Salaires en berne, charge de travail en hausse, manque de reconnaissance : le grand malaise des professions intermédiaires

15/07/2026

Plus de la moitié des professions intermédiaires (51 %) indiquent que leur charge de travail a augmenté au cours de l’année écoulée.

Une enquête de l’Ugict-CGT, présentée le mardi 7 juillet et menée auprès de 1 000 professions intermédiaires et techniciennes du public et du privé, dessine le portrait d’une catégorie professionnelle qui estime ne plus être reconnue à la hauteur de ses qualifications.

Première catégorie socioprofessionnelle en France en nombre, devant les cadres et les employés, les professions intermédiaires dénoncent un décrochage de leurs rémunérations. Présentée le 7 juillet, l’enquête de l’Ugict-CGT (le syndicat des cadres de la CGT) révèle que, pour la première fois depuis dix ans, le salaire figure parmi les trois principales préoccupations professionnelles de 76 % des répondants, soit une progression de 20 points depuis 2018.

Des rémunérations jugées en décalage avec les responsabilités

Le constat est sévère. Plus d’un répondant sur deux estime que sa rémunération ne correspond ni à ses responsabilités (52 %), ni à ses qualifications (52 %), ni à sa charge de travail (58 %), ni à son implication professionnelle (60 %). Près de la moitié considère également que son salaire ne reflète pas son temps de travail réel.

Ce sentiment s’inscrit dans une évolution de long terme. “Entre 1996 et 2024, le salaire net moyen des professions intermédiaires du secteur privé n’a progressé que de 0,9 % en euros constants, contre près de 14 % pour l’ensemble des salariés”, indique Cyril Dallois, secrétaire national de l’Ugict-CGT, en se référant à une étude de l’Insee de 2026.

Des qualifications de moins en moins reconnues

Au-delà de la question salariale, les professions intermédiaires dénoncent une reconnaissance insuffisante de leurs compétences.

La moitié des personnes interrogées estiment que leur technicité n’est pas correctement prise en compte dans les grilles de classification, tandis que 57 % jugent leur emploi insuffisamment valorisé. Plus d’un salarié sur deux considère également que son poste n’offre pas de véritables perspectives d’évolution vers le statut cadre.

L’Ugict-CGT pointe notamment certaines réformes des classifications professionnelles, comme dans la métallurgie, “qui auraient contribué à effacer progressivement la place spécifique des professions intermédiaires entre les catégories cadres et non-cadres”, selon Cyril Dallois (Ndlr : rappelons que la CGT était opposée à l’accord des partenaires sociaux de 2022 sur la nouvelle convention collective de la métallurgie).

Les négociations salariales critiquées

L’enquête met également en lumière une évolution des politiques salariales. Selon les répondants, les augmentations générales deviennent plus rares au profit des augmentations individuelles. Près de trois salariés sur dix déclarent que leur rémunération n’évolue pas lors des négociations annuelles obligatoires (NAO), tandis que 43 % estiment que leur salaire ne garantit pas une égalité de traitement entre collègues aux parcours comparables.

Une charge de travail toujours plus lourde

Le sentiment de déclassement s’accompagne d’une intensification du travail. Plus de la moitié des professions intermédiaires (51 %) indiquent que leur charge de travail a augmenté au cours de l’année écoulée. Près d’un salarié sur deux travaille désormais plus de 40 heures par semaine, dont une majorité entre 40 et 44 heures.

Les heures supplémentaires restent fréquentes : 47 % des répondants déclarent en effectuer, mais un quart affirme qu’elles ne sont ni rémunérées ni récupérées.

Un management de plus en plus contesté

Autre enseignement majeur : la dégradation du climat managérial. 44% des professions intermédiaires estiment que les pratiques de management se sont détériorées au cours de l’année écoulée. L’utilisation croissante des outils numériques est perçue comme un facteur d’intensification du travail par près d’un salarié sur deux, tandis que 38 % constatent une intrusion accrue de la vie professionnelle dans leur vie privée.

