Modèle productif et IA, gouvernance des retraites : deux négociations prévues par les partenaires sociaux

22/06/2026

Les numéros un des organisations syndicales et patronales ont tenu une réunion mercredi 17 juin. Ils ont décidé d’engager deux négociations interprofessionnelles.

L’une aura lieu sur le modèle productif, en incluant l’emploi des jeunes, la réindustrialisation, l’intelligence artificielle (IA), l’aménagement du territoire.

L’autre consistera à reprendre la gouvernance du système de retraites par répartition (le régime de base, les complémentaires se trouvant déjà en gestion paritaire via l’Agirc-Arrco). Cette négociation inclura le financement de la protection sociale collective, dans le but d’aboutir à un accord en décembre 2026.

À terme, les partenaires sociaux souhaitent aussi gérer paritairement l’assurance maladie, la branche famille et l’assurance chômage (sans intervention de l’État) afin de revenir au régime d’avant la réforme de 1996, sans loi de financement de la Sécurité sociale.

Source : actuel CSE

Jean-Sébastien Kuntz s’occupe désormais du dialogue social à la CFE-CGC

22/06/2026

À l’issue de son congrès, la CFE-CGC a fixé les portefeuilles de ses nouveaux délégués et secrétaires. Jean-Sébastien Kuntz, jusqu’alors en charge des branches professionnelles à la confédération, s’occupera désormais du paritarisme et du dialogue social en remplacement de Christine Lê. Christelle Toillon reprend les missions de Jean-François Foucard, incluant l’emploi, la formation professionnelle, l’organisation du travail et l’égalité des chances. La protection sociale et le travail relèvent maintenant de Laurent Lamarle. En revanche, les conditions de travail, la santé et le handicap ont été confiés à Philippe Baux. Anne-Catherine Cunnedec conserve ses précédentes attributions sur l’Europe et l’international. Laurent Taxil exercera ses missions sur l’industrie, la souveraineté et l’environnement.

Source : actuel CSE

Marylise Léon revendique d’avoir renforcé la place de la CFDT dans le débat public

23/06/2026

Marylise Léon, hier à Bordeaux

Pour son premier discours à un congrès comme secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon a revendiqué la “victoire” de la suspension de la réforme des retraites. La dirigeante a appelé son organisation à davantage écouter les jeunes…

Hier, lors de la première journée de son 51e congrès confédéral, qui réunit 1 630 délégués et 149 syndicats au parc des expositions de Bordeaux, la CFDT a rendu hommage, en observant une minute de silence, à trois de ses dirigeants décédés depuis le dernier congrès : Frédéric Sève, qui était trésorier confédéral et en charge des retraites, Philippe Portier, secrétaire national et ancien secrétaire général du syndicat de la métallurgie, et Mylène Jacquot, secrétaire générale de la fonction publique.

“Trois grandes figures syndicales” saluées par Marylise Léon, dont c’est le premier congrès confédéral depuis qu’elle a succédé à Laurent Berger en juin 2023. À ce sujet, la secrétaire générale de la CFDT, dont les apparitions médiatiques sont parfois jugées moins tranchantes que celles de Sophie Binet (CGT), a assuré que la place de la CFDT dans le débat public s’est renforcée depuis 4 ans : “Ce n’est pas le nombre de passages télé ou radio qui le définit, c’est d’abord notre ancrage dans le réel”. 

La CFDT revendique “la victoire de la suspension de la réforme des retraites”

Dans son rapport d’activité, la secrétaire générale du premier syndicat français (640 00 adhérents, 30,88 % de représentativité) a revendiqué “la victoire” de la suspension de la réforme des retraites annoncée le 14 octobre 2025 par Sébastien Lecornu.

Ce décalage, Marylise Léon l’explique l’avoir obtenu grâce “au rapport de force” instauré avec 14 journées de mobilisation intersyndicale, puis avec la constance “de la combativité” face au refus du Medef de bouger sur la pénibilité lors du conclave des retraites. “Dès le début, nous avions dénoncé cette réforme des retraites qui ignorait la pénibilité (..) La réforme est suspendue, mais la pénibilité, les départs anticipés, les carrières des femmes qui partent plus tard et avec moins, toutes ces questions sont devant nous”, a lancé Marylise Léon.

Alors que Bordeaux est écrasée comme une grande partie de la France par la chaleur, la dirigeante de la CFDT a également revendiqué l’acquis du décret de 2025 sur les grandes chaleurs, un texte jugé à l’inverse très insuffisant par la CGT : “Désormais, c’est à l’employeur de prévenir le risque et d’adapter l’organisation du travail, et ça change tout”.

“La déchéance de la fraternité”

Un avant la présidentielle, la dirigeante syndicale a fustigé la loi immigration de décembre 2023, “une blessure infligée à la devise républicaine” voire même “une déchéance de la fraternité”, et voué aux gémonies le projet de l’extrême droite, avec laquelle “il n’y a pas de compromis possible”, même si une partie de son électorat vient “d’une colère sociale” que nous comprenons”. Mais “plus qu’avec des discours, c’est avec notre action quotidienne que nous luttons le plus efficacement contre les raisons de la colère”, a assuré la syndicaliste.

Pour des négociations sur l’IA

Marylise Léon a réclamé une transposition de la directive européenne sur les travailleurs des plateformes, “car le management algorithmique doit être régulé”. Il faut, a-t-elle lancé, “graver dans le marbre qu’au travail, toute décision prise ou soutenue par l’IA doit faire l’objet d’un contrôle humain”. L’IA doit être un sujet de négociation dans les entreprises, a-t-elle insisté : “Déployer l’IA, mais pour faire quoi ? Comment ? Dans quelles conditions ? Avec quelles garanties ou bénéfices pour les travailleurs et les travailleuses ?” Rappelons que les partenaires sociaux ont convenu de négocier avant la fin de l’année sur le thème du modèle productif et de l’IA…

La numéro 1 de la CFDT a aussi insisté pour une bonne transposition de la directive sur l’égalité salariale (“l’égalité femmes-hommes ne crée pas d’injustice, l’égalité F/H, personne n’a de raison d’en avoir peur”) et réaffirmé sa volonté de sauvegarder le paritarisme sur le chômage. C’est une position difficile lorsque “le gouvernement et le patronat” ont “le même mantra : réduire les droits pour réduire les coûts”, mais Marylise Léon “assume”, car “fuir la négociation, ce serait aggraver le sort des demandeurs d’emploi”. 

À propos d’emploi et de salaires, la n°1 de la CFDT a réclamé que les entreprises laissant plus de deux ans leurs salariés au Smic perdent le bénéfice de leurs exonérations de cotisations sociales. 

Comment rendre le collectif attractif pour les jeunes ?

