de 4 points.

La proportion de salariés à répondre que les syndicats font passer leurs intérêts avant ceux du personnel a baissé de 32 % en 2017 à 29 % en 2023. Ceux qui considéraient que les syndicats gênent l’activité de l’entreprise (18 % en 2017) ne sont plus que 15 % en 2023. En baisse également, le nombre de salariés à considérer que lors des négociations, les représentants du personnel n’influent pas sur les décisions de la direction (44 % en 2017, 39 % en 2023).

Les dirigeants estiment quant à eux que les représentants du personnel traduisent bien les aspirations des salariés dans 79 % des établissements.

40 % des salariés pensent pouvoir agir directement

Effet des Gilets Jaunes ou crise de la représentation ? Dans l’enquête 2023, 40 % des salariés répondent qu’ils sont en mesure de défendre directement leurs intérêts, alors qu’ils n’étaient que 34 % en 2017. Phénomène inquiétant : ils sont soutenus dans ce sens par les dirigeants puisque 88 % des repré­sentants de la direction estiment que les salariés sont en mesure de défendre directement leurs intérêts.

Par ailleurs, les jeunes restent un public difficile pour les syndicats et les élus du personnel. Les moins de 30 ans “sont plus sceptiques que la moyenne sur le rôle irremplaçable des syndicats, et “et estiment plus souvent que leurs aînés être en mesure de se défendre par eux-mêmes” indique la Dares.

Enfin, si les cadres sont un peu plus enclins que les jeunes à reconnaître le rôle des élus, “ils se disent pourtant davantage en mesure de se défendre directement et sont un peu plus critiques du comportement des syndicats”.

Marie-Aude Grimont

Un même élu peut-il être à la fois secrétaire et trésorier du CSE ?

12/01/2026

Un abonné nous demande si une seule personne au sein du CSE peut cumuler les responsabilités de secrétaire et de trésorier de l’instance. 

L’article L. 2315-23 du code du travail dispose simplement que “le comité désigne, parmi ses membres titulaires, un secrétaire et un trésorier”. Tel que cet article est rédigé, rien ne laisse supposer qu’il interdit le cumul par un même élu de fonctions. Il impose bien deux fonctions obligatoires au sein du CSE, celle de secrétaire et celle de trésorier, mais n’interdit pas un cumul de fonctions. Nous avons déjà eu connaissance de CSE se retrouvant, après des départs et des démissions, avec un seul membre qui cumulait donc ces deux rôles. 

Reste maintenant à savoir si confier à un même élu titulaire les fonctions de secrétaire et de trésorier, c’est vraiment une bonne idée. Nous ne le pensons pas.

La charge de travail que chaque fonction peut représenter en fonction de la taille du CSE, l’absence de réel contrôle interne notamment sur l’engagement des dépenses et la gestion des comptes amènent à déconseiller qu’un même élu soit à la fois secrétaire et trésorier. Il y a aussi un risque de dérive qu’il vaut mieux prévenir en ne laissant pas un même élu cumuler les deux fonctions. Confier à la même personne les deux fonctions, c’est aussi prendre le risque de la conforter peut-être dans l’idée qu’elle est seule maitre à bord et que les autres élus n’ont rien à dire…

Source : actuel CSE

13 des 16 cas d’usage IA déployés à France Travail ont été présentés en CSE central

12/01/2026

La Cour des comptes, qui a déjà consacré un rapport sur la politique de l’Etat en matière d’intelligence artificielle, publie pour la première fois une évaluation de l’usage de l’IA chez un opérateur majeur de l’Etat, en l’occurrence France Travail, dont la moitié des agents disent recourir à l’IA.

Alors que certaines organisations syndicales sont très critiques sur l’organisation du travail en interne, la Cour des comptes signale que 13 des 16 cas d’usages d’éployés et généralisés auprès des agents ont été présentés au comité social et économique central. Trois cas importants d’usage concernent les “contacts via mail (CVM), le journal de la recherche d’emploi (JRE) et les recommandations personnalisées”. France Travail a créé en septembre 2024 un comité de suivi des usages de l’IA au sein du CSE central, un comité dont les missions et le fonctionnement ne sont pas précisés, regrette le rapport. 

“Selon la direction générale, les trois cas d’usage qui n’ont pas été présentés en CSE central (Lego, Trad’Emploi et Analyse automatique de CV) ne modifient pas de façon significative les conditions d’exercice de leurs activités”, rapporte l’institution.

