La sinistralité recule là où la prévention progresse et là où il y avait des CHSCT actifs
05/10/2026

Avec au moins une nouvelle action de prévention, l’indice de fréquence des accidents du travail recule, montre la Dares.
Dans une analyse publiée le 1er octobre, la Dares met en évidence une baisse de la fréquence des accidents du travail lorsque de nouvelles actions de prévention sont engagées. Le recul est marqué dans les petits établissements. Les nouveaux équipements de protection individuelle (EPI), pourtant au dernier rang de la hiérarchie des mesures de prévention, sont associés à la baisse la plus forte. Les actions contre le stress et le mal-être, l’actualisation du Duerp et la présence d’instances représentatives du personnel spécialisées et actives (l’ex-CHSCT) vont aussi de pair avec une évolution plus favorable de la sinistralité.
“La prévention des risques professionnels par les employeurs s’accompagne en général d’une baisse des accidents du travail”. Chiffres à l’appui, la Dares (direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques du ministère du travail) confirme dans une étude publiée ce 1er octobre, ce que chacun sait déjà et ce que personne ne sait vraiment. Entre 2014 et 2018, l’indice de fréquence des accidents du travail diminue de 0,5 point dans les établissements ayant mis en œuvre au moins une nouvelle action de prévention en 2016. Il augmente à l’inverse de 0,3 point lorsque seules des actions antérieures sont poursuivies et de 0,5 point lorsqu’aucune action n’est menée.
Pour établir cette évolution, la Dares compare la situation avant et après 2016, année où les employeurs sont interrogés sur leurs actions de prévention. L’indice de fréquence retenu pour 2014 correspond à la moyenne des années 2013 à 2015. Celui de 2018, à la moyenne de 2017 à 2019. L’analyse porte sur 4 789 établissements dont les réponses ont été appariées aux données d’accidents du travail de la Cnam.
Une baisse plus forte dans les petits établissements
Dans les établissements de moins de 10 salariés ayant engagé de nouvelles actions de prévention, l’indice de fréquence recule de 1,1 point entre 2014 et 2018. La baisse devient nulle dans les établissements de 250 salariés ou plus. En 2016, 43 % des établissements de moins de 10 salariés avaient mis en œuvre au moins une nouvelle action de prévention, contre 64 % des 10 à 49 salariés, 83 % des 50 à 249 salariés et 91 % des 250 salariés ou plus.
“Dans les plus grands établissements, la mise en œuvre de mesures de prévention nouvelles est quasiment systématique”, relève la Dares, alors que les accidents y sont moins fréquents et les mesures préexistantes plus répandues. À l’inverse, dans les petites structures, “la mise en place de nouvelles mesures de prévention singularise des établissements qui auraient une culture de prévention plus développée que d’autres de même taille”.
Les nouveaux EPI associés à la baisse la plus forte
La mise à disposition de nouveaux équipements de protection individuelle (EPI) est associée à la baisse la plus forte de l’indice de fréquence, avec un recul de 0,63 point. Une baisse marquée qui, selon la Dares, suggère que les nouveaux EPI ont pu “diminuer les risques à l’origine des accidents récemment survenus dans l’établissement”.
Viennent ensuite :
- le recours à une expertise extérieure ( – 0,44 point) ;
- l’élaboration d’un nouveau plan de prévention (- 0,40 point) ;
- la modification des locaux, des équipements de travail ou des produits utilisés (-0,31 point) ;
- la formation des salariés à la sécurité (- 0,31 point) ;
- la modification de l’organisation du travail (- 0,29 point).
Les autres actions de prévention sont associées à une baisse beaucoup plus faible (- 0,07 point).
DUERP à jour et CHSCT actif sont associés à une sinistralité plus favorable
Dans les établissements de moins de 50 salariés, l’évolution de la sinistralité est plus favorable lorsqu’un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) a été actualisé ou lorsqu’une instance représentative du personnel est présente. Avec un CHSCT actif, encore en vigueur au moment de l’enquête, l’indice de fréquence recule de 1,2 point, contre 0,2 point lorsqu’il est inactif ou inexistant (*).