Enfin, Marylise Léon a posé ainsi le défi du renouvellement pour son organisation syndicale : “Longtemps, le syndicalisme n’a pas eu de question à se poser, on entrait dans une usine, un bureau, et le collectif allait de soi. Puis est venue la fragmentation, par l’externalisation, la sous-traitance, le télétravail avec le Covid, le flex office, les prestataires, les livreurs, les CDD courts qui s’enchaînent (..) Aujourd’hui, beaucoup de jeunes n’ont plus le même regard sur le collectif, notre “nous” peut leur sembler démodé”. Il faut donc à ses yeux “réinventer” la manière de faire collectif, “en allant chercher les gens là où ils sont, dans un coworking, sur leur téléphone, et admettre que nos permanences ne sont pas toujours au même endroit”. Des questions qui vont revenir dans le congrès avec le thème de la fatigue militante et du besoin d’accompagnement des militants : “Ces débats sont liés à une démocratie fragilisée : comment améliorer la vie de nos militants et comment donner aux autres salariés l’envie de s’engager ?” résume Isabelle Mercier, secrétaire nationale.

En ouverture du congrès, Grégory Gaudel, le secrétaire générale de l’union régionale Nouvelle Aquitaine, avait critiqué la dernière loi de simplification : “Avec cette loi, n’importe quel margoulin justifiant d’un numéro d’un organisme de formation pourra, sans agrément, dispenser des formations pour les CSE. C’est une attaque contre les formations syndicales”.

“Augmenter les cotisations alors que nous dénonçons le pouvoir d’achat ?”
Jean-Paul Parot, du syndicat métallurgie du Limousin, a porté une parole critique contre le rapport d’activité tout en dénonçant la proposition à venir d’une augmentation des cotisations syndicales voulue par la commission exécutive, un thème qui devrait être très débattu au congrès : “Alors que nous dénonçons la baisse du pouvoir d’achat, nous demandons un nouvel effort aux adhérents, sans doute parce que nous n’arrivons pas à nous renouveler”. Le militant a également regretté, au vu du durcissement des relations sociales dans les entreprises et de la difficulté à obtenir des accords, que le ton ne soit pas plus combatif au sujet des grilles salariales sous le Smic. 

Interrogé sur cette remarque, Fabien Guimbretière, en charge du dialogue social à la confédération, admet l’existence d’un problème selon lui lié à la volonté du patronat : “La rémunération passe par le dialogue social. Mais les branches perdent leur rôle de négociation quand les grandes entreprises elles-mêmes décident qu’il ne faut pas augmenter les salaires afin de ne pas augmenter les coûts de leurs sous-traitants”.

Bernard Domergue

Location-gérance chez Carrefour : comment la clause sociale tente de protéger les droits acquis

24/06/2026

Angélique Bruneau et Cyril Boulay, le 23 juin 2026, au congrès de la FGTA

Face à la location-gérance déployée chez Carrefour, un mécanisme de clause sociale est intégré au contrat de location ou de franchise. Issu d’un accord de 2018, il a été amélioré et étendu par un nouvel accord signé en avril 2026. Retour sur cette technique juridique, à l’occasion du congrès de la fédération FGTA-FO qui se tient cette semaine, à Montpellier.

Nommé président-directeur général de Carrefour en juillet 2017, Alexandre Bompard a pour mission de réduire les coûts, notamment en transférant les contrats de travail à de nouvelles entités sous le régime de la franchise et de la location-gérance. Carrefour emploie 350 000 salariés dans le monde, 90 000 en France. C’est dire l’ampleur des effets sociaux d’une telle politique.

Le régime est parfaitement légal et a pignon sur rue dans la loi. Les articles L144-1 et suivants du code de commerce organisent le régime de la location-gérance qui permet au propriétaire des magasins d’accorder à un locataire-gérant le droit d’exploiter librement le fonds à ses risques et périls moyennant le paiement d’une redevance. Dans le seul cas de la franchise, le franchisé devient propriétaire du fonds.

Plusieurs parlementaires ont interpellé des ministres du commerce et de l’industrie sur les risques sociaux de ces modes de gestion, en particulier la location-gérance. A chaque fois, la réponse est la même : c’est légal et encadré. Preuve par l’exemple avec cette question de la sénatrice des Pyrénées-Orientales, Frédérique Espagnac, en novembre 2025. La réponse du ministre Serge Papin a été publiée le 26 mars dernier. On y lit notamment : “La location-gérance est un dispositif prévu par le droit français depuis longtemps. (…) La mise en location-gérance de magasins du groupe Carrefour n’entraînera aucune modification des éléments essentiels du contrat de travail des salariés concernés par le transfert, notamment en matière de rémunération et de conditions de travail. À ce jour, le Gouvernement n’entend pas modifier le cadre actuel de la location-gérance”.

Côté droit du travail, l’article L1224-1 du code du travail prévoit que les contrats de travail transférés subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise. Si la loi prévoit déjà la location-gérance et le transfert des contrats de travail, sans plus protéger les droits sociaux des salariés, il ne restait plus aux représentants des salariés de Carrefour qu’à se retrousser les manches et entamer une négociation collective avec la direction.

28 000 salariés concernés

Les équipes FO se sont particulièrement démenées. A la clé de leurs efforts, ce qu’ils dénomment désormais “la clause sociale”. Chez certains, prononcer ces mots suffit à leur donner le sourire. S’ils continuent de dénoncer le passage en location-gérance, la clause sociale a permis de protéger entre 3 000 et 4 000 salariés par an de ses méfaits. La clause sociale, c’est leur bébé. Appuyés par leur fédération, la FGTA, l’une des plus réformistes à FO, qui couvre la restauration, la grande distribution, l’alimentaire, l’agriculture, la coiffure et les tabacs. Appuyés aussi par son secrétaire général depuis 2022, Laurent Rescanières. Appuyés aussi jusqu’aux étages les plus élevés de la direction confédérale, par Frédéric Souillot.

Ils ont aussi organisé des grèves dans les magasins, sur fond de tensions avec les dirigeants des enseignes. A Belle-Épine, près de Thiais, dans le Val-de-Marne, FO avait dénoncé un contexte d’entrave syndicale, de non-respect de la convention collective et des accords d’entreprise, ainsi que des “menaces devant témoins à l’encontre de la représentante du CSE”. Bref, ça n’a pas été simple. Mais le résultat est là : au rythme de 30 à 50 magasins par an, soit 3 000 à 4 000 salariés par an depuis 2018, pas loin de 28 000 salariés trouvent ainsi leurs droits protégés.

À Echirolles, Mohamed Essid (élu titulaire au CSE) et Flora Filippi (déléguée syndicale), ont essuyé une expérience malheureuse avec un repreneur marocain, La Belle Vie. “Ça s’est très mal passé niveau social. On s’est battus. On est vraiment rentrés en guerre”. Ce premier repreneur de leur magasin, en Auvergne-Rhône-Alpes, qui emploie environ 290 salariés, ne voulait pas appliquer la clause sociale. Après plusieurs jours de grève, les représentants du personnel ont saisi la justice, l’affaire doit être jugée cet automne. Depuis, Mohamed Essid et Flora Filippi ont négocié avec un nouveau locataire-gérant des droits supplémentaires, notamment en matière de garantie de rémunération, et ont récupéré un jour pour enfant malade et un jour d’ancienneté, ainsi que leurs titres restaurant dont le montant a été augmenté.