La Cour des comptes souligne les investissements importants de France travail sur l’IA (93 M€ entre 2017 et 2024, et 15 M€ en 2025), afin “d’exploiter l’IA générative pour soutenir la transformation” de l’opérateur, “améliorer la gouvernance et la conformité des données”, sachant que le pilotage de ces données apparaît comme “une faiblesse récurrente” de France Travail. 

La Cour des comptes émet une analyse nuancée sur la stratégie de France Travail visant à déployer l’IA pour “réduite les tâches répétitives et les irritants afin de libérer du temps pour les conseillers”. Elle estime que certains outils ont permis “des gains d’efficience pour les conseillers, ainsi qu’une réduction des coûts grâce à une meilleure performance des solutions numériques ou l’abandon de solutions technologiques devenus inutiles”.

La Cour des comptes observe néanmoins que l’utilisation de l’IA  à France Travail “expose à des risques élevés en matière de données personnelles, de transparence et de biais, alors que l’établissement accuse un retard important dans la conformité au RGPD et au règlement européen sur l’IA”. 

L’institution recommande à France Travail “de mieux garantir le respect du cadre juridique et éthique”. En effet, “seuls 18 cas d’usage ont fait l’objet d’un début d’analyse éthique formalisé et le comité consultatif éthique n’a eu connaissance que d’un cas d’usage développé sur six”.

Source : actuel CSE

Très forte hausse des radiations d’entreprises en 2025

13/01/2026

Selon les données d’Infogreffe publiées le 7 janvier, 457 459 entreprises ont été radiées en 2025, soit une augmentation de 51,5 % par rapport à l’année 2024 (ces données sont issues des greffes des tribunaux de commerce et des tribunaux d’activités économiques). Dans le même temps, le niveau des procédures collectives reste élevé :  61 977 procédures collectives ont été ouvertes en 2025 soit un niveau proche de celui observé en 2024. “Sachant qu’une très grande majorité des entreprises entrant en procédure collective ne sont pas sauvegardées, ces entreprises défaillantes devront cesser leur activité ce qui se traduira par une augmentation encore soutenue du volume de radiations en 2026”, prévoit Infogreffe.

Source : actuel CSE

“Quand on débute au CSE, personne ne vous prévient de ce qui vous attend”

14/01/2026

Sandrine Mundinger, une ancienne secrétaire de CSE et DS devenue formatrice et consultante

Après avoir été secrétaire de CSE et déléguée syndicale CGT du journal l’Alsace, après avoir négocié un PSE et vécu le drame que représente un plan social en étant elle-même licenciée, Sandrine Mundinger, 47 ans, a lancé son activité à Mulhouse pour accompagner et former salariés et représentants du personnel. Elle nous raconte son parcours et délivre quelques conseils au passage. Interview.

Racontez-nous votre parcours. Vous étiez graphiste ? 

Après mon bac pro, j’ai été embauchée comme graphiste au journal l’Alsace, à Mulhouse (Haut-Rhin). J’y suis restée 21 ans, je concevais les encarts publicitaires, les suppléments, etc. J’ai pris ma carte à la CGT, c’était ce qui se faisait pour les ouvriers du livre.

 Je n’avais pas de culture syndicale, j’étais inexpérimentée

Je n’avais pas spécialement de culture syndicale, j’étais inexpérimentée. Mais les valeurs de justice étaient importantes pour moi. Les autres ont vu que j’aimais bien discuter et monter au créneau lorsque des choses n’allaient pas, alors ils m’ont proposé en 2004 d’être sur une liste électorale. J’ai accepté sans savoir tout ce que ça allait impliquer, et tout a commencé comme ça.

Et vous avez été plongée dans le grand bain des PSE…

À l’époque, l’Alsace appartenait déjà au Crédit Mutuel depuis les années. Mais les restructurations ont débuté lorsque le Crédit Mutuel a commencé à bâtir, à partir de 2012, un grand groupe de presse régionale (Ebra) en rachetant d’autres titres (le Républicain Lorrain, l’Est Républicain, les Dernières nouvelles d’Alsace, le Dauphiné Libéré, etc.).

