Conquête spatiale : en Nouvelle-Aquitaine, un écosystème au service de la souveraineté européenne
La Nouvelle-Aquitaine, qui bénéficie de l’implantation de sites stratégiques d’ArianeGroup, Dassault Aviation, Thales, Safran ou Airbus Atlantic et compte 40 000 emplois industriels directs dans la filière aéronautique, spatiale et de défense (selon les chiffres de Sud-Ouest), a développé un écosystème spatial d’envergure européenne, qui bénéficie du dynamisme de nombreuses startups. Parmi ses acteurs clé, The Exploration Company, qui développe la capsule Nyx, Space Cargo Unlimited, qui déploie des services en microgravité destinés à l’industrie, HyPrSpace, qui conçoit des microlanceurs (Orbital Baguette One ou OB-1) à propulsion hybride ou Agena Space, qui propose des moteurs pour satellite.
Sud-Ouest du 18 mai 2026
« C’est à l’Europe de décider si elle veut endosser son rôle de puissance spatiale » : tribune de Josef Aschbacher (ESA)
Josef Aschbacher, directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), insiste sur l’« atout fondamental » que représente l’autonomie dans le domaine du vol spatial habité, en particulier dans un monde instable. Il rappelle la révision récente, par les États-Unis, de l’architecture du programme Artemis, la suspension du projet de Gateway lunaire et l’annulation de la campagne de retour d’échantillons martiens. « L’Europe est aujourd’hui trop souvent tributaire de décisions qui échappent à son contrôle », souligne-t-il. C’est à elle de « décider si elle préfère rester dépendante de tiers pour envoyer ses explorateurs dans l’espace, ou si elle veut endosser son rôle de puissance spatiale en se dotant des moyens nécessaires ». Le vol spatial habité permettrait, aux yeux du dirigeant, de garantir que « l’Europe reste libre de tirer parti de tout ce que l’espace a à offrir dans les domaines scientifique, économique, stratégique et géopolitique ».
Le Monde du 15 mai 2026
Orbite basse : Eutelsat déploie ses services en Inde
Eutelsat a signé un nouvel accord élargi avec l’opérateur indien Station Satcom, son partenaire de longue date. Cet accord va permettre d’accélérer le déploiement des services de connectivité en orbite basse OneWeb dans la flotte maritime mondiale de l’opérateur. Pluriannuel, il prévoit l’extension de l’accès aux armateurs et opérateurs de plus de 1.000 navires à une connectivité haut débit et à faible latence sur les principales routes maritimes et les zones offshore isolées. Les Echos rappellent qu’Eutelsat a également noué des accords avec les sociétés indiennes Airtel et Nelco, et dispose de deux stations au sol, à Mehsana (à l’ouest, dans l’Etat du Gujarat) et à Tuticorin (au sud-est, dans l’Etat du Tamil Nadu). Le groupe a récemment confirmé ses objectifs de chiffre d’affaires annuel, après avoir annoncé, pour le troisième trimestre de son exercice décalé 2025-2026, clos fin mars, un chiffre d’affaires de 293 millions d’euros, en baisse de 2,3% sur un an. Le segment des satellites en orbite basse est en hausse de 47,2% sur le trimestre, à 62,2 millions d’euros.
Les Echos du 18 mai 2026
La mission spatiale sino-européenne Smile va déployer des caméras innovantes pour observer les éruptions solaires, décollage prévu le 19 mai
La mission spatiale Smile de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’académie chinoise des sciences (ACS) a pour objectif d’étudier les vents solaires et la manière dont la Terre s’en protège. Elle doit décoller le 19 mai 2026 de Kourou, à bord d’une fusée Vega-C. La mission, qui emploiera notamment une caméra à rayons X et une caméra UV, promet de «résoudre trois mystères» : étudier ce qu’il se passe à l’endroit où le vent solaire rencontre le champ magnétique terrestre, découvrir comment anticiper les éruptions solaires les plus dangereuses et comprendre l’origine des anomalies magnétiques sur la face cachée de la Terre. Le satellite restera en orbite pendant trois ans et demi renouvelables.
