Fortes chaleurs : le gouvernement appelle à la plus grande vigilance les entreprises des départements passés en vigilance rouge
22/06/2026
De nombreux départements sont passés en vigilance rouge dimanche 21 juin à midi :
- les Pyrénées-Atlantiques ;
- les Landes
- la Gironde ;
- le Lot-et-Garonne ;
- la Dordogne ;
- le Lot ;
- la Corrèze ;
- la Creuse ;
- la Haute-Vienne ;
- la Charente ;
- la Charente-Maritime ;
- les Deux Sèvres :
- la Vienne ;
- l’Eure-et-Loir ;
- l’Indre ;
- l’Indre-et-Loire ;
- le Loir-et-Cher ;
- le Loiret ;
- la Sarthe ;
- tous les départements de l’Ile-de-France ;
- la Nièvre ;
- l’Aube ;
- l’Yonne ;
- la Loire-Atlantique ;
- le Maine-et-Loire ;
- la Vendée.
À compter d’aujourd’hui midi, de nouveaux départements seront concernés :
- le Finistère ;
- les Côtes d’Armor ;
- le Morbihan ;
- l’Ille-et-Vilaine ;
- la Mayenne ;
- l’Orne ;
- les Hautes-Pyrénées ;
- la Haute-Garonne ;
- le Tarn ;
- le Tarn-et-Garonne ;
- l’Allier ;
- le Puy-de-Dôme ;
- la Saône-et-Loire ;
- la Côte-d’Or.
Rappelons que la “vigilance rouge” correspond à une période de canicule extrême, exceptionnelle par sa durée, son intensité, son extension géographique qui présente un fort impact sanitaire pour l’ensemble de la population ou qui pourrait entraîner l’apparition d’effets collatéraux, notamment en termes de continuité d’activité.
Un décret et un arrêté du 27 mai 2025 ont renforcé les obligations des employeurs en cas de fortes chaleurs depuis le 1er juillet 2025. Une instruction en date du 22 mai 2026 complète le dispositif.
À l’issue de la cellule interministérielle de crise qui s’est réunie le 20 juin, le gouvernement a demandé aux préfets des régions passées en vigilance rouge de s’assurer de la diffusion des recommandations aux employeurs afin que ces derniers adaptent l’organisation du travail et assurent leur obligation de protéger les travailleurs et les stagiaires, notamment pour les métiers exposés. Ils sont également invités à encourager le télétravail chaque fois que cela est pertinent et d’adapter la présence en entreprise des stagiaires de seconde.
Par ailleurs, le ministère du travail et des solidarités et le ministère de l’éducation nationale ont publié vendredi soir un communiqué appelant les entreprises “à une vigilance particulière dans l’accueil des jeunes stagiaires, qu’ils soient en stage d’observation ou en formation en milieu professionnel”.
“Moins expérimentés et plus sensibles aux effets de la chaleur, ces jeunes doivent faire l’objet d’une attention renforcée. Il revient aux entreprises d’accueil de mettre en œuvre les mesures de prévention qui garantissent leur santé et leur sécurité, voire de les retirer temporairement de la situation d’exposition à des températures extrêmes”, insiste le communiqué.
Parmi les mesures à mettre en œuvre :
- l’évaluation des risques liés à la chaleur et l’adaptation des conditions de présence du jeune ;
- la garantie d’un accès permanent à de l’eau potable et fraîche, à des espaces ombragés ou rafraîchis et, si nécessaire, l’aménagement des horaires ;
- l’information des stagiaires sur les risques liés à la chaleur et les bons réflexes à adopter ;
- la stricte limitation de toute exposition prolongée à la chaleur, en particulier pour les activités physiques, et l’organisation de temps de pause ;
- des moyens techniques pour réduire le rayonnement solaire sur les surfaces exposées, par exemple par l’amortissement ou par l’isolation, ou pour prévenir l’accumulation de chaleur dans les locaux ;
- pour les jeunes stagiaires en formation professionnelle, la mise en œuvre de procédés de travail, la modification de l’aménagement et de l’agencement des lieux et postes de travail et la fourniture d’équipements de protection individuelle adaptés.
