ESPACE

La coopération dans le spatial fragilisée par le conflit en Ukraine

Après la décision du Conseil européen d’interdire l’exportation vers la Russie d’avions et de pièces aéronautiques et spatiales, le directeur général de l’agence spatiale russe, Dmitri Rogozine, a annoncé samedi 26 février suspendre « la coopération avec ses partenaires européens pour organiser des lancements spatiaux depuis le cosmodrome de Kourou et (…) rappeler son personnel, y compris l’équipage de lancement consolidé, de la Guyane française ». Arianespace devait lancer huit Soyouz en 2022, dont cinq depuis le cosmodrome russe de Baïkonour au Kazakhstan et trois à Kourou. Avec ce même lanceur, les armées françaises prévoyaient le placement sur orbite du satellite d’observation militaire CSO-3 (composante spatiale optique) en fin d’année. Pour Olivier Andriès, directeur général de Safran, « il n’existe pas d’alternative à Soyouz à court terme. Il n’est pas possible de produire en quelques semaines des Ariane 5 pour le remplacer. Ariane 6, qui doit réaliser son vol inaugural au second semestre, ne sera prête que fin 2022 ». En réponse aux inquiétudes suscitées par les annonces russes, Thierry Breton, Commissaire européen au Marché intérieur, a affirmé que la suspension des activités de Roscosmos à Kourou ne portait « aucune conséquence sur la continuité et la qualité des services de Galileo et de Copernicus », ni « ne remet non plus en cause la continuité du développement de ces infrastructures ». En outre, il ajoute que l’Union européenne se tient prête à « agir avec détermination, avec les États membres, pour protéger en cas d’agression ces infrastructures critiques, et poursuivre les développements d’Ariane 6 et de Vega C afin de garantir l’autonomie stratégique de l’Europe en matière de lanceurs ».

Le Figaro, 28 février et La Tribune, 27 février