L’Usine Nouvelle du 18 mai 2026
Protection des actifs en orbite : Aldoria s’ouvre à l’Inde
Spécialiste de la détection des débris spatiaux, Aldoria, basée à Paris et Toulouse, déploie des stations sol afin de suivre le trafic et anticiper les collisions possibles dans l’espace. Aldoria dispose aujourd’hui de 10 stations dans 7 pays. « Notre ambition est d’atteindre la trentaine de stations d’ici 2030 », indique Romain Lucken, son fondateur. L’entreprise a récemment signé, avec la société d’ingénierie indienne AXISCADES Technologies Limited, un contrat portant sur le déploiement de capacités de Space Situational Awareness en Inde. L’accord prévoit la fourniture d’une première station optique d’observation spatiale, dont la mise en service est attendue en 2026. Cette phase pilote marquera le lancement d’un déploiement progressif visant à constituer, d’ici 2031, un réseau de plus d’une douzaine de stations réparties sur le territoire indien.
Vie Economique du 12 mai 2026
Le télescope spatial James Webb se rapproche de la détection des premières étoiles de l’univers
Dans une étude parue dans Nature, une équipe internationale présente les résultats d’observations menées grâce au télescope spatial James Webb sur une petite galaxie identifiée en 2020, baptisée LAP1-B. Sa lumière ayant mis près de 13 milliards d’années à nous parvenir, cette galaxie est observée telle qu’elle était 800 millions d’années après le Big Bang, soit très proche d’une composition primordiale. L’étude de LAP1-B pourrait permettre de mieux comprendre cette période encore mal connue de l’évolution de l’univers et de se rapprocher de la détection des premières étoiles de l’univers.
Le Figaro du 19 mai 2026
Lancement réussi de la mission SMILE sur Vega-C
Le lanceur Vega-C a décollé avec succès du Centre spatial guyanais ce 19 mai 2026, emportant le satellite SMILE, (Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer) pour le compte de l’Agence spatiale européenne (ESA) et de l’Académie chinoise des sciences (CAS). Le satellite est chargé d’étudier l’influence du vent solaire. Vega-C était opéré pour la première fois par Avio, qui en a repris l’exploitation assurée jusqu’ici par Arianespace.
Air & Cosmos et Aerospatium du 20 mai 2026
Le Baguette One d’HyPrSpace décollera d’un site de la DGA Essais Missile pour un vol balistique prévu d’ici la fin de l’année
La startup bordelaise HyPrSpace bénéficiera d’un des sites de la DGA Essais de missiles pour inaugurer son lanceur hybride Baguette One. Il s’agit du dernier jalon avant de tenter un vol orbital avec le lanceur OB-1. Le pas de tir sera fourni par la startup française SpaceDreamS, qui avait déjà fourni le banc d’essai du prototype du moteur à échelle 1, baptisé Terminator. Le vol est financé par le programme France 2030. Il doit avoir lieu dans l’année.
Air & Cosmos du 20 mai 2026
Tribune : la Nouvelle-Aquitaine, entre héritage industriel et nouvelles dynamiques du spatial
François Buffenoir, directeur technique du centre d’innovation spatiale Way4Space, présente les dynamiques industrielles de la Nouvelle-Aquitaine, troisième région spatiale de France avec plus de 6 000 emplois. La région se distingue par un environnement favorable aux jeunes entreprises. Elle s’appuie sur plusieurs universités, soutenues par des acteurs majeurs tels qu’ArianeGroup, Dassault Aviation et Thales. Cet environnement favorise l’émergence d’entreprises positionnées sur des segments à forte intensité technologique, qu’il s’agisse de propulsion, de véhicules orbitaux ou d’applications en microgravité. Des acteurs comme The Exploration Company, HyPrSpace, Agena Space ou Space Cargo Unlimited en témoignent.
