Les industriels développent des ballons, drones et missiles opérant entre 20 et 100 km d’altitude pour les besoins militaires
Les armées cherchent désormais à maîtriser la très haute altitude, une zone située entre 20 et 100 km au-dessus de la Terre, devenue un nouvel enjeu stratégique. Le déclic remonte à 2023 avec l’affaire des ballons chinois, révélant la stratosphère comme un potentiel champ de bataille. Lord du dernier Salon du Bourget, l’armée française a accordé des financements à plusieurs industriels pour le développement de ballons stratosphériques et de drones solaires capables d’évoluer en très haute altitude, capables de stationner des mois, voire une année, au-dessus d’une même zone sensible. L’arsenal de la très haute altitude implique également des objets beaucoup plus rapides et destructeurs : les missiles hypervéloces capables d’évoluer à des allures supersoniques. À travers son programme EuroHAPS, la Commission européenne a débloqué 43 M€ pour financer des démonstrateurs, tel que le dirigeable solaire Stratobus de Thales Alenia Space. Parmi les acteurs français, l’ETI toulousaine Hemeria a déjà fait voler son ballon manœuvrant BalMan, capable de monter et descendre afin de prendre les vents soufflant dans la direction souhaitée. 2 projets européens de ballons solaires sont par ailleurs en concurrence, le Zephyr du groupe Airbus et le Phasa-35 du britannique BAE Systems.
L’Usine Nouvelle du 8 février 2026
Vers une version « porte-drones » de l’A400M Atlas
L’Airbus A400M pourrait voir son rôle fortement élargi au-delà du transport militaire. Jugé jusqu’ici sous-exploité, l’appareil présente un potentiel important grâce à sa puissance électrique et à sa capacité d’emport, qui pourraient servir à des missions de combat, de guerre électronique ou de commandement. Airbus travaille notamment sur une version « vaisseau-mère » capable de libérer jusqu’à 50 drones de taille moyenne, avec une mise en service envisagée dès 2029 pour un client européen. Des essais ont déjà été menés en Allemagne et des travaux similaires sont conduits par la DGA en France.
Zone Militaire du 7 février 2026
Emmanuel Macron défend la nécessité d’un nouvel emprunt européen face aux pressions américaines et chinoises
Dans un entretien accordé à plusieurs journaux européens dont Le Monde, le Financial Times et la Süddeutsche Zeitung, Emmanuel Macron souligne que l’Europe est confrontée à « un état d’urgence géopolitique et économique ». Il estime qu’elle doit lever rapidement les obstacles à sa croissance, alors qu’elle fait face à « un tsunami commercial chinois et à une instabilité constante du côté américain. Ces 2 crises constituent un choc profond, une rupture pour les Européens », insiste-t-il. Il invoque la nécessité d’un soutien européen beaucoup plus important à certains secteurs stratégiques qui passerait par le recours à un nouvel emprunt commun des Etats membres, permettant de financer des investissements stratégiques nécessaires dans trois domaines clés : l’intelligence artificielle et le quantique, la transition énergétique et la défense. Emmanuel Macron évalue les besoins d’investissements publics et privés dans l’UE à « quelque 1 200 Md€ par an » en additionnant les nécessités dans « les technologies vertes et numériques » et « la défense et la sécurité ».
Ensemble de la presse du 10 février 2026
Tribune : « Vente de LMB Aerospace : fausse polémique, vrai naufrage de notre souveraineté ? »
Jean-Louis Thiériot, député LR et ex-ministre délégué aux Armées, estime que la vente du groupe français LMB Aerospace à la société américaine Loar Group a fait l’objet d’une « fausse polémique ». « La procédure IEF [contrôle des investissements étrangers en France] a parfaitement fonctionné », souligne-t-il. En revanche il regrette que LMB Aerospace n’ait pas été reprise par un fonds ou une entreprise française ou européenne, « à l’heure où la souveraineté et l’autonomie stratégique de notre continent sont devenues un facteur clé de puissance ». Le député regrette que « le besoin en fonds propres de la BITD sous-capitalisée » persiste. Il appelle à réfléchir à un fonds souverain, à la force de frappe suffisante et doté d’une vision de long terme. « La souveraineté mérite plus que des postures », conclut-il.
