L’UES Inetum met en place une commission IA au sein de son CSEC
01/09/2026
La société Inetum a conclu le 23 juillet 2026 un accord collectif sur l’organisation du dialogue social relatif à l’intelligence artificielle, pour une durée de deux ans, signé par les organisations syndicales représentatives au niveau de l’UES Inetum, la CFE-CGC, la CFTC, la Fédération F3C CFDT, et Solidaires Informatique.
Afin de “garantir une transparence vis-à-vis des salariés et leurs représentants et intégrer les incidences des évolutions technologiques liées à l’IA sur l’organisation et les conditions de travail”, l’accord met en place une commission IA au sein du CSEC. L’accord “n’a pas pour objet de priver le CSEC de ses prérogatives légales, mais d’organiser en amont un dialogue social structuré, continu et adapté aux spécificités des projets IA”, précise l’accord.
La commission se réunira au moins quatre fois par an. Elle est présidée par l’employeur ou son représentant qui peut être assisté. Elle comprend deux membres par organisation syndicale représentative au sein de l’UES soit un total de huit membres.
Les membres de la commission bénéficient chacun d’un crédit spécifique de 12 heures maximum de délégation par réunion de la commission. Deux membres de la commission IA participeront aux phases de test. Un crédit spécifique de huit heures de délégation par projet IA testé est mis à disposition de ces deux membres.
Une formation des membres de la commission IA est financée par l’employeur à hauteur de deux jours.
La commission IA doit être informée de l’ensemble des projets impliquant le recours à des systèmes d’intelligence artificielle, y compris lorsque ces projets ne relèvent pas d’une procédure de consultation du CSEC au sens des dispositions légales. Les projets impliquant le recours à des systèmes d’intelligence artificielle font l’objet d’une classification interne selon leur niveau de risque et d’impact prévisible sur les salariés (faible, modéré, élevé).
Source : actuel CSE
L’inflation repart et la croissance stagne
01/09/2026
Une croissance en berne et une inflation qui repart : c’est ce qui vient à l’esprit à la lecture des dernières statistiques de l’Insee publiées le 28 août. En effet, le produit intérieur brut (PIB) est stable au deuxième trimestre (0 % d’évolution, après – 0,2 % au premier trimestre), ce qui semble compromettre la prévision du gouvernement d’une croissance de + 0,7 % pour 2026, et donc rendre encore plus compliquée l’élaboration du projet de budget pour 2027. Cela n’affecte pas le taux de marge des entreprises, qui s’établit à 31,5 %.
Le pouvoir des ménages quant à lui recule de – 0,6 % (par unité de consommation), du fait notamment d’une reprise de l’inflation ( + 1 % au deuxième trimestre, après + 0,6 % au trimestre précédent).
Concernant les prix à la consommation, la hausse atteint même + 2,4 % sur un an selon les données provisoires du mois d’août (+ 0,7 % en août après + 0,6 % en juillet).
Toujours au deuxième trimestre, l’emploi salarié est négatif dans le secteur privé ( – 0,1 %, soit 23 400 emplois en moins), ce qui représente sur un an une baisse de 0,4 %, soit la perte de 80 900 emplois. La baisse affecte notamment les jeunes (- 0,3 % pour les 15-29 ans) mais n’épargne pas les 30-54 ans (- 0,3 %), les seniors n’étant pas touchés (+ 0,6%).
“II s’agit du sixième trimestre consécutif de recul sur un an. Toutefois, l’emploi salarié privé excède toujours largement son niveau d’avant-crise sanitaire (+5,1 % soit +1,0 million d’emplois)”, note l’Insee.
Source : actuel CSE
L’emploi salarié du secteur privé se contracte légèrement
01/09/2026
Au deuxième trimestre 2026, les effectifs salariés du secteur privé perdent 13 300 postes en France, soit une baisse de 0,1 % de l’emploi total, après un trimestre précédent stable.
Selon l’Urssaf qui publie ces chiffres, cette évolution résulte de la baisse des effectifs dans la construction (- 0,4 %, soit – 6 900 postes), dans l’intérim (- 1 %, soit – 6 700 postes), dans l’industrie (- 0,1 %, soit 2 700 postes), le tertiaire étant stable (+ 3 000 postes).
Comme le fait aussi l’Insee (voir notre brève dans cette édition), l’Urssaf souligne une baisse du pouvoir d’achat de 0,4 point sur un an, “ce qui n’était plus arrivé depuis plus de 2 ans”.
