Lancement de l’opération Orion 26

La France a lancé l’opération militaire de grande ampleur Orion 26, la plus importante depuis la fin de la guerre froide. Cet exercice interarmées de 3 mois, mené avec des pays alliés, vise à préparer les forces à un conflit de haute intensité dans un contexte international tendu. Jusqu’à 12 000 militaires sont mobilisés sur terre, en mer et dans les airs. Les pilotes de Rafale s’entraînent notamment au ravitaillement en vol auprès d’un Airbus A400M, une opération de haute précision essentielle pour maintenir l’autonomie et l’efficacité des forces en situation de combat.

BFM TV et France TV du 14 février 2026

L’Inde prévoirait d’élargir sa commande auprès de Dassault Aviation

Selon la Tribune, l’Inde a demandé à Dassault Aviation de lui fournir 31 Rafale Marine en plus des 114 Rafale destinés à l’Indian Air Force. Ces appareils pourraient opérer depuis les porte-avions INS Vikrant et Vikramaditya. Le projet, validé en 1ère étape par le conseil d’acquisition de la défense (DAC), reste soumis à de longues négociations gouvernementales incluant des transferts de technologies et une production partielle locale dans le cadre du « Make in India ». Pour l’avionneur français, ce contrat majeur consoliderait sa position à l’export et ses liens stratégiques avec New Delhi, tout en renforçant son indépendance économique.

La Tribune du 14 février 2026

Figeac Aéro renforce son partenariat avec Safran Aircraft Engines sur le moteur M88

Figeac Aéro annonce la signature d’un nouvel accord avec Safran Aircraft Engines portant sur le développement des capacités de production d’une pièce de structure métallique du moteur M88, qui équipe le Rafale. Les 1ères livraisons sont attendues au cours de l’exercice 2026/27. Thomas Girard, directeur général adjoint de Figeac Aéro, souligne que « le M88 et le Rafale sont des programmes stratégiques pour le renforcement des capacités européennes de défense », évoquant notamment une cadence de 5 Rafale par mois à l’étude, soit un quasi-doublement par rapport aux niveaux actuels.

Boursorama du 16 février 2026

Aura Aero lance une division dédiée aux aéronefs et drones de défense

L’avionneur toulousain Aura Aero annonce la création d’une division défense baptisée Aura M, dirigée par Stéphane Mille. La startup déjà engagée dans le développement d’avions biplaces de formation et de voltige (gamme Integral), ainsi que d’un avion régional hybride de 19 sièges (ERA) souhaite désormais se positionner sur le marché des avions et drones militaires. Aura Aero développe notamment le drone MALE (moyenne altitude, longue endurance) Enbata, qui participe à la compétition « drones MALE low cost » lancée par la Direction générale de l’armement (DGA) au salon du Bourget en juin 2025. Le 1er exemplaire est en cours de fabrication dans l’usine de Francazal. Il devrait effectuer son premier vol à l’été ou au début de l’automne 2026.

Challenges du 18 février 2026

Thales se prépare à la massification de la production de drones

Éric Lenseigne, vice-président Drone Warfare chez Thales, évoque pour L’Usine Nouvelle le projet Toutatis, dernière innovation du groupe sur le segment des munitions téléopérées (MTO). Thales vise une production de 3 000 exemplaires en 2027 et jusqu’à 10 000 les années suivantes. « Nous avons analysé que nous avions des atouts à faire valoir à la fois comme experts en matière de drones et en même temps en tant que munitionnaires », précise Éric Lenseigne. « Notre positionnement, c’est la haute performance avec des charges au meilleur niveau de sécurité STANAG (norme d’interopérabilité de l’OTAN). En termes d’efficacité, nous visons un produit précis, capable de naviguer sans un expert en FPV (first person view, mode de pilotage à distance, NDLR) dans des environnements extrêmement contestés ».

L’Usine Nouvelle du 18 février 2026

Le Canada investit 82 Md$ pour sa défense

Le Canada a lancé mardi 17 février un plan d’investissement de 82 Md$ sur cinq ans, qui doit permettre d’atteindre les objectifs de l’OTAN de 2 % du PIB consacré à la défense d’ici la fin de l’année et de 5 % du PIB d’ici 2035. Le plan prévoit un renforcement des capacités de défense sur terre, en mer et dans les airs, selon Mark Carney, le premier ministre canadien. « Nous avons trop compté sur notre géographie et sur les autres pour nous protéger », a-t-il déclaré lors d’une visite dans les locaux de CAE, entreprise spécialisée en technologies de simulation pour les secteurs de la défense et de l’aviation. « Cela a créé des vulnérabilités que nous ne pouvons plus nous permettre et des dépendances qui ne sont plus viables », a-t-il ajouté.