Le locataire-gérant sous contrainte, au moins au début

L’article 6.1 de l’accord signé en 2018 puis révisé en avril 2026, au terme de cinq réunions de négociation, reprend les termes du code du travail : les accords collectifs en vigueur dans un magasin intégré à la date de la location-gérance ou de la franchise “continueront à produire leurs effets pendant une durée maximum de 15 mois”. On retrouve ici une disposition du code du travail, dont l’article L2261-14 prévoit la survie pendant 12 mois de toute disposition issue d’un accord collectif dont l’application est remise en cause par suite d’une fusion, d’une scission, d’une cession ou d’une reprise d’activité. En y ajoutant le délai de préavis de trois mois prévu à l’article L2261-9, on arrive aux quinze mois de la clause sociale.

“Les locataires-gérants qui récupèrent les magasins sont obligés de la maintenir, c’est un préalable à la signature du contrat de franchise ou de location-gérance. Au lieu de fermer les magasins, on leur donne la direction de Carrefour souhaite donner une deuxième chance au magasin avec un indépendant qui va les gérer en direct”, nous explique Cyril Boulay, délégué syndical coordinateur chez Carrefour.

Hors de question donc pour le nouveau gérant de récupérer les salariés et de les privés de leurs droits sitôt arrivés dans les murs. Au bout des quinze mois, le gérant peut négocier avec les représentants du personnel de son magasin un accord de substitution qui améliore les dispositions prévues dans la convention collective. Mais la clause sociale permet d’anticiper, avant l’échéance des quinze mois, les améliorations à apporter au statut social.

Bien sûr, l’égarement faisant partie des choses humaines, des gérants ont tenté de passer outre. “Au début, c’était le sport officiel mais ils se sont fait rattraper par la patrouille”, témoigne Cyril Boulay. En effet, dès que des élus de CSE dans des magasins alertent les coordinateurs, le gérant indélicat se fait rappeler à l’ordre à l’aide d’un argument juridique très simple : bafouer la clause sociale est une cause de résiliation du contrat de location-gérance ou de franchise. En conséquence, “c’est suicidaire de jouer à ce jeu”, pointe Cyril Boulay qui sait aussi que des exceptions existent. “Il peut y avoir des gérants malhonnêtes en local, ça arrive, mais nous avons des conseillers franchise et location gérance chargés de faire appliquer le contrat dans son ensemble avec la clause sociale. Les gérants rentrent dans les cordes”.

Des locataires gérants essayent de récupérer des magasins à moindre frais et entrent en conflit avec les salariés et leurs représentants. “Moi j’ai eu de la chance, je suis tombée sur un repreneur avec qui tout s’est très bien passé, on a même récupéré 80 % de nos droits, même la CGT a signé notre accord de substitution. Mais on n’a pas tous cette chance, il y a des magasins où c’est plus compliqué, des repreneurs ne négocient rien et s’en fichent car ils ont des empires avec plein de magasins”, nous raconte Ingrid Dinari, déléguée syndicale d’un hypermarché passé en location gérance à Condé-sur-Escaut (Nord), où elle est également élue titulaire au CSE.

Pas de location-gérance sans consultation du CSE

L’article 2.1 de l’accord négocié en avril 2026 (et signé par FO, largement majoritaire chez Carrefour avec 42,16 % de représentativité, mais aussi la CFE-CGC) prévoit une information consultation du CSE central préalable à tout mise en location-gérance ou franchise. Les délais des CSE pour rendre son avis sont ceux du code du travail : un mois, deux en cas d’expertise. “Notre mot d’ordre aux équipes en CSE est de rendre un avis défavorable, même si les droits sont protégés par la clause sociale, car la stratégie de l’entreprise implique quand même, malgré la clause, des emplois qui partent”, souligne Cyril Boulay.

Ingrid Dinari confirme : “On a toujours été contre la location gérance, donc avec mon CSE on a rendu un avis défavorable. Ça n’empêchait pas les salariés d’être très inquiets mais quand j’ai connu le nom de notre repreneur, cela nous a permis de gagner un peu en sérénité. Il gérait un autre magasin dans la région et on savait que ça se passait bien avec lui”.

Concrètement, l’accord révisé en 2026 prévoit qu’une note d’information est remise aux élus avec un exposé des raisons du recours à la location-gérance, une présentation des conséquences sociales, un rappel des garanties complémentaires issues du dispositif conventionnel et une évaluation des risques professionnels. Elle est accompagnée d’un projet de mise à jour du document unique d’évaluation des risques pro (Duerp).

“Une épée de Damoclès”

Quant à ceux qui sont encore dans le modèle “intégré” du réseau Carrefour, ils guettent l’annonce avec une pointe d’anxiété : “Passer en location-gérance reste une épée de Damoclès. Seuls les magasins les plus rentables se sentent encore à l’abri mais la clause sociale rassure les salariés. Après, il faut repartir en négociation avec le nouveau gérant”, témoigne Jean-Charles Le Corvo, élu au CSE du magasin de Vannes et au CSE central.

Selon Angélique Bruneau, secrétaire générale adjointe de la FGTA-FO, aucun CSE n’a été supprimé du fait des passages en location-gérance : les supermarchés employaient déjà moins de 50 salariés, et les hypermarchés transformés restent aussi au-dessus du seuil. En revanche, elle qualifie de “deuil” le fait de quitter le fonctionnement en réseau intégré : “J’ai vu des salariés en pleurs qui devaient abandonner leur monde, leurs anciennes habitudes au bout de 35 ans d’ancienneté, c’est eux les plus bousculés”.

Sous l’aile de la clause sociale : une biodiversité des droits

Le texte de 2018 incluait dans la clause sociale la complémentaire santé, la prévoyance décès invalidité incapacité, le 13e mois, la prime vacances, les titres restaurant, la remise sur achats de 10% dans les magasins Carrefour, le volontariat du dimanche matin et l’épargne salariale.

Le nouvel accord d’avril 2026 inclut sous le parapluie de la clause sociale les magasins Cora et Casino, dénommés “Covicar”. Il étoffe les droits de 2018 et ajoute la participation, l’intéressement, les congés de fin de carrière et la rémunération variable. 29 pages d’annexes détaillent les garanties en matière de frais médicaux, de prévoyance pour les cadres, non-cadres, employés et agents de maîtrise. Mais aussi le sort de la rente au conjoint survivant, d’une rente d’éducation pour chaque enfant à charge, l’indemnité journalière en cas d’arrêt de travail.

Il faut pousser la lecture jusqu’à la page 46 pour lire qu’au terme du délai de survie de 15 mois, à défaut d’accord de substitution signé avec le locataire-gérant ou franchisé, les salariés bénéficient d’une garantie de rémunération. Elle peut être assurée par le versement d’une indemnité différentielle entre le montant dû au salarié en vertu de la convention ou accord dénoncé et de son contrat de travail et le montant de la rémunération issu du nouvel accord.

L’accord d’avril 2026 ne produit pas d’effet rétroactif et est conclu pour une durée indéterminée. L’article 8.2 précise qu’il pourra être révisé à tout moment selon les dispositions du code du travail.

Un syndicat national de la location-gérance

Autre innovation des équipes FO : un syndicat national de la location-gérance géré au niveau de la fédération par Angélique Bruneau et ses équipes. Créé en 2021, il permet aux syndicats de magasins de le rejoindre ou de rester indépendants. Les salariés sont également libres de rester dans leur structure d’origine ou d’y adhérer. “Il n’y a pas de tension entre le syndicat national de la location-gérance et ceux des magasins, au contraire, cela crée une communauté, nous confie Angélique Brunueau, mais surtout cela soulage les syndicats de magasins de tous les aspects liés à la location-gérance”.