Je suis devenue déléguée syndicale et secrétaire d’un CSE en 2016. J’ai négocié le PSE de Mulhouse 

En 2018 par exemple, l’imprimerie de Mulhouse et celle de Metz ont fermé, avec respectivement 74 et 55 licenciements. À l’époque, j’étais devenue depuis 2016 secrétaire du CSE du journal l’Alsace et déléguée syndicale CGT. Nous avons négocié un PSE à Mulhouse. Ensuite en 2021, nous avons négocié un accord cadre pour un autre PSE, le groupe ayant décidé de fermer tous les services support (services “pré-presse” comme les graphistes, services informatiques, administration des ventes, services clients), soit 400 personnes concernées sur tous les titres. Le groupe a lancé un plan de licenciement tout en proposant 300 reclassements dans Ebra Services, une structure regroupant toutes les activités hors rédaction (publicité, maintenance informatique, relations client, etc.), mais avec des conditions moins favorables que celles des ouvriers du livre. Seulement 200 personnes ont été volontaires pour rejoindre cette structure. J’ai moi-même été licenciée en 2021 à cette occasion. 

Pourquoi n’avez-vous pas rejoint la nouvelle structure ?  

J’aurais pu, j’aimais mon métier, d’autant que j’avais obtenu que les salariés de Mulhouse restent sur place. Mais si j’avais rejoint Ebra Services, les collègues m’auraient poussé à prendre le CSE et une délégation syndicale. Et là ça me semblait trop lourd. J’avais été très impliquée durant des années, j’étais éprouvée, je ne savais pas trop quoi faire.

J’étais éprouvée. Mais on met du temps à faire le deuil de ses mandats 

Je me suis donc lancée dans un bilan de compétences. Mais ce n’est pas facile de changer. On met du temps à faire le deuil de ses mandats et de son entreprise. En plus, j’étais dans la commission de suivi de mon propre CSE, je voyais les difficultés de certains salariés et élus. Un PSE, ça ne s’arrête pas à la signature de l’accord, ce n’est parfois que le début.

Que vous a apporté ce bilan de compétences ?  

Nous avons tout mis à plat, comme je le fais d’ailleurs aujourd’hui pour les personnes que j’accompagne comme coach ou consultante. Nous avons parlé non seulement de mes compétences techniques pour mon métier de graphiste.

Avec le bilan, j’ai pris conscience de ce que j’avais appris grâce aux mandats 

Mais aussi de tout ce que j’avais appris par mes mandats : savoir rédiger un tract, prendre la parole en public, être dans l’écoute, savoir accompagner les gens, etc. Tout cela n’est d’ailleurs pas vraiment reconnu et validé sur le plan professionnel. J’ai quand même regardé ce qui existait pour faire valider les compétences acquises pendant le mandat, mais les débouchés semblaient minces. Et devenir RH, il n’en était pas question ! Quand on est licenciée après avoir négocié pendant des mois en étant dans un rapport de forces avec la direction, on n’a guère envie d’entendre que vos compétences peuvent être utilisées pour devenir à terme assistante de DRH ou DRH ! Bien sûr, je caricature un peu, car il y a d’autres compétences à valoriser en entreprise, mais c’est quand même ce que je ressentais alors. 

Comment vous êtes-vous décidée ?

À l’issue de ce bilan, j’ai fait un tableau des plus et des moins et j’ai décidé de ne pas rester dans l’entreprise. J’étais à une période sensible de ma vie, avec deux enfants. C’était juste au début de la crise sanitaire et à cause du foyer de Mulhouse, j’ai attrapé le Covid en primeur : j’étais malade, plus de goût, etc. Autant vous dire que j’étais épuisée après ces négociations et ces tensions, toutes ces contre-propositions qu’on apporte (nous avions monté un contre-projet de développement de la presse en Alsace) et qui se heurtent à un mur. 

 Je me sentais “cramée” par le syndicalisme

Si un employeur a décidé de fermer un site, il le fermera de toute façon. Je me sentais “cramée” par le syndicalisme, j’avais l’impression d’avoir été un hamster tournant dans sa roue, je ne voulais plus du tout entendre parler de syndicalisme. J’ai donc choisi de faire du coaching pour l’entreprise et aussi de la transition de carrière.

Un choix paradoxal, non ? 

Pas tant que ça, je vous explique. Au début, j’ai créé ma structure pour être consultante dans l’idée de proposer des bilans de compétence et des transitions. Mais en 2023, une amie secrétaire du CSE de ToolStation à Lyon m’a demandé de l’aide pour faire face au plan de licenciement de 300 personnes dans son entreprise. Elle était devenue secrétaire du CSE parce que personne d’autre ne voulait ce mandat, et elle ne savait pas comment réagir ni quoi faire. Je lui ai demandé comment je pouvais l’aider. Elle m’a répondu : “Mais tu nous formes !” Tout est parti de là (1). 

