Les députés se penchent sur la politique de santé environnementale en milieu professionnel

14/09/2026

Il est prévu que le Comité d’évaluation et de contrôle des politiques publiques de l’Assemblée nationale poursuive son évaluation de la politique de santé environnementale, qui a déjà fait l’objet d’un premier rapport publié en avril dernier. D’après nos informations, la mission portera cette fois-ci “spécifiquement sur l’évaluation des politiques de santé environnementale en milieu professionnel”.

Elle débutera ce mois-ci et devrait s’achever à la fin du mois de février, nous précise Catherine Hervieu, députée (EELV, Côte-d’Or), co-rapporteuse avec Anne-Cécile Violland (Horizons, Haute-Savoie). Dans le premier volet de la mission, le sujet de la santé au travail n’avait pas du tout été traité. Catherine Hervieu, déjà rapporteuse, l’avait justifié en expliquant qu’il s’agissait d’un “champ vaste aux enjeux considérables” qu’il lui semblait préférable de “traiter de manière approfondie et spécifique”.

Ce comité réalise des travaux d’évaluation portant sur des politiques publiques dont le champ dépasse le domaine de compétence d’une seule commission permanente. Ses recommandations sont transmises au gouvernement.

Source : actuel CSE

Suicide au travail : l’INRS rappelle le rôle de l’employeur

15/09/2026

À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide qui a eu lieu la semaine dernière, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) rappelle le rôle de l’employeur et les principaux enjeux pour l’entreprise :

  • réagir rapidement ; 
  • analyser les facteurs organisationnels susceptibles d’avoir contribué à l’acte suicidaire (soutien psychologique, communication interne, déclaration d’accident du travail). Cette analyse peut être menée dans le cadre d’une délégation d’enquête paritaire du CSE ou d’une expertise CSE en cas de risque grave, réalisée par un expert habilité ;
  • engager une prévention durable : l’analyse des situations de travail et l’identification des facteurs de risque ; la participation des représentants du personnel ; la mise en œuvre d’actions sur l’organisation, le management et les conditions de travail ; le suivi et l’évaluation de ces actions.

Plusieurs travaux ont récemment documenté le lien entre travail et suicide. Une étude du projet Stressjem a ainsi estimé que le risque de suicide était accru d’environ 30 % chez les salariés exposés au job strain (fortes exigences psychologiques et faible latitude décisionnelle au travail) et iso-strain (job strain associé à un faible soutien social au travail), tandis que la Drees a montré début 2026 que les ouvriers présentaient, chez les hommes, un risque plus élevé que les cadres. L’EU-Osha s’est également alarmée fin 2024 des suicides dans le BTP.

La Cour de cassation a enfin rappelé en 2025 que l’employeur qui ne prévient pas les risques psychosociaux s’exposait à la reconnaissance d’une faute inexcusable.

Source : actuel CSE

Morts au travail : nouvelle hausse en 2025, selon la CGT

15/09/2026

La mortalité au travail aurait encore progressé en 2025. Selon la CGT, 783 décès par accident du travail ont été enregistrés en 2025. Le dernier rapport annuel de l’Assurance maladie – Risques professionnels en recensait 764 en 2024, contre 759 en 2023.

L’année 2023 avait établi un record, avant d’être dépassée en 2024, qui constituait jusqu’ici le niveau le plus élevé recensé par l’Assurance maladie – Risques professionnels au moins depuis 2004.

Tous sinistres confondus, le syndicat recense 1 331 décès en 2025, contre 1 297 en 2024. Ce total comprend, en plus des 783 décès par accident du travail, 344 décès consécutifs à un accident de trajet (contre 318 en 2024) et 204 décès liés à une maladie professionnelle (contre 215 l’année précédente).

Les accidents du travail avec arrêt repartiraient eux aussi légèrement à la hausse : 551 225 auraient été comptabilisés en 2025, soit + 0,3 % par rapport à 2024, selon la CGT. Le syndicat fait également état de 52 187 maladies professionnelles avec arrêt (+ 3,1 % sur un an) et de 96 306 accidents de trajet (+ 1,7 %).

Les maladies professionnelles d’origine psychique atteindraient 1 971 cas en 2025, contre 1 805 en 2024 et 1 655 en 2023. Elles étaient 840 en 2020. “En cinq ans, leur nombre a plus que doublé”, s’alarme le syndicat. L’Assurance maladie avait fait état d’une hausse de 9 % entre 2023 et 2024.

“C’est la dégradation continue du travail qui coûte de l’argent à la branche AT-MP de la Sécurité sociale !”, affirme ainsi le syndicat, alors que le gouvernement demande 800 millions d’euros d’économies à la branche et prévoit notamment de plafonner les indemnités journalières AT-MP à 1,8 Smic. La CGT dénonce également les mesures prévues sur les arrêts maladie, dont celle visant à ramener de trois ans à un an la durée maximale d’indemnisation des arrêts liés aux ALD non exonérantes, comme certaines dépressions ou certains TMS.