C’est aussi ce qu’a ressenti Ingrid Dinari lors du passage de son magasin en location gérance : “Ils nous ont accompagnés, formés et soutenus. J’étais assez soulagée car ils avaient préparé pas mal de documents en amont, des tracts, des fascicules, des notes. Après, c’est à chacun au niveau de son magasin de tenter de négocier avec son repreneur, ça, le syndicat national n’y peut rien”.

Par son action transverse, ce syndicat national pourra gérer par exemple l’application de la clause sociale aux salariés, les accords de substitution, les formations à la location gérance, (la FGTA diffuse un livret pratique sur le sujet). Il organise aussi des visioconférences sur les questions juridiques et une assemblée générale annuelle.

Pour autant, FO Carrefour ne compte pas se reposer. Un nouveau cycle électoral approche et les équipes comptent améliorer encore leur représentativité. “Je pense qu’on va aller plus loin car on s’est implantés dans de nouveaux magasins où de bons gérants laissent de la place au syndicalisme”, note Angélique Bruneau. Pour ces nouvelles élections, Cyril Boulay voit grand : “Je me suis fixé pour objectif d’accompagner les ex-casino, Cora et Match. On y mène un travail de développement, on va performer”. Il réfléchit aussi à de nouveaux accords sur l’intelligence artificielle dans le groupe (GEPP), en attendant les négociations d’un accord national interprofessionnel sur le sujet.

Quant à la clause sociale, FO veut poursuivre son extension dans de nouveaux secteurs notamment dans le commerce. Sous l’impulsion du secrétaire général de FO, Frédéric Souillot, le comité national du commerce inclut désormais des équipes syndicales où siège Laurent Rescanières, secrétaire de la fédération. Objectif : contraindre l’exécutif à faire bouger les lignes, puis convaincre les parlementaires. Avec ces nouveaux projets en perspective, les équipes FO ont refusé de fuir l’orage : ils ont appris à marcher sous la pluie.

Marie-Aude Grimont

Le Medef avance ses propositions sur le travail et l’emploi

24/06/2026

Le Medef profite de la publication de Cartes sur table, un recueil de 47 fiches consacrées aux grandes mutations économiques et sociales, pour formuler plusieurs propositions en matière de ressources humaines et d’emploi. L’organisation patronale plaide d’abord pour une revalorisation du travail en augmentant le revenu net des salariés grâce à un allègement des prélèvements pesant sur les revenus d’activité et à une réforme du financement de la protection sociale.

Sur le terrain du dialogue social, le Medef demande que les partenaires sociaux disposent d’une plus grande liberté de négociation, sans remise en cause par les pouvoirs publics des accords conclus. L’organisation insiste aussi sur la nécessité d’investir davantage dans la formation tout au long de la vie afin d’accompagner les transformations technologiques, notamment liées à l’intelligence artificielle.

Pour favoriser la mobilité professionnelle, le Medef souhaite mieux valoriser les dispositifs de promotion interne et le suivi des parcours de carrière. Face au désengagement croissant des salariés, il préconise une amélioration du management de proximité, davantage d’autonomie au travail et un renforcement de la lutte contre les abus en matière d’arrêts maladie.

Enfin, l’organisation patronale appelle à une mobilisation contre le phénomène des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation (Neet), en renforçant l’apprentissage, les filières professionnelles et l’adéquation entre les formations et les besoins du marché du travail.

Source : actuel CSE

FO contre “tout nouveau désengagement de l’assurance maladie obligatoire”

24/06/2026

“Dès cet été, le gouvernement pourrait faire supporter de nouvelles dépenses aux organismes complémentaires d’Assurance maladie, pour un montant pouvant atteindre entre 1,5 et 2 milliards d’euros. C’est ce qui ressort de plusieurs annonces faites par le gouvernement aux différentes fédérations de complémentaires santé”, s’alarme FO dans un communiqué publié hier. Pour le syndicat, cette perspective de nouveaux transferts de charges vers les complémentaires santé “n’est pas acceptable”.

FO rappelle que les complémentaires santé ont déjà été mises à contributions ces dernières années et aussi avec la taxe d’un milliard d’euros instaurée par la LFSS 2026. Les complémentaires “ne pourront absorber de nouvelles charges sans augmenter les cotisations, ce qui pèsera sur le pouvoir d’achat des salariés”. 

Aussi le syndicat réaffirme-t-il son opposition “à tout nouveau désengagement de l’Assurance maladie obligatoire, ce qui reviendrait nécessairement à pénaliser les assurés sociaux”.

Source : actuel CSE

Les délégués CFDT dénoncent l’absence de négociations dans les entreprises et les branches et s’inquiètent de la hausse de la cotisation syndicale

24/06/2026

Au congrès de la CFDT hier à Bordeaux, les interventions des délégués à l’occasion du rapport d’activité présenté la veille par Marylise Léon ont illustré le malaise militant actuel en France, les représentants du personnel dénonçant un manque de moyens pour remplir leurs missions face à des directions perçues comme de moins en moins ouvertes au dialogue social.

Pour Marie Savard, du syndicat CFDT des services du Val-de-Loire, “c’est une erreur de présenter comme une victoire la suspension de la réforme des retraites, car quand nous voulons mobiliser les salariés, ils nous répondent : « ah non, on a vu ce que cela a donné avec les retraites »”. Et la syndicaliste de dénoncer un durcissement du dialogue social : “Le patronat ne joue pas le jeu, les grilles de nos conventions ne devraient jamais être sous le Smic. Comment convaincre des salariés résignés de nous rejoindre ? Il faut se donner les moyens de nos ambitions, d’accord, mais faut-il augmenter les cotisations ?” 

Ce projet de relèvement du taux de cotisation (de 0,75 % à 0,95 % d’ici 2029) est approuvé par certains au nom de la nécessité de renforcer les moyens de la confédération, “car les temps qui viennent risquent d’être exigeants”, a dit ainsi Nouha Camara, du syndicat CFDT commerce et services du Rhône.

Mais ce projet reste contesté par d’autres. “Nous sommes déjà plus chers que les autres syndicats, et certains d’entre nous se voient déjà opposer des refus de prélèvements”, s’est inquiété Grégoire Bagot, du syndicat CFDT interco Val-de-Marne. “Vous voulez changer les règles ? Faites d’abord appliquer les règles actuelles ! Si nous appliquons le 0,95 %, c’en sera fini de la 1ere place de la CFDT”, a averti Edouard Richard, du Symef, le syndicat métallurgique CFDT d’Ile-de-France.

“On ne peut parler de qualité de vie militante et demander une hausse de la cotisation aux adhérents”, a renchéri Pascal Eluecque, du syndic des transports Grand Nord.

Alors qu’un délégué d’Air France a exhorté la CFDT à se positionner face à l’éventualité de l’arrivée du RN au pouvoir en France, Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint, a redit devant la presse le refus par la CFDT des valeurs de l’extrême droite, tout adhérent se présentant sur une liste RN ou affichant publiquement ses opinions en faveur de l’extrême droite étant susceptible d’être exclu. Yvan Ricordeau a toutefois précisé : “Le congrès ne se focalise pas sur l’horizon à 10 mois de la présidentielle, comme si ce scrutin allait décider de tout pour la France. La question de la présidentielle, ce sera le travail du bureau national à la rentrée”.