Une amie secrétaire d’un CSE a fait appel à moi pour former les élus avant un PSE 

Je leur ai proposé une journée de formation pour leur expliquer ce qui les attendait, et comment se passe une négociation d’un PSE : les points principaux, les points de vigilance, les priorités à se fixer pour ne pas se faire embarquer dans une longue discussion sur un point annexe, etc. Le CSE m’a rémunéré et ils étaient très satisfaits. Je ne suis ni une avocate ni une experte, mais je peux restituer mon expérience de DS et de secrétaire de CSE pour d’autres. Je me suis aperçue que j’avais une certaine expérience et des savoirs faire à partager. Je me suis aussi formée à l’écoute avec le programme “Sauveteur secouriste en santé mentale” pour identifier les signaux d’alerte comme les signaux faibles (découragement, détachement) et donc bien accompagner ou orienter une personne vers des professionnels de santé.  Donc, je me suis en effet reconvertie en tant que coach et formatrice et j’ai développé mon offre que j’ai appelée “IRP clés” : pour résumer, l’idée est de donner des clés essentielles aux représentants du personnel pour s’organiser, savoir prendre la parole en public, savoir communiquer aux salariés. Je collabore aussi  avec un cabinet de Mulhouse et j’accompagne des salariés qui sont licenciés dans le cadre d’un PSE.  

Comment évolue votre activité ? 

Depuis octobre 2025, je suis de nouveau opérationnelle, et je me lance à fond, car en 2024 j’ai dû faire face au décès de mon conjoint. Je pense que les besoins sont importants dans les IRP. Il y a un retour des plans sociaux (2), et la charge mentale que doivent supporter les élus et les délégués syndicaux est très conséquente, a fortiori depuis la disparition des DP et du CHSCT. Les nouvelles générations n’ont plus le côté sacerdoce qu’avaient les anciens élus. D’autre part, il n’y a plus d’avancées sociales ces dernières années, ni sur le plan politique ni dans les entreprises,  et ça pèse dans les vocations et dans l’ambiance de la représentation du personnel.  

Quels conseils donneriez-vous aux élus ?  

La donne a changé. Avant, dans mon entreprise, on lançait un “écoutez-tous !” et les salariés venaient en réunion suivre ce que les élus et les DS avaient à dire. Ça, ça ne marche plus. Face à l’employeur qui a ses conseils et ses avocats, les CSE doivent s’équiper. 

Se former, s’entourer, se préserver sur la durée 

Mes formations insistent là-dessus, sur la nécessité de s’entourer, et de se préserver sur la durée, en coupant le week-end par exemple : quand vous êtes élu, personne ne vous le dit, alors vous pouvez vous sentir responsable sur tous les fronts. Mais quand le masque à oxygène tombe dans l’avion, mieux vaut se le mettre tout de suite pour pouvoir ensuite protéger ses enfants. Aux élus investis dans leur mandat, je dis qu’ils ne peuvent pas sauver le monde entier, et que la première responsabilité est celle de l’employeur qui décide un plan social. Il faut aussi bien se positionner par rapport aux collègues et amis du travail : on ne peut pas tout leur dire. Un élu licencié doit faire le deuil de son emploi mais aussi de son investissement dans son mandat. Encore ce matin, j’ai vu en entretien un élu qui pleurait dans mon bureau. Moi-même j’ai fini par avoir un psoriasis avec mon PSE. Ca explique qu’il y ait des burn-out chez les représentants du personnel.  

Des conseils particuliers pour les jeunes élus ? 

Élu, ce n’est pas un métier, vous êtes catapulté dans un mandat que nous ne connaissez pas. Dans mon CSE, quand je voyais des journalistes écrire les comptes rendus et les PV, je me disais waouh, comment font-ils ? Mais avec le travail et les conseils des autres, ça s’apprend ! Un conseil simple pour les jeunes élus, c’est de leur rappeler qu’ils ont un mandat de représentation des salariés.

Ne jamais ouvrir la bouche sans avoir étudié le dossier 

Ils doivent donc échanger souvent avec les salariés, et aussi se former à leur rôle. Et ne jamais ouvrir la bouche sans avoir étudié le dossier ou la situation.  Sinon une direction peut se servir de propos non étayés et improvisés pour vous décrédibiliser, vous et l’instance.  Un autre conseil contre-intuitif à donner aux jeunes élus, c’est de ne pas trop s’impliquer afin de garder une certaine distance. Encore une fois, un élu qui débute n’est pas prévenu de tout ça, et encore moins s’il est sans étiquette donc sans appui syndical. C’est un peu mon ambition que de les informer et les former.  

N’avez-vous pas peur de “rechuter” vous-mêmes en vous confrontant à nouveau à des situations difficiles ? 

