Partenariat envisagé entre Airbus, Rheinmetall et OHB dans le cadre du projet de constellation de la Bundeswehr
Airbus Defence & Space, Rheinmetall et OHB pourraient finalement s’allier pour répondre à l’appel d’offres de la Bundeswehr visant à créer une constellation d’environ 100 petits satellites en orbite basse d’ici 2029. Selon Der Spiegel et Bloomberg, les 3 groupes envisagent une candidature commune : Airbus et OHB construiraient les satellites, tandis que Rheinmetall assurerait la mise en réseau des systèmes d’armes terrestres, maritimes et aériens. Ce projet de réseau de communication militaire indépendant, comparable à un « mini-Starlink », pourrait valoir entre 8 et 10 Md€ et constitue le plus grand programme spatial allemand. Berlin veut renforcer son autonomie spatiale, malgré les réserves françaises qui privilégient les initiatives européennes comme Iris2. L’alliance industrielle s’expliquerait par l’ampleur du contrat et le souci d’éviter des litiges.
Les Echos du 8 mars 2026
L’État français garde un droit de regard sur les décisions de LMB récemment vendu à Loar
L’État français a acquis pour un euro une action de LMB Aerospace afin de mettre en place une « golden share » ou action préférentielle, lui permettant de conserver un droit de regard sur les décisions stratégiques de l’entreprise. Cette mesure intervient après la vente du fabricant corrézien au groupe américain Loar Group. Spécialisée dans les ventilateurs utilisés notamment pour les Rafale et les sous-marins nucléaires, la société est considérée comme un actif sensible pour la défense. L’action préférentielle permettra à l’État d’intervenir si certaines décisions du nouvel actionnaire sont jugées contraires aux intérêts nationaux.
La Tribune du 8 mars 2026
Aerix Systems boucle une levée de fond de cinq millions d’euros
La startup Aerix Systems a bouclé une levée de fonds de 5 M€, après un 1er tour de 1,6 M€ en 2024. Cette opération doit financer le lancement de la pré-série industrielle de son drone omnidirectionnel. L’entreprise, basée à Mérignac, a trouvé un site de fabrication dans la métropole bordelaise pour assembler ses « robots aériens » et vise une production d’environ 100 appareils par mois. Ses drones, dotés d’une propulsion omnidirectionnelle, sont conçus pour intercepter et détruire des drones ennemis et peuvent être pilotés ou fonctionner de manière autonome. Aerix bénéficie aussi du programme Diana de l’OTAN, qui facilite l’accès aux marchés des pays membres. Face à la croissance des besoins en défense anti-drones, la jeune pousse voit des débouchés militaires mais aussi civils, notamment dans l’inspection industrielle. Elle compte aujourd’hui 20 salariés et prévoit d’atteindre une trentaine d’ici fin 2026, tout en développant de nouveaux modèles.
La Tribune du 9 mars 2026
Les survols de drones sont une préoccupation forte pour l’ensemble des autorités à travers le monde
Depuis le survol de l’Élysée et de centrales nucléaires en 2015, la France a progressivement développé des capacités de lutte anti-drones. Un 1er appel à projets a alors mobilisé des industriels comme CS Group, qui ont conçu des systèmes de protection pour les sites militaires et les grands événements. Face à la montée des tensions géopolitiques, le gouvernement veut désormais élargir le dispositif de défense aux administrations et entreprises, publiques ou privées, dont le fonctionnement est jugé indispensable à la vie de la nation. Le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) prépare ainsi une évolution réglementaire permettant d’autoriser davantage de dispositifs anti-drones. Selon Éric Lenseigne, vice-président de Thales chargé des drones, la réponse doit être adaptée à la menace. L’objectif est aussi de structurer un marché civil en certifiant les technologies des industriels français, déjà en forte croissance.
Le Monde du 9 mars 2026
Rapport du SIPRI : la France deuxième exportateur mondial d’armements sur la période 2021-2025
Selon le SIPRI, la France se classe au 2ème rang mondial en matière d’exportateurs d’armements sur la période 2021-2025, avec 9,8 % des volumes de livraisons d’armes et une soixantaine de clients à travers le monde. Elle se situe devant l’Allemagne (5,7 %), elle-même passée devant la Chine (5,6 %). Les États-Unis restent largement en tête avec 42 % des volumes de livraisons d’armes. « Les États-Unis ont encore davantage consolidé leur domination en tant que fournisseur d’armes, même dans un monde de plus en plus multipolaire », souligne Pieter Wezeman, chercheur principal au programme transferts d’armes du SIPRI. D’après l’institut près de la moitié des armes importées par les États européens sur la période ont été fournies par les États-Unis (48 %), suivis par l’Allemagne (7,1 %) et la France (6,2 %).
