Le président de la République va présenter l’actualisation de la doctrine nucléaire française
Ce lundi 2 mars, Emmanuel Macron sera en déplacement à l’Ile Longue, base opérationnelle des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE). Le chef de l’État entend actualiser la doctrine française de la dissuasion. Il s’agit de redéfinir le rôle de la dissuasion française dans le nouvel ordre mondial et européen, dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et alors que la nécessité d’élargir le « parapluie nucléaire » français à l’Europe est évoquée.
Ensemble de la presse du 2 mars 2026
Emmanuel Macron annonce que la France va permettre à ses alliés de participer aux exercices de dissuasion nucléaire
Depuis la base de l’île Longue, à Brest, le président de la République a annoncé la « mise en place progressive d’une dissuasion avancée », offrant notamment la possibilité pour les alliés européens « de participer aux exercices de la dissuasion » nucléaire française. 8 pays européens (Allemagne, Belgique, Danemark, Grèce, Pays-Bas, Pologne, Royaume-Uni, Suède) ont accepté jusqu’ici de participer. Ces pays pourront notamment accueillir des « forces aériennes stratégiques » de l’armée de l’Air française, qui pourront ainsi « se disséminer dans la profondeur du continent européen » pour « compliquer le calcul de nos adversaires », a expliqué le président. « La dissuasion doit demeurer un intangible français », a-t-il affirmé, précisant qu’il n’y aurait pas « de partage de la définition des intérêts vitaux, qui restera d’appréciation souveraine pour notre pays ».
Ensemble de la presse du 3 mars 2026
ArianeGroup pourrait fabriquer des missiles balistiques conventionnels pour l’Europe
À l’occasion de la Conférence de Munich sur la sécurité, qui s’est tenue du 13 au 15 février 2026, le directeur des programmes militaires d’ArianeGroup, Vincent Pery, a évoqué l’existence de « discussions préliminaires » avec l’Allemagne au sujet d’un projet de missile balistique terrestre, qui aurait une portée comprise entre 1 000 et 3 000 km. « La nature franco-allemande d’ArianeGroup constitue un atout clé pour accélérer le déploiement de solutions européennes à moindre risque en matière de développement », a-t-il souligné dans un communiqué publié par le groupe. Emmanuel Macron a confirmé ce lundi que Paris, Londres et Berlin allaient « travailler ensemble à des projets de missiles de très longue portée », observent Les Echos, qui relèvent que la France « se propose d’engager cette année un programme de 900 M€ et de débloquer une première tranche de 15,6 M€ pour financer les études de faisabilité ».
Les Echos du 3 mars 2026 et Zone-militaire.com du 26 février 2026
Leonardo UK obtient un contrat d’1Md£ pour la fourniture d’hélicoptères au gouvernement britannique
Le Royaume-Uni a conclu un accord pour la production de 23 hélicoptères de moyenne capacité, pour un montant d’1 Md£ (1,14 Md€) avec le groupe italien Leonardo. Ce contrat doit permettre d’assurer la pérennité du site industriel du groupe à Yeovil, dernier site de fabrication d’hélicoptères du Royaume-Uni dans le Somerset (sud-ouest), qui emploie 3 000 salariés, a indiqué le ministère de la Défense. Cet accord pourrait renforcer les exportations britanniques de défense, qui ont atteint un niveau record en 2025. Le ministère de la Défense prévoit également davantage d’investissements dans Proteus, « le premier système aérien autonome sans équipage du Royaume-Uni, construit par Leonardo et qui a récemment effectué son premier vol », en développement avec la Royal Navy.
Les Echos du 3 mars 2026
La France s’engage dans le conflit avec l’Iran, dans une logique « strictement défensive » selon le président de la République
Mardi 3 mars, Emmanuel Macron a annoncé l’implication de la France dans des opérations militaires effectuées dans une logique « strictement défensive ». « C’est en effet notre responsabilité (…), elle vise à protéger et à restaurer le plus vite possible la paix », a justifié le président de la République. Il a annoncé l’envoi de moyens supplémentaires de défense antiaérienne et d’une frégate française pour soutenir Chypre, pays de l’Union européenne avec lequel la France a signé un partenariat stratégique en décembre 2025. La France est aussi liée par des accords de défense avec le Qatar, le Koweït et les Emirats arabes unis, et prendra part à des opérations défensives si nécessaire, a indiqué le chef de l’État. « Nous sommes aussi liés par des engagements solides avec la Jordanie, l’Irak, et notamment, là-bas, nos alliés kurdes », a-t-il rappelé. Emmanuel Macron a également annoncé le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle en Méditerranée.
Ensemble de la presse du 4 mars 2026
Tribune : « LMB Aerospace, Biogaran, Eutelstat, le faux procès du contrôle des investissements étrangers »
Dans une tribune aux Echos, Claire Thomas-Daoulas, associée chez Brunswick Paris, estime que le contrôle des investissements étrangers par le ministère de l’Économie et des Finances est injustement critiqué. Elle rappelle que 3 dossiers récents – LMB Aerospace, Biogaran et les antennes Eutelsat – ont été analysés soit comme la preuve d’un interventionnisme excessif soit comme celle d’une protection insuffisante de la souveraineté française. « Ces critiques ne doivent pas masquer l’essentiel : le contrôle des IEF est avant tout un instrument de sécurité économique », conçu pour allier attractivité et protection. Claire Thomas-Daoulas souligne que la France est depuis plusieurs années un des Etats européens « les plus actifs en matière de screening des investissements étrangers (IEF) : si Bercy n’interdit que peu d’opérations, la majorité des dossiers se voient imposer des conditions ou des engagements, bien plus souvent que nos voisins européens, y compris ceux dotés de régimes de contrôle des investissements étrangers bien établis, comme l’Allemagne ».