L’organisation syndicale critique un management centré sur la performance financière de court terme, qu’elle qualifie de “Wall Street Management”. Elle s’inquiète notamment du déploiement des intelligences artificielles génératives sans concertation ni formation suffisante des salariés.

Les systèmes d’évaluation individuelle sont également remis en cause : près de six répondants sur dix les jugent “opaques”, “insuffisamment fondés sur des critères pertinents et incapables de reconnaître le travail réellement effectué”.

Les études davantage prises en compte pour la retraite

L’enquête aborde également la question des retraites. 72% des professions intermédiaires se déclarent favorables à la prise en compte des années d’études dans le calcul des droits à la retraite. Une majorité soutient également une augmentation de la part patronale des cotisations retraite et souhaite que l’élévation du niveau de qualification soit mieux intégrée au système.

Les revendications de l’Ugict-CGT

À l’issue de cette enquête, l’Ugict-CGT appelle à l’ouverture de négociations salariales dans l’ensemble des branches professionnelles, à une réindexation des salaires sur l’inflation ainsi qu’à la mise en place de minima salariaux liés au niveau de diplôme.

Le syndicat des cadres de la CGT défend également la réduction du temps de travail à 32 heures hebdomadaires, le renforcement du droit à la déconnexion et la prise en compte des années d’études dans le calcul des retraites.

Les conflits internationaux s’invitent dans le quotidien des salariés
La montée des tensions géopolitiques pèse désormais sur le monde du travail. Selon l’enquête de l’Ugict-CGT, 38 % des professions intermédiaires déclarent être impactées dans leur activité par les conflits internationaux.

La principale conséquence évoquée reste la hausse du coût de l’énergie et la baisse du pouvoir d’achat (77 % des personnes concernées), devant les réorganisations de la production (30 %) et l’évolution de la finalité de certaines activités industrielles (28 %).

Le phénomène est particulièrement marqué dans l’industrie manufacturière, le commerce, les transports et les entreprises publiques, où plus d’un salarié sur deux se dit concerné.

L’enquête met également en évidence un questionnement éthique croissant. Un quart des répondants affirment qu’ils exerceraient leur droit de retrait si leur entreprise leur demandait de participer à la production de biens ou de services alimentant des conflits armés. Un sur cinq envisage même de démissionner dans une telle situation.

Anne Bariet

Grandes chaleurs : la CGT du ministère du travail dénonce une “catastrophe sanitaire” et réclame des moyens pour les inspecteurs du travail

15/07/2026

Le syndicat CGT du ministère du travail a adressé le 10 juillet une lettre ouverte à Jean-Pierre Farandou. 

À l’instar de Sophie Binet qui vient de demander des mesures fortes afin de protéger la santé des salariés, le syndicat du ministère déplore plusieurs morts au travail et remarque que Santé Publique France a constaté une hausse des décès de 29 % durant la semaine du 22 au 28 juin, ce qui correspond à 2 025 morts supplémentaires par rapport à la semaine précédente. 

La CGT du ministère parle d’une “catastrophe sanitaire”. Elle estime que le décret du 27 mai 2025 n’est pas à la hauteur des enjeux : “La nouvelle mise en demeure préalable à procès-verbal en cas de constat de l’insuffisance des mesures de prévention mises en œuvre lors d’un épisode de chaleur intense n’a aucun d’effet immédiat pour les travailleurs concernés, puisque l’article R. 4721-5 du code du travail prévoit de laisser à l’employeur un délai minimum d’exécution de 8 jours. Pire encore, tout recours est suspensif !”

Le syndicat demande que les agents de l’inspection du travail puisse prononcer un arrêt d’activité si la mise en demeure d’un employeur n’est pas suivie d’effet.