Ensemble de la presse du 10 mars 2026
L’Europe importe toujours plus d’armes américaines
D’après les derniers chiffres du SIPRI, les pays européens ont triplé leurs importations d’armes au cours des 5 dernières années par rapport à la période 2016-2020, devenant ainsi la première région importatrice d’armes au monde. L’Europe est désormais le premier client des industriels américains de l’armement avec 38 % de leurs commandes, devançant le Moyen-Orient (33 %). Au total, les livraisons d’armes américaines à l’Europe ont augmenté de 217 % sur la période 2021-2025 par rapport aux 5 années précédentes. « Bien que les entreprises européennes aient intensifié leur production d’armements et que le nouveau soutien aux investissements de l’Union européenne dans les industries de l’armement des États membres ait entraîné plusieurs commandes intra-européennes, les États européens ont continué d’importer des armes américaines en 2021-2025, notamment des avions de combat et des systèmes de défense aérienne à longue portée », précise Katarina Djokic, chercheuse au sein du programme Transferts d’armes du SIPRI.
Les Echos du 10 mars 2026
Guerre au Moyen-Orient : Emmanuel Macron à Chypre et à bord du Charles de Gaulle
Le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu lundi à Chypre puis à bord du porte-avions Charles de Gaulle, ce lundi, déployé en mer Méditerranée. « Nous ne participons pas à un conflit en cours » a-t-il déclaré. La France, alliée entre autres des Émirats arabes unis, a contribué à des interceptions de drones. Grâce à ses radars embarqués, ses avions de renseignement Hawkeye et sa vingtaine de Rafale, le GAN (Groupe aéronaval) articulé autour du Charles de Gaulle est capable de suivre les opérations militaires au Liban et jusqu’en Iran, précise Le Figaro. À Chypre, Emmanuel Macron a indiqué travailler à l’établissement d’une coalition internationale pour sécuriser les voies maritimes commerciales du canal de Suez au détroit d’Ormuz. Cette « mission purement défensive, purement d’accompagnement, a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit, l’escorte de porte-conteneurs et de tankers, pour rouvrir progressivement le détroit d’Ormuz », a-t-il indiqué.
Ensemble de la presse du 10 mars 2026
Tribune : « Nos investissements militaires sont très éloignés de nos moyens et de nos intérêts de sécurité »
Isabelle Bouillot, ancienne directrice du Budget, et Patrick Careil, Inspecteur général des Finances honoraire, appellent à établir un nouveau Livre blanc sur la défense avant une révision de la loi de programmation militaire 2024-2030. « Depuis treize ans, aucun nouveau Livre blanc n’a été établi, la Revue nationale stratégique (RNS) étant un exercice limité, et ce alors que notre environnement géostratégique a été bouleversé. L’invasion par la Russie de l’Ukraine a matérialisé un risque de guerre en Europe et en même temps concrétisé les doutes sur la volonté des États-Unis d’honorer leurs engagements », observent-ils. Les auteurs regrettent que la RNS et son actualisation aient été conduites « avec un horizon temporel beaucoup plus court » que celui des grands programmes d’armement, tels que le porte-avions de nouvelle génération (PA-NG) ou le SCAF.
Les Echos du 10 mars 2026
Thales lance un dôme intégral de défense aérienne et antimissile
Thales a présenté SkyDefender, un dôme de défense aérienne et antimissile intégrant l’intelligence artificielle pour faire face à l’évolution rapide des menaces telles que des drones aux missiles hypersoniques. Ce système assure une protection complète sur terre, en mer, dans les airs et dans l’espace, depuis la courte jusqu’à la longue portée. Il peut détecter des menaces jusqu’à 5 000 km et fournit des capacités d’alerte précoce. Grâce à son architecture ouverte, SkyDefender peut s’intégrer aux systèmes de défense existants et vise à protéger les forces armées, les sites sensibles et les infrastructures vitales contre des attaques de plus en plus complexes et imprévisibles.