Le Point du 9 février 2026
L’armée de l’Air mexicaine prévoit l’achat de 3 nouveaux hélicoptères Airbus H225M
Selon un programme d’investissement récemment publié, l’armée de l’Air mexicaine prévoit l’acquisition de 3 nouveaux hélicoptères H225M Cougar, dans le cadre du renforcement de sa flotte d’appareils à voilure tournante. Cette future acquisition vise à étendre les capacités opérationnelles de l’escadron aérien 101, une unité qui exploite actuellement des hélicoptères H225M et qui a joué un rôle clé dans des missions d’aide humanitaire, des opérations spéciales et des tâches de sécurité nationale.
Le Journal de l’Aviation du 10 février 2026
Entraînement triennal Orion : la France se prépare à une guerre de haute intensité
L’exercice interarmées et interalliés Orion 2026 est entré dans sa phase dynamique le 8 février, sur la façade atlantique du territoire national. Plus de 12 000 soldats français y participent, épaulés par des détachements de 24 pays alliés dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis. L’Armée de l’Air et de l’Espace conduit la manœuvre aérienne en coordination avec les composantes maritimes et terrestres. « Le scénario d’Orion 2026 s’inspire directement d’un scénario élaboré par l’OTAN, il intègre les évolutions récentes du champ de bataille et les nouvelles méthodes de combat », a expliqué en janvier le vice-amiral Xavier de Véricourt, chargé de son organisation à l’état-major. Dans ce scénario, la France vient au secours d’un État allié menacé par « Mercure, un pays expansionniste, qui cherche à déstabiliser son voisin afin de maintenir son influence dans la région et d’empêcher l’adhésion de ce pays à l’Union européenne », est-il indiqué.
Le Figaro du 11 février 2026
Thales et Naval Group s’allient pour une IA souveraine en France
Naval Group entre au capital de cortAIx France, l’accélérateur d’intelligence artificielle de Thales dédié aux systèmes critiques, à hauteur de 20 %, et rejoint sa gouvernance. Cette alliance stratégique vise à accélérer le développement et l’industrialisation de solutions d’IA de confiance, souveraines et cybersécurisées, destinées en priorité aux forces armées françaises. Le partenariat se matérialise par l’ouverture d’un centre cortAIx dédié, à Ollioules (Var), tout près du centre d’excellence numérique de Naval Group. « Les experts en IA appliquée aux systèmes de Naval Group, notamment rassemblés sur le centre d’excellence numérique d’Ollioules (Var), viendront renforcer les équipes de cortAIx France en apportant leurs connaissances spécifiques à l’environnement naval », précise Thales.
Ensemble de la presse du 11 février 2026
La Russie pourrait envahir la Norvège pour protéger son arsenal nucléaire, alerte le chef d’état-major norvégien
Dans un entretien au Guardian, le général Eirik Kristoffersen, chef d’état-major des armées norvégiennes, estime que la Norvège ne peut exclure l’hypothèse d’une future invasion russe sur son territoire. « Une annexion territoriale par la Russie [pourrait] faire partie de son plan pour protéger son propre arsenal nucléaire, ce qui est la seule chose qu’ils possèdent encore et qui menace réellement les États-Unis ». Le général souligne que la péninsule de Kola, située à proximité immédiate de la frontière norvégienne, concentre une part essentielle de l’arsenal nucléaire russe : sous-marins nucléaires, missiles terrestres et avions à capacité nucléaire. Le ministre de la Défense britannique, John Healey, a quant à lui déclaré que « la Russie représente la plus grande menace pour la sécurité de l’Arctique et du Grand Nord depuis la guerre froide ». Le Royaume-Uni va doubler le nombre de ses militaires stationnés en Norvège, qui passeront de 1 000 à 2 000 en 3 ans, dans le cadre du renforcement de la défense de l’Arctique « face aux menaces croissantes de la Russie », annonce le gouvernement britannique.