“Dans les petits établissements, ces situations (DUERP à jour, présence d’une instance représentative du personnel ou d’un CHSCT actif), plus rares, vont souvent de pair avec la mise en œuvre d’actions nouvelles de prévention”, constate la Dares.
Parmi les établissements de moins de 50 salariés, 64 % de ceux ayant actualisé leur Duerp ont engagé au moins une nouvelle action en 2016, contre 30 % de ceux qui ne l’ont pas actualisé. La proportion atteint 69 % lorsqu’une instance représentative du personnel est présente, contre 44 % en son absence, et 75 % avec un CHSCT actif, contre 48 % dans les autres établissements.
À l’inverse, dans les établissements de moins de 50 salariés qui n’engagent aucune nouvelle action, l’indice de fréquence augmente de 1,5 point lorsque le Duerp n’est pas actualisé, de 1,3 point en l’absence d’instance représentative et de 0,7 point lorsque le CHSCT est inactif ou inexistant.
Les mesures contre le stress et le mal-être contiennent aussi la sinistralité
Dans les établissements ayant engagé des actions contre le stress ou le mal-être, l’indice de fréquence diminue de 0,4 point, contre une stabilité dans les autres.
En l’absence de nouvelle action générale de prévention, ces mesures limitent la hausse de la sinistralité (+ 0,2 point, contre + 0,7 en leur absence). A contrario, lorsqu’une nouvelle action générale a déjà été engagée, leur ajout ne se traduit pas par une baisse supplémentaire (- 0,4 point avec elles, contre – 0,7 sans elles). Rapportée au niveau initial de sinistralité, la baisse dépasse 12 % dans les deux cas. L’analyse porte uniquement sur les accidents du travail avec arrêt. Elle ne mesure ni les maladies professionnelles ni les arrêts maladie.
Parmi les actions spécifiquement consacrées au stress et au mal-être, la baisse est la plus marquée après un audit extérieur (-0,48 point). Viennent ensuite les procédures de résolution des conflits et l’aménagement des horaires (-0,37 point chacun), puis la formation spécifique du personnel encadrant (-0,35 point).
(*) Ce point est très intéressant dans la mesure où chaque fois qu’ils ont été interrogés sur le lien entre le taux d’accidents du travail important en France et la disparition d’une instance spécialisée sur la sécurité et les conditions de travail (CHSCT), les ministres en charge du travail depuis 2017, et donc depuis la création du CSE, ont toujours récusé le moindre lien entre les deux. “Il n’y a pas de hausse du nombre des accidents du travail du fait des ordonnances de 2017”, disait ainsi Olivier Dussopt en 2023.
| Les situations les plus associées aux accidents |
| Les accidents du travail sont plus fréquents dans la construction et dans les services sociaux, sanitaires et éducatifs. Dans l’industrie comme dans la construction, la sinistralité est aussi particulièrement élevée dans les très petits établissements. Parmi les facteurs de pénibilité, la manutention manuelle de charges lourdes et les postures pénibles sont associées à davantage d’accidents. En 2014, l’indice de fréquence atteint ainsi 5,7 accidents pour 100 salariés dans les établissements où plus de 10 % des salariés sont exposés à la manutention de charges lourdes, contre 3,3 dans les autres. La Dares n’observe pas de fréquence plus élevée des accidents en cas d’exposition à des produits chimiques dangereux ou au travail en équipes alternantes. Du côté des risques psychosociaux, les écarts concernent surtout les tensions entre collègues, avec la clientèle ou le public, avec la hiérarchie, ainsi que le travail dans l’urgence. |
Matthieu Barry
Cancers professionnels : près de 90 % des malades étudiés ont été exposés à un cancérogène au travail
05/10/2026
Les cancers d’origine professionnelle restent massivement sous-reconnus, alerte une étude du CNRS publiée le 30 septembre. En France, environ 1 800 cancers sont reconnus chaque année comme maladie professionnelle, alors que leur nombre est estimé entre 17 000 et 34 000 par an.
