Climat, égalité professionnelle, CSE : les dossiers prioritaires de Solidaires
22/09/2026

Gaëlle Martinez, Julie Ferrua, Murielle Guilbert, Marie Vairon, le 16 septembre 2026
Alors que diverses dates de mobilisation se profilent, l’union syndicale Solidaires a fait le point sur ses revendications lors d’une conférence de presse le 16 septembre. Les droits des salariés, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et le retour du CHSCT restent parmi les dossiers chauds de la rentrée.
“Nous ne tournerons pas la page de cet été”, annoncent les représentantes de Solidaires au sujet des fortes chaleurs qui ont causé incendies et activité partielle en juillet et en août sur une partie du territoire. Pour leur organisation, il est plus que jamais urgent d’obliger le gouvernement à adopter des mesures fortes qui améliorent les droits des salariés du privé comme des agents publics.
Alors qu’une mobilisation de fonctionnaires les unira sans doute aux autres syndicats dans les cortèges du 29 septembre, les instances de l’union syndicale qui se tiendront les 7 et 8 octobre décideront si leur organisation se joint aussi à l’appel du 17 octobre (comme elle l’avait fait le 10 septembre 2025), décrit pour l’instant comme un mouvement de Gilets jaunes.
Quant aux revendications, Solidaires réclame un arrêt d’activité en cas de canicule, l’ajout d’un volet travail au projet de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles, ou encore des mesures plus ambitieuses que celles du projet de loi sur la transparence salariale. Le retour du CHSCT est aussi toujours d’actualité.
Un retour et une amélioration du CHSCT
Vendredi 18 septembre s’est tenue la séance plénière de clôture de la conférence Travail Emploi Retraites. Alors que le rapport des garants élimine la possibilité d’un rétablissement du CHSCT, les représentantes de Solidaires maintiennent leur revendication. “Non seulement nous voulons toujours le retour du CHSCT mais nous réclamons aussi son amélioration au travers d’une réduction de périmètre”, nous a indiqué Julie Ferrua, co-déléguée de Solidaires. Objectif : réinstaurer des CHSCT “au plus près des salariés”. Elle cite par exemple le cas des Ehpad Korian, dans lesquels selon elle, les CSE représentent chacun un quart de tout le territoire français. Un maillage que Solidaires juge trop large pour protéger efficacement la santé des salariés. “Il devrait y avoir un CHSCT par Ehpad”, insiste Julie Ferrua.
Même si Solidaires ne participera pas aux négociations interprofessionnelles sur les parcours syndicaux, Julie Ferrua juge ce dossier utile : “De nombreux camarades qui exercent des mandats de représentants du personnel ont acquis des compétences, ce serait une plus-value qu’elles soient valorisées. On va suivre comment ce sera négocié, cela va être intéressant”, juge-t-elle.
Projet de loi transparence salariale : “une catastrophe”
Solidaires revendique de longue date l’égalité professionnelle entre hommes et femmes, à commencer par le niveau de rémunération. A ce titre, l’union syndicale qualifie le projet de loi qui transpose la directive sur la transparence salariale de “catastrophe”. “Nous exigeons une transposition ambitieuse de cette directive”, ont affirmé leurs représentantes mercredi 16 septembre. A titre d’exemple, Julie Ferrua considère que le projet de loi ne reprend pas la possibilité de prendre en compte la charge mentale dans la valeur attribuée au travail, comme un critère de pénibilité.
Selon la co-déléguée “le Medef a fait pression sur le gouvernement pour que le projet de loi ne soit qu’une coquille vide en particulier sur les sanctions : 450 euros par an et par salarié, ce n’est pas dissuasif du tout”.
Quant aux violences sexistes et sexuelles, Solidaires réclame l’ajout d’un volet travail dans le projet de loi intégrale qui entame cette semaine son parcours à la commission spéciale de l’Assemblée nationale. Sa revendication phare : une interdiction de licenciement et un congé de 20 jours pour toute victime de violence sexiste ou sexuelle, homme ou femme, au travail ou au domicile, et ce sans justificatif, afin de pouvoir chercher un logement, changer les enfants d’école, se rendre à l’hôpital pour des examens médicaux.