Le vote du rapport d’activité a lieu aujourd’hui, les deux autres résolutions devant être débattues et votées jeudi et vendredi. Nous y reviendrons dans une prochaine édition, la résolution interne devant trancher le niveau de cotisation, la résolution revendicative comprenant certains points sur le CSE.

Source : actuel CSE

La caisse de grève de la CFDT pourra intervenir en cas de préjudice causé par un pouvoir politique

25/06/2026

Natalya Levystska, vice-présidente du syndicat KVPU Ukraine, félicitée hier par Marylise Léon à Bordeaux

Au congrès de la CFDT, les délégués ont approuvé une modification des statuts de la caisse de grève, afin d’anticiper les risques d’attaques politiques contre les syndicalistes. Marylise Léon a par ailleurs répondu aux critiques exprimées sur son rapport d’orientation, en précisant ses positions sur le RN, le pouvoir d’achat, le dialogue social et l’IA mais aussi la question de la hausse de la cotisation.

À Bordeaux, les délégués du congrès CFDT ont modernisé hier les statuts de la confédération (réunions en visio, saisine du bureau national, par exemple) et ils ont adopté largement (93,8 % de votes pour) plusieurs modifications aux statuts de la Cnas, la caisse nationale d’action syndicale.

Cette caisse de solidarité finance les grèves, actions en justice (comme celle ayant abouti à la reconnaissance du harcèlement institutionnel dans l’affaire France Télécom) ainsi que des expertises. Elle a été très sollicitée lors du dernier mandat du fait d’une conflictualité en hausse, a souligné Jocelyne Cabanal, secrétaire nationale. Sur la seule année 2023, la Cnas a indemnisé 838 618 heures de grève, soit 119 000 journées de 7 heures et pas moins de 83 000 bulletins de salaires traités.

Des changements pour la caisse de grève

La révision des statuts prévoit l’absence de prise en charge, “sauf cas exceptionnels”, d’une grève lancée sur un mot d’ordre confédéral.

Surtout, les textes admettent désormais une possibilité de secours “quant aux conséquences financières des préjudices subis individuellement ou collectivement par des adhérents CFDT et causés par toute action d’un pouvoir politique, ou de toute organisation, groupe ou mouvement aux fins de menacer la démocratie ou les droits fondamentaux”.

Pas de compromis possible avec nos valeurs 

Sont possiblement couverts aussi par la Cnas les préjudices causés par l’action d’un pouvoir politique en contradiction avec les valeurs défendues par la CFDT, ce qui prend un tour particulier avec la présidentielle de 2027 et l’arrivée potentielle au pouvoir du Rassemblement national.

Dans l’après-midi, Marylise Léon, très applaudie, a d’ailleurs répondu ainsi au militant qui l’apostrophait sur l’attitude de la confédération au cas où le RN serait au pouvoir en 2027 : “Serons-nous demain contraints de dialoguer avec des élus RN ? Il n’y a pas de compromis possible sur nos valeurs (..), pas d’espace pour la dispersion face à l’extrême droite. Une idée majoritaire dangereuse reste une idée dangereuse”.

Retraites, pouvoir d’achat, dialogue social et IA 

Les délégués ont par ailleurs adopté hier après-midi, par 86,65 %, le rapport d’activité et le quitus financiers présentés par Marylise Léon, “très satisfaite” par cette preuve d’unité à quelques mois de la présidentielle, “alors que nous sommes très observés” : “Avec ce congrès, nous allons faire la démonstration qu’on peut avoir des débats mais qu’on reste une organisation solidaire et unie” [Ndlr : le rapport d’activité avait été voté à 89,54 % en 2022].

La secrétaire générale de la CFDT avait auparavant défendu l’approche de la confédération sur les retraites, un sujet sur lequel Laurent Berger avait été bousculé par le congrès en 2022, et qui avait débouché sur le mouvement intersyndical : “Nous avons réussi la mobilisation retraites avec la marée orange, et le leadership de la CFDT. Cette ténacité a fini par payer, [la suspension de la réforme] c’est une victoire, une porte ouverte pour construire autrement l’avenir des retraites compliquée par la démographie. Notre système de retraites doit être financé, mais la construction de l’équilibre doit se faire progressivement, avec le souci de la justice sociale, ce sera le seul chemin”.

Créer un nouveau rapport de forces 

Sur les nombreuses interventions portant sur le pouvoir d’achat, la secrétaire générale de la CFDT, repoussant toute idée d’indexation des salaires, a jugé qu’il fallait créer un rapport de force favorable aux salariés, dans les branches et les entreprises : “Il faut réussir la mobilisation des travailleurs sur les rémunérations. Tous les niveaux de notre organisation doivent s’y investir. Le travail ne peut pas continuer à être le perdant du partage des richesses”. La confédération devrait prendre part à la grève du 29 septembre dans la fonction publique. 

À propos du dialogue social en panne dans le pays et du besoin d’accompagnement exprimé par les militants, Marylise Léon proposera en septembre la création d’un groupe de travail sur le sujet de l’IA réunissant tous les syndicats volontaires : “Il devra partir de vos réalités, identifier les outils supplémentaires dont vous avez besoin et construire les revendications que la CFDT devra porter”. Le syndicat souhaite déboucher sur un accord cadre national sur le dialogue social sur l’IA.

La question de la cotisation

Sur la question très sensible de l’augmentation de la cotisation syndicale, Marylise Léon a expliqué que la confédération “disposait certes d’un patrimoine solide, notamment immobilier, et du patrimoine de la Cnas, notre caisse de grève, qui est un bien commun”, mais qu’elle s’était déjà dotée il y a plusieurs années “d’un plan d’économies”, lequel ne doit cependant pas toucher la presse syndicale et le magazine de la CFDT, un “rempart à la désinformation (..) auquel il n’est pas question de renforcer”.

Et Marylise Léon de s’étonner que des syndicats ayant déjà des taux de cotisation supérieurs à celui existant (0,75 %) “disent à leurs camarades, qui ont besoin de moyens supplémentaires, que c’est une mauvaise idée”.

 La vraie radicalité, c’est d’assumer la nuance

Enfin, piquée par quelques interventions critiquant le manque de “radicalité” de la direction confédérale, Marylise Léon a répondu qu’il n’était pas question de “vendre le grand soir” pour ne rien récolter : “La vraie radicalité, c’est d’assumer de tenir la nuance en ne renonçant ni à nos convictions ni au dialogue”.

Quand un syndicaliste argentin alerte la France…
Hier, en présence de Sophie Binet (CGT) et de Christelle Thieffinne (CFE-CGC), les délégués du congrès, qui ont chaleureusement applaudi le passage de Laurent Berger, ont réservé une ovation aux syndicalistes étrangers.

Fito Aguirre, du syndicat argentin CTA autonome, a mis en garde les syndicalistes français : “Ce qui se passe chez nous s’inscrit dans un projet international visant à éliminer les organisateurs syndicales et à concentrer le pouvoir économique dans les grandes entreprises. Nous avons été transformés en ennemis par le président Javier Milei (…) Mais cette tentative de mise au pas s’est heurtée à la résistance des travailleurs et de leurs syndicats, et nous avons besoin du soutien du mouvement syndical mondial pour éviter que nous soyons gouvernés par le marché. Nous n’acceptons pas que la précarité soit le destin des nouvelles génération'”.

