DEFENSE

L’acquisition de 12 Rafale marque un « partenariat stratégique » entre la France et la Croatie

A l’occasion d’une cérémonie en présence du Président de la République française, Emmanuel Macron et du Premier Ministre de la République croate, Andrej Plenković, Florence Parly, ministre française des Armées, et Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, ont signé, ce 25 novembre à Zagreb, avec le ministre croate de la Défense Mario Banožić, deux contrats portant respectivement sur l’acquisition de 12 Rafale et sur le soutien logistique associé. Les 12 avions, prélevés sur la flotte française, seront livrés pour moitié entre le troisième trimestre 2023 et début 2024, puis avant le printemps 2025. En compensation, l’armée de l’Air et de l’Espace bénéficiera en 2023 d’une commande supplémentaire de 12 Rafale neufs, dont « les livraisons commenceront à partir de 2027 », a précisé le porte-parole du ministère des Armées. « Ce partenariat sera le ciment d’une convergence stratégique entre nos deux pays et pose les jalons d’une Europe de la défense », a déclaré Emmanuel Macron. « Ce sont des avions qui vont élever le standing croate sur l’échelle internationale et ils vont nous permettre de contribuer à des missions dans le cadre de l’OTAN et de la défense croate », a souligné le premier ministre Andrej Plenković. « Je me réjouis, au nom de Dassault Aviation et de ses partenaires, d’entamer une relation de confiance avec la Croatie, un pays européen, et d’écrire avec elle une nouvelle page pour le Rafale qui donnera, j’en suis certain, entière satisfaction à l’armée de l’Air croate en contribuant activement à l’exercice de la souveraineté nationale de la Croatie », a commenté quant à lui Eric Trappier, à l’issue de la cérémonie de signature.

Ensemble de la presse du 26 novembre

Rénovation des C-130H de l’armée de l’Air et de l’Espace par Collins Aerospace et Sabena technics : un saut technologique

Collins Aerospace a été chargé en 2017 par la DGA (Direction générale de l’armement) de piloter en tant que maître d’œuvre, en collaboration avec Sabena technics, le chantier de rénovation de la flotte de 14 C-130H de l’armée de l’Air et de l’Espace, des appareils conçus par Lockheed Martin dans les années 50. Collins Aerospace est chargé de définir l’avionique modernisée. Il revient à Sabena technics de fabriquer et d’intégrer les équipements à bord des avions. Deux premiers avions de la flotte ont déjà terminé leur modernisation. L’ampleur du chantier est énorme, souligne Fabien Willig, directeur des programmes militaires de la branche avionique de Collins Aerospace en Europe et au Moyen-Orient, qui s’est exprimé à l’occasion d’une conférence organisée le 23 novembre à Toulouse dans le cadre de l’événement La Fabrique Défense : « Il y a 50 km de câbles par avion. Pour la partie mécanique, il a fallu mettre en place toute la structure pour accueillir de nouveaux équipements », explique-t-il. Les appareils ont bénéficié d’un saut technologique avec l’arrivée d’écrans LCD (écrans à cristaux liquides, Liquid cristal display) et d’une avionique ultra-moderne. Le chantier est marqué par une digitalisation accrue : « Nous avons travaillé sur des techniques pour minimiser les erreurs et les aléas grâce à de la réalité augmentée. L’impression 3D nous permet de fabriquer très rapidement des éléments et d’aller vérifier sur l’avion si on peut les installer. Sur des avions de cette génération, nous avons l’obligation d’être imaginatif si nous voulons être compétitifs », détaille Gilles Foultier, directeur général adjoint en charge des activités militaires au sein de Sabena technics.

La Tribune du 26 novembre

En matière de défense, le président de KNDS appelle l’Europe à accélérer

Frank Haun, le président de KNDS, la holding européenne qui détient les constructeurs de blindés allemand Krauss-Maffei Wegmann et français Nexter, appelle l’Europe à accélérer sur le char franco-allemand. La constitution de KNDS date de 2015 et les premières études d’architecture ont démarré en juillet 2020 pour définir ce système d’armes terrestres du futur, mais le programme « MGCS » (Main Ground Combat System) est en standby, dans l’attente de la mise en place des nouveaux gouvernements allemand et français. A ce rythme, une Europe souveraine est sur la mauvaise voie, avertit Frank Haun : « Nous parlons du futur char européen depuis 2012 pour une entrée en service aux alentours de 2035. Un délai insensé (…) Il faut maintenant arrêter de parler et agir. Développons au plus vite un programme ouvert à la coopération européenne, qui s’adaptera au fur et à mesure des avancées technologiques » alerte-t-il. Appelant les Etats à « dépasser les égoïsmes nationaux » et à faire de preuve de flexibilité, le dirigeant appelle à coopérer davantage pour faire face aux grandes puissances. A l’heure actuelle, l’Europe compte quelque 8 000 chars de combat de toutes origines, et dont la moyenne d’âge dépasse les trente ans. En cas de conflit, le nombre de chars capables de travailler ensemble serait donc très faible. KNDS a l’ambition, au-delà du programme MGCS, de développer sans attendre de nouvelles technologies pour « devenir plus européen et pas seulement franco-allemand ». Mais le PDG de KNDS avertit que le projet de taxonomie européenne établissant le label ESG menace gravement l’industrie de la défense. Ce projet pourrait exclure du label les industries qui travaillent à plus de 5% de leur chiffre d’affaires dans l’armement : une menace directe pour le financement du secteur. « Si je n’ai plus de crédit et de garanties bancaires, je ne pourrai plus vendre nulle part, et je ne pourrai plus équiper les armées, garantes de la sécurité de nos pays et de nos démocraties », prévient Frank Haun.

Les Echos du 29 novembre

Rafaut Group, nouveau champion européen de la défense

Rafaut Group, sous-traitant du Rafale de Dassault Aviation, aspire à grandir à l’échelle européenne. La PME française pèse désormais 160 M€ de chiffre d’affaires pour 640 salariés, et ambitionne d’atteindre les 250 M€ de chiffre d’affaires en 2025. Basée à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine), Rafaut Group est spécialisé dans les systèmes d’emports et d’éjection, mais aussi les réservoirs carburants et d’autres équipements. Après une réorganisation et une modernisation de ses sites, le groupe veut devenir un fournisseur de premier rang. Soutenu par le fonds d’investissement HLD (actionnaire majoritaire avec 55% du capital), aux côtés d’ACE (Tikehau), d’Etoile Capital et de BNP Paribas, le groupe a acquis différentes entreprises depuis trois ans : AEds, Secapem, Alkan… Des acquisitions qui lui ont permis de renforcer ses compétences dans les hélicoptères, systèmes d’entrainements pour pilotes ou encore des systèmes d’emport et d’éjection. Mais le groupe tient à maintenir une stratégie duale, et pourrait viser prochainement une acquisition dans le secteur civil. Le groupe s’intéresse également aux drones, et travaille à la numérisation de ses sites comme ceux de Villeneuve-la-Garenne et Vitry, dans le cadre du programme Industrie du Futur chapeauté par le GIFAS.

L’Usine Nouvelle de décembre 2021