Opinion Finance, Les Echos et L’Usine Nouvelle du 11 mars 2026
ArianeGroup et Thales dévoilent la roquette FLP-T 150 pour la future capacité de frappe terrestre longue portée de la France
Le 10 mars 2026, ArianeGroup a présenté la FLP-T 150, une nouvelle roquette guidée destinée à soutenir la future capacité de frappe terrestre longue portée de l’armée de Terre française. Thales est responsable des systèmes de guidage, de navigation et des équipements électroniques. La roquette devrait atteindre jusqu’à 150 km, soit presque le double de la portée des roquettes actuellement utilisées par les lanceurs LRU français. Le programme FLP-T vise à restaurer l’autonomie européenne et nationale dans les feux de précision longue portée, réduisant ainsi la dépendance aux chaînes d’approvisionnement non européennes.
Aeromorning du 12 mars 2026
Porté par la hausse européenne des budgets de défense, Leonardo présente un plan stratégique 2026-2030 ambitieux
Le groupe italien Leonardo a présenté mercredi une mise à jour de son plan industriel 2026-2030. Il repose sur des objectifs financiers en nette progression, avec un chiffre d’affaires de 30 Md€ à la fin de la décennie. Le carnet de commandes devrait s’établir en 2030 à 32 Md€ tandis que les revenus cumulés au cours des 4 prochaines années devraient atteindre 126 Md€. Leonardo estime que les dépenses de défense atteindront plus de 1 000 Md€ en Europe d’ici à la fin 2030. Au cœur de cette stratégie figure le projet Michelangelo Dome (Digital Operational Managed Environment), destiné à assurer l’interopérabilité des systèmes dans les différents domaines opérationnels (air, terre, mer, espace et cyber), afin de protéger les infrastructures critiques nationales. Le programme doit agir comme un dôme numérique capable de détecter, de prévenir et de neutraliser les attaques de manière proactive.
Les Echos du 13 mars 2026
Au Moyen-Orient, la défense aérienne française renforcée
Pour honorer ses accords de défense avec les pays du Golfe, la France a renforcé sa présence militaire au Moyen-Orient. Aux Émirats arabes unis (EAU), l’armée de l’Air et de l’Espace a doublé le nombre de ses avions déployés, avec 12 Rafale désormais présents. « Notre posture vis-à-vis de l’Iran est strictement défensive », a déclaré le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général Jérôme Bellanger, lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de défense. Les moyens français déployés contribuent notamment protection des ressortissants et des infrastructures françaises dans la région.
Le Figaro du 13 mars 2026
La France et l’Italie vont mettre en œuvre la nouvelle version du système SAMP/T
La France et l’Italie ont chacune commandé une dizaine de modèles de nouvelle génération du système SAMP/T. Les 2 pays veulent augmenter la production des missiles sol-air, indispensables pour la souveraineté de l’Europe. Le système de défense aérienne SAMP/T repose sur la famille de missiles Aster, développée dans le cadre d’une coopération européenne impliquant notamment MBDA et Thales. Ces missiles sont conçus pour intercepter une large gamme de menaces aériennes. Ils peuvent neutraliser des avions, des drones, mais aussi des missiles balistiques de courte portée. La nouvelle génération du missile, l’Aster 30 B1NT, doit équiper les systèmes SAMP/T NG destinés aux forces françaises et italiennes.
Les Echos du 13 mars 2026
Le président polonais oppose son veto au programme de financement européen dans la défense
Le président polonais, Karol Nawrocki, a annoncé jeudi opposer son veto à la participation de la Pologne au mécanisme de financement européen Safe qui prévoit d’accorder au pays plus de 40 Md€ de prêts afin de renforcer ses capacités de défense. « J’ai pris la décision de ne pas signer une loi qui porte atteinte à notre souveraineté, à notre indépendance, ainsi qu’à notre sécurité économique et militaire », a-t-il déclaré. Karol Nawrocki et le parti nationaliste PiS, dont il est issu, considèrent le programme Safe comme un moyen pour l’UE d’exercer une pression sur Varsovie, notamment par un mécanisme de contrôle de l’allocation des fonds.
Le Figaro du 13 mars 2026