Un témoignage très applaudi, de même que celui de Natalya Levystska, vice-présidente du syndicat KVPU Ukraine : “Les Ukrainiens paient un prix très élevé pour vivre dans un pays démocratique. Dix millions de personnes ont dû quitter leur logement et des milliers de syndicalistes ont pris les armes pour défendre notre pays (..) Le chantier de la reconstruction ce sera aussi une question de dignité et de conditions de travail décent”.

Bernard Domergue

Marylise Léon va devoir faire évoluer la CFDT sans augmenter les cotisations

26/06/2026

La nouvelle commission exécutive de la CFDT

Les délégués en congrès CFDT ont élu hier leur bureau national et leur commission exécutive, Marylise Léon restant secrétaire générale de la confédération. Mais si les délégués ont approuvé des changements internes, ils ont aussi rejeté le projet d’augmenter le niveau de cotisation sociale.

Le bureau national de la CFDT avait pris le risque de présenter un projet de hausse de la cotisation syndicale, pour la faire passer de 0,75 % à 0,95 % d’ici 2029, la part revenant au syndicat devant augmenter de 26 % à 33 %. Depuis lundi, de nombreux délégués avaient manifesté leur hostilité et leurs craintes, certains faisant déjà face à des désaffiliations de salariés pris à la gorge par des dépenses qui croissent sans augmentation de salaire, d’autres estimant que c’étaient aux syndicats seuls de décider.

“Le coût de la vie augmente”

“On ne peut pas parler de qualité de vie militante et demander une hausse de la cotisation. Les NAO ont produit des augmentations limitées, la réalité est simple : le coût de la vie augmente plus vite que les salaires”, avait ainsi alerté Pascal Eluecque, syndical général des transports CFDT du Grand Nord.

“Je comprends les réticences concernant le pouvoir d’achat, mais cela ne fera qu’un euro pour un salaire de 1 500€ net (..) C’est un débat politique. Etes-vous prêts à laisser vos camarades dans le besoin seuls, parce que votre syndicat a, lui, les moyens ? Seuls les syndicats qui auraient comme adhérents des salariés à haut revenus pourraient augmenter la cotisation ? Ce n’est pas une solution de solidarité”, a tenté hier la secrétaire nationale Jocelyne Cabanal qui portait le projet.

“Comment ferez-vous si vos locaux vous sont retirés ?”

Le délégué du syndicat des services du Maine-et-Loire a voulu convaincre les indécis en évoquant son manque de moyens : “Nous n’avons pas de détachement, il nous faut assurer l’accompagnement des sections, les protocoles d’accord préélectoraux, les réponses aux adhérents dont plus de la moitié sont isolés. Et nous ne pouvons pas ignorer la menace de voir nos locaux supprimés par des responsables politiques d’extrême droite, comme cela s’est produit à Carcassonne” (*). Et le syndicaliste d’apostropher ses camarades : “La dépendance aux moyens publics est un risque majeur. Comment ferez-vous demain si on vous retire des locaux ou des moyens ?”

À l’inverse, le délégué du syndicat interco des Hauts-de-Seine a appelé les congressistes à repousser cette hausse, qu’il a présentée comme “une solution facile et trompeuse” : “Les syndicats peuvent déjà augmenter leur cotisation. Seuls 13 % des syndicats ont fait ce choix, pourquoi l’imposer à tous ? Augmenter la cotisation va entraîner une perte d’adhérents et une CFDT affaiblie. Nous n’avons pas besoin de davantage de communications et d’IA mais de convaincre les salariés par la proximité”.

C’est ce dernier qui a été entendu, près de 60 % des délégués votant la suppression du projet d’augmentation. 

La résolution interne largement approuvée

Ces nouveaux moyens devaient aussi prémunir l’organisation en lui donnant de nouveaux moyens face à de possibles politiques publiques antisyndicales en cas d’arrivée au pouvoir de l’extrême droite.

Réaction à la tribune d’Yvan Ricordeau, le secrétaire général adjoint de la CFDT : “Nos comptes sont solides et nous allons trouver la voie pour bien fonctionner dans les 4 ans qui viennent, même si nous n’aurons pas l’effet de levier avec les + 0,2 %”. Ces recettes devaient notamment alimenter un fonds spécifique pour financer des actions syndicales de proximité.

La confédération devra d’autant plus revoir ses plans que la proposition d’un allègement temporaire de la cotisation d’un adhérent en mauvaise passe a été elle approuvée, et que son financement sera mutualisé. Mais Jocelyne Cabanat se félicite d’avoir porté le débat, en soulignant que les militants paraissent avoir pris conscience de la nécessité d’améliorer l’efficacité de la collecte et l’actualisation de la cotisation selon l’évolution de la rémunérations des adhérents. 

Ces débats et ce vote illustrent néanmoins la difficulté pour les équipes dirigeantes syndicales à faire évoluer une organisation, la charte du cotisant n’ayant pas bougé depuis 1995. Mais d’autres évolutions internes vont néanmoins pouvoir être lancées, les délégués ayant approuvé à 83,4 % l’ensemble de la résolution interne, l’examen et le vote de la résolution revendicative ayant lieu aujourd’hui (Ndlr : nous y reviendrons car elle comporte des points sur le CSE).

Une réflexion sur la section syndicale

Les délégués ont voté un article prévoyant d’ouvrir une réflexion sur la section syndicale et son cadre organisationnel. Avec une taille moyenne de 4 adhérents, la section doit être repensée, afin de ne plus laisser des adhérents isolés, soutient l’équipe confédérale, sans que cela ne remette en cause le rôle du syndicat comme structure de rattachement des sections et des collectifs d’adhérents, une précision ajoutée pour rassurer certains syndicats.

Autre innovation, adoptée non sans débat, certains délégués craignant de voir les militants expérimentés contournés : la possibilité d’organiser des conventions d’adhérents. “On tirera au sort des adhérents, qui devront se déclarer volontaire, et se réuniront pour débattre d’un sujet et faire des propositions”, a expliqué Yvan Ricordeau, selon lequel il s’agit de donner davantage de place aux adhérents et de renforcer la démocratie interne.

Quid des candidats non adhérents ?

La présence de non-adhérents sur une liste CFDT aux élections professionnelles, la confédération voulant établir une règle générale sur le sujet, a été également débattue mercredi soir. Certains, comme la déléguée du syndicat des services du Loiret, veulent exclure cette possibilité : “Pas de candidat non adhérent face à des directions qui cherchent à contourner les règles du dialogue social. Faites preuve de courage”.

Une position déconnectée de la crise actuelle de l’engagement, selon le délégué du syndicat agro des Cotes d’Armor : “Laissons du temps à l’élu pour rejoindre la CFDT. Nous proposons qu’un élu non adhérent ne puisse pas se représenter s’il n’a pas adhéré à la CFDT”. D’autres, comme le syndicat francilien 3C des Postes, finances et distribution, préconisent d’obliger le candidat non adhérent à rejoindre la CFDT dans les 12 mois. Au final, c’est un amendement de compromis, celui du syndicat chimie énergie du Val-de-Loire, qui l’a emporté : “Les listes doivent être composées d’adhérents, toutefois les syndicats peuvent, à titre exceptionnel autoriser le dépôt d’une liste composée majoritairement de candidats adhérents. Dans ce cas, les syndicats s’engageront à mener les initiatives nécessaires pour que les candidats non-adhérents rejoignent rapidement la CFDT après le scrutin”.