Il est également recommandé “de sensibiliser les équipes à la reconnaissance des signes du coup de chaleur (maux de tête, nausées, confusion) et de s’appuyer, si besoin, sur le médecin du travail pour ajuster les mesures à la situation de chaque jeune”.
► Plus d’informations sur le site du ministère du travail.
► Voir aussi notre article sur le rôle du CSE, dans cette même édition
Source : actuel CSE
Grandes chaleurs : le rôle du CSE
22/06/2026
À l’occasion du nouvel épisode de canicule qui frappe la France, le gouvernement a incité les entreprises des départements passés en vigilance rouge à la plus grande prudence, tout en attirant l’attention sur la santé des apprentis.
En complément, nous republions cet article rédigé après la parution du décret et de l’arrêté de juin 2025 sur les grandes chaleurs.
► Lors des grandes chaleurs, le rôle premier revient bien sûr au préventeur et à la direction de l’entreprise. Mais les représentants du personnel ont aussi un rôle à jouer pour donner l’alerte en cas de danger, mais aussi en amont pour inciter l’entreprise à anticiper les risques.
L’alerte
⇒ Précision : le code du travail ne définit pas de seuil au-delà duquel le travail serait dangereux ou interdit. Selon l’Institut national de recherche sécurité (INRS), au-delà de 30 °C pour une activité sédentaire et 28° pour un travail nécessitant une activité physique, la chaleur peut constituer un risque pour les salariés. “Toutefois, précise l’INRS sur son site, certaines situations de travail peuvent être dangereuses en-dessous de 28 °C ou maîtrisées au-delà de 30 °C car la température de l’air ne suffit pas à évaluer les risques liés aux ambiances thermiques chaudes”.
⇒ Si les représentants du personnel perçoivent un danger grave et imminent, comme par exemple un travail sans mesure de protection en pleine canicule, ils peuvent déclencher une procédure d’alerte pour danger grave et imminent (art L. 4132-2 du code du travail), qui doit donner lieu à une enquête conjointe.
⇒ En cas d’accident du travail, le CSE mène une enquête et peut suggérer des mesures de prévention. Depuis le décret n° 2023-452 du 8 juin 2023, l’entreprise doit déclarer tout accident mortel dans les 12 heures à l’inspection du travail.
L’anticipation et la prévention
⇒ Le CSE est associé à la prévention des risques professionnels.
Au-delà de 50 salariés, le CSE est consulté sur la mise à jour du DUERP, le document unique d’évaluation des risques professionnels (art. L. 4121-3 du code du travail). Le comité peut faire des propositions pour améliorer ce document (ex : prévoir zones ombragées, pauses durant le travail, informations données aux salariés, etc.). Pour l’établir, l’employeur doit évaluer l’exposition des salariés au risque de grande chaleur, et définir le cas échéant des mesures et actions de prévention dans le Papripact, le programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (voir III de l’article L.4121-3-1). Ce programme doit préciser pour chaque mesure ses conditions d’exécution, des indicateurs de résultats, son coût, les ressources de l’entreprise pouvant être mobilisées, et un calendrier précis.
⇒ Le CSE est aussi consulté sur les cas de recours aux équipements de protection individuels, notamment en fonction des conditions météo (nouvelle rédaction de l’art. R. 4323-97 du code du travail).
⇒ Le CSE a le droit de mener, 4 fois par an (soit le même nombre que les réunions du CSE consacrées à la santé et à la sécurité), une inspection en matière de santé, de sécurité et des conditions de travail. Ces inspections, ou visites de sécurité, permettent notamment aux représentants du personnel d’exercer leur rôle de contrôle et d’analyse des risques et de formuler des propositions d’amélioration.