Les enquêtes menées par les Giscop(e), des programmes de recherche-action portés par des équipes pluridisciplinaires (médecins, professionnels de la prévention, chercheurs…), de Seine-Saint-Denis et du Vaucluse montrent que près de 90 % des malades étudiés ont été exposés professionnellement à au moins un cancérogène et que la moitié l’a été à plusieurs. À l’issue de l’expertise, entre 49 % et 57 % des patients ont été orientés vers une déclaration en maladie professionnelle.
Le CNRS pointe notamment les limites du système actuel, qui prend mal en compte les polyexpositions et les parcours professionnels des femmes. Seulement 4 % des cancers reconnus comme maladies professionnelles concernent des femmes. Les auteurs préconisent de renforcer la traçabilité des expositions et d’intégrer davantage le facteur professionnel dans le parcours de soins en oncologie.
Source : actuel CSE
Exposition à des cancérogènes dans les ateliers de la RATP : 79 salariés devant les prud’hommes
05/10/2026
79 salariés, en poste ou retraités de la RATP, ont saisi le conseil de prud’hommes de Paris pour faire reconnaître leur polyexposition à des substances cancérogènes, mutagènes et reprotoxiques au cours de leur carrière. L’audience de ces agents d’entretien et de maintenance des bus de la RATP, répartis entre quatorze ateliers de la région parisienne, s’est tenue le 30 septembre.
“Ils demandent, tout d’abord, que leur soit délivrée une fiche d’exposition pour leur permettre de bénéficier d’un suivi médical post-professionnel ou professionnel renforcé, nous explique Elisabeth Leroux, leur avocate, associée au cabinet TTLA. Ils demandent également que soit reconnue la responsabilité de la RATP, car cette dernière n’a pas pris les mesures nécessaires pour les protéger de ces risques. Nous demandons, enfin, la réparation du préjudice d’anxiété.”
Il s’agit de procédures individuelles, explique l’avocate, dans lesquelles chacun des travailleurs explique « ne pas avoir bénéficié des protections collectives et individuelles en mesure de les protéger », ni avoir bénéficié des informations et des formations de la part de leur employeur sur les risques qu’ils encouraient.
Selon Me Leroux, les extracteurs présents dans les ateliers et chargés de capter les gaz d’échappement sont défectueux et ne permettent pas de respecter les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP). “Depuis les années 1980 jusqu’à ce jour, ils ont été exposés à tout un ensemble de cancérogènes avérés, classés catégorie 1 par le CIRC”, explique-t-elle. Et de lister le cocktail de substances présentes dans leur environnement de travail : amiante (utilisée pour la garniture des freins), monoxyde de carbone, benzène, chrome, plomb, poussières de bois, amines aromatiques, hydrocarbures aromatiques polycycliques…
Maître Leroux rappelle que depuis 2019, une dizaine d’inspecteurs du travail se sont succédé dans ces quatorze ateliers et ont dressé des procès-verbaux et des mises en demeure. Ces verbalisations ont conduit à la conclusion d’une transaction pénale en 2022, par laquelle la RATP a reconnu sa responsabilité et s’est engagée à régulariser la situation. En 2025, deux mises en demeure constatant l’exposition irrégulière des salariés au monoxyde de carbone ont été contestées par la RATP devant les tribunaux administratifs de Paris et de Montreuil, qui ont validé les conclusions de l’inspection du travail.
En parallèle, l’un des 79 salariés ayant saisi le conseil de prud’hommes a déposé une demande de reconnaissance de son mésothéliome comme maladie professionnelle, un cancer causé par l’exposition à l’amiante.
Contactée par nos confrères de Santé et Travail, la direction de la RATP a fait savoir qu’elle “adapte ses procédures et ses mesures de prévention au regard de l’état des connaissances scientifiques et techniques disponibles, en recherchant systématiquement leur conformité avec les orientations portées par ces organismes de référence”, qu’elle liste “les risques dans le document unique d’évaluation des risques professionnels”, et qu’elle effectue chaque année “une campagne de mesures dans chaque atelier pour vérifier la conformité avec les valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP)”.
