Le marché de l’intérim se stabilise après des mois de recul
13/10/2025
L’emploi intérimaire représentait 622 800 équivalents temps plein fin août, en baisse de 2,3 % sur un an, selon le baromètre de Prism’emploi, publié mardi 8 octobre. Ce recul, moins marqué qu’en juillet (-3,7 %) et que la moyenne des huit premiers mois (-5,5 %), confirme une “tendance à la stabilisation progressive du marché temporaire”, selon le communiqué de la fédération patronale.
L’industrie affiche une reprise avec une hausse de 2,3 % en août, après + 1,9 % en juillet, contrastant avec le recul observé depuis janvier (-2,4 %). Le BTP enregistre également une évolution encourageante (+1,2 % sur un an) après plusieurs mois de baisse.
À l’inverse, les transports et la logistique accusent un recul accentué (- 10,1 % en août), en ligne avec le ralentissement du commerce de détail. Les services connaissent une moindre dégradation (-3 % en août après -8 % sur janvier-août).
La contraction se concentre sur les professions administratives et encadrantes, avec un recul marqué parmi les employés (-13,8 %) et, dans une moindre mesure, les cadres et professions intermédiaires (-4,1 %). À l’inverse, l’emploi ouvrier progresse légèrement, tant pour les qualifiés (+0,6 %) que les non-qualifiés (+0,8 %).
Source : actuel CSE
L’Insee dresse le portrait économique et social de la France numérique
17/10/2025
Dans une étude de 124 pages, l’Insee dresse le portrait, sur le plan social comme économique, de la France numérique. Usage des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle dans les entreprises, maîtrise et non-maîtrise (“illectronisme”) des compétences numériques dans la population, télétravail, cyberviolence, réseaux sociaux et dépression : passons en revue quelques-unes de ces statistiques révélatrices.
► Dans ce portait inédit dressé par l’Insee, on retiendra quelques éléments saillants sur le plan économique et social au sujet des entreprises numériques. De quoi inspirer certains questions dans les réunions de vos CSE…
| ► L’activité, l’emploi et les salaires |
En France, le numérique génère 10 % de la valeur ajoutée du secteur marchand (soir 143 milliards d’euros) via 369 000 entreprises réalisant 365 Mds€ de chiffre d’affaires en 2022.
Sur ce total, l’Insee dénombre 68 600 entreprises de contenus et support (17 Mds€ de CA) et 167 000 entreprises de publicité et communication (10 Mds€).
Tout cela représente 8 % des emplois en France, avec 1,3 million de personnes. Comme on le voit dans le schéma ci-dessous, il s’agit majoritairement d’emplois de cadres (70 % de l’emploi total contre 20 % dans les autres secteurs), situés en Ile-de-France (39 %), et masculins (seulement 24 % de femmes contre 50 % dans les autres métiers). Sans surprise, ces emplois sont aussi occupés par des personnes plus jeunes qu’ailleurs ( 23 % ont moins de 30 ans, contre 19 % ailleurs) et plus fortement diplômées (plus de la moitié ont bac +5) et sont davantage rémunérateurs (salaire médian de 2 735€ contre 1 850€ dans les autres métiers).
Les tensions de recrutement dans les métiers de l’information et des télécommunications sont en baisse de 2018 à 2023. Il faut dire que les projets de recrutement dans ces métiers ont également reflué sur la même période (de 82 000 en 2018 à 77 000 en 2023).
| ► L’intelligence artificielle |
La part d’entreprises utilisant l’intelligence artificielle (IA) a doublé entre 2023 et 2024, passant de 6 % à 10 %. C’est cependant beaucoup moins que dans de nombreux autres pays européens (28 % au Danemark, 25 % en Belgique, 23 % aux Pays-Bas, 20 % en Allemagne, etc.).
Si la progression est forte dans les petites entreprises, c’est surtout dans les sociétés d’au moins 250 salariés que l’usage de l’IA est le plus généralisé : 33 % en 2024.
Dans les entreprises, la technologie IA la plus utilisée est l’analyse de langage écrit devant l’apprentissage automatique pour l’analyse de données et l’automatisation dans la prise de décision, la finalité étant souvent dans le marketing.
À noter : la part des plus de 12 ans déclarant utiliser l’IA dans leur vie personnelle ou professionnelle est passé de 20 % en 2023 à 33 % en 2024. L’IA est utilisée par 58 % des 18-24 ans contre 25 % des 40-59 ans.
| ► Médias sociaux et commerce en ligne |
Deux-tiers des entreprises françaises utilisent les médias sociaux, une proportion supérieure à la moyenne européenne (67 % contre 61 %). Une évolution frappante puisque la France accusait un retard par rapport à la moyenne de l’UE en 2015.