Chaleurs : un dispositif d’arrêt d’activité
Pour Solidaires, le financement des services publics fait partie des solutions au réchauffement climatique. “On était bien contents quand les pompiers et les soignants étaient là cet été”, tranche Julie Ferrua. Au-delà de ces aspects budgétaires, l’union syndicale revendique un dispositif d’arrêt d’activité qui serait “à la main de l’inspection du travail”, sur le même modèle qu’en cas de chute de hauteur. Des inspecteurs du travail dont il faudrait par ailleurs doubler le nombre de sections selon le syndicat.
Solidaires réclame également un suivi médical gratuit des travailleurs vulnérables, des pompiers, des bénévoles et des habitants exposés aux fumées des incendies. Autre demande : une extension du dispositif “chômage intempéries” à tous les secteurs autres que ceux dans lesquels il est actuellement prévu, comme le bâtiment et les travaux publics. Ainsi qu’une réduction des rythmes et horaires de travail, et des négociations de branches sur ces sujets.
Il reste le dossier chaud de cette rentrée : le prix des carburants qui ne cesse de s’envoler. Pas question de demander une baisse des taxes “car elles servent à financer d’autres choses”, juge Julie Ferrua qui se dit inquiète pour les salariés qui se demandent désormais comment aller au travail et se trouvent “dans une véritable angoisse”. C’est pourquoi Solidaires revendique un blocage des prix, une hausse du Smic, une augmentation générale des salaires et leur indexation sur l’inflation.
À noter, enfin, pour Solidaires, une date importante : l’union syndicale organise son prochain congrès à Albi en juin 2027.
Marie-Aude Grimont
La CFDT demande un budget 2027 écoresponsable
22/09/2026
Le nouveau Bureau National de la CFDT, élu lors du dernier congrès en juin 2026, s’est réuni du 15 au 18 septembre. Dans une déclaration officielle publiée hier et intitulée “L’inaction climatique est une inaction politique”, le Bureau de la CFDT interpelle le gouvernement sur l’exposition des citoyens en général et des travailleurs en particuliers, aux effets du changement climatique. Pour le syndicat, “les conséquences sociales, économiques, et sanitaires du changement climatique (…) creusent les inégalités, fragilisent les emplois, déstabilisent les territoires, et épuisent les travailleurs et les travailleuses”.
La CFDT appelle à la mise en place d’un “bouclier social climatique” qui comprend une évolution de la prévention au travail avec adaptation des rythmes et plans d’activité canicule par exemple.
Mais le Bureau National exhorte surtout le gouvernement à adopter un budget 2027 écoresponsable : “Le Bureau national de la CFDT appelle le gouvernement et les parlementaires à construire un budget permettant d’atténuer l’ensemble des crises écologiques et permettre à la société de s’adapter. Les arbitrages qui seront faits diront très clairement si la puissance publique choisit d’anticiper ou de continuer à repousser les décisions”.
Le syndicat réclame donc une transition écologique juste et équitable, planifiée par le dialogue social, la formation, l’investissement et l’anticipation des mutations. La CFDT appelle de plus tous ses militants à demander l’ouverture de négociations en entreprise sur ces sujets.
Source : actuel CSE
SNCF : la CGT déclenche un droit de retrait
24/09/2026
Le 11 septembre dernier s’est produit un déraillement spectaculaire à Cléon (Seine-Maritime) sur la ligne TER Rouen-Caen. Mardi 22 septembre, une éclisse cassée a été découverte sur les voies ferrées à Coutances (Manche) sur la ligne TER Normandie, un incident qui aurait pu déclencher un déraillement comme à Cléon.
Pour la CGT cheminots, cela commence à faire beaucoup. Les élus CGT ont déposé un droit d’alerte auprès de la direction TER Normandie que les cheminots ont commencé à exercer. La CGT envisage également un droit d’alerte national sur les CSE Centraux Réseau et Voyageurs, sur le CSE Hexafret et dit avoir pris contact avec les élus CGT des entreprises ferroviaires privées.
Le syndicat demande un renforcement des équipes de maintenance et des investissements sur les infrastructures ferroviaires.
Source : actuel CSE