Actuellement, poursuit la CGT, ce sont les préfets qui prennent parfois des arrêtés de suspension des travaux en cas de vigilance rouge. Mais laisser à la main exclusive des préfets la décision de suspendre temporairement les travaux n’est pas satisfaisant, selon le syndicat CGT de l’inspection du travail : “Tout d’abord, parce que ces décisions ne sont pas prises uniformément sur l’ensemble du territoire national. Ensuite, parce que les arrêtés de suspension ne concernent que les travaux réalisés en extérieur dans le secteur du BTP. Or, s’ils sont particulièrement exposés, les travailleurs du BTP intervenant en extérieur ne sont pas les seuls à être exposés à de fortes températures. Enfin, parce que les travailleurs peuvent être soumis à de fortes chaleurs en dehors des épisodes de vigilance météorologique, y compris lorsqu’ils travaillent en intérieur”.

Le syndicat revendique les mêmes mesures que sa confédération :

  • fixation d’un seuil maximum de température pour le travail ;
  • création d’un fonds interprofessionnel d’indemnisation en cas d’arrêt d’activité ;
  • possibilités pour un inspecteur de contrôle de prendre toute mesure utile, comme l’arrêt des travaux, pour soustraire un travailleur à une situation de danger grave et imminent ;
  • octroi à chaque agent de l’inspection d’un thermomètre étalonné afin de faire des mesures fiables sur site, etc.  

 Et le syndicat CGT de rappeler qu’il avait déjà soumis ces propositions au ministre Olivier Dussopt en septembre 2023….

Source : actuel CSE

Carrefour et Autobacs : deux exemples de danger grave et imminent et de droit de retrait face aux grandes chaleurs

16/07/2026

Une caissière de l’hypermarché Carrefour se rafraîchit avec un ventilateur à Rosny-sous-Bois, en Ile-de-France, le 26 Juin 2026.

Pascal Junet, le secrétaire du CSE du magasin Carrefour de Bercy, près de Paris, a déclenché une alerte pour danger grave et imminent à la suite de plusieurs malaises de salariés confrontés aux fortes chaleurs. Philippe Carvalho, DS CGT chez Autobacs, a organisé un droit de retrait pour les mécaniciens d’un atelier travaillant sous 40 degrés. Témoignages.

“Ce matin, il y a un tout petit peu de clim dans le magasin. Nous sommes à 29 degrés et on a l’impression que ça va un peu mieux, c’est vous dire”. Ce mercredi matin, Pascal Junet, délégué syndical CGT et secrétaire du CSE du Carrefour de Bercy à Charenton-Le-Pont, près de Paris, nous raconte les derniers jours très éprouvants passés dans les 8 500 m2 de l’hypermarché par les 160 salariés.

“Des épisodes de chaleur, on en a connu, mais pas avec de telles extrémités”, insiste-t-il. Le représentant du personnel CGT (le syndicat pèse 70 % dans l’établissement) relate une sensation d’étouffement lié à l’absence de véritable ventilation et à l’inertie d’une climatisation défectueuse. “La climatisation, cela fait des semaines qu’elle ne fonctionne plus correctement, raconte Pascal Junet. Mais nous sommes passés en location-gérance. Alors tout le monde se renvoie la balle car personne ne veut payer la facture d’une réparation. Nous avons eu 33 degrés dans le magasin, avec des malaises de caissières. Nous avons dû appeler les pompiers”.

Danger grave et imminent

Le CSE a déclenché une alerte pour danger grave et imminent (DGI) afin de faire réagir l’employeur et obtenir des mesures de protection des salariés dans un magasin où la salle de repos, non climatisée, est elle-aussi en surchauffe. Résultat ? “Le problème, c’est que le DGI est tombé lors du dernier jour de notre directeur”, lâche, dépité, le secrétaire du CSE.

Depuis, ajoute l’élu, le nouveau directeur cherche des solutions (bouteilles d’eau, ventilateurs, etc.), mais butte sur la question des moyens. Aussi le délégué syndical s’interroge-t-il : que faire de plus ? Une grève ? Mais le mouvement social de 2022-2023 avait entraîné des assignations de personnels grévistes, “une forme d’intimidation” pour le représentant CGT. Depuis, le turn over a été très important, et l’absentéisme affiche un taux record.

