Le spatial est au cœur de la coopération franco-italienne
Dans un entretien avec La Tribune, le ministre italien des Entreprises et du Made in Italy, Adolfo Urso, dresse la liste des priorités en matière d’industrie et d’innovation. Le spatial est vu comme un pilier de la coopération franco-italienne et de la souveraineté industrielle européenne. Il plaide pour la consolidation de la filière spatiale, l’émergence de champions européens à travers le projet Bromo et un soutien accru au programme IRIS². Il appelle aussi à un plan européen dédié aux lanceurs afin d’accroître les capacités d’Ariane 6 et Vega C. Pour Rome, le modèle industriel franco-italien illustré par Thales Alenia Space doit servir de référence. Plus largement, Adolfo Urso défend le principe du « local content » pour renforcer la production européenne, tout en faisant de l’économie spatiale l’un des 5 nouveaux secteurs stratégiques de l’Italie.
La Tribune du 29 juin 2026
Orus développe une technologie spatiale hyperspectrale
La startup Orus développe une technologie d’imagerie spatiale hyperspectrale capable de rendre visibles des phénomènes invisibles à l’œil nu, comme le stress hydrique des plantes, la qualité des sols ou la pollution des eaux. Chaque pixel d’image est analysé pour identifier la signature spectrale des matières, permettant de distinguer des algues, des hydrocarbures ou encore des plastiques. Installé sur des satellites, son capteur servira autant tant à des applications civiles (agriculture), que de défense. Soutenue par l’Agence de l’innovation de défense et intégrée à Copernicus via l’ESA, la technologie est en cours de déploiement. Le système d’observation de la Terre prend la forme d’un cube, doté d’un objectif, posé sur le haut d’un satellite. Orus prévoit un 1er lancement avec SpaceX en 2027.
L’Usine nouvelle du 29 juin 2026
Actia : 8 M€ investis pour son nouveau spatial à Toulouse
Actia précise les contours du nouveau site industriel annoncé fin mai à Toulouse : un investissement de 8 M€ dans un nouveau site industriel de 2 200 m² à Toulouse, dédié à la production de petites séries de cartes électroniques complexes. Après le rachat de Steel Électronique en 2024 et la création d’Actia Aerospace, le groupe vise plus de 100 M€ de chiffre d’affaires dans cette activité d’ici 2030, contre 82 M€ aujourd’hui. Cette usine, dotée de salles blanches, ciblera les constellations de satellites, notamment IRIS², ainsi que le spatial traditionnel et la défense. Elle permettra aussi de réinternaliser certaines productions stratégiques afin de sécuriser la chaîne d’approvisionnement et emploiera à terme une cinquantaine de personnes.
La Tribune du 29 juin 2026
Es’hailSat confie à Thales Alenia Space la réalisation de son futur satellite de télécommunications géostationnaire
Thales Alenia Space annonce la signature d’un contrat avec Es’hailSat, société qatarie de satellites, pour développer une nouvelle génération de satellite définie par logiciel, basée sur la plateforme Space INSPIRE (INstant SPace In-orbit REconfiguration). Nommé Eshail-3/Türksat-Biruni, ce satellite de télécommunication géostationnaire offrira des services de connectivité de haut débit à travers l’Europe, l’Afrique, l’Asie centrale et le Moyen-Orient, en partenariat avec l’opérateur turc Türksat.
Boursorama et les Echos Investir du 1er juillet 2026
“ThrustMe : l’Europe spatiale face à la Chine”
Dans un entretien à l’Opinion, Ane Aanesland, cofondatrice de ThrustMe, acteur de premier plan de la propulsion électrique des satellites, analyse le profond changement de l’écosystème spatial français et européen en 10 ans, notamment face à la concurrence des acteurs privés américains : “les institutions, les investisseurs et les industriels comprennent beaucoup mieux l’importance stratégique d’un écosystème spatial innovant et compétitif”, note-t-elle. Elle rappelle que “l’Europe reste extrêmement forte dans de nombreux domaines : les infrastructures au sol, certaines technologies critiques, les équipements spatiaux de haute performance ou encore des sous-systèmes comme la propulsion électrique”. Elle juge toutefois que l’Europe devra bientôt connaître un second réveil face à l’émergence de la Chine comme superpuissance scientifique, technologique et spatiale.
L’Opinion du 1er juillet 2026
Le premier camion à hydrogène acquis dans le cadre du projet Hyguane a opéré son avitaillement
Le programme Hyguane vise à couvrir 10 à 15 % des besoins en hydrogène du lanceur Ariane 6 grâce à de l’hydrogène décarboné produit en Guyane. Il est mené par un consortium d’acteurs (Air Liquide, MT-Aerospace, Be.blue, le CNES, l’ESA ainsi que les universités de Guyane et de Liège) – et présidé par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) ; son lancement opérationnel est prévu en 2027. L’écosystème Hyguane fournira également de l’hydrogène pour alimenter les véhicules lourds en Guyane. Une étape a été franchie le 24 juin 2026 avec l’avitaillement du premier camion à hydrogène commandé par l’ESA.