La masse salariale soumise à cotisations sociales progresse néanmoins de 0,3 % au deuxième trimestre, soit + 1,4 % sur un an.
Source : actuel CSE
29 % des entreprises prévoient de recruter en CDI d’ici à la fin de l’année
02/09/2026
Malgré un contexte économique incertain, les intentions d’embauche restent soutenues au second semestre 2026 selon une étude de Robert Half publiée le 26 août et menée auprès de 500 responsables du recrutement.
Selon cette étude, 29 % des entreprises françaises prévoient de recruter en CDI d’ici à la fin de l’année. Elles sont également 28 % à envisager des recrutements en intérim et 24 % à vouloir renforcer le travail en mode projet.
L’IT et la Tech arrivent en tête des secteurs qui recrutent, avec 32 % des entreprises qui prévoient d’y renforcer leurs équipes en CDI, notamment dans la cybersécurité et la transformation numérique.
Face aux pénuries de compétences, 46 % des entreprises comptent investir dans la formation, la reconversion et la montée en compétences de leurs salariés. Par ailleurs, 41 % envisagent de repenser les fonctions et les modes de travail et 31 % de renforcer leurs efforts pour attirer des talents externes.
Source : actuel CSE
Sodexo annonce en CSE la suppression de 963 postes en France
02/09/2026
Lors d’un CSE central, le 26 août, le groupe de restauration collective Sodexo, qui emploie 25 000 personnes en France, a annoncé son intention de procéder à 963 suppressions de postes dans notre pays, 44 créations étant envisagées et 11 postes étant modifiés, “soit 919 emplois de moins” selon FO. Le syndicat parle d’un “séisme social” puisqu’ “un emploi sur 20 serait rayé des effectifs”. Le plan toucherait un grand nombre d’activités, depuis le périmètre écoles et universités (520 postes) jusqu’à la direction de la croissance (52 postes), en passant par la restauration urbaine (152) ou encore les ressources humaines (52).
Cela passerait par un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) précédé d’une phase de départs volontaires.
Le groupe prévoit pour 2026 une croissance de 1,2 à 1,6 % de son chiffre d’affaires pour une marge d’exploitation comprise entre 3,2 % et 3,4 %, mais se dit confronté à “une concurrence accrue” et à de nouvelles attentes de la part des consommateurs qui nécessite un plan d’investissement important de l’ordre d’un milliard d’euros d’ici 2030. La CGT déplore “une nouvelle casse sociale” alors que 50 % du résultat est distribué aux actionnaires.
Source : actuel CSE
Défaut d’information sur la réorganisation de France Travail : Le CSE central lance un recours en justice
03/09/2026

Olivier Penobert, Katia Obiang, Sébastien Socias, Vicent Lalouette
Mercredi 3 juin, la direction de France Travail a présenté aux élus du CSE central son projet de réorganisation. Considérant qu’ils manquaient d’informations pour rendre leur avis, ils ont décidé à l’unanimité de lancer un recours en justice afin d’obtenir les documents considérés comme nécessaires. Explications avec les élus des trois premières organisations syndicales : CFDT (majoritaire), FO et FSU.
Le directeur général de France Travail, Thibaut Guilluy, compte-t-il réduire les effectifs ou atteindre seulement “l’efficience” vantée aux 54 000 salariés et aux élus du personnel ? Il est pour l’instant difficile de le dire, mais le manque d’informations sur la réorganisation de France Travail a convaincu les élus qui ont décidé, à l’unanimité, de saisir le tribunal judiciaire de Paris.
Selon eux, le projet a fait l’objet d’un séminaire présenté devant 500 personnes, en février 2026. Les documents de présentation seraient truffés de novlangue managériale, des mots “technos” et parfois vides de sens, comme “levier d’efficience” ou “leadership inspirant”. Une technique de communication que la sociologue et anthropologue Agnès Vandevelde-Rougale analyse comme destinée à imposer un discours, à bloquer la réflexion des salariés et de leurs représentants.
Les 25 élus du CSE central ont donc décidé de mandater un expert, le cabinet Degest, qui leur a signalé ses difficultés pour obtenir les informations nécessaires à son travail. Les élus estimant ne pas pouvoir rendre d’avis éclairé, ils demandent en justice la condamnation de l’employeur à leur fournir les documents manquants.
