MBDA et Safran testent Thundart, un système de frappe européen longue portée
Le 14 avril 2026, les équipes de MBDA et Safran Electronics & Defense ont réussi le premier tir de la munition Thundart, nouveau système d’artillerie souverain, avec le soutien de la Direction Générale de l’Armement Essais Missiles (DGA EM). « 18 mois seulement se sont écoulés de la feuille blanche à la démonstration », souligne MBDA. Cette réussite est notamment due à la mise en œuvre d’un propulseur développé pour Thuandart par Roxel, filiale à 100 % de MBDA. Le kit de guidage AASM (Armement Air Sol Modulaire), développé par Safran et intégré dans Thundart, a également permis de « confirmer la robustesse de la roquette dans des environnements spécifiques et contraints ». Le système devrait être opérationnel d’ici 2030. Il possède une portée de 150 kilomètres. MBDA et Safran soulignent que Thundart représente une solution développée et produite en Europe, facilement industrialisable pour une production de masse.
Capital du 4 mai 2026
Le Parlement roumain approuve d’importants contrats d’équipements de défense, auprès d’Airbus et Thales notamment
Les parlementaires roumains ont approuvé fin avril 2026 des contrats d’achats d’équipements militaires, proposés par leur ministère de la Défense. Les contrats devraient être signés d’ici le 31 mai 2026. D’une valeur totale de 8,33 Md€, l’enveloppe est financée dans le cadre du prêt européen à taux préférentiel dédié à la défense, SAFE (Security Action for Europe). Le groupe allemand Rheinmetall doit signer des programmes d’une valeur totale de 5,7 Md€, avec notamment la production de véhicules blindés Lynx. Airbus Helicopters doit signer un contrat de 850 M€ pour la production de 12 hélicoptères H225M Caracal ; le ministère de la Défense roumain prévoit l’acquisition de 30 hélicoptères supplémentaires après 2030, via un financement sur le budget national de 2 Md€. Thales doit conclure l’achat de 12 systèmes radar Ground Master 200 pour près de 260 M€. Ceux-ci doivent être entièrement produits en Roumanie et servir à détecter les drones volant à basse altitude.
Les Echos du 30 avril 2026
Exercice Orion : Emmanuel Macron loue le « signal clair » envoyé par les Européens après un exercice militaire d’une ampleur exceptionnelle depuis la guerre froide
Le chef de l’État s’est rendu à Mailly-le-Camp (Aube) et à Suippes (Marne) au dernier jour de l’exercice Orion, jeudi 30 avril 2026. Cet exercice de très grande ampleur avait été lancé en février 2026 pour entraîner l’armée française et l’OTAN aux nouvelles guerres de haute intensité. Environ 12 500 militaires étaient engagés dans sa dernière phase, avec 1 800 véhicules tactiques, 30 hélicoptères et 800 drones de combat. Six autres pays y ont participé : la Belgique, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, les Pays-Bas et le Luxembourg.
Le Monde et Ensemble de la presse du 30 avril 2026
L’actualisation de la loi de programmation militaire en débat à l’Assemblée nationale
Les députés débattent à partir de ce lundi 4 mai 2026 de l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM), qui avait été votée en 2023. Le nouveau projet de loi, qui fixe d’ici à 2030 les grandes orientations et les moyens des armées françaises, prévoit une augmentation du budget de 36 Md€ supplémentaires, pour atteindre 436 Md€. Lors de son examen en commission de la Défense mi-avril, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, avait fait valoir la nécessité d’intégrer les enseignements du conflit au Proche et au Moyen-Orient. Le projet comporte notamment une augmentation des dépenses en matière de munitions, prévue à 8,5 Md€ (portant le total à 26 Md€). Il prévoit également une augmentation de l’investissement dans les drones et l’acquisition de six A400M. Le nombre de bâtiments de la marine et de Rafale n’augmentera pas d’ici à 2030. Un vote solennel sur le texte est prévu mardi 12 mai à l’Assemblée. Le projet de loi est ensuite attendu au Sénat à partir du 2 juin.
Le Figaro du 4 mai 2026
À Brétigny-sur-Orge, un Hub drones pour mener des tests dans des conditions de guerre électronique
La base aérienne de Brétigny-sur-Orge (Essonne), ancien centre d’essais en vol, libéré par l’armée en 2012, est devenue un « Hub drones », impulsé par le pôle de compétitivité Systematic Paris Région et présidé par Thales. Le site s’appuie sur un centre d’essais drones ainsi qu’un couloir aérien de 20 km, pour aider la filière à se développer. Nicolas Roche, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN), a visité le site le 16 mars 2026. Il a pu assister à des essais menés par Alta Ares, Harmattan AI, Asterodyn, CS Group, Orange et Hologarde (filiale du Groupe ADP).