Prendre en compte la fatigue militante

Depuis lundi, de nombreux délégués ont abordé la question de l’épuisement syndical compte tenu de la lourdeur des mandats et de la difficulté à obtenir des concessions de la part des directions (Ndlr : nous consacrerons prochainement un podcast du Micro social à ce sujet).

“Il faut apprendre à protéger nos militants, ils ont besoin de soutien et d’accompagnement, ils doivent avoir la certitude qu’ils ne seront jamais seuls. Nos délégués s’échinent sur un syndicalisme de greffier en s’épuisant sur le juridique pour faire tenter d’appliquer un minimum de droits”, a ainsi lancé Amelie Bourcier, du syndicat départemental CFDT services santé et services sociaux du Maine et Loire.

Anne Gallois, du syndicat CFDT construction bois de Picardie, a, comme préventrice, suggéré deux solutions : rendre obligatoire l’aménagement du temps de travail des élus ainsi qu’un rendez-vous annuel de santé pour tous les élus. 

Si ces idées n’ont pas été retenues, la résolution interne prévoit plusieurs points pour soutenir les militants et favoriser la culture collective de démocratique interne :

  • Création d’un réseau de personnes “ressources” soit des mentors qui pourront transmettre aux jeunes leurs connaissances et leurs expériences ;
  • Une formation au parcours pour découvrir la CFDT ;
  • Généraliser les parcours de formation syndicale :
  • Créer un cycle de rencontres et de formation baptisé “L’Académie de la démocratie”.

Le point d’orgue de cette politique de soutien aux adhérents est le projet de créer “une charte de la qualité de vie militante”.

Construite par la confédération avec les syndicats, les unions régionales et les fédérations, cette charte aura pour objectif de préserver la santé des militants, en première ligne face aux difficultés des salariés, d’éviter leur isolement en leur promettant un accompagnement et un soutien, et donc de renforcer “l’attractivité du syndicalisme”.

(*) Au congrès a été diffusé le témoignage d’Éric Martin, secrétaire territorial de la CFDT à Carcassonne : “Depuis l’élection d’un maire RN, les relations avec la mairie ont changé. Le lendemain d’une manifestation contre l’extrême-droite auxquels participaient quatre organisations syndicales, le maire RN a annoncé l’exclusion des 4 syndicats ayant manifesté contre lui, et la CGT a été expulsée de la bourse du travail. Nous avons mis en place une intersyndicale. Je n’aurais jamais cru devoir dire ça un jour, mais vive le syndicalisme libre, vive la démocratie et la liberté d’expression !”

Quatre nouveaux dans la commission exécutive
La CFDT a renouvelé hier son bureau national qui a élu sa commission exécutive.

Marylise Léon, seule candidate (elle a été réélue à 98,12 % au bureau national et à 100% à la commission exécutive), reste secrétaire générale de la CFDT. 

Jocelyne Cabanal quitte la commission, comme Luc Mathieu, Olivier Guivarch n’en faisant plus partie puisqu’il a rejoint le privé. 

Les quatre nouveaux membres de la commission exécutive sont : 

– Laurent Soulier (fédération chimie-énergie), qui succède à Jocelyne Cabanal comme trésorier ;

– Jérôme Morin (fédération S3C culture) en charge du numérique, de la transition écologique, des politiques industrielles ;

– Rui Portal (construction et bois), en charge de la protection sociale, de la santé, des salaires et du pouvoir d’achat, de l’accompagnement des équipes militantes,

– et Catherine Nave-Bekhti (Sgen-CFDT), en charge de l’égalité F/H, de la politique économique et de la fiscalité.

Ont été réélus à la commission exécutive Yvan Ricordeau (secrétaire général adjoint), Fabien Guimbretière (retraites, dialogue social, discriminations syndicales), Béatrice Lestic (discriminations et racisme, politique internationale), Isabelle Mercier (fonctions publiques, formation syndicale, qualité de vie militante, vie au travail) et Lydie Nicol (jeunes, développement des pratiques syndicales, travailleurs indépendants, insertion et pauvreté).

Rappel : Le bureau national comprend 40 membres, il met en œuvre les décisions du congrès et prend toute décision sur la vie de la CFDT. La commission exécutive comprend 10 membres, 9 secrétaires nationaux et un secrétaire général. Elle prend en charge l’activité courante de la CFDT, conduit les décisions du bureau national et assure la représentation de la CFDT auprès des pouvoirs publics, les secrétaires nationaux conduisant aussi les négociations interprofessionnelles.

Bernard Domergue

Communication, juridique, formation : en quatre ans, la FGTA-FO a renforcé le soutien aux militants

26/06/2026

Laurent Rescanières, secrétaire général de la FGTA

Depuis mardi matin, la FGTA-FO tient son congrès fédéral à Montpellier. Composée de multiples secteurs et couvrant 65 branches, cette fédération figure parmi les plus importantes et les plus réformistes de FO. Le congrès a dressé le bilan du premier mandat de son secrétaire général, Laurent Rescanières, sur fond de résultats de représentativité en hausse et d’évolutions majeures dans le soutien des militants.

Un peu d’histoire : à l’origine, en 1948, la fédération ne représentait que les métiers de l’alimentation. Elle a ensuite agrégé d’autres secteurs comme les hôtels cafés restaurants en 1960, puis la grande distribution, les tabacs ou encore la coiffure en 2010, au point que Laurent Rescanières la qualifie de « fédération interprofessionnelle du privé », tant elle regroupe des professions différentes. Son appellation complète est aujourd’hui (Fédération Générale des Travailleurs de l’Alimentation, des Tabacs et des services annexes).

C’est l’une des fédérations les plus réformistes et les plus importantes à FO en termes de nombre d’adhérents, juste derrière la métallurgie. June influence que l’on retrouve aux plus hauts niveaux de la confédération FO : jusqu’au dernier congrès de Dijon, deux membres du bureau confédéral étaient d’ailleurs issus de la FGTA : Michel Beaugas, qui a pris sa retraite, et Patricia Drevon qui est toujours responsable de l’organisation. La FGTA dispose par ailleurs de trois voix à la commission exécutive confédérale. Appuyé sur de très bons résultats de représentativité et un bilan positif des actions de la fédération, le congrès a adopté à l’unanimité le rapport d’activité et le rapport de trésorerie.

Représentativité en hausse

À sa tête depuis 2022, Laurent Rescanières. Issu du secteur laitier et de l’entreprise Danone, il a exercé tous les mandats syndicaux avant de devenir l’adjoint de Dejan Terglav, puis d’être élu secrétaire général lui-même, au congrès fédéral de Caen en 2022. Il devrait être réélu lors de ce congrès de Montpellier, dont les résultats seront annoncés aujourd’hui. Son rapport d’activité dresse un bilan favorable de représentativité en hausse et d’une mise de la fédération au service des militants. Pendant ces quatre jours, aucune intervention de militant ne s’est montrée en opposition avec la ligne fédérale.