⇒ Sur la pénibilité et le rôle du CSE
Des exemples d’actions du CSE en cas de forte chaleur
| Attribution du CSE | Fondement juridique / Source | Exemple d’application |
| Consultation sur les mesures de prévention | Code du travail, art. L. 4121-3 et L. 2312-8 | Avis sur l’aération, adaptation des horaires |
| Droit d’alerte en cas de danger grave et imminent | art. L. 2312-60 et L. 4132-2 | Signalement d’un risque lors d’une canicule |
| Analyse et évaluation des risques | art. L. 4121-3 | Contribution à l’actualisation du DUERP (document unique d’évaluation des risques professionnels) |
| Consultation sur les équipements de protection individuels (EPI) adaptés aux conditions climatiques | art. R. 4323-97 | Choix de vêtements et d’équipements de protection adaptés à la chaleur |
Source : actuel CSE
Canicule : le ministre du travail réunit les partenaires sociaux en fin de journée
24/06/2026
Interrogé hier lors des questions aux gouvernement à l’Assemblée nationale sur l’impact des fortes chaleurs sur les travailleurs, le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a annoncé qu’il réunirait aujourd’hui, à 18h30, l’ensemble des organisations syndicales et patronales “pour regarder les mesures supplémentaires éventuelles à apporter et, surtout, se mettre à travailler sur des mesures plus structurelles car ces chaleurs intenses viennent impacter structurellement le monde du travail qui devra s’adapter”.
Le ministre du travail a insisté sur le fait que le plan santé au travail 5, présenté le 5 juin dernier, contient un volet dédié.
Il a également demandé aux préfets d’arrêter les chantiers entre 13h et 21h “si la situation locale l’exige”.
Enfin, il a tenu à rappeler “qu’en matière de sécurité et de santé au travail, la première obligation, ce sont les employeurs qui l’ont, et les employeurs qui feraient défaut, engageraient leur responsabilité”.
Source : actuel CSE
AvoSial rappelle les obligations des entreprises en cas de vigilance rouge
25/06/2026
Dans un communiqué publié hier, le syndicat des avocats d’entreprise en droit social, AvoSial, rappelle qu’en cas de vigilance rouge – 58 départements sont actuellement concernés – les obligations des entreprises sont renforcées.
“En cas de vigilance rouge, l’employeur doit réévaluer quotidiennement les risques et adapter en conséquence l’organisation du travail, les horaires et la charge de travail. Si les mesures de prévention mises en place ne permettent plus de protéger efficacement les salariés, il conviendra d’envisager la suspension temporaire de certaines activités. Dans les situations les plus exceptionnelles, le recours à l’activité partielle peut également être étudié”, indique aussi AvoSial.
Le syndicat rappelle également l’importance de garder une traçabilité des actions entreprises. Il convient dès lors de “conserver une trace :
- des évaluations des risques réalisées ;
- des adaptations décidées (horaires, pauses, télétravail, etc.) ;
- des communications adressées aux salariés.
Cette documentation permettra, en cas de contrôle ou de contestation, de justifier le respect des obligations en matière de santé et de sécurité”.
Source : actuel CSE
Fortes chaleurs : le ministre du travail va créer un groupe de travail
26/06/2026
Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a reçu mercredi soir en fin de journée les partenaires sociaux afin d’échanger sur la vague de chaleur en cours et les changements structurels à envisager.
Afin d’aller plus loin que les mesures existantes, le ministre du travail a annoncé créer un groupe de travail “pour suivre la situation et pour étudier dès la rentrée les nouveaux usages et les adaptations structurelles à mettre en œuvre afin de maintenir l’activité, lors de ces périodes caniculaires, tout en protégeant la santé des salariés”.
Si le gouvernement se refuse à fixer une température au-delà de laquelle l’activité doit s’arrêter, le communiqué du ministère du travail précise toutefois que le seuil de 28° pour des activités physiques et de 30° pour les activités sédentaires constituent “des repères utiles pour agir en prévention” quand bien même elles ne constituent pas des valeurs limites d’exposition professionnelle, d’autres paramètres étant à prendre en compte.
Source : actuel CSE