ENVIRONNEMENT

Une startup des carburants de synthèse séduit Safran et Engie

Safran et Engie se sont associés pour investir dans Ineratec, une startup allemande créée en 2014 à Karlsruhe. La startup évoque un investissement de 17,5 M€, incluant d’autres partenaires financiers, dont le fonds MPC Capital. Cette petite entreprise dispose d’une maturité industrielle dans une source d’énergie encore très peu exploitée : les carburants de synthèse. Si l’hydrogène, les carburants issus de la biomasse et l’énergie électrique sont depuis peu sous les feux de la rampe dans la décarbonation du transport aérien, eux restent pour le moment dans l’ombre. Or, Ineratec a mis au point des unités de production modulaires complètes, reposant sur l’assemblage d’hydrogène vert et de CO2 – provenant de la biomasse, des rejets industriels, ou capturé dans l’atmosphère, afin d’obtenir des chaînes carbonées similaires à celles présentes dans le kérosène traditionnel. La jeune société a déjà déployé 13 de ces modules, dont un en Basse-Saxe, dédié au secteur aérien. « Ineratec est l’une des rares entreprises à maîtriser l’ensemble des technologies de fabrication, à l’exception du raffinage, précise Laurent Rambaud, le directeur des investissements d’Engie New Ventures. La startup compte financer un projet d’usine pilote à Francfort, capable de produire 3500 tonnes de carburant par an, dont une partie sera consacrée à l’aérien via une distribution effectuée directement au niveau de l’aéroport. Un projet qui pourrait atteindre une puissance de 10 MW en 2023.

L’Usine Nouvelle du 12 mars