La FGTA dispose de divers bastions, à l’exemple de Carrefour qui présente 49,53 % de représentativité au niveau national. « Chez Buffalo Grill, nous sommes passés de 38,5 % en 2010 à 61 % en 2024. Chez Coca-Cola, nous passons de 10 à 20 %. Chez Distribution Franprix, nous obtenons 70% avec une nouvelle et jeune équipe », se félicite Laurent Rescanières en présentant son rapport d’activité.

« Nous sommes encore plus structurés qu’en 2022 »

Lors de ce discours, Laurent Rescanières a surtout remercier le travail des militants. En revanche, la structuration des services de la fédération relève de son action pendant son mandat. « Le rôle de la fédération, c’est de vous soutenir. Nous avons donc recruté des professionnels, nous avons rénové notre identité visuelle, refondu le site internet, redynamisé la plateforme Avantages, investi dans nos locaux. Nous sommes encore plus structurés qu’en 2022 ». Le service juridique a en effet été renforcé. Ses interventions auprès des militants sont passées de 1 177 à 2 845 en trois ans. La FGTA disposant de son propre institut de formation (l’Inacs), le nombre de stages dispensés aux militants a plus que doublé entre 2022 et 2025, de 950 stagiaires à 2083.

Quant à la plateforme Avantages, elle permet de recréer l’équivalent d’un CSE au profit des salariés de très petites entreprises qui n’ont pas de représentants du personnel. Elle leur fournit donc par exemple des activités sociales culturelles. De 3 000 abonnés en 2022, elle attire désormais 13 000 salariés.

La fédération a également engagé un plan de développement basé sur un CRM (Customer Relationship Management), un logiciel de gestion des contacts et de leurs fonctions qui permet de structurer le système d’information. « Ce n’est pas un CRM pour se faire plaisir, c’est un CRM pour compter le positionnement de nos forces », explique Laurent Rescanières devant ses congressistes. Le CRM devrait permettre à la fédération d’aller chercher de nouvelles implantations. De plus, la fédération tiendra un mini-congrès de développement à Paris dès l’automne prochain.

Des ressources financières en hausse de 25 %

Le rapport de trésorerie a également été présenté mercredi 24 juin par Nabil Azzouz, trésorier de la fédération depuis 2021. Son bilan est aussi positif : les ressources de la FGTA ont augmenté de 25 %, de 5,1 millions d’euros en 2022 à 6,4 millions en 2025. De leur côté, les dépenses restent stables et n’ont augmenté que de 400 000 euros sur la même période. « La fédération dégage donc un excédent de 1,7 M€ en 2025, les fonds propres sont solides et la fédération pérenne », explique Nabil Azzouz devant les délégués.

Les ressources de la FGTA sont composées pour partie des fonds de financement du dialogue social (AGFPN) et des cotisations des adhérents.  Après une forte hausse des cartes syndicales et donc des timbres syndicaux en 2023 en raison de la mobilisation contre la réforme des retraites, leur nombre a retrouvé son niveau des années précédentes. La FGTA a également négocié des accords de financement du dialogue social avec les organisations patronales.

Un secrétaire général tourné vers  les militants

« Laurent a posé un cadre, il a mis de la rigueur qui porte ses fruits. Il est super investi pour les salariés, il ne pense qu’à ça et le porte auprès des équipes fédérales. Cela nous donne une impulsion », nous confie Nathalie Denis, secrétaire fédérale à la FGTA en charge notamment des coopératives agricoles et des activités hippiques . Elle nous raconte aussi cette anecdote : « Laurent n’a pas de barrières vis-à-vis des gens. Un jour nous l’avons emmené visiter un entrepôt, il s’est mis à embrasser tout le monde, y compris la directrice du site ! ».

De l’avis de Patricia Drevon, secrétaire confédérale et elle-même issue de la FGTA, « Laurent a beaucoup structuré le secteur de la grande distribution et développé l’accompagnement sur les franchises et location-gérances. Quelque chose de très fort a été mis en place dans le suivi des équipes ».

Un point que confirme le trésorier fédéral Nabil Azzouz : « Avec Laurent on a vraiment une belle équipe, il a réussi à fédérer autour de lui, c’est énorme cette proximité, c’est une autre vision du syndicalisme. Les patrons de notre fédération, ce sont nos adhérents et nos syndicats ».

C’est d’ailleurs le sens que Laurent Rescanières a souhaité donner à la publication d’un livre qui retrace l’histoire de la FGTA et donne une large place à des témoignages de militants. « C’est un livre en l’honneur de la fédération, un livre pour nous et les générations futures, pour qu’ils sachent où ils sont. C’est un livre pour les militants et rien que pour les militants », explique-t-il dans son discours.

En route pour les prochaines élections CSE

Les délégués eux-mêmes ont tenu à souligner l’importance du soutien fédéral dans les difficultés. « La FGTA a été un soutien essentiel, cette solidarité c’est notre force, et la transformation du secteur n’est pas terminée », souligne Nathalie Devienne du groupe Casino. De l’avis de délégués croisés dans les allées de ce congrès, la fédération sort en effet d’une période plus difficile où elle n’était pas tournée vers le service aux militants.

On a aussi retrouvé sur la scène de ce congrès, Youenn Le Noxaic, élu au CSE de l’usine Orangina de La Courneuve dont la direction a acté la fermeture. « Nous n’avons jamais été seuls, Laurent Rescanières et Frédéric Souillot nous ont rejoint lors de notre piquet de grève, c’était un signal fort, quand on touche à une équipe FO, on touche à toute l’organisation ».

D’autres, comme Thierry Beney (entreprise Savencia) ou Samir Taoui (Danone) ont aussi insisté sur la suppression de la limitation à trois mandats successifs des élus de CSE, obtenue par accord national interprofessionnel en novembre 2024. « C’était un signal fort envoyé aux équipes, car les directions voulaient comme par hasard se débarrasser des élus les mieux formés », ont-ils commenté. Dans ses réponses aux interventions, Laurent Rescanières a à son tour salué cette évolution contre les ordonnances Macron de 2017 : « Les trois mandats c’était un réel sujet et nous remercions la confédération pour son action, c’est une belle victoire ».

Des élus de CSE qui doivent désormais s’investir dans le nouveau cycle électoral, que certains qualifient de « marathon ». Ils disposent pour cela d’une fédération en ordre de marche.

Marie-Aude Grimont

La CPME devient Les Entrepreneurs

26/06/2026

En 2017, la CGPME (confédération générale des petites et moyenne entreprises) devenait la CPME (confédération des petites et moyennes entreprises). Nouveau changement de nom annoncé hier : ne dites plus la CPME, mais Les Entrepreneurs.

“Avec Les Entrepreneurs, la confédération choisit un nom plus clair, plus direct et plus immédiatement compréhensible. Un nom qui affirme ce qu’elle est, ce qu’elle défend et celles et ceux qu’elle représente”, explique le communiqué. “Cette nouvelle identité porte une conviction : la voix de celles et ceux qui font doit être mieux entendue dans le débat public, pour engager les réformes économiques et sociales dont le pays a besoin”. 

Source : actuel CSE