Contactée hier, l’Assurance maladie – Risques professionnels n’infirme ni ne confirme ces chiffres. Elle précise seulement que son rapport annuel 2025 n’est pas encore publié  et qu’il devrait l’être fin octobre au plus tard.

Source : actuel CSE

L’exposition aux risques psychosociaux évolue de façon contrastée depuis 2016, selon la Dares

16/09/2026

En 2024, 27 % des salariés doivent toujours ou souvent cacher leurs émotions au travail, selon la Dares.

Entre 2016 et 2024, l’intensité du travail recule globalement, mais les autres facteurs de risques psychosociaux évoluent de façon plus contrastée, selon une analyse publiée le 9 septembre par la Dares. Plusieurs indicateurs se dégradent particulièrement chez les employés peu qualifiés.

“Pour la première fois depuis qu’elle est mesurée – à partir des années 1980 –, l’intensité du travail diminue”, souligne la Dares dans une publication sur les conditions de travail et les risques psychosociaux du 9 septembre (*). Une inflexion “inédite”, que Nicolas Moreau, adjoint à la cheffe de mission Diffusion statistique, Publications et Communication de la Dares, invite toutefois à relativiser.

“Par rapport aux évolutions de long terme, c’est une inflexion assez claire par rapport au message que tout le monde avait en tête, à savoir une augmentation d’intensité depuis plusieurs décennies. Mais la baisse qu’on observe ici n’est pas du tout de la même ampleur que l’augmentation importante qu’on a pu observer en cumul sur les précédentes décennies”, nuance-t-il (**).

Cette baisse est de 5 points : “La proportion de salariés exposés à au moins trois contraintes de rythme (parmi huit) passe de 43 % à 38 %”. Sur ce facteur de RPS comme sur d’autres, ces premiers résultats apparaissent très contrastés.

Intensité du travail : des contraintes différentes

Plusieurs facteurs d’exposition permettent de qualifier l’exposition à l’intensité du travail. “Environ deux ouvriers sur trois sont exposés à au moins une contrainte de rythme industrielle” en 2024. L’aspect industriel recoupe “au moins une des trois contraintes suivantes : la cadence automatique d’une machine, le déplacement automatique d’un produit ou d’une pièce ; des normes de production à satisfaire en une journée”. Si l’exposition aux contraintes de rythme industrielles recule chez les ouvriers (- 7 à – 8 points), les ouvriers qualifiés restent la catégorie socioprofessionnelle la plus exposée à au moins trois contraintes de rythme (55 %). 

Pour les employés qualifiés, les professions intermédiaires et les cadres, les “contraintes de rythme liées à une demande extérieure nécessitant une réponse immédiate et celles dues à un contrôle informatisé” enregistrent des baisses comprises entre 6 et 12 points selon les catégories et les contraintes entre 2016 et 2024.

Bien que les cadres restent la catégorie la plus exposée à la pression temporelle au travail (39 %), une baisse de 4 points apparaît. Point notable, cette diminution (constatée de façon globale) est portée par les salariés du privé : “Sur la période, la part des salariés devant se dépêcher (- 4 points dans l’ensemble) se réduit de 7 points dans le privé alors qu’elle augmente de 3 points dans la fonction publique”, note la Dares.

Les autrices de l’étude émettent l’hypothèse d’un lien entre cette baisse et la diffusion du télétravail, qui concerne habituellement 44 % des cadres. Interrogées, Cécile Girault et Aude Lapinte précisent qu’il ne s’agit que de premiers résultats généraux. L’hypothèse du télétravail, jugée “évidente”, est la seule qui ait été examinée à ce stade. D’autres caractéristiques pourront être analysées par la suite.

Une dégradation pour les employés

Les employés peu qualifiés se distinguent par une dégradation de plusieurs indicateurs. C’est le cas concernant l’intensité du travail : la part des employés exposés à ce type de contraintes augmente : “La dépendance vis-à-vis des collègues (+ 6 points), le fait de devoir toujours ou souvent se dépêcher (+ 3 points) ou encore d’être sollicité pour une quantité de travail excessive (+ 4 points)”.

Les employés sont aussi davantage concernés par la dégradation d’autres facteurs, notamment par la hausse des comportements hostiles, de 2 points dans l’ensemble, mais qui atteint 8 points chez les employés peu qualifiés.

La Dares précise que « plus qu’en 2016, les salariés sont visés par des blagues blessantes (+ 3 points) ou des propos obscènes (+ 2 points) » et les femmes sont plus exposées que les hommes, avec un écart qui se creuse (3 points d’écart en 2016 contre 5 en 2024).