Le Monde du 4 mai 2026
Rafale F5 : le M88 T-Rex offre 20% de poussée en plus
Présenté par Safran Aircraft Engines lors de l’édition 2025 du Salon du Bourget, le M88 T-REX est destiné aux futurs Rafale F5 de Dassault Aviation, attendus pour le début des années 2030. Il s’agit d’une évolution à poussée augmentée du moteur M88 : avec le programme T-Rex, ce dernier passera de 7,5 à 9 t de poussée unitaire, conférant au Rafale 20 % de puissance en plus. Un apport indispensable pour le passage de l’avion au standard F5, qui représente une série d’avancées technologiques. « Le standard F5 est une évolution majeure afin de permettre au Rafale de rester compétitif et agile face à la concurrence, jusqu’à l’arrivée du chasseur de 6e génération », précise Safran Aircraft Engines.
Air & Cosmos du 4 mai 2026
Retards de livraison américains : une opportunité pour l’industrie européenne de défense
Les États-Unis, dont le stock de munitions est placé sous tension par la guerre avec l’Iran, retardent voire suspendent les livraisons à l’export vers plusieurs capitales européennes, usant de la faculté induite par les contrats signés de gouvernement à gouvernement (FMS) de s’approprier du matériel militaire commandé et payé par des pays étrangers. Alors que l’Europe a concentré les 2/3 de l’export américain d’armement de 2021 à 2025 selon le Sipri, les États pourraient être amenés à se tourner vers des solutions européennes. Le Danemark a ainsi récemment privilégié l’acquisition de 8 systèmes de défense anti-aérienne européens, dont le SAMP/T de Thales et MBDA, aux dépens du Patriot américain. D’après Les Echos, les acteurs de la défense sol-air, tels que MBDA (missiles Aster, architecture sol-air), Thales (radars, détection) et Airbus Defence and Space (intégration, systèmes), sont particulièrement bien positionnés, de même que l’écosystème des capteurs, radars et systèmes de commandement, avec Thales et Safran (optronique, navigation), ou que les acteurs du soutien et de la maintenance comme KNDS France et Arquus.
Les Echos du 5 mai 2026
France–Arménie : un partenariat stratégique en cours de finalisation
Le président français Emmanuel Macron a salué lundi 4 mai à Erevan le choix de l’Arménie de « se tourner vers l’Europe », à l’occasion de la conclusion prochaine d’un partenariat stratégique entre les 2 pays. La coopération de défense inclut déjà un volet aérien avec la commande de 3 radars français et la formation par la France de soldats arméniens. L’Arménie a passé commande de 36 canons Caesar en 2024. Des accords devraient également être conclus dans le domaine des transports.
Ensemble de la presse du 5 mai 2026
L’A400M d’Airbus peut désormais déployer des munitions à distance
Airbus a annoncé une évolution majeure de l’A400M, permettant à cet avion de transport militaire de disposer de capacités de déploiement de munitions à distance, au-delà de 500 kilomètres. Un système de largage de munitions a été intégré, permettant des opérations à distance sans transformation complexe de l’appareil. Les pays opérant ce modèle, comme l’Allemagne et l’Espagne, peuvent désormais l’utiliser pour déployer jusqu’à 50 drones ou 12 missiles par mission.
L’Essentiel de l’Eco du 4 mai 2026
Les défis de la supply chain face aux besoins de l’industrie de défense
Les PME de la base industrielle et technologique de défense (BITD) bénéficient de manière contrastée de la hausse des commandes passées par la Direction générale de l’armement (DGA), qui a investi 38 Md€ en 2025. Implantée en Touraine, Decomatic, qui fournit des fixations aéronautiques et des pièces critiques pour les Rafale, les missiles de MBDA et les canons Caesar de KNDS, a doublé son activité entre 2022 et 2025 et envisage d’en faire autant dans les 4 prochaines années. Elle se heurte toutefois, comme d’autres PME, à un besoin accru en fonds de roulement. Pour répondre aux commandes de ses clients, l’entreprise s’est engagée dans une transformation industrielle profonde, qui lui a permis d’augmenter sa productivité de 40% depuis 2022.
L’Usine Nouvelle du 5 mai 2026
Global Combat Air Programme (GCAP) : des incertitudes liées aux financements britanniques
Selon Les Echos, le Global Combat Air Programme (GCAP), initiative multinationale menée par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon pour développer un avion de chasse furtif de 6ème génération, pourrait être fragilisé par des retards de financement côté britannique. Fin avril 2026, Herman Claesen, directeur du programme GCAP au sein de BAE Systems, a déclaré au Financial Times que les ressources humaines affectées au projet pourraient être « redéployées », en l’absence de contrat formel. L’agence GCAP, créée en décembre 2023, s’appuie sur un consortium industriel réunissant les principaux groupes de défense des 3 pays, baptisé Edgewing et lancé en juin 2025. En mars 2026, l’agence lui a commandé des développements d’ingénierie et de design pour 686 M£, couvrant une période courant jusqu’à fin juin.