La Tribune du 20 mai 2026
SpaceX s’apprête à entrer en Bourse avec une valorisation record de 2000 milliards de dollars
Space Exploration Technologies Corp, plus connue sous le nom de SpaceX, a déposé son dossier d’introduction au Nasdaq, ouvrant la voie à une IPO record estimée à 80 Md$ pour une valorisation de 2000 Md$ ; ce qui fera probablement de son fondateur le 1er « billionnaire » (1000 milliards) au monde. 23 banques vont gérer l’introduction en Bourse, Goldman Sachs en tête. La Société Générale est la seule française dans la liste. Elon Musk conservera le contrôle du groupe avec plus de 85 % des droits de vote. Les revenus de la firme ont augmenté de 80 % en 3 ans, pour atteindre 18,67 Md$ en 2025. En revanche, les activités spatiales liées à Starship et la filiale d’IA xAI restent très déficitaires et nécessitent d’importants investissements. Malgré une dette élevée, SpaceX compte utiliser les fonds levés pour accélérer le développement de Starlink, de Starship et de futurs projets comme des data centers spatiaux prévus à partir de 2028.
Les Echos du 21 mai 2026
La Nasa choisit Exail pour équiper la mission spatiale LISA
Exail a été sélectionnée par la NASA pour fournir des composants photoniques critiques destinés à la mission spatiale Lisa (Laser Interferometer Space Antenna). Ce futur observatoire d’ondes gravitationnelles développé en collaboration avec l’Agence spatiale européenne, doit être mis en orbite en 2035. Le contrat, d’un montant de 3,27 M€, renforce la position d’Exail dans le secteur spatial et illustre l’importance croissante des technologies photoniques de haute précision dans les missions scientifiques.
Electroniques du 20 mai 2026
Sirius Space veut faire du site de Blois un maillon industriel stratégique pour ses micro et mini-lanceurs
L’usine Enerflux de Blois, récemment reprise par le groupe Sirius Space Services, amorce une transformation vers la fabrication de fusées lanceuses de satellites tout en conservant une partie de son activité automobile historique. Antoine Fourcade, dirigeant de Sirius, explique que le site commencera la production d’un prototype de moteur de fusée, développé en interne. La diversification vers le spatial inclut la fabrication additive métallique pour des lanceurs capables de placer des satellites en orbite basse. Malgré ces changements, l’automobile continuera de représenter 40 % de l’activité d’Enerflux, avec un accent sur les marchés de l’électrification. Sirius ambitionne d’atteindre 50 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030 et prévoit de reconstituer ses effectifs à environ 180 salariés, un engagement jugé essentiel par les employés et les syndicats.
Sweet FM du 20 mai 2026
Airbus choisit Segula Technologies pour l’assemblage de la constellation OneWeb à Toulouse
Segula Technologies a été choisi par Airbus Defence and Space pour assurer l’assemblage, l’intégration et les tests de la nouvelle génération des satellites de la constellation OneWeb pour Eutelsat. 440 exemplaires ont été commandés et une soixantaine devraient être livrés cette année. En rythme de croisière, un satellite par jour sera produit. Segula a formé des techniciens issus de l’aéronautique, de l’automobile ou du ferroviaire aux contraintes spécifiques du spatial, notamment le travail en salle blanche et l’assemblage de haute précision. Ce contrat stratégique pourrait ouvrir la voie à d’autres programmes européens, comme la future constellation sécurisée IRIS².
La Tribune du 21 mai 2026
SpaceX vise 10 000 lancements par an d’ici cinq ans
SpaceX ambitionne d’atteindre 10000 lancements spatiaux par an d’ici 5 ans. En 2025, l’entreprise d’Elon Musk a déjà réalisé 170 lancements et placé environ 2500 satellites en orbite. Cette montée en puissance accompagne les projets de méga-constellations de satellites dédiées aux télécommunications et à l’intelligence artificielle. Toutefois, la Federal Aviation Administration (FAA) prévient qu’une telle expansion nécessitera des garanties accrues en matière de fiabilité et de sécurité avant toute autorisation. L’agence travaille déjà avec SpaceX pour anticiper les contraintes réglementaires et limiter l’impact des lancements sur le trafic aérien civil.
Boursier du 21 mai 2026