ESPACE

Ariane 6 : la réalité virtuelle permet des gains de temps

Les équipes d’ArianeGroup utilisent la réalité virtuelle pour visualiser un jumeau numérique du lanceur Ariane 6 à l’échelle un. Générant d’importants gains de temps, cette solution, développée par la startup SkyReal, contribue à tenir le calendrier du premier tir, prévu en fin d’année. La solution, disponible à Saint-Médard-en-Jalles comme sur les différents sites d’ArianeGroup en France métropolitaine, en Guyane et en Allemagne, permet de collaborer à distance en se déplaçant au sein d’une maquette virtuelle, reproduction fidèle des différents étages du lanceur et de son nouveau pas de tir au Centre spatial guyanais, à Kourou. « Cela permet d’optimiser les process et donc les coûts. Nous sommes plus rapides et plus efficaces sur les boucles de validation, sur le développement d’outillages spécifiques et sur la formation à distance des futurs opérateurs qui seront amenés à travailler sur le site de Kourou. Grâce à cet outil, ils valident eux-mêmes les infrastructures et machines qu’ils utiliseront en vrai dans quelques mois », explique Christophe Reig, le responsable du développement de la réalité virtuelle chez ArianeGroup. Pour tenir les délais, la réalité virtuelle a également permis d’accélérer la mise en service de la ligne d’assemblage des tuyères qui équiperont les futurs moteurs latéraux du vol inaugural et des suivants. Située au Haillan (Gironde), cette ligne d’assemblage est composée de deux gigantesques robots autonomes. « Ces robots nous permettent de réduire par trois ou quatre le temps d’assemblage des tuyères, ce qui doit nous permettre d’en fabriquer près d’une par semaine en rythme de croisière à partir de 2023 ou 2024 », souligne Yann Talamoni, le responsable des programmes « propulsion solide » d’Ariane 6.

La Tribune et Sud-Ouest du 13 mai

Airbus Defence and Space déploie sa constellation Pléiades Neo

D’ici à la fin 2022, les quatre satellites de la constellation Pléiades Neo, développés sur fonds propres pour 700 millions d’euros et dédiés aux marchés maritime et naval, seront opérationnels. « Pléiades Neo, qui succède à Pléiades, collecte des images d’une précision parmi les meilleures au monde, avec une résolution de 30 cm, contre 50 cm précédemment », souligne Étienne Klein, responsable du secteur maritime et naval, au sein de l’activité surveillance spatiale d’Airbus Defence and Space. Les satellites sont aussi plus agiles car « il est possible de les programmer, en urgence, soit une heure seulement avant leur passage sur une zone donnée ». La constellation permet de couvrir l’ensemble des points de la Terre jusqu’à 85 degrés nord, au-dessus de l’océan Arctique, tous les jours, assurant ainsi une garantie de service à ses clients. Par ailleurs, Airbus Defence and Space lance un nouveau service permettant « de combiner les images et les données radar afin d’avoir une vue complète sur les objets et les mouvements dans la zone d’intérêt observée ».

Le Figaro du 16 mai

Les vaisseaux spatiaux sont-ils un nouvel enjeu de souveraineté ?

Boeing va de nouveau tester la fiabilité de son vaisseau spatial Starliner ce jeudi 19 mai, qui devrait rallier la Station spatiale internationale et s’y arrimer. En cas de succès, Starliner sera, dès 2023, l’un des deux véhicules américains, avec le Crew Dragon de SpaceX, à emmener des astronautes vers l’ISS ou à les ramener, comme l’a décidé la NASA il y a près de huit ans. La NASA a aussi comme projet, à l’horizon 2030, le Lunar Gateway, une petite station spatiale internationale évoluant en orbite autour de la Lune. Plusieurs pays s’intéressent de près à l’installation lunaire, comme la Chine qui en fait un enjeu géostratégique, ou encore l’Inde, le Japon et les Emirats arabes unis. Si les Etats-Unis sont dotés de vaisseaux spatiaux, tout comme la Chine avec Tianzhou ou la Russie et ses Soyouz, l’Europe en est dépourvue. L’Agence spatiale européenne (ESA) participe néanmoins activement aux différents programmes internationaux de la NASA comme l’ISS, le vaisseau spatial Orion à destination de la Lune, ou le Lunar Gateway avec des contrats signés par ArianeGroup et Thales Alenia Space. « Pendant très longtemps, les lanceurs étaient considérés comme l’enjeu de souveraineté numéro un du spatial. C’est toujours vrai, mais la capacité à réaliser des vols habités et à développer des bases spatiales va devenir un sujet majeur », estime Philippe Baptiste, président du Centre national d’études spatiales (CNES). Ne pas avoir de vaisseaux européens peut être un handicap. L’arrêt des vols de Soyouz en Guyane pour Arianespace après le déclenchement de la guerre en Ukraine illustre cette dépendance. En février, à Toulouse, dans le cadre de la présidence française du Conseil de l’Union européenne, Emmanuel Macron avait fixé les grands axes de la politique spatiale visant à garantir l’autonomie stratégique du continent, en évoquant devant les représentants de l’ESA la question de l’exploration et des vols habités. La directrice de la stratégie d’ArianeGroup, Morena Bernardini déclarait « Nous avons la technologie nécessaire pour réaliser des vols habités. Nous ferons ce que les Etats membres de l’ESA décideront et nous pourrons faire évoluer la nouvelle génération d’Ariane 6 soit en ajoutant un étage, soit une capsule. »

Le Monde du 19 mai