Pour autant, la France reste sous la moyenne européenne pour le commerce en ligne : 31 % de nos entreprises du secteur du commerce le pratiquent, contre 39 % au niveau européen. A ce sujet, 63 % des personnes d’au moins 15 ans disent avoir procédé à un achat de produit ou service en ligne en 2024, contre 40 % en 2013. L’achat en ligne d’un produit culturel concerne 41 % des Français.
| ► Le smartphone et le coût écologique du numérique |
83 % des Français âgés d’au moins 15 ans ont un smartphone. Pour 40 % d’entre eux, il s’agit d’un appareil de moins de 2 ans, ce qui a un impact environnemental non négligeable.
L’Insee signale que la fabrication d’un smartphone de 150 grammes nécessite 70 kg de matériaux, 76 000 litres d’eau, soit 86 kg d’émissions CO2.
Dans son ensemble, l’empreinte carbone des produits et services du numérique est estimée à 21 millions de CO2 équivalent, soit 3,2 % de l’empreinte carbone de la France.
| ► L’illectronisme ou le défaut de compétences numériques |
L’accès à l’internet s’est généralisé : 82 % de la population de 15 ans et plus se connecte quotidiennement. Pour autant, 46 % ne se dit pas à l’aise avec les outils numériques. Parmi ces personnes, 15,7 % sont dites en situation d'”illectronisme”. C’est le fait pour une personne de ne pas posséder de compétences dans au moins 4 des 5 domaines suivants :
- rechercher des informations sur le web ;
- communiquer (envoyer et recevoir des courriels) ;
- utiliser des logiciels (traitement de texte, etc.) ;
- protéger sa vie privée (refuser les cookies, restreindre sa géolocalisation, etc.) ;
- résoudre des problèmes (accéder à son compte bancaire, par ex.).
En 2023, souligne l’Insee, “34,3 % des personnes âgées de 15 ans et plus n’ont pas les compétences numériques de base en utilisation de logiciels”.
Ce manque de compétences est lié à l’âge : 62,2 % des 75 ans et plus et 23,4 % des 60-74 ans sont en situation d’illectronisme contre seulement 3 % des moins de 40 ans.
Chez les moins de 60 ans, l’illectronisme touche 9 % des chômeurs contre 3,8 % des personnes en emploi. Comme on le voit dans le schéma ci-dessous, parmi les actifs, ce sont les ouvriers qui sont le moins à l’aise avec le numérique : 55 % ont des compétences numériques faibles (dont 8 % sont en situation d’illectronisme), soit un retard de 15 à 20 points par rapport aux employés (39 %) et agriculteurs (38 %). Le niveau de vie joue également : plus il est élevé, plus les compétences numériques sont fortes.
Sur ce sujet des compétences numériques de la population, l’Insee estime que la France est dans la moyenne européenne, loin derrière les pays nordique (Suède, par ex.) et les petits pays (Pays-Bas, par ex.). Signe inquiétant pour l’avenir : les disparités des compétences restent aussi liées aux caractéristiques sociales. Ainsi, seuls 13 % des élèves de 3e en éducation prioritaire renforcée ont un niveau de maîtrise élevée des compétences numériques. Autre chiffre préoccupant : 9 % des internautes renoncent à effectuer des démarches administratives en ligne, jugées trop complexes.
| ► Le télétravail |
L’Insee évalue à 26 % la proportion des salariés de 20 à 62 ans qui pratiquent le télétravail en 2023, contre 9 % en 2019.
Pas moins de 31 % des personnes suivant une formation professionnelle le font en distanciel.
| ► La dépression |
L’exposition aux écrans est un phénomène massif : plus de la moitié des 18-24 ans déclarent être exposés au moins 4 heures par jour à des écrans, hors raisons professionnelles et éducatives.
Il existe une corrélation entre cette exposition et la santé mentale. Ainsi, sans établir de cause à effet, l’Insee souligne qu’un quart des femmes de 18 à 24 ans qui consultent les réseaux sociaux plusieurs fois par jour présentent des syndromes dépressifs.
| ► La cyberviolence |
Le numérique expose par ailleurs à la cyberviolence, définie comme des atteintes aux personnes via l’utilisation d’un outil numérique.
En France 3,2 % des majeurs ont déclaré avoir été victimes d’atteintes classées comme de la cyberviolence. Cette violence prend la forme d’injures et de harcèlement en ligne, avec respectivement 1,4 % et 0,9 % de la population concernée en 2022. Une atteinte numérique à la personne sur deux correspond à du harcèlement moral (62 000 victimes en 2024).
Si 20,5 % des victimes déclarent des dommages psychologiques importants, seulement 7,3 % de l’ensemble des victimes de cyberviolence ont porté plainte.
Ajoutons que les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données (vol de mot de passe, accès à une messagerie) ont augmenté de 7 % entre 2016 et 2023.
Bernard Domergue
