ENVIRONNEMENT

Toulouse et l’Occitanie leaders sur l’avion vert

A l’occasion de la Journée mondiale du climat, retour sur les projets d’avions zéro émission ou bas carbone qui prolifèrent en Occitanie et à Toulouse, capitale mondiale de l’aéronautique. Depuis fin 2020, Airbus travaille sur plusieurs concepts d’avions ayant l’hydrogène comme source d’énergie principale, les avions « ZEROe » pour zéro émission, dont l’entrée en service est attendue à l’horizon 2035. Le moteur à pile à combustible, qui a été présenté fin novembre au sommet Airbus, semble le mieux placé pour être choisi. Un appareil de 100 places serait équipé de 6 moteurs alimentés à l’hydrogène et aurait une distance franchissable de 1 800 km. Airbus doit commencer les essais en vol de ce nouveau système propulsif sur un A380 en 2026. L’hydrogène est aussi l’affaire d’une startup américaine Universal Hydrogen. Implantée à Toulouse depuis l’été dernier, la société développe un kit de conversion qui doit permettre à des avions fonctionnant avec du kérosène aujourd’hui de voler à l’hydrogène demain. Blue Spirit Aero, de son côté, travaille sur un petit avion électrique alimenté par des piles à combustible à hydrogène et la jeune société, Beyond Aero, souhaite, elle aussi développer un petit avion d’affaires électrique. Doté d’une propulsion à l’hydrogène, il aurait une capacité de 8 passagers et un rayon d’action de 1 600 km. La startup toulousaine, Aura Aero, travaille sur un avion de transport régional hybride électrique. Baptisé ERA, cet appareil équipé de 6 moteurs à hélices aura un rayon d’action limité à 400 km mais pourra transporter 19 passagers. Il doit réaliser son premier vol en 2024. Et il y a enfin ATEA, le petit avion à décollage et atterrissage vertical d’Ascendance Flight Technologies. Avec tous ces projets en cours, Toulouse est en train de devenir un centre névralgique en matière d’avions verts.

La Dépêche du 9 décembre

Le groupe Satys signe un partenariat avec l’Agence Régionale Energie et Climat d’Occitanie pour réduire sa consommation d’énergie de 20% d’ici 2025

Le groupe Satys Aerospace, le spécialiste de la peinture d’avions et du traitement de surface, et l’Agence Régionale Énergie et Climat (AREC) d’Occitanie ont signé un partenariat exclusif portant sur la décarbonation de ses sites industriels. Le partenariat qui a été signé le 6 décembre au salon EnerGaïa de Montpellier par Carole Delga, la Présidente de Région, et Christophe Cador, le Président de Satys. L’objectif est de baisser de 20% la consommation énergétique de tous les sites industriels du groupe d’ici 2025. Les investissements seront consacrés aux sites de Blagnac (siège social et salles de peinture) et Cornebarrieu (traitement de surface), avant d’être dupliqués à l’ensemble des implantations du groupe en France et à l’étranger. Plusieurs solutions sont déjà à l’étude : réalisation d’ombrières sur les parkings qui permettront d’assurer une autoconsommation énergétique, remplacement de chaudières au profit d’équipements plus économes en énergie, création de systèmes de récupération de chaleur fatale et mise en place d’éclairages LED. « Ce type de partenariat contribue à la modernisation des sites de production industrielle en Occitanie et à la préservation de leur compétitivité et des emplois dans un contexte où le budget énergie devient un enjeu clé pour les entreprises », a déclaré Christophe Cador.

Le Journal des entreprises du 9 décembre

Clément Beaune annonce 435 M€ dès 2023 pour la décarbonation de l’aviation

Vendredi 9 décembre, le ministre délégué chargé des Transports, Clément Beaune, a réuni sur le site d’Airbus à Toulouse les principaux représentants de la filière à l’occasion du Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC) ministériel. Il a ainsi annoncé, depuis la chaîne d’assemblage de l’A350, une enveloppe de 435 M€ dès 2023 dans le cadre de France 2030 pour favoriser l’émergence d’un avion bas carbone. « L’objectif est très clair : viser l’avion bas carbone au début de la prochaine décennie et des avions zéro carbone en 2050 », a déclaré le ministre. En mars dernier, le gouvernement avait dévoilé, dans le cadre de France 2030, une enveloppe de 800 M€ sur 3 ans à destination du CORAC pour soutenir l’émergence d’un avion bas carbone dont 300 M€ pour l’année 2022, 300 M€ en 2023 et les 200 M€ restants en 2024. L’exécutif a finalement décidé d’accélérer le versement des aides à destination de la filière. Une précédente enveloppe de 1,5 Md€ sur 3 ans avait déjà été attribuée au CORAC sur l’avion en 2020 dans le cadre du plan de soutien aéronautique. « Nous ne pouvons pas avoir un tel écart de subventions ou de soutiens divers et variés entre les Etats-Unis et l’Union européenne. Il faut sans doute qu’on fasse davantage côté européen pour éviter une forme de compétition inéquitable avec les Etats-Unis » a notamment expliqué Clément Beaune.

Ensemble de la presse du 12 décembre

SAF : une opportunité pour les agriculteurs français ?

La France a rendu obligatoire l’incorporation de 1% de carburant d’aviation durable (SAF) dans le kérosène depuis le 1er janvier 2022. Une opportunité pour le monde agricole de développer de nouvelles cultures, sans accaparer de terres supplémentaires. Christophe Beaunoir, directeur général de Saipol, une filiale du groupe agro-industriel Avril, spécialisée dans la transformation de graines d’oléagineux utilisées pour la production de biocarburants, explique : « Ces intercultures n’ont que des vertus. Du fait de la rapidité de leur cycle (90 jours), elles offrent de nouveaux débouchés aux agriculteurs sans besoin de terres additionnelles et elles contribuent à préserver les sols en absorbant l’azote excédentaire et en maintenant la biodiversité ». La filière française des SAF est toutefois dans l’attente de la finalisation d’un règlement Refuel EU, qui doit notamment fixer les taux d’incorporation obligatoire de SAF d’ici à 2050, ainsi que la liste des productions agricoles et des types de carburants considérés comme durables.

Les Echos du 15 décembre