Gel des retraites complémentaires : la CGT et la CFE-CGC attaquent en justice l’Agirc Arrco

17/07/2026

Après une absence de revalorisation des retraites complémentaires cet automne, le climat s’assombrit à l’Agirc Arrco. Deux organisations syndicales, la CGT et la CFE-CGC ont décidé de déposer un recours en justice contre l’organisme de gestion des retraites complémentaires. Une action très rare, voire inédite. Ces organisations dénoncent depuis fin octobre 2025 la volonté des organisations patronales de geler les retraites complémentaires. Les syndicats utiliseront dans leur recours en justice le préambule de l’accord national Interprofessionnel de 2023 selon lequel “la volonté des signataires de préserver le pouvoir d’achat des retraites complémentaires pendant la période quadriennale est rendue possible par le niveau des réserves”.

Selon les deux organisations syndicales, “les projections, présentées aux administrateurs [hier, le 16 juillet], exposaient un résultat technique positif pour les années à venir, avec une augmentation continue des réserves du régime. Ces dernières, en appliquant la revalorisation de 1% demandée par les organisations syndicales, atteindraient ainsi plus de 13 mois de prestations en 2037”.

Selon Denis Gravouil (CGT), le blocage sur la revalorisation provient d’une volonté des organisations patronales, notamment de la CPME, de récupérer des sommes permettant d’amorcer à l’avenir un fonds financier de régime de capitalisation. Il conclut : “On ne peut pas laisser passer un zéro de revalorisation alors qu’il y a toutes les réserves disponibles à l’Agirc Arrco”. 

Côté CFE-CGC, Laurent Lamarle indique “ne pas vouloir perturber ni l’Agirc Arrco ni le paritarisme. “C’est pourquoi la saisine est très limitée à l’absence de revalorisation de 2025”, nous a-t-il indiqué.

Qu’en pensent les autres organisations syndicales ? Pour Fabien Guimbretière, “on laisse d’abord sa place à la négociation car hormis la catastrophe d’octobre dernier, les négociations se passent globalement bien à l’Agirc Arrco”. FO a choisi de ne pas s’associer à cette action. Sa représentante en matière de retraites, Séverine Privat, rappelle l’attachement de son organisation au paritarisme et considère que “la négociation doit rester la voie privilégiée, notre objectif est d’obtenir des avancées par le dialogue social, dans le respect de l’accord national interprofessionnel et des engagements pris par les partenaires sociaux”.

À la CFTC, le gel des pensions complémentaires de fin octobre 2025 n’a pas plu mais le syndicat ne s’associe pas à l’action en justice. “Nous pensons pouvoir poursuivre les travaux paritaires et trouver une voie de négociation permettant d’aboutir à une revalorisation en 2026, surévaluée d’un coefficient numéraire afin de tenir compte du gel de 2025”, nous a confié Léonard Guillemot.

L’action est menée devant le tribunal judiciaire de Paris. Les organisations CGT et CFE-CGC espèrent obtenir une réponse du juge avant le lancement des négociations du nouvel accord national interpro’ sur l’Agirc Arrco pour la période 2027-2030.

Source : actuel CSE