Ensemble de la presse du 18 février 2026

Exercice Orion 2026 : l’armée de l’Air et de l’Espace teste les nouveaux modes de combat aérien

L’exercice interarmées et interalliés Orion 2026, mené sur la façade atlantique française depuis le 8 février, comprend une 1ère phase qui vise à conquérir la supériorité aérienne dans un espace contesté. Une quarantaine d’aéronefs français sont mobilisés, dont une vingtaine d’avions de chasse. À ces forces s’ajoutent celles de 24 pays partenaires membres de la coalition représentant une soixantaine d’avions. « D’abord, il faut acquérir du renseignement sur les vulnérabilités adverses », explique le général Marc Le Bouil, commandant de la défense et des opérations aériennes. Il s’agit de cibler les centres névralgiques ennemis, ses capacités de défense et de frappes. « Ensuite, il faut les détruire : physiquement avec des avions, des bombardements mais aussi en utilisant des actions cyber, des actions dans l’espace, pour aveugler par exemple un satellite, des missions des forces spéciales », détaille-t-il.

Le Figaro du 18 février 2026

Les fonds européens se mobilisent pour le financement de la défense ; des freins existent en France

Alors que l’écosystème européen du private equity s’engage pour financer la défense, des freins perdurent en France, illustrés récemment par la politisation du débat autour de la cession de LMB Aerospace à un acteur étranger, selon Les Echos. Les investisseurs s’inquiètent également de la remise en cause croissante des réductions d’impôts associées au crédit d’impôt recherche (CIR), qui peuvent représenter jusqu’à 30 % de l’Ebitda de certaines sociétés. D’après le GICAT, qui rassemble quelque 500 entreprises du secteur, 78 % d’entre elles déclarent autofinancer une part significative de leur R&D et près de 26 % y consacrer plus de 10 % de leur chiffre d’affaires. « L’industrie de défense est par nature une industrie de haute technologie, une industrie de cycles longs, nécessitant des investissements technologiques engagés plusieurs années avant toute commande publique » À cet égard, le CIR est « un levier structurant de décision d’investissement. Il est également intégré par les investisseurs privés dans leurs modèles d’analyse financière et conditionne en partie la capacité des entreprises à lever des fonds et à accélérer leur croissance », indique le GICAT.

Les Echos du 19 février 2026

Tribune : « Les Européens doivent adopter une stratégie de dissuasion globale »

Hélène Conway-Mouret, sénatrice socialiste, et Renaud Bellais, codirecteur de l’Observatoire de la défense au sein de la Fondation Jean-Jaurès, estiment que face aux différentes menaces, l’Europe doit organiser son autonomie stratégique au travers de projets concrets – en particulier la garantie des stocks de munitions – et de priorités clairement identifiées. « Le renforcement de la défense européenne ne pourra aboutir qu’à travers l’élaboration d’un véritable projet de sécurité internationale conçu par les Européens et pour les Européens. Si elle demeure incontournable, la dissuasion nucléaire ne saurait, à elle seule, répondre à l’ampleur des défis auxquels le continent est confronté », déclarent-ils.

Le Figaro du 19 février 2026

Le secteur de la défense recrute fortement

L’emploi dans l’industrie de la défense a progressé de 15 % entre 2022 et 2024. Dans l’aéronautique, un quart de l’activité et un tiers du carnet de commandes sont consacrés à la défense, selon Le Monde. « Depuis l’après-Covid, on recrute beaucoup plus que nos départs, en CDI comme en intérim. Nous prévoyons de 25 000 à 30 000 recrutements par an, pour moitié des ingénieurs et cadres », explique Philippe Dujaric, directeur des Affaires sociales et de la Formation du GIFAS. En 2026, Thales prévoit de recruter 9 000 personnes, dont 3 300 en France, la moitié dans la défense (après les 8 800 et 8 500 recrutements qui ont déjà eu lieu respectivement en 2025 et 2024). Naval Group envisage 1 200 CDD et CDI et 900 stagiaires et alternants ; MBDA prévoit 900 recrutements. Afin de mieux répondre aux besoins, France Travail lancera le 23 avril une structure nationale consacrée à la défense, avec des conseillers spécialisés.