Il va pourtant bien falloir améliorer les conditions de travail pour le prochain épisode, qu’il s’agisse de chaleur ou de froid, car l’hiver, nous dit Pascal Junet, “nous avons déjà dû acheter des plaids aux caissières”.

40 degrés dans l’atelier

Les pics de chaleur, les mécaniciens de l’établissement Autobacs (pièces détachées pour l’automobile) de Bonneuil-sur-Marne (94) les ont aussi vécus douloureusement, témoigne Philippe Carvalho, DS CGT. “Quand je m’y suis rendu, malgré trois ventilateurs, il faisait 40 degrés dans l’atelier et les gaz d’échappement ne s’évacuaient pas faute de courant d’air. Les mécaniciens se plaignaient de maux de tête, ils travaillaient depuis plusieurs jours dans ces conditions”.

C’était il y a quinze jours. Le syndicaliste décide alors d’organiser le droit de retrait du personnel, une dizaine de salariés. “Ils ont fini les véhicules les plus urgents et ils ont prévenu les clients. Et à 15h, tout le monde est parti”, raconte Philippe Carvalho.

Avec quels résultats ? “Le lendemain, pour la reprise du travail des salariés, la direction a acheté un frigo pour qu’ils aient de l’eau fraîche”, répond le délégué syndical, très remonté contre cette inaction : “C’est une obligation que l’employeur doit respecter. Et ça fait des années qu’on leur demande d’agir sur ces sujets. Nos métiers sont pénibles, quand vous montez 20 pneus à la journée, le soir vous êtes rincés. Il y a la pression de la rentabilité et l’attente des clients”.

Le CSE, instance unique pour les 8 établissements franciliens de l’enseigne, vient d’être renouvelé et la première réunion se tient demain. “Je vais demander à la RH un plan d’action pour prévenir enfin les prochaines canicules. La situation n’est plus tenable. Si on n’améliore pas les conditions de travail, l’absentéisme progressera”, prévient le délégué syndical.

► Lire dans cette même édition notre article sur les négociations de branche suggérées par le Haut-Commissariat au plan, ainsi que les propositions de la CGT sur le sujet.

Danger grave et droit de retrait : le rôle du CSE
► Si les représentants du personnel perçoivent un danger grave et imminent, comme par exemple un travail sans mesure de protection en pleine canicule, ils peuvent déclencher une procédure d’alerte pour danger grave et imminent (art L. 4132-2 du code du travail).

⇒ Cette alerte doit être consignée par écrit dans le registre des dangers graves et imminents (postes de travail touchés, nature du danger, etc.). 

⇒ Cette alerte doit donner lieu à une enquête conjointe de l’employeur et du CSE. ⇒ En cas de désaccord sur la réalité du danger ou sur la façon de le faire cesser, prévoit l’art. L 4132-3, le comité social et économique est réuni d’urgence, dans un délai de 24 heures maximum.

⇒ À défaut d’accord entre le CSE et l’employeur, l’inspection du travail est saisie et peut procéder à une mise en demeure (art.L .4132-4).

► Le salarié peut, lorsqu’il a “un motif raisonnable de penser” que sa situation de travail “présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé”, ou lorsqu’il constate un défaut de ses systèmes de protection, se retirer d’une telle situation : c’est le droit de retrait (art. L. 4131-1).

⇒ Le salarié doit alerter l’employeur

⇒ L’employeur ne peut pas demander au salarié de reprendre son travail si le danger grave persiste.

► L’INRS (Institut national de santé et sécurité au travail) précise sur son site ce que les mots “danger grave et imminent” signifient : 

⇒ danger grave : situation pouvant entraîner un accident ou une maladie entraînant la mort ou une incapacité permanente ou temporaire prolongée.

