Défense

La coopération franco-allemande, une caution européenne

Françoise Dumas, présidente de la commission de la Défense nationale et des Forces armées à l’Assemblée nationale, signe un plaidoyer en faveur de la coopération franco-allemande, une nécessité dont ont besoin les deux pays s’ils ne veulent pas s’éteindre sur l’échiquier international. Elle évoque une convergence des vues inédite concernant les menaces qui planent sur le Vieux Monde, djihadisme, un voisinage de plus en plus hostile aux valeurs européennes, compétition implacable entre puissances, cite les jalons que sont la CSP (Coopération structurée permanente), le Fed (Fonds européen de la Défense), et l’espoir que portent les programmes Scaf, MGCS et Tigre. « La coopération franco-allemande est le moteur d’une Europe plus solidaire et souveraine », affirme-t-elle.

La Tribune – 26/03

Scaf. Dassault et Airbus, sur le point de s’entendre

Alors que les négociations sur le Scaf frôlent le gouffre, Dassault Aviation et Airbus Defence & Space seraient près d’un accord sur le pilier 1, relatif au NGF. La maîtrise d’oeuvre de Dassault était partiellement remise en cause par son partenaire, dont le patron Dirk Hoke estimait que « le maître d’oeuvre ne doit pas tout contrôler, et prendre seul les décisions du programme ». De leur côté, les motoristes seraient, eux-mêmes, proches d’un accord : Safran en tant que maître d’oeuvre, et ses partenaires MTU et ITP. Ce dernier, filiale de Rolls Royce, voulait que le moteur dérive de l’Eurojet qui propulse l’Eurofighter ; Safran veut que la propulsion du NGF dérive du M88, le moteur du Rafale. Antoine Bouvier, directeur de la stratégie d’Airbus, a annoncé des accords avec quatre industriels, sur plusieurs piliers du programme : le français Thales, l’espagnol Indra, l’allemand Hensoldt et MBDA. « Résultat, le Scaf est à nouveau sur le point de décoller, conclut La Tribune. Avant d’atterrir au Bundestag, où il devra peut-être subir de nouvelles turbulences. »

La Tribune – 26/03

La tectonique du Scaf

Flight International récapitule les éléments de discorde qui opposent les industriels au chevet du NGF, l’avion de combat au coeur du système Scaf, de part et d’autre du Rhin, Dassault Aviation côté français, Airbus Defence & Space côté allemand et, chez les motoristes, Safran et MTU. La rédaction signale aussi l’entrée en scène de l’Espagne et de son motoriste ITP, Olivier Andries prenant acte de cette nouvelle arrivée : « Nous devrons nous assurer qu’ITP a quelque chose à faire ». Flight International évoque aussi la menace d’un plan B franco-français, brandie par Dassault, avec Safran, Thales et MBDA pour coéquipiers.

Flight International – 01/04

Scaf. Comment s’est cristallisé le différend franco-allemand

Aerospatium expose la façon dont s’étaient initialement réparties les responsabilités du programme Scaf, et comment les intentions du départ se sont étiolées pour aboutir à une impasse franco-allemande. « Lors des auditions, les réponses d’Airbus laissent entrevoir une incompréhension sur les méthodes et les besoins, qui ne laisse rien augurer de bon pour le projet », commente la rédaction. L’un des points d’achoppement franco-allemand porte sur la propriété intellectuelle, que Dassault refuse de livrer à Airbus, estimant que cette propriété fonde sa raison d’être. Dassault peut compter sur le soutien de Safran et de Thales, eux-mêmes soucieux de protéger leurs domaines de compétences respectifs dans les parties chaudes de moteur.

Aerospatium – 26/03

Interview de Patrice Caine (Thales)

Le PDG de Thales, l’un des « gagnants de la crise sanitaire », répond aux questions des Echos. Outre la hausse des dépenses militaires dans le monde, « nous avons l’avantage d’être sur d’autres secteurs qui génèrent de la croissance. Tous nos marchés, soit 90 % de notre chiffre d’affaires (défense, transport terrestre, identité et sécurité numérique, cyberdéfense, spatial) ont résisté à la crise en 2020, à l’exception de nos activités dans l’aéronautique civile. » Patrice Caine passe en revue les besoins galopants de connectivité, cybersécurité, la révolution quantique, la multiplication des lancements de satellites et le New Space. Il mentionne un projet à l’étude avec Airbus sur le ‘combat cloud’, et professe un certain optimisme : « L’Europe n’est pas vouée au décrochage technologique », elle doit continuer à miser sur son système d’éducation.

Les Echos – 26/03

Le futur porte-avions français

Aujourd’hui, Florence Parly est à Lorient pour lancer les études de conception du porte-avions français qui remplacera le Charles-de-Gaulle en 2038. La ministre des Armées est entourée des trois principaux industriels impliqués : Naval Group, Chantiers de l’Atlantique, TechnicAtome, et de leurs deux maîtres d’ouvrage : la DGA et le CEA. A quoi ressemblera le navire ? « On sait déjà qu’il sera un tiers plus grand que l’actuel Charles-de-Gaulle, avec un déplacement de 75 000 tonnes, contre 42 000 tonnes actuellement, et un pont d’envol de 300 mètres de long, contre 261 mètres aujourd’hui », révèlent Les Echos.

Les Echos – 29/03