Le Monde du 19 février 2026

SCAF : selon Friedrich Merz, l’Allemagne et la France n’ont pas les mêmes besoins

Le chancelier Friedrich Merz a déclaré dans le podcast allemand Machtwechsel : « Les Français ont besoin, dans la prochaine génération d’avions de combat, d’un avion capable de transporter des armes nucléaires et d’opérer à partir d’un porte-avions. Ce n’est pas ce dont nous avons besoin actuellement dans l’armée allemande ». Emmanuel Macron « reste engagé pour le succès du SCAF », a réagi mercredi l’Elysée. « Les besoins militaires des trois États participants n’ont pas changé », estime la présidence française. « Au vu des enjeux stratégiques pour notre Europe, il serait incompréhensible que des divergences industrielles ne puissent être surmontées alors même que nous devons collectivement montrer unité et performance dans tous les domaines intéressant son industrie, sa technologie et sa défense », a-t-elle ajouté. Reuters fait état ce jeudi d’informations selon lesquelles l’Allemagne mènerait des discussions en vue d’acquérir des avions américains F-35 supplémentaires.

Ensemble de la presse du 19 février 2026

La défense, un nouveau moteur de croissance pour Airbus

En 2025, Airbus a réalisé un chiffre d’affaires dans la défense de 14,2 Md€ (en hausse de 15 %), provenant de la division Helicopters et, majoritairement, de la division Defence & Space (13,4 Md€). La défense représente ainsi 19,35 % du chiffre d’affaires global d’Airbus (73,4 Md€). Porté par la hausse des volumes, le chiffre d’affaires d’Airbus Defence and Space a progressé de 11 % sur un an. « Airbus peut jouer un rôle de premier plan dans la sécurité de la souveraineté européenne », a estimé jeudi Guillaume Faury, président exécutif d’Airbus, lors de la présentation des résultats de 2025. Il a appelé à la consolidation du secteur, notamment de la supply chain, pour renforcer la compétitivité de l’Europe face à l’industrie américaine.

La Tribune du 20 février 2026

SCAF : Airbus n’exclut pas la voie de deux avions différents

Jeudi 19 février lors de la présentation des résultats d’Airbus, Guillaume Faury, président exécutif du groupe, a déclaré qu’il soutiendrait une solution à 2 avions de combat « si les clients l’exigent » et qu’il s’engagerait « à jouer un rôle de premier plan ». « Nous croyons qu’une ambition de cette envergure ne peut être réalisée que par la coopération, favorisant l’interopérabilité opérationnelle et les synergies sur l’ensemble du cycle de vie pour les forces aériennes européennes », a insisté Guillaume Faury. « Mais le blocage autour d’un pilier unique ne doit pas mettre en danger l’avenir entier » de ce programme, a-t-il précisé. C’est la première fois qu’une telle possibilité est évoquée publiquement au niveau industriel. Partenaire du SCAF, l’Espagne a indiqué jeudi, dans une déclaration du ministère de la Défense en réponse à une question de l’AFP, qu’elle reste « pleinement engagée » dans le programme.

Ensemble de la presse du 20 février 2026

Thierry Breton appelle à créer un outil en soutien de l’industrie de défense européenne

L’ancien commissaire européen Thierry Breton souligne la nécessité, pour les Européens, d’accroître fortement la capacité de production de l’industrie de défense, « de la façon la plus mutualisée et coopérative possible ». « Si on veut sérieusement développer notre BITDE (base industrielle et technologique de défense européenne), il faudra en passer par un endettement commun, comme le rappellent les rapports Draghi et Letta », insiste-t-il. L’instrument SAFE ne permettra pas à ses yeux de répondre à la problématique industrielle. « Il ne constitue en réalité qu’un mécanisme de prêts garantis par le budget européen destiné à financer des achats en commun de matériel déjà disponible et n’apportera en l’état aucune réponse sérieuse aux blocages industriels européens ». Thierry Breton remet par ailleurs en perspective l’effort de réarmement français par rapport à celui de l’Allemagne : « Il faut que l’Allemagne rattrape son retard. Et qu’elle le fasse au sein d’un projet européen construit de manière coopérative ».

Les Echos du 20 février 2026

L’investisseur allemand DTCP souhaite nouer des partenariats européens pour l’industrie de défense

Soutenu par Porsche-Piëch et Deutsche Telekom, l’investisseur allemand DTCP lève un important fonds européen de défense, à 500 M€. Son dirigeant, Thomas Preuss, se dit ouvert à des partenariats avec des familles ou des industriels français. « Nous voulons faire vite pour impulser l’apport de capital privé dans l’industrie de défense », explique-t-il aux Echos. DTCP est notamment investisseur dans le leader allemand des drones Quantum Systems, qui s’apprête à livrer 520 systèmes de surveillance Falke à l’armée allemande.

Les Echos du 20 février 2026