⇒ danger imminent : situation dans laquelle le danger peut se réaliser brutalement, dans un délai rapproché. 

Bernard Domergue

Grandes chaleurs : la CFDT revendique “un bouclier social thermique”

16/07/2026

Après la CGT la semaine dernière, la CFDT, qui avait revendiqué l’acquis du décret de 2025 lors de son dernier congrès, muscle quelque peu son discours au sujet de la prévention des effets des grandes chaleurs sur les travailleurs. Le syndicat qualifie le décret de 2025 “d’avancée réelle mais insuffisante”. Il s’agit maintenant, explique la CFDT, “de sortir de l’urgence pour s’organiser”.

Lors de la deuxième rencontre organisée par le ministre du travail avec les partenaires sociaux au sujet de la canicule, le syndicat indique avoir revendiqué : 

  • de rendre obligatoire la négociation de plan de continuité d’activité canicule. 

Explication de la CFDT : “Ce plan doit être discuté et négocié site par site avec les travailleurs et leurs représentants, intégré et actualisé au DUERP et au PAPRIPACT. Les mesures d’organisation, de protection collective et individuelle, et d’adaptation des horaires doivent être déclinées concrètement. À l’instar du DUERP, qui doit intégrer les différences d’exposition aux risques selon le genre, les plans de continuité d’activité gagneraient à prendre en compte les vulnérabilités différenciées face aux canicules (âge, genre, poste, conditions de travail, etc.), ce qui contribuerait à renforcer leur efficacité. Le DUERP et le PAPRIPACT doivent, de la même façon, intégrer les besoins spécifiques des publics vulnérables afin d’assurer une prévention adaptée”. Le syndicat demande des sanctions dissuasives en l’absence de respect de cette obligation.

  • de renforcer les contrôles sur les lieux de travail en intérieur et en extérieur ; 
  • d’adapter les rythmes de travail dans la durée. 

Précision : “La CFDT souhaite que la négociation collective (branches, entreprises, administrations) construise des dispositifs progressifs (par exemple, un niveau de température déclenche une alerte vigilance météo qui entraîne la mise en œuvre des mesures), adaptés à chaque secteur, qui ne reposent pas uniquement sur la bonne volonté des employeurs. Elle demande également que certaines mesures protectrices puissent être prolongées après la baisse des températures, le temps que les travailleurs récupèrent réellement des effets cumulés de l’épisode. La CFDT revendique que l’organisation du travail prenne en compte les risques de manière structurelle, c’est-à-dire, en les anticipant annuellement”.

  • une campagne publique d’information sur les obligations des employeurs et les droits des salariés ;
  • de suspendre les clauses de pénalités contractuelles dans le BTP ou tout autre secteur en cas d’arrêt lié à la chaleur ;
  • de clarifier l’activité partielle afin de garantir les revenus des salariés dont l’activité baisse ou stoppe du fait des grandes chaleurs.

Explication : “Le conditionnement de l’activité partielle ne doit pas s’arrêter à la vérification, en amont, des critères d’éligibilité initiale ; il doit engager ensuite l’entreprise, en aval, à mettre en place un plan de continuité d’activité et à actualiser son PAPRIPACT et son DUERP, sous peine de ne pouvoir mobiliser à nouveau le dispositif lors d’un prochain épisode”.

  • de reconnaître les métiers essentiels en temps de crise climatique via une conférence nationale ; 
  • de reconnaître les difficultés des travailleurs qui dépassent le seul cadre de l’entreprise (temps d’absence exceptionnel, par exemple) ;
  • une protection réelle pour les livreurs et les travailleurs indépendants des plateformes ; 
  • une gouvernance interministérielle sur le sujet, etc. 

