Travail de nuit : le cancer du sein d’une infirmière reconnu en maladie professionnelle

12/03/2026

Dans une décision du 3 mars dernier, le tribunal administratif de Marseille reconnaît l’existence d’un lien direct entre le cancer du sein d’une infirmière et ses conditions de travail de nuit. Il enjoint au centre hospitalier de Martigues de reconnaître l’imputabilité de la maladie au service. Le directeur de l’hôpital avait rejeté la demande de reconnaissance en 2021.

“La requérante chez laquelle a été diagnostiqué un cancer en 2014, a exercé au sein de l’hôpital, pendant près de 25 ans exclusivement de nuit, avec une moyenne de 140 nuits par an, a fait état le tribunal. En outre, les autres facteurs de risques connus tels que génétiques, hormonaux et les facteurs environnementaux et hygiéno-diététiques sont, chez cette infirmière, faibles, voire absents.” Or, si “la plupart des causes à l’origine de la maladie restent ignorées, les études scientifiques dès 2007 révèlent les effets du travail de nuit sur les fonctions hormonales de la femme, entraînant une majoration du risque de cancer”, a-t-il rappelé.

Des éléments qui font apparaître une “probabilité suffisamment élevée d’un lien direct entre la pathologie dont a été atteinte l’infirmière et ses conditions de travail de nuit à l’origine du développement de cette maladie”, a-t-il poursuivi, avant de rappeler que “le lien, dans le cas d’une maladie professionnelle, doit être direct mais non nécessairement exclusif, certain et/ou déterminant, les pièces du dossier devant uniquement établir avec un degré de probabilité suffisamment élevé le caractère direct de ce lien”.

“C’est une très bonne décision”, a réagi auprès de l’AFP Me Elisabeth Leroux, l’avocate de l’infirmière. Celle-ci pourra, grâce à cette décision, bénéficier d’ “une rente à vie calculée en fonction du taux d’incapacité permanente ou partielle qui lui sera accordé”. “C’est très important car souvent, elles tombent malades jeunes”, a précisé l’avocate spécialisée du cabinet Teissonnière Topaloff Lafforgue Andreu (TTLA).

Si plusieurs cas de cancers du sein ont commencé à être reconnus en maladie professionnelle en France depuis 2023, Me Leroux a concédé auprès de l’AFP avoir “encore beaucoup de mal à obtenir cette reconnaissance malgré une littérature scientifique concordante”. Selon elle, des procédures sont actuellement en cours pour faire reconnaître le cancer de la prostate – cancer également hormono-dépendant – comme maladie professionnelle chez des travailleurs de nuit.

Source : actuel CSE

La Semaine de la prévention 2026 sensibilise les professionnels du BTP aux risques sur les chantiers

12/03/2026

La Fédération française du bâtiment (FFB), en partenariat avec l’OPPBTP (l’office de prévention du secteur), les services de prévention et de santé au travail (SPST) du BTP et la Cnam (Conservatoire national des arts et métiers), organise, du 30 mars au 3 avril 2026, la Semaine de la prévention, une formule 100 % en digitale.

Comme les éditions précédentes, elle vise à “sensibiliser les chefs d’entreprise, compagnons ou apprentis du BTP aux enjeux de la sécurité au travail”, mais également à “partager de nouvelles bonnes pratiques pour améliorer les conditions de travail sur les chantiers”, rappelle l’OPPBTP.

À cette occasion, trois webinaires sont proposés. Deux de 70 minutes pour les chefs d’entreprises et les encadrants, qui portent sur “le nouvel arrivant”, afin d’anticiper cet événement, d’accueillir le nouveau salarié, apprenti ou intérimaire et de l’accompagner dans son parcours (règle des “3A”), et sur “les chantiers et les risques météo” en vue d’anticiper ces situations (fortes chaleurs, grand froid, vent violent, pluie, tempête, etc.) pour ne pas les subir.

Une session de chacun de ces deux webinaires aura lieu chaque jour.

Le troisième et dernier webinaire réalisé, d’une durée quant à lui de 40 minutes et à destination des compagnons, a également comme sujet “les risques du chantier et les aléas météo”. Il donnera des clés aux compagnons pour “se protéger et protéger les autres” lorsque les conditions météorologiques constituent “un facteur de risque majeur pour la sécurité et la continuité des chantiers”, insiste l’OPPBTP. Il se déroulera le mardi 31 mars (11h30) et le jeudi 2 avril (16h).

Source : actuel CSE