Le délibéré du conseil de prud’hommes est attendu le 8 janvier 2027.
Source : actuel CSE
La Firps avance trois leviers pour aider les entreprises à ne plus subir l’absentéisme
06/10/2026

Face à la progression de l’absentéisme, la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps) invite les entreprises à ne pas se focaliser sur le contrôle des arrêts maladie. Dans un guide publié la semaine dernière, elle propose trois leviers : anticiper les absences et leurs conséquences sur les collectifs, mieux préparer les retours au travail et affiner l’analyse du phénomène.
Alors que le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 comporte de nouvelles mesures pour contenir les dépenses liées aux arrêts maladie, la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps) propose une autre approche. L’absentéisme “n’est pas une cause en soi : il constitue un indicateur qui peut notamment éclairer le fonctionnement réel du travail”, estime la fédération, qui regroupe 21 cabinets.
Dans son guide “Absentéisme au travail : comprendre, prévenir, agir”, la Firps refuse donc de réduire le phénomène à une question de comportements individuels. “L’absentéisme ne doit pas être réduit à un comportement individuel à juger ou à sanctionner, ni à un taux qu’il faudrait faire baisser à tout prix”, insiste Isabelle Tarty, sa présidente. Pour elle, la réponse doit être globale : anticiper les absences, réguler leurs effets sur les collectifs et rechercher les facteurs professionnels susceptibles de les alimenter.
Anticiper les absences plutôt que les subir
Premier levier : intégrer davantage les absences dans l’organisation du travail. Car elles entraînent une surcharge pour les équipes présentes, de la fatigue managériale, des désorganisations, voire une dégradation de la qualité du travail.
“Les entreprises sont en train de subir un absentéisme majeur qui a des répercussions sur les organisations”, constate Camy Puech, président-fondateur de Qualisocial. Pour sortir de cette logique, les entreprises doivent, selon lui, se demander comment rendre “prévisible” ce qui est aujourd’hui subi.
Pas question pour autant de se lancer dans une “chasse aux sorcières”. Certes, “il y a des abus”, reconnaît-il, mais les placer au centre du débat risque d’accroître “la défiance” et “le désengagement”.
La priorité est plutôt de travailler sur l’organisation et la régulation de la charge de travail. Camy Puech recommande notamment de réaliser des sortes de “stress tests” : que se passe-t-il dans une équipe lorsqu’une personne s’absente ? Comment le travail est-il redistribué ? Quels dysfonctionnements cette absence risque-t-elle d’accentuer ?
Kevin Audureau, responsable de l’équipe QVT du cabinet Uside, va plus loin : “Chaque entreprise devrait avoir un observatoire pour capter les signaux”. Mais il invite aussi les entreprises à regarder l’autre face de l’absentéisme : le travail supplémentaire assumé par ceux qui restent. “Comment va-t-on reconnaître et valoriser ce travail ?”, interroge-t-il.
Préparer le retour après une longue absence
Deuxième chantier : la reprise après une absence longue. Pour la Firps, celle-ci ne doit pas être envisagée comme une simple formalité administrative. Elle doit être préparée avec le salarié, son manager, les RH, le collectif et les acteurs de la santé au travail.
“On a un problème d’anticipation. Le jour où le salarié reprend, on n’a pas forcément préparé la reprise”, alerte Valérie Tran, présidente-directrice générale d’Ariane Conseil. Après plusieurs mois d’absence, le salarié peut avoir perdu le contact avec l’entreprise mais aussi douter de ses propres capacités : “Est-ce que je vais être capable de travailler comme avant ? Est-ce que mes collègues vont m’accepter ? Quel regard vont-ils porter sur moi ?”.
D’où le rôle déterminant du manager, qui doit “aller au-delà d’une vision purement administrative” et réfléchir à l’organisation du poste, à la charge de travail ou encore à un éventuel temps partiel thérapeutique. Sans préparation, avertit Valérie Tran, “le salarié qui revient en emploi tombe comme un chien dans un jeu de quilles”.