Source : actuel CSE

Libertés et droits fondamentaux : la CFDT s’alarme d’une “surenchère sécuritaire”

16/07/2026

Plusieurs textes législatifs examinés ce mois de juillet par le Parlement, regrette la CFDT dans un communiqué publié hier, participent d’un risque d’affaiblissement des droits fondamentaux et des libertés individuelles. La confédération cite la proposition de loi visant à reconnaître une présomption de légitime défense par les forces de l’ordre, “historiquement défendue par le Front national”, mais aussi le contenu des projets de loi sur la justice criminelle et le respect des victimes. 

La CFDT demande à ce que les alertes lancées sur ces textes par la Défenseure des droits soient entendues, et elle enjoint le gouvernement et les parlementaires “à la responsabilité” : “Si la lutte contre les atteintes à l’ordre public est un objectif légitime, elle ne peut se faire en affaiblissant les valeurs et les exigences d’une société démocratique (..) Face à la fragilisation démocratique et à la montée des discours autoritaires, nous devons agir. N’affaiblissons pas nous-mêmes les garanties qui doivent nous protéger”. 

Source : actuel CSE

Un accord collectif conclu avec les seuls syndicats représentatifs suffit à organiser l’affichage syndical

17/07/2026

Les modalités d’affichage syndical peuvent être fixées par un accord collectif conclu avec les seuls syndicats représentatifs. En outre, un budget syndical conventionnel peut leur être exclusivement réservé si cette différence est objectivement justifiée.

Par un arrêt du 8 juillet 2026 publié au Bulletin, la Cour de cassation se prononce sur les effets de la représentativité syndicale dans l’application d’un accord d’entreprise relatif à l’exercice du droit syndical.

Une société avait conclu avec les seules organisations syndicales représentatives un accord fixant les modalités d’affichage des communications syndicales et attribuant un budget annuel aux organisations représentatives. Un syndicat non représentatif au niveau de l’entreprise demandait, en justice, à être associé à la négociation de ces modalités et à bénéficier du budget conventionnel.

Un accord collectif conclu avec les seuls syndicats représentatifs 

La Haute juridiction précise d’abord la portée de l’article L. 2142-3 du code du travail, aux termes duquel “les panneaux sont mis à la disposition de chaque section syndicale suivant des modalités fixées par accord avec l’employeur”.

Le syndicat soutenait que ces dispositions imposaient à l’employeur de négocier les modalités d’affichage avec l’ensemble des organisations syndicales disposant d’une section syndicale dans l’entreprise.

La Cour de cassation écarte cette analyse. Elle juge que l’accord exigé par ce texte peut résulter d’un accord collectif conclu avec les seules organisations syndicales représentatives. Le syndicat, non représentatif au niveau de l’entreprise, ne pouvait dès lors exiger l’ouverture d’une concertation spécifique.

Il résulte de cette décision que l’accord prévu par l’article L. 2142-3 peut être conclu selon les règles de droit commun de la négociation collective, sans qu’il soit nécessaire d’associer l’ensemble des organisations syndicales disposant d’une section syndicale dans l’entreprise.

Un budget réservé aux syndicats représentatifs dès lors qu’il est objectivement justifié

La syndicat soutenait également que la réservation du budget syndical aux seuls syndicats représentatifs méconnaissait le principe d’égalité, la représentativité ne constituant pas, selon lui, un critère objectif de différenciation.

La Cour de cassation rappelle qu’une clause conventionnelle plus favorable que la loi peut réserver certains avantages à ces seuls syndicats, dès lors que cette différence de traitement repose sur des raisons objectives, matériellement vérifiables, en rapport avec l’objet de l’accord et les prérogatives attachées à la représentativité.

En l’espèce, le budget litigieux avait pour objet de favoriser le dialogue social en renforçant les moyens des organisations investies des prérogatives de négociation collective. La différence de traitement était, dès lors, objectivement justifiée.

L’arrêt confirme ainsi que la représentativité peut justifier une différence de traitement entre organisations syndicales lorsqu’elle est directement liée aux prérogatives que la loi leur confère.

Géraldine Anstett