La Tribune du 1er juillet 2026
La NASA consolide son projet de base lunaire avec l’annonce de nouvelles missions
La NASA a annoncé mardi 30 juin 2026 de nouvelles missions à l’horizon 2028 avec des entreprises américaines pour aider à la création future d’une base à la surface lunaire. Menées en collaboration avec Astrobiotic, Firefly Aerospace, Intuitive Machines, trois sociétés développant des robots lunaires, ces quatre missions dotées d’un budget total d’environ 600 M$ consisteront à acheminer sur la Lune des instruments scientifiques devant permettre de préparer le terrain à cette construction.
Le Monde et Le Parisien du 1er juillet 2026
« La France a-t-elle encore de l’ambition dans le spatial ?» : tribune de plus 800 scientifiques
Plus de 800 scientifiques alertent sur les réductions budgétaires imposées au Centre national d’études spatiales (CNES) pour 2026-2028, qui s’élèvent à 330 millions d’euros sur trois ans, soit plus de 20 % du budget annuel. Ces coupes menacent les programmes scientifiques spatiaux, notamment l’observation de la Terre, avec l’arrêt du programme AOS (Atmosphere Observing System), dédié à l’étude des nuages et de la physique des orages. Cet arrêt, s’il est confirmé, fera perdre une décennie dans la compréhension de mécanismes clefs régissant le changement climatique et permettant de mieux prédire des événements météorologiques extrêmes, soulignent les chercheurs. Les signataires appellent le gouvernement à engager dès maintenant une réflexion stratégique sur les ambitions françaises pour une politique spatiale au service des sciences du climat et de l’univers, et à profiter du sommet spatial international que la France accueillera les 9 et 10 septembre 2026 à Paris pour réaffirmer ces ambitions.
Le Figaro du 2 juillet 2026
Airbus a remporté le contrat du satellite de détection du vent Aeolus-2 de l’ESA
Airbus annonce avoir signé avec l’Agence spatiale européenne (ESA) le contrat initial portant sur la conception et la construction du satellite Aeolus-2, successeur du premier satellite Aeolus lancé en 2018. La mission vise à fournir des profils verticaux des vents à haute résolution afin d’améliorer les modèles de prévisions météorologiques et la compréhension du climat. Développé par l’ESA en partenariat avec EUMETSAT (Organisation européenne pour l’exploitation des satellites météorologiques), Aeolus-2 fournira notamment des données au Met Office britannique et au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF).
Aeromorning et Fortuneo du 3 juillet 2026
Opinion : comment l’Europe peut jouer un rôle stratégique grâce à ArianeGroup dans la course mondiale à l’orbite basse
Dans une tribune publiée par les Echos, Ludovic Subran, Directeur des investissements du groupe Allianz, rappelle que le marché des services LEO, estimé à 16 Md$ en 2025, pourrait atteindre 120 Md$ en 2030, dans une économie spatiale appelée à dépasser 1.800 Md$ en 2035. Si l’Europe ne peut rivaliser avec les constellations de satellites en orbite basse déployées par la Chine ou par des acteurs américains comme SpaceX ou Amazon, qui se comptent en milliers, elle devrait miser sur un maillon stratégique, le lancement, plutôt que sur la taille de ses constellations, selon Ludovic Subran. Il rappelle qu’Amazon a choisi Ariane 6 pour lancer une tranche importante de ses satellites, en raison de sa fiabilité. ArianeGroup peut jouer un rôle stratégique en augmentant sa capacité de lancements annuels, notamment à travers sa filiale MaiaSpace et son minilanceur partiellement réutilisable attendu en 2027, estime Ludovic Subran.
Les Echos du 3 juillet 2026
Colloque sur les OVNIS à l’Assemblée nationale
Pour la 1ère fois, l’Assemblée nationale a accueilli un colloque consacré à l’étude des Ovnis et en particulier du rôle du GEIPAN (Groupe d’études et d’informations sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés). Cette organisation rattachée au CNES depuis 1977 est en charge de piloter les enquêtes au sujet des Phénomènes aérospatiaux non expliqués (PAN). Les échanges ont souligné l’importance de la coopération avec la Gendarmerie, Météo-France et l’armée de l’Air et de l’Espace pour analyser les signalements. Si l’amélioration des capteurs permet de réduire le nombre de cas inexpliqués, les intervenants ont plaidé pour un renforcement des moyens d’observation et une meilleure coordination européenne afin d’améliorer l’identification des phénomènes signalés.
Air&Cosmos du 29 juin 2026