Les Echos du 4 mars 2026
Les Rafale protègent les bases françaises aux Émirats arabes unis
Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, a confirmé ce mardi 3 mars que les avions Rafale stationnés aux Émirats arabes unis (EAU) mènent actuellement des opérations de sécurisation du ciel. Cette mobilisation directe fait suite à l’interception de drones iraniens durant le week-end dernier. Les pilotes de la base aérienne d’Al-Dhafra assurent la protection des emprises diplomatiques et militaires françaises dans la région.
La Tribune du 4 mars 2026
Airbus Helicopters décroche un contrat stratégique de drone militaire pour la défense européenne
Airbus Helicopters, via sa filiale Survey Copter, a été sélectionné par l’Agence européenne de défense (EAD) pour le projet Multi Mission Unmanned Aircraft System (M2UAS). Ce programme de 48 mois, doté d’environ 1,1 M€, vise à étudier et développer un drone hybride multi-missions. La 1ère phase (12 mois) analysera les besoins militaires et les défis technologiques. Basé sur le drone Capa-X (120 kg, 100 km de portée, 10 h d’autonomie, 20 kg de charge utile), le projet ambitionne d’élargir ses capacités pour des missions de surveillance, guerre électronique, déploiement d’effets et ravitaillement en vol, renforçant ainsi les compétences européennes en systèmes sans équipage.
Ideal Investisseur et Le Journal des Entreprises du 4 mars 2026
Interview de Catherine Vautrin, la ministre des Armées
Emmanuel Macron a ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires. Le missile nucléaire M51 de la dissuasion océanique est fabriqué en Gironde par ArianeGroup. Le groupe développe et intègre les étages à propergol solide des lanceurs militaires dont il est maître d’œuvre. « Ces investissements pérennisent le travail d’ArianeGroup en la matière », explique Catherine Vautrin, la ministre des Armées. À la question : la France cède- t-elle à son tour à la course à l’armement ? « Non », répond-elle. « Notre logique est toujours celle du juste besoin pour assurer la préservation de nos intérêts vitaux. L’enjeu, c’est de répondre à l’évolution de la menace ».
Sud-Ouest du 3 mars 2026
Le CAE alerte : 53 % des importations d’armes en Europe proviennent des États-Unis
Le Conseil d’analyse économique (CAE), rattaché au Premier ministre, souligne que le réarmement européen, relancé par la guerre en Ukraine, s’accompagne de 3 défis majeurs : dépendance aux États-Unis, fragmentation industrielle et retard technologique. Les dépenses militaires atteignent environ 2 % du PIB en 2025 et pourraient atteindre 3,5 % d’ici 2035. Mais l’Europe reste fortement dépendante de Washington pour le renseignement, la logistique et l’équipement : plus de la moitié des importations d’armement proviennent des États-Unis. Elle dépend aussi largement de ressources extérieures, notamment pour les matières premières critiques et les semi-conducteurs. Par ailleurs, la fragmentation du marché entraîne une multiplication coûteuse des systèmes d’armes, empêchant les économies d’échelle. Une intégration accrue et des achats communs pourraient générer d’importantes économies. Enfin, l’Europe accuse un retard en R&D militaire, ce qui menace sa compétitivité dans les technologies stratégiques. Le CAE appelle donc à renforcer l’innovation et la coopération industrielle européenne.
La Tribune du 4 mars 2026
Les PME mises à rude épreuve par les retards de paiement de l’État
Le Sénat a adopté le 19 février une proposition de loi visant à réduire les retards de paiement, un problème qui fragilise particulièrement les PME et TPE du secteur de la défense. Depuis la crise Covid, les faillites d’entreprises ont augmenté de 28 %, les retards de paiement accroissant encore le risque de défaillance. Malgré l’augmentation du budget militaire et les discours sur la « réindustrialisation » de la défense, de nombreuses entreprises dénoncent un décalage entre les annonces et la réalité. Le secteur de la base industrielle et technologique de défense (BITD), qui regroupe 9 grands groupes (Thales, Dassault Aviation, MBDA, Arquus, Airbus, KNDS, Naval Group, ArianeGroup, Nexter) et 4 500 PME, ETI et TPE, semble à l’unisson quand il s’agit de pointer le décalage entre les déclarations martiales du gouvernement et la réalité sur le terrain économique. L’État accumule environ 8 Md€ de reports de charges, mettant en difficulté des sous-traitants ou des startups dépendants des commandes publiques. Certains dirigeants, faute de paiements ou de visibilité, se tournent vers des marchés civils ou déposent le bilan. Le secteur souligne aussi des procédures longues et un « ruissellement » des commandes encore limité vers les PME.
Le Point du 5 mars 2026
KNDS et EOS Defence Systems renforcent leur coopération
Le groupe KNDS et l’australien EOS Defence Systems ont signé un accord stratégique pour renforcer leur coopération dans les stations d’armes téléopérées et les systèmes d’armement de moyen calibre. Ce partenariat permet de combiner les expertises des 2 industriels pour répondre à la montée en puissance des besoins opérationnels. Au cœur de l’accord figure la valorisation d’un canon multi-rôle développé par KNDS. EOS apporte son expertise dans les systèmes téléopérés et la lutte anti-drones. Les 2 groupes visent des opportunités commerciales en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie-Pacifique, avec la perspective de codévelopper de nouveaux produits. Dans un contexte de réarmement mondial et de réorganisation des chaînes d’approvisionnement, cette coopération permet aux 2 groupes de renforcer leur compétitivité face aux concurrents américains et asiatiques.
Revue Economique de France du 4 mars 2026