Retraites : le COR actualise ses scénarios

15/06/2026

Le nouveau rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) estime que le solde du système des retraites (régimes de base et régimes complémentaires) serait déficitaire de 5,1 Mds€ en 2025, soit – 0,2 points du produit intérieur brut (PIB). Les dépenses de retraitent représentent 422 milliards d’euros, soit 14,1 % du PIB et 24,3 % des dépenses publiques. 

À moyen terme, la part des dépenses de retraite dans le PIB demeurerait globalement stable dans le scénario de référence : de 14,1 %, cette part resterait au même niveau en 2030 pour atteindre 14,2 % en 2045. Cette stabilité s’explique par l’augmentation du taux d’emploi des seniors liée au recul de l’âge de départ à la retraite, l’âge moyen de départ devant se stabiliser à partir des années 2040.

En revanche, la part des dépenses de retraite dans le PIB augmenterait ensuite fortement pour atteindre 15,3 % en 2070, dans l’hypothèse où, en l’absence de nouveau relèvement de l’âge de départ, “les gains d’espérance de vie étant intégralement consacrés à l’allongement de la durée de la retraite et non à celle des carrières”. Une prévision que le COR explique  également par la révision à la baisse de l’hypothèse de fécondité (1,45 enfant par femme contre 1,8 précédemment) et par les nouvelles hypothèses de revalorisation de la valeur du point Agirc-Arrco (retraites complémentaires) définies conventionnellement par les partenaires sociaux à compter de 2038.

Dans la partie consacrée aux leviers mobilisables pour faire face à ces déficits, le COR évoque :

  • la baisse des pensions (diminution du revenu disponible des ménages, donc effet sur la consommation et l’activité et donc sur l’emploi à court terme mais amélioration de la compétitivité ensuite) ;
  • la hausse des cotisations employeurs et salariales (accroissement des coûts de production et/ou réduction du pouvoir d’achat des ménages, effets négatifs sur l’activité) ;
  • le report de l’âge de départ (hausse de l’offre de travail et du niveau d’activité, augmentation temporaire du chômage, ajustement progressif du marché du travail).

Le COR ne prend pas expressément parti entre ces différents leviers, mais le rapport indique qu’un nouveau relèvement de l’âge légal contribuerait “à améliorer toutes les recettes fiscales et sociales des administrations publiques au-delà des seuls prélèvements finançant les retraites”. On peut donc en attendre, poursuit le rapport, une amélioration du bien-être des Français, même si elle diminue “leur temps libre”.

Source : actuel CSE

Dans une trajectoire de désendettement, l’Unédic appelle l’État à mettre fin à ses prélèvements

18/06/2026

Organisme paritaire de gestion de l’assurance chômage, l’Unédic a exposé hier à la presse ses nouvelles prévisions financières. “C’est un régime structurellement sain et solide”, a indiqué Patricia Ferrand, présidente de l’Unédic. À partir de 2027, la structure serait en mesure d’engager une trajectoire de désendettement. Une bonne nouvelle pour l’Unédic qui a vu ses comptes se dégrader sous l’effet de prélèvements décidés par l’État, notamment dans le but de rembourser la dette Covid (18 milliards d’euros).

En 2025, l’Unédic alertait sur “une paralysie de son désendettement”, sous l’effet conjugué des ponctions de l’État, de la hausse des taux d’intérêt puis d’une moindre compensation d’exonérations de cotisations par l’État, représentant 3,35 Mds€ en 2025 et 4,1 Mds€ en 2026. Selon ses prévisions, la dette (hors prélèvements de l’État) passerait de 49,5 milliards en 2026 à 43,4 milliards en 2028.

Les recettes de l’Assurance chômage repartiraient à la hausse en 2027 (49,6 milliards d’euros) et en 2028 (51,2 Md€). Cependant, les chiffres du chômage augmentent aussi : 7,9 % au 4e trimestre 2025 et 8,1 % au 1er trimestre 2026. En théorie, en application de la réforme de la contracyclicité adoptée sous le gouvernement d’Élisabeth Borne, l’indemnisation des chômeurs devait se réduire en cas d’embellie du marché du travail et s’améliorer en période de morosité. La durée d’indemnisation est réduite de 25 % en cas de taux de chômage inférieur à 9 % ou s’il ne progresse pas de plus de 0,8 point sur un trimestre. Avec la remontée du chômage, le gouvernement actualisera-t-il le taux pivot de contracyclicité afin de verser aux assurés des compléments de fin de droit ?

“Revenir à ce niveau de droits serait compliqué”, souligne Christophe Valentie, directeur général de l’Unédic. Pour l’instant, cette hypothèse reste lointaine : “La dégradation de l’emploi n’est pas encore assez forte pour déclencher un rallongement des droits de 25 %”, analyse Patricia Ferrand. En effet, il manque encore 0,9 point de dégradation du chômage pour déclencher le seuil de contracyclicité. “L’Unédic ne fait pas l’autruche à ce sujet, nous avons de toute façon des modèles pour nous y préparer”, commente Jean-Eudes Tesson (vice-président).

Selon ses prévisions, le solde financier de l’Unédic redeviendrait positif à l’horizon 2027 et 2028 mais en l’absence de tout nouveau prélèvement de l’État. “Malgré les prélèvements de 12 milliards, l’État a rappelé en 2025 notre objectif de désendettement mais quand on regarde ce qui s’est passé, c’est exactement l’inverse, notre dette s’est creusée, menaçant notre modèle. Nous lançons donc un appel à une décision responsable d’absence de tout nouveau prélèvement”, explique Jean-Eudes Tesson.

Source : actuel CSE