ESPACE

Arianespace envisage jusqu’à 17 lancements en 2022

A l’occasion des traditionnels vœux à la presse, Stéphane Israël, le président exécutif d’Arianespace, a dressé le bilan de sa société en 2021, et présenté les perspectives d’une année 2022 qui s’annonce charnière à plusieurs égards. L’an passé, ce sont 15 missions qui ont été menées avec succès (soit 5 de plus qu’en 2020), la plus emblématique étant celle qui a vu le lancement du télescope spatial James Webb de la NASA. Sur les 15 lancements effectués en 2021, 11,5 étaient strictement commerciaux, ce qui permet à Arianespace de conserver la tête sur ce marché. En termes de commandes, Arianespace a décroché le lancement de 22 satellites supplémentaires, portant à plus de 1,25 Md€ son chiffre d’affaires, en progression de 30% par rapport à 2020. Pour la suite, Stéphane Israël pressent à moyen terme l’arrivée d’ambitieux projets de constellations, même si le marché des traditionnels satellites géostationnaires de télécommunications commerciaux est en berne. Pour 2022, 17 lancements sont envisagés. Mais ce qui devrait retenir l’attention du grand public en 2022 est la perspective des vols inauguraux des lanceurs Vega C et Ariane 6, dont les étages inférieur et supérieur sont actuellement en route vers la Guyane. « Nous avons hâte d’engager 2022, avec une activité opérationnelle très soutenue et l’arrivée de Vega C et d’Ariane 6, déclare Stéphane Israël. Arianespace n’a qu’un seul objectif : le succès de ses clients ! ».

Air & Cosmos du 6 janvier

Vers un premier lancement d’Ariane 6 en 2022

Si tout se déroule correctement, Ariane 6 pourrait effectuer son premier vol avant la fin de cette année. Un modèle de test quasi identique à la fusée finale devrait arriver vers le 20 janvier. Il va permettre de répéter dans les semaines à venir toutes les opérations préparatoires à un lancement. « C’est la rencontre du lanceur avec les installations du CNES à Kourou », résume François Deneu, directeur du programme Ariane 6 chez ArianeGroup en charge de la construction de la fusée. L’objectif est de diviser par trois la durée entre l’arrivée du lanceur par bateau et le décollage, soit deux semaines contre six actuellement. « Nous visons un premier essai à feu court de quelques secondes début mai, puis un long fin mai-début juin qui doit durer dix minutes, soit l’équivalent d’un vol complet sans quitter le sol! » explique François Deneu. ArianeGroup espère démarrer la campagne du premier modèle de vol dans la foulée, pour un lancement au début du second semestre. Les industriels attendront néanmoins le retour d’expérience des essais statiques avant d’envoyer le lanceur à Kourou. « Contrairement à Ariane 5, où ils étaient retirés quelques secondes avant le décollage, ils ne s’écarteront cette fois qu’au moment de l’allumage des boosters », explique le responsable du CNES. Au total le développement du nouveau lanceur aura coûté 3,8 Md€, dont 400 M€ investis par les industriels. L’objectif est ensuite de réaliser 3 lancements en 2023, puis de monter en régime pour atteindre une production annuelle de 9 à 12 lanceurs, condition sine qua non pour atteindre l’objectif de réduction des coûts de 40% par rapport à Ariane 5. À ce jour, Arianespace qui commercialise le lanceur, compte 9 commandes, dont la moitié sont « institutionnelles », c’est-à-dire provenant de l’ESA et de l’Union européenne.

Le Figaro du 5 janvier

Comment Arianespace a résisté à SpaceX en 2021

Après un exercice 2020 assez cauchemardesque, Arianespace a bouclé l’année 2021 avec 15 lancements au compteur, un chiffre en hausse de 50%, et un chiffre d’affaires de l’ordre d’1,25 Md€, en augmentation de 30%. « Nous avons été leaders, et de loin, sur le segment commercial avec 11,5 lancements contre 6 à notre concurrent, sur 21,5 lancements au total », souligne Stéphane Israël. SpaceX a en effet, en 2021, essentiellement effectué des vols pour ses besoins propres (constellation Starlink) et ses clients institutionnels (NASA, Pentagone). Arianespace prévoit une année très chargée, avec jusqu’à 17 lancements : quatre Ariane 5 sur les cinq dernières à lancer avant sa mise à la retraite ; neuf Soyouz (quatre depuis la Guyane, cinq depuis Baïkonour) ; trois Vega-C, dont son tir inaugural prévu en avril ; et le premier vol d’Ariane 6 au second semestre. Stéphane Israël assure être confiant sur le premier vol d’Ariane 6 fin 2022. L’exercice 2022 sera d’autant plus décisif que des événements majeurs sont aussi prévus chez la concurrence. Arianespace peut en tout cas s’appuyer sur des fondamentaux solides. L’année 2021 lui a permis de rajouter 22 satellites à son carnet de commandes, dont plusieurs à lancer sur Ariane 6 (Galileo, Optus, Skyloom). Son carnet de commandes atteint 36 lancements. Une réussite des premiers vols d’Ariane 6 et de Vega-C permettrait probablement de décrocher des contrats supplémentaires.

Challenges du 7 janvier