Les Echos du 5 mai 2026
Le déploiement de missiles américains de longue portée en Europe pourrait être abandonné
Selon le Wall Street Journal et la chaîne CBS, le retrait de 5 000 soldats d’Allemagne, annoncé le 1er mai par le Pentagone, pourrait s’accompagner de l’abandon du projet de déploiement en 2026 de missiles américains d’une portée allant de 460 à plus de 2 700 kilomètres sur le sol allemand. Cette décision avait été entérinée lors du sommet annuel de l’OTAN à l’été 2024, par l’ancien président américain Joe Biden et l’ancien chancelier social-démocrate Olaf Scholz. Ce projet marquait une évolution importante de la posture militaire américaine en Europe depuis la crise des euromissiles des années 1980. Le Pentagone n’a pas commenté ces éléments.
Le Monde du 6 mai 2026
Le Pentagone veut accélérer la transformation technologique de l’industrie de défense
Alors que le budget 2026 du Pentagone est de 960 Md$, dont 205 Md$ d’achats d’équipement et 179 Md$ de recherche et développement, l’administration Trump entend opérer une bascule stratégique vers l’innovation. Le secrétaire à la Guerre [le nouveau nom du secrétaire à la Défense sous Donald Trump, ndlr] Pete Hegseth, l’a souligné le 12 janvier, dans un discours prononcé sur le site de lancement de SpaceX, dans lequel il fustigeait un manque de concurrence entraînant une « aversion au risque » au sein du complexe militaro-industriel. « Les Etats-Unis doivent remporter la compétition stratégique pour la suprématie technologique du XXIe siècle », a-t-il déclaré. Il a notamment insisté sur l’importance stratégique de l’intelligence artificielle et annoncé des investissements massifs dans les capacités de calcul, les centres de données et les infrastructures destinées aux usages militaires de l’IA.
Le Monde du 6 mai 2026
Lorenzo Mariani nommé à la tête de Leonardo
Lorenzo Mariani doit prendre, le 7 mai 2026, la tête du groupe italien de défense Leonardo, en remplacement de Roberto Cingolani. Cette nomination marque, selon la presse, une orientation plus industrielle pour le groupe. Lorenzo Mariani, qui a construit toute sa carrière au sein de Leonardo, aura notamment pour mission de piloter l’augmentation des capacités de production. Leonardo a publié mercredi un bénéfice net trimestriel en forte hausse de 60%, à 184 M€, poussé par les ventes d’électronique et d’hélicoptères. Le chiffre d’affaires a progressé de 6,9%, à 4,4 Md€, grâce notamment aux ventes de systèmes électroniques en Europe (+14,7%).
Les Echos et Zone-bourse.com du 6 mai 2026
La guerre au Moyen-Orient alourdit le coût des OPEX françaises
Fin avril 2026, dans le cadre d’auditions au Parlement, le ministre du Budget, David Amiel, a indiqué que le conflit au Moyen-Orient pourrait se traduire par un coût imprévu d’« un milliard d’euros au titre des opérations extérieures et de leur intensification ». Selon le ministère des Finances, ce chiffre est une estimation reposant sur la base d’un coût constaté de 300 M€ par mois. Des moyens importants ont été déployés dans le Golfe, notamment dans le cadre des accords de défense avec les Emirats arabes unis, le Qatar ou le Koweït. Des Rafale, des hélicoptères Tigre et Fennec, ainsi que le porte-avions Charles-de-Gaulle , 2 frégates et des batteries de défense antiaérienne sont actuellement mobilisés dans la zone. Le ministère des Armées précise que les éventuels surcoûts non provisionnés feront l’objet d’une demande de financement interministériel au titre de l’article 5 de la LPM.
Les Echos du 6 mai 2026
Renault s’engage dans la production de drones militaires avec Turgis & Gaillard
Dans son usine du Mans, Renault accueillera d’ici fin 2026 une ligne d’assemblage du drone militaire Chorus, développé avec Turgis & Gaillard à la demande de la Direction générale de l’armement (DGA). Les 1ers prototypes sont attendus cet été. Capable de missions de renseignement ou d’attaque, ce drone longue portée doit bénéficier du savoir-faire industriel de Renault afin de réduire fortement les coûts de production. Le projet, soutenu par l’État, représente un contrat d’environ 90 M€. À pleine capacité, l’usine pourrait produire jusqu’à 600 drones par mois. Renault travaille aussi sur d’autres projets militaires avec Arquus et Thales, dans un contexte de réarmement européen et de diversification industrielle.
Le Monde du 6 mai 2026