Le Figaro du 11 février 2026
Omicron renforce sa position dans le secteur de la défense
Dans un contexte de tensions géopolitiques et de hausse du budget militaire, porté à 57,1 Md€ en 2026, la souveraineté industrielle devient stratégique. En Occitanie, la PME Omicron, spécialisée en électronique, voit son projet DIAM (Défense Innovation Aéronautique Médical) labellisé par Aerospace Valley afin de renforcer sa position dans la défense. L’entreprise, qui réalise 8,5 M€ de chiffre d’affaires, investit 2,5 M€ dans un nouvel atelier pour doubler ses volumes et intégrer conception, fabrication et services. Parmi sa cinquantaine de clients, des acteurs de poids tels Thales et plus récemment Nexter ou encore Exail. D’ici 3 ans, un nouvel atelier dont la mise en service est prévue au 1er trimestre 2027 devrait permettre à Omicron de doubler son activité dans la défense et de renforcer sa compétitivité face à une forte concurrence asiatique, maghrébine, européenne et française. La PME vise la certification EN9100 (étape structurante pour les chaînes aéronautiques et défense), un partenariat technologique et une dizaine de recrutements pour accompagner sa montée en puissance face à la concurrence internationale.
La Tribune du 11 février 2026
Vers le début du renouvellement de la flotte Rafale
En attendant l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), le budget 2026 vise 288 Rafale au total, un chiffre supérieur à la cible opérationnelle de 225 appareils fixée en 2013 : 185 pour l’armée de l’air (185) et 40 pour la marine nationale. La LPM 2024-2030 prévoit 178 Rafale fin 2030 et 225 en 2035. Soit une cible atteinte avec 10 ans de retard par rapport aux objectifs du livre blanc. Fin 2025, 189 avions avaient été livrés. Cette hausse de la cible d’achat s’explique par la revente de 24 Rafale à la Grèce et à la Croatie, compensée par de nouvelles commandes. Pour parvenir puis maintenir cette cible à 225 avions de chasse, le ministère des Armées devra compléter la flotte de Rafale tout en remplaçant les 1ers appareils livrés au début des années 2000. A fin 2025, le carnet de commandes de Dassault Aviation* s’élevait à 220 Rafale, dont 45 destinés à l’armée de l’air française. Le ministère des Armées doit encore acquérir 52 Rafale, dont 12 Rafale M.
La Tribune du 12 février 2026
L’Inde approuve l’achat de 114 avions de chasse pour plus de 30 milliards d’euros
Le ministère indien de la Défense a approuvé l’achat de 114 avions Rafale à Dassault Aviation. Ce chiffre représente l’équivalent du parc de Rafale dont dispose actuellement l’armée de l’Air française et le plus gros contrat export pour cet avion de combat. Cette décision, annoncée le 12 février 2026, intervient avant la visite d’Emmanuel Macron en Inde. Elle s’inscrit dans un programme d’acquisitions militaires de 39 Md$ destiné à renforcer la supériorité aérienne et la dissuasion de l’Indian Air Force. L’Inde possède déjà 36 Rafale et 26 Rafale Marine. Avec 299 appareils exportés à ce jour, dont 80 aux Émirats arabes unis, ce contrat marquerait un tournant majeur pour l’avionneur français.
Ensemble de la presse du 12 février 2026
L’Europe n’a jamais autant dépensé dans son armement
À la Conférence de Munich sur la sécurité qui s’ouvre le 13 février 2026, l’enjeu est essentiellement porté sur la capacité des Européens à afficher une réponse unie. Face aux pressions de l’administration Trump, les pays européens accélèrent leur réarmement : leurs dépenses de défense devraient dépasser 400 Md€ en 2026 et plusieurs États atteignent déjà l’objectif de 3,5 % du PIB fixé par l’Otan. L’UE a aussi accru son soutien à l’Ukraine, débloquant un prêt de 90 Md€. Les Etats-Unis demandent maintenant à l’UE de prendre en charge seule leur défense conventionnelle. Face à la Russie, nombre d’Etats réclament plus de temps avant de construire le pilier européen de l’Otan.
Les Echos du 12 février 2026