INTERNATIONAL

Les sociétés de leasing et de fret aérien particulièrement affectées par les conséquences du conflit en Ukraine

Les entreprises de location d’avions ont jusqu’au 28 mars pour récupérer les avions loués et résilier les contrats passés à des compagnies russes. L’Irlande est particulièrement affectée avec notamment les entreprises, AerCap (149 avions loués aux compagnies russes) et SMBC Aviation Capital (34). Au total, 490 Airbus et Boeing seraient concernés. D’autres difficultés commencent à poindre s’agissant du paiement en raison des sanctions à l’encontre des banques russes ou de la suspension du trafic aérien avec la Russie. Enfin, dans le domaine du fret, les capacités de fret vont être affectées. Parmi les principaux acteurs du secteur, se trouvent Volga-Dnepr et sa filiale AirBridgeCargo, avec 50 gros porteurs Antonov et Boeing basés en Russie qui représenteraient un cinquième du volume mondial de fret aérien.

Air-Journal et Air & Cosmos du 3 mars

Airbus et Boeing suspendent leurs contrats de maintenance ainsi que les livraisons d’avions et de pièces détachées en Russie

Suite à l’invasion russe en Ukraine, Airbus et Boeing appliquent les sanctions internationales en vigueur, qui vont toucher les compagnies aériennes russes. Airbus annonce la suspension « des livraisons et les services d’assistance aux clients russes, ainsi que la fourniture de pièces de rechange au pays ». Aujourd’hui, près de 340 avions commerciaux fabriqués par Airbus appartiennent à des compagnies aériennes russes ou des sociétés de leasing. Boeing a également annoncé la suspension « des services de pièces détachées, de maintenance et d’assistance technique pour les compagnies aériennes russes » ainsi que ses « opérations majeures » à Moscou. Pour permettre la poursuite de leur exploitation sans le soutien logistique des avionneurs occidentaux, le régulateur russe Rostransnadzor a annoncé dès mercredi l’arrêt des contrôles de routine des avions : « Dans le but d’assurer le fonctionnement adéquat des transports et d’éviter un fardeau supplémentaire pour les exploitants, les vérifications de routine de Rostransnadzor concernant les organisations exploitant des appareils des compagnies Airbus et Boeing sont annulées ».

20Minutes et Capital du 7 mars

Boeing rompt avec VSMPO-Avisma et renonce au titane russe

Boeing annonce qu’il suspend ses achats de titane russe, en particulier avec VSMPO-Avisma, principal producteur mondial et premier fournisseur du constructeur américain, ainsi que d’Airbus ou Safran. Le titane russe est présent sur les programmes B737, B767, B777, B777X et B787. Selon le Wall Street Journal, il représentait jusqu’ici un tiers des approvisionnements de Boeing. Boeing a assuré être en mesure « de maintenir une production ininterrompue d’avions civils » grâce