Un PSE peut être un mal pour un bien : au début, quand on m’a dit ça, je ne voulais pas l’entendre. Dans mon PSE, il y a eu beaucoup de souffrances, un salarié s’est même suicidé. Mais j’ai fini par admettre la part de vérité de cette formule. Un licenciement, c’est terrible bien sûr, mais tout dépend de ce que vous allez en faire.  Après avoir vécu tout ça, je sais qu’on peut pleurer lors des premiers entretiens d’accompagnement quand on est licencié, mais je sais aussi qu’il y a un après. Maintenant, j’arrive, comme consultante, à dire à certaines personnes, quand la situation s’y prête bien sûr, que le PSE peut leur donner une autre perspective, un autre avenir. Et quand je vois certains accomplissements et certaines reconversions, ça me fait très plaisir. Donc, non, je n’ai pas peur de rechuter !

(1) Céline Vittorelli, que nous avons joint hier, confirme avoir demandé et apprécié l’aide de Sandrine Mundinger : “Nous n’étions que 3 titulaires au CSE, élus depuis peu et sans expérience avant le plan social. Sans elle, nous n’aurions pas obtenu ce que nous avons réussi à négocier, notamment sur la formation”. Si elle a depuis janvier 2025 retrouvé un nouvel emploi, Céline Vittorelli est encore secrétaire du CSE de ToolStation, une entreprise en liquidation, car elle est membre du comité de suivi du PSE. Un PSE particulier puisque l’actionnaire britannique a décidé de cesser toute activité en France et donc de licencier les 300 salariés. 

(2) Exemple de ces PSE et des pertes d’emplois industriels : la suppression prochaine des derniers 320 emplois de Dumarey Powerglide. Cette usine, qui fabrique depuis 60 ans à Strasbourg des boites de vitesse pour l’industrie automobile, fermera ses portes fin 2026. L’entreprise, nous explique l’avocat Pierre Dulmet, a été le plus gros employeur privé de Strasbourg sous l’ère de General Motors avec encore 1 100 emplois en 2010 : “C’est un signe de désindustrialisation très inquiétant. De nombreux ouvriers et salariés qualifiés vont se retrouver sur le marché de l’emploi”, s’alarme l’avocat.

Bernard Domergue

Hausse des licenciements économiques en France

14/01/2026

Les licenciements économiques continuent de progresser en France. Au deuxième trimestre 2025, 39 500 personnes se sont inscrites à France Travail suite à un licenciement économique, soit une hausse de 7,2 % par rapport au trimestre précédent, selon les données de la Dares, publiées hier. Cette augmentation est principalement portée par les entrées en contrat de sécurisation professionnelle (+11,5 %).

Sur un an, les inscriptions pour licenciement économique progressent de 4 % par rapport au deuxième trimestre 2024.

Au troisième trimestre 2025, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi validés et/ou homologués recule de 18,8 % sur un trimestre, avec 156 procédures concernant 12 300 ruptures de contrats. Les licenciements collectifs hors PSE augmentent, quant à eux, de 4,3 % sur un an, atteignant 3 041 procédures.

Source : actuel CSE

Un nouveau code APE pour les entreprises à partir de 2027

15/01/2026

Attribué par l’Insee, le code APE (comme “Activité Principale Exercée”) identifie l’activité principale d’une entreprise ou d’un établissement. Il repose sur la nomenclature d’activités française (NAF), figure dans le répertoire Sirene et se compose de cinq caractères : quatre chiffres correspondant au code européen et une lettre finale spécifique à la France. Ce code permet à l’institut national des statistiques de classer les entreprises par secteur.

À compter du 1er janvier 2027, les entreprises inscrites au répertoire Sirene géré par l’Insee auront un nouveau code APE. Ce changement, explique l’Insee, résulte de l’évolution des nomenclatures d’activités française (NAF) et européenne. Ce changement ne créera aucun droit ni obligation par rapport à l’ancien code, lequel reste en vigueur pour 2026.

► Les entreprises peuvent consulter dès aujourd’hui leur futur code en renseignant leur numéro SIREN sur le site sirene.gouv.fr.

► Elles pourront aussi, via un formulaire en ligne accessible dès ce mois de janvier, demander “si nécessaire” demander, “une expertise de leur nouveau code APE”.

► À savoir : il n’existe pas de code APE propre aux CSE. En revanche, nous dit l’Insee, il y a une catégorie à part pour les CSE identifiés par leur numéro NAF (catégorie 94.20z).