“Un manque de transparence”
Concrètement, ce projet de réorganisation prévoit tout d’abord une redéfinition de la ligne managériale avec des suppressions d’échelons hiérarchiques. Le management serait scindé en deux catégories : les encadrants fonctionnels et les encadrants hiérarchiques. Une distinction dont les conséquences pratiques interrogent. “Si la fonction comptable est rattachée à la direction des Hauts-de-France, le responsable de cette fonction donnera le travail à faire à un comptable. Mais ce dernier pourra se trouver à Lyon et ne sera donc pas évalué par le manager de Lille”, nous explique Catherine Laumont, coordinatrice CFDT.
Les choses ne sont pas plus claires sur le second versant de ce projet : la mutualisation des services supports. Selon les élus FO Katia Obiang et Sébastien Socias, la direction en aurait prévu entre 30 et 40. “Le dossier de consultation du CSE est vide et l’expert fait état dans son rapport de plusieurs questions restées sans réponses”, regrettent-ils.
Le projet permettrait un redéploiement des effectifs, considère Vincent Lalouette (FSU). Les représentants du personnel craignent que plusieurs dossiers de salariés ne finissent en ruptures conventionnelles. Si à cette heure, aucune suppression de poste n’est prévue, le projet génère en tout cas une forte anxiété chez les salariés.
Les élus demandent l’impact sur les effectifs
Dans un communiqué de presse intersyndical, les élus CFDT, FO, FSU, CFE-CGC, Snap et STC dénoncent “une restructuration d’ampleur” qui s’éloigne du simple ajustement organisationnel. Ils détaillent également les documents demandés en justice afin de rendre leur avis : “Malgré les demandes répétées des représentants du personnel, de nombreux éléments essentiels n’ont pas été communiqués au CSEC. À ce jour, les impacts réels sur les effectifs, les emplois, les mobilités professionnelles, les activités transférées ou mutualisées, les charges de travail, les conséquences pour les collectifs de travail ou encore les gains d’efficience attendus demeurent insuffisamment documentés”. Ils réclament également au juge un délai supplémentaire de deux mois à partir de la transmission de ces informations pour rendre leur avis.
D’après les trois organisations syndicales que nous avons interrogées, la direction a peu réagi à l’annonce de leur recours en justice. Selon Olivier Penobert (représentant CFDT au CSE central), “elle a pris acte que nous n’avions pas rendu d’avis, et que donc cet avis était considéré comme négatif”. Il semble même que lors de l’annonce du recours, la direction n’avait pas encore connaissance de l’assignation qui lui avait été remise.
“Quoiqu’il en soit, nous voulons la photographie des effectifs avant et après la réorganisation. Quant aux services mutualisés, il en existe une liste mais la direction refuse de nous la fournir”, insiste Katia Obiang (déléguée syndicale centrale FO). Apparemment, il y aurait un dispositif d’accompagnement à l’évolution des compétences mais on ne sait pas lequel”, déplore Vincent Lalouette (FSU).
Pas de grève à l’horizon
En attendant la décision de justice, les élus tentent de préserver le moral des salariés comme ils le peuvent. La direction aura en tout cas réussi à les souder contre elle dans ce dossier. Pour l’instant, alors que la loi plein emploi a conduit à élargir le public d’inscrits à France Travail en incluant tous les publics en recherche d’insertion ou de travail, l’accompagnement des demandeurs d’emploi ne devrait pas être impacté, sauf si des informations précises sur ce point devaient être transmises aux CSE central à l’issue d’une victoire en justice dans ce dossier.
Par ailleurs, le recours à la grève ne semble pas envisagé par les syndicats de salariés de France Travail. “56 % des conseillers se trouvent au dernier niveau de classification, c’est compliqué de leur demander de se mettre en grève, ils craignent d’être stigmatisés alors que le projet de loi de finances approche et qu’il pourrait contenir des baisses de moyens”, analyse Olivier Penobert (CFDT).
À FO, Katia Obiang “cherche à mobiliser les personnels afin de préétablir un rapport de force pour la hausse générale des salaires”, dans un contexte où les négociations annuelles obligatoires stagnent. “Le sujet se discute en ce moment intersyndicale nationale”, a précisé Vincent Lalouette (FSU). L’affaire est mise en délibéré devant le tribunal judiciaire de Paris le 1er décembre. Les 9 et 10 septembre se tiendront les prochaines réunion du CSE central. Leur ordre du j contient des points sur des tests de mutualisation (comptabilité par exemple) ainsi que sur “les gains d’efficience”.
Marie-Aude Grimont