Pour Brigitte Vaudolon, directrice générale de Pulso France, trois mots doivent guider cette démarche : “anticiper, dialoguer […] et ajuster”. Elle regrette que les entreprises aient encore “une marge de progression énorme” sur le plan humain, alors que les procédures administratives sont, elles, généralement bien identifiées.
Plusieurs dispositifs existent pourtant. Outre la visite de pré-reprise auprès du médecin du travail, Brigitte Vaudolon cite le rendez-vous de liaison, qui peut permettre de maintenir le contact et d’anticiper les conditions de reprise, ainsi que l’essai encadré, encore mal connu.
D’une durée maximale de 14 jours ouvrables, fractionnables et renouvelable une fois, ce dispositif, issu de la loi Santé au travail du 2 août 2021, permet d’évaluer concrètement la compatibilité d’une situation de travail avec l’état de santé du salarié avant la reprise effective. Pour l’experte, ce dispositif “peut notamment rassurer les personnes qui doutent de leurs capacités après une maladie longue et leur permettre de se confronter progressivement aux conditions réelles de travail”.
Brigitte Vaudolon rappelle qu’il existe également l’entretien de reprise, réalisé avec le manager ou les RH dans les jours suivant la reprise, puis un suivi dans la durée, afin d’ajuster les conditions de travail si nécessaire.
Ne pas s’arrêter au taux d’absentéisme
Dernier axe : revoir la manière dont l’absentéisme est mesuré. “Les indicateurs d’absence nous disent qu’il se passe quelque chose mais ne nous disent pas quoi”, résume Jean-Christophe Villette, directeur d’Ekilibre conseil. Une analyse uniquement statistique risque, en outre, de conduire à des raccourcis et à la stigmatisation de certaines populations, notamment “les jeunes, les seniors ou les femmes”.
Il recommande donc de croiser données quantitatives, entretiens et observation du travail réel. Les démarches les plus efficaces sont celles qui s’inscrivent dans “la prévention et pas simplement en réaction et en one-shot”, avec l’implication des représentants du personnel et des managers.
Un changement de perspective qui revient à ne plus seulement se demander comment faire baisser l’absentéisme, mais ce que les absences révèlent du travail et de son organisation.
| Un rapport sénatorial resté dans les tiroirs |
| Après plusieurs mois d’auditions, la mission sénatoriale consacrée à la souffrance au travail avait finalisé, en juillet dernier, un rapport sur la santé mentale au travail. Celui-ci n’a toutefois pas été rendu public, faute d’avoir été adopté par une partie des membres de la mission. Une situation que regrette la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps), qui avait été auditionnée dans le cadre de ces travaux. “C’est le paradoxe de ces enjeux”, déplore Isabelle Tarty, présidente de la Firps, alors que la santé mentale a été érigée en grande cause nationale en 2026. Pour Isabelle Tarty, le fait que les travaux menés à partir de l’audition de nombreux experts n’aient pas débouché sur la publication du rapport “interroge sur la volonté” de mettre effectivement en œuvre des leviers d’action en matière de santé mentale au travail. |
Anne Bariet
Santé mentale : le bien-être des salariés s’améliore, mais les préjugés progressent
09/10/2026
La santé mentale des salariés s’améliore légèrement en 2026, mais les fragilités persistent. Selon une enquête Ifop réalisée pour Moka.Care, le GHU Paris psychiatrie & neurosciences et le BCG auprès de 2 000 salariés, et dévoilée hier, 74 % se déclarent en situation de bien-être mental, soit quatre points de plus qu’en 2025. Les troubles du sommeil reculent de sept points, à 48 %, et le burn-out de quatre points, à 24 %.
Toutefois, près de sept salariés sur dix déclarent avoir souffert d’au moins un trouble lié au travail au cours des cinq dernières années. Les moins de 35 ans sont particulièrement exposés (76 %). Autre signal préoccupant : les préjugés progressent. 32 % des salariés considèrent désormais les troubles psychiques comme un signe de faiblesse, soit 10 points de plus en un an, et 29 % estiment que consulter un psychologue constitue un aveu d’échec (+12 points).
Source : actuel CSE