Hervé Derrey (Thales Alenia Space) : « L’Europe doit affirmer sa puissance dans le spatial. »
En marge du sommet international sur l’espace, où a été confirmé le contrat de la constellation IRIS² (330 satellites en orbite basse, 18 en orbite moyenne), Hervé Derrey, PDG de Thales Alenia Space*, évoque un programme mobilisant plus de 1 000 personnes chez l’industriel. Pologne et Espagne sont intéressées par des ajouts de satellites. Le dirigeant appelle à une ambition européenne pour le vol habité, une feuille de route étant attendue en décembre 2026 lors de la ministérielle de l’ESA. « L’Europe doit affirmer sa puissance dans le spatial. Le vol habité est une façon de le faire », déclare-t-il.
La Tribune du 21 septembre 2026
L’ESA met Iceye et Leonardo en concurrence pour concevoir le futur système satellitaire EOGS
L’Agence spatiale européenne a signé le 17 septembre deux contrats pour définir l’architecture du futur système européen de reconnaissance par satellite EOGS, destiné à réduire la dépendance de l’Europe aux données américaines, qui en fournissent plus de 90 % aujourd’hui. Le consortium ARISE, mené par la société finlandaise Iceye, réunit notamment Indra, Rheinmetall, Hisdesat et Unseenlabs. Le consortium concurrent est mené par le groupe italien Leonardo, avec Thales Alenia Space, Telespazio, OHB et la startup française AIKO. Le programme sera financé sur le budget européen 2028-2034.
Air & Cosmos du 19 septembre 2026
La Compagnie maritime nantaise investit dans un cargo à voile pour transporter les fusées d’Avio
Dans le cadre d’un partenariat de cinq ans avec le groupe spatial italien Avio, signé en juin 2026, la Compagnie maritime nantaise (CMN, filiale de Sogestran) investit 40 à 50 M€ dans un roulier vélique de 105 mètres, commandé au chantier chinois Guangzhou Shipyard International, livrable en 2030. Il transportera les lanceurs Vega-C vers Kourou, équipé de trois ailes rigides OceanWings (Caen), réduisant la consommation de carburant d’environ 20 %. « Nous avons transporté le télescope James Webb, notre colis le plus cher », rappelle Marc-Antoine Girardet (Sogestran).
Les Échos du 19 septembre 2026
Sommet international sur l’espace : François Leproux analyse la coopération spatiale franco-allemande
Selon l’ingénieur du secteur spatial François Leproux, le Sommet international sur l’espace a mis en lumière un paradoxe entre les divergences politiques franco-allemandes dans le domaine spatial et la capacité des industriels des deux pays à coopérer. Il estime que l’Europe devrait d’avantage créer les conditions permettant aux acteurs Français, allemands, italiens ou espagnols de s’associer lorsqu’ils sont complémentaires, plutôt que de chercher à constituer “artificiellement des champions franco-allemands”. Il cite notamment les programmes Ariane 6, Nix et Vortex, comme exemples de cette approche.
La Tribune du 21 septembre 2026
Thomas Pfister devient le nouveau PDG de U-Space
U-Space a nommé Thomas Pfister au poste de PDG. Il succède à Fabien Apper, co-fondateur de U-Space, qui occupait ce poste depuis la création de l’entreprise en 2018. Avant sa nomination, Thomas Pfister avait passé 16 ans chez Airbus Defence and Space. Il était ensuite rejoint la startup danoise du New Space GomSpace. Fabien Apper, quant à lui, demeure dans l’entreprise et devient Chief Technical and Products Officer. L’entreprise affiche l’ambition de fabriquer 50 satellites en 2027. 5 de ses satellites ont déjà été envoyés en orbite.
La Tribune du 21 septembre 2026
EUMETSAT dévoile sa stratégie 2040
Après Destination 2030, EUMETSAT publie une nouvelle feuille de route baptisée Stratégie 2040, afin de prendre en compte l’intensification de la compétition entre les puissances spatiales. Elle s’appuie sur 3 piliers : fournir des services opérationnels renforcés, mettre l’innovation au service des systèmes de demain, et développer les partenariats nécessaires à la continuité et à la résilience des services fournis aux 30 États membres de l’organisation.
Air & Cosmos du 22 septembre 2026
L’ESA prévoit de porter Ariane 6 à 15 vols par an au-delà de 2030
Dans un entretien à La Tribune, Géraldine Naja, directrice du transport spatial de l’ESA, confirme une montée en cadence d’Ariane 6 à 12 lancements par an fin 2029, puis 15 lancements annuel après- 2030, contre 9 à 10 prévus initialement. Vega-C, opéré par l’italien Avio, devrait passer de 3 vols en 2026 à 6, voire 9. La fabrication des boosters P120C, produits par Europropulsion (ArianeGroup/Avio), constitue un goulot d’étranglement avec 50 unités attendues en 2030. ArianeGroup a obtenu en avril 2026 un permis de construire à Toulouse pour porter sa capacité de production de perchlorate d’ammonium de 5 000 à 8 000 tonnes par an.
La Tribune du 23 septembre 2026
Exotrail pour désorbiter un satellite OneWeb
Le CNES a confié à la startup francilienne Exotrail, dans le cadre de France 2030, une mission de désorbitation d’un satellite OneWeb d’Eutelsat prévue en 2029-2030, en partenariat avec Astroscale France. Exotrail développera une version RPO/D de son véhicule Spacevan pour l’approche et l’amarrage en orbite, une capacité maîtrisée par peu d’acteurs selon son cofondateur, Jean-Luc Maria. L’entreprise, qui exploite déjà 2 Spacevan LEO en orbite, vise 3 à 5 lancements annuels et a signé le 14 septembre un partenariat avec Safran. Le marché des services en orbite est estimé à 3 Md$ sur 10 ans par le cabinet Novaspace.
Challenges du 22 septembre 2026
Exolaunch et Space Cargo Unlimited préparent des missions Starfall avec SpaceX
Exolaunch a conclu le 21 septembre un accord avec SpaceX pour réserver, à partir de 2029, une mission utilisant Starfall avec Starship. L’entreprise allemande prendra en charge l’intégration d’expériences confiées par ses clients, destinées à être menées en microgravité. Space Cargo Unlimited avait annoncé le 15 septembre un accord distinct pour embarquer une usine spatiale d’1 tonne sur Starfall dès 2028. Space Cargo Unlimited prévoit aussi de faire voler des charges utiles sur Vortex de Dassault Aviation.
La Tribune du 23 septembre 2026
Le Royaume-Uni crée un escadron spatial pour protéger ses satellites
La Royal Air Force a annoncé le 23 septembre la création d’un troisième escadron spatial, le No. III Space Effects Squadron, chargé de protéger les satellites britanniques et de contrer les activités hostiles en orbite. « Ce siècle dépendra de la maîtrise de l’espace », a déclaré le secrétaire à la Défense Wes Streeting. L’annonce intervient après la reconnaissance par les États-Unis, le 14 septembre, de systèmes de contrôle armés en orbite, et dans le cadre d’une nouvelle stratégie spatiale britannique dotée de 7,8 Md£ d’ici 2030, dont 2,8 Md£ pour le programme Skynet.
Libération du 24 septembre 2026