Plus ou moins d’autonomie ?

Sur ce facteur de RPS, là encore, la situation est très hétérogène. Globalement, le manque d’autonomie, qui concerne 41 % des salariés, recule entre 2016 et 2024 : – 6 points pour les ouvriers peu qualifiés (plus forte amélioration) et – 4 points pour les cadres. Là encore, la situation est plus défavorable pour les employés peu qualifiés (+ 4 points sur le manque d’autonomie organisationnelle).

Sur le manque de marge de manœuvre, cla situation se dégrade pour les employés peu qualifiés (+ 5 points), les cadres (+ 4 points) et les professions intermédiaires (+ 3 points), alors qu’au global, la part de salariés manquant de marge de manœuvre reste stable (31 % en 2024).

À l’inverse, « le manque de capacité de développement recule entre 2016 et 2024, pour l’ensemble des catégories socioprofessionnelles (de 7 points en moyenne) », surtout chez les ouvriers (-10 points pour les qualifiés) : « un sur deux n’apprend pas de choses nouvelles ou ne peut développer ses compétences au travail ».

Légère baisse des tensions avec le public

La part des salariés (71 %) en contact direct avec le public baisse entre 2016 et 2024 (- 2 points) alors qu’elle n’avait cessé d’augmenter depuis 1990. L’enquête de la Dares révèle que ces travailleurs vivent moins de situations de tension avec le public (- 4 points entre 2016 et 2024), mais celles-ci touchent quand même quatre personnes sur dix.

Les employés qualifiés et professions intermédiaires restent particulièrement exposés aux contacts avec des personnes en situation de détresse, en particulier dans la fonction publique : “Deux tiers des agents publics sont en contact avec des personnes en situation de détresse, contre seulement un tiers des salariés du privé”.

Exigences émotionnelles : « poker face » au travail ?

“En 2024, 27 % des salariés doivent toujours ou souvent cacher leurs émotions au travail (+ 2 points) et les employés, déjà les plus concernés en 2016, le sont encore davantage en 2024 (un tiers d’entre eux)”, constate la Dares.

Les femmes semblent particulièrement devoir cacher leurs émotions au travail (+ 10 points par rapport aux hommes), mais aussi devoir calmer des gens (+ 12 points) et sont davantage en contact avec des personnes en situation de détresse (+ 18 points).

Un travail utile, mais parfois de qualité empêchée

Le sentiment d’utilité (+ 6 points par rapport à 2016) et la fierté du travail bien fait (82 % en 2024, + 10 points par rapport à 2016) sont en hausse. Néanmoins, « la proportion de salariés qui s’estiment en situation de “qualité empêchée” par un manque de moyens ne faiblit pas, un salarié sur quatre jugeant ne pas avoir assez de temps pour effectuer correctement son travail et un sur trois pas assez de collaborateurs », alerte la Dares.

Les statisticiens notent aussi que les femmes sont davantage confrontées à ce sentiment, soit par manque de collègues (36 % contre 29 % pour les hommes en 2024), soit par manque de temps (28 % contre 20 %).

Des changements et une projection sur le long terme compliquée

La Dares rappelle que “les salariés confrontés à de nombreux changements ressentent davantage d’insécurité et présentent plus de symptômes dépressifs, tandis que la possibilité d’agir sur les changements permettrait d’atténuer ces effets”. Or, quatre salariés sur dix ont vécu une forte modification du travail au cours des douze derniers mois (comme en 2016) et, dans la majorité des cas, ils n’ont pas été consultés.

Une petite moitié estime ne pas avoir reçu d’information suffisante. Sans surprise, les ouvriers sont ceux qui estiment le plus ne pas avoir eu d’influence sur le changement (58 % contre 39 pour les cadres). Mais ces derniers jugent ces changements “imprévisibles et mal préparés”. “Ce sentiment augmente fortement pour eux entre 2016 et 2024 (+ 7 points), tout comme celui d’être dépassé par les changements (+ 2 points)”, insiste la Dares.

Alors que certains signaux sont au vert (amélioration des rapports sociaux, peu de craintes pour l’emploi à court terme), les salariés sont plus nombreux en 2024 à ne pas se sentir capables de faire le même travail jusqu’à la retraite (41 % contre 38 % en 2016).

La Dares rattache ce constat au fait que la réforme des retraites avait été adoptée en 2023, soit un an avant l’enquête. On peut se demander comment cette difficulté à se projeter sur le long terme évolue en 2026, dans un contexte marqué notamment par l’essor de l’IA et les effets du dérèglement climatique sur le travail.

L’exposition aux contraintes physiques ne diminue pas
La proportion de salariés exposés à au moins trois contraintes physiques (parmi six) est sensiblement la même par rapport à 2016 : quatre salariés sur dix et 74 % des ouvriers peu qualifiés.

Les contraintes étant : “rester longtemps debout ; effectuer des déplacements à pied longs ou fréquents ; porter ou déplacer des charges lourdes ; effectuer des mouvements douloureux ou fatigants ; rester longtemps dans une autre posture pénible ou fatigante à la longue ; subir des secousses ou vibrations”.

En revanche la situation des professions intermédiaires (33 %, + 2 points depuis 2016) et, surtout, des employés qualifiés (35 %, + 4 points) ou peu qualifiés (61 %, + 7 points) se dégrade entre 2016 et 2024.

Autre point notable, l’écart d’exposition à ces contraintes se réduit entre les femmes et les hommes (de 10 à 8 points), bien que ces derniers, plus souvent ouvriers, restent davantage exposés.

* Cette publication est basée sur l’enquête « Conditions de travail et risques psychosociaux » qui existe depuis 1978. Pour ce millésime 2024, 25 300 personnes en emploi ont été interrogées à leur domicile par des enquêteurs de l’Insee sur leurs conditions de travail telles qu’elles les perçoivent.

** Selon le rapport, « le niveau d’intensité du travail reste supérieur à celui des années 1980 et 1990. Par exemple, 50 % des salariés subissent un rythme imposé par des demandes extérieures exigeant une réponse immédiate en 2024, contre 28 % en 1984 ».

Clémence Andrieu

Santé mentale : 68 % des salariés de TPE-PME confrontés à un stress intense

16/09/2026

68 % des salariés de TPE et PME déclarent connaître des périodes de stress intense au travail, au moins de temps en temps, selon le premier baromètre réalisé par Ipsos BVA pour AG2R La Mondiale et l’Alliance pour la santé mentale, présenté le 9 septembre. 8 % y sont confrontés tous les jours ou presque.

Autre signal préoccupant : 51 % ont déjà continué à travailler alors qu’ils estimaient que leur état aurait justifié un arrêt. La crainte de répercussions financières est le premier motif invoqué (31 %).

La santé mentale reste par ailleurs difficile à aborder dans l’entreprise pour 42 % des salariés, une proportion qui grimpe à 69 % parmi ceux qui se considèrent en situation de fragilité. Et si 46 % attribuent leurs difficultés psychologiques à des causes personnelles, 62 % les relient également au travail.

Enfin, plus d’un salarié sur deux (55%) juge efficaces les démarches engagées dans leur entreprise en faveur de la santé mentale. Parmi les dispositifs mis en place, qui favorisent le dialogue, 41% mentionnent les temps d’échanges réguliers en équipe pour parler du travail et des éventuelles difficultés rencontrées.

Source : actuel CSE

Les premiers échanges du groupe de travail sur le changement climatique et le travail

18/09/2026

Après un voyage d’étude des partenaires sociaux en Espagne, les représentants des syndicats, du patronat, du ministère du travail et de la santé ont lancé hier, sous la houlette de la direction générale du travail, les premiers échanges du groupe de travail sur l’adaptation du monde du travail au changement climatique créé à l’initiative de Jean-Pierre Farandou, le ministre du travail.

Quatre réunions sont programmées ces prochains mois en vue d’aboutir à un plan d’action et de sensibilisation afin d’anticiper de nouvelles canicules l’été prochain. En octobre, les partenaires sociaux plancheront sur une comparaison internationale, avec un focus sur l’outre-mer. Début novembre, ils entendront des témoignages d’entreprises ainsi que de l’OPBTP, l’office de prévention du bâtiment et des travaux publics. Toujours en novembre, la DGEFP devrait intervenir sur les questions d’emploi et de formation, avant la réunion conclusive prévue en décembre. 

Hier, nous rapporte Isabelle Mercier (CFDT), les participants du groupe du travail ont entendu des présentations de Météo France sur les nouveaux enjeux climatiques et de l’INRS sur la question des mesures des risques au travail. “Le voyage en Espagne nous montre que nous pouvons agir pour parvenir à mieux prévenir les risques au travail, via notamment un dialogue social de proximité, mais aussi le congé intempéries élargi aux aléas climatique, ou les aménagements horaires”, soutient Isabelle Mercier. Les échanges ont aussi porté sur le rôle des branches, sur le renforcement du nombre des préventeurs, peut-être via le fonds d’investissement et de prévention de l’usure professionnelle (Fipu), et sur un dialogue territorial, les enjeux n’étant pas les mêmes selon les zones géographiques. Du côté de la CFDT, on insiste sur la nécessaire écoute des salariés, un préalable à une adaptation efficace des horaires et de l’organisation du travail en cas de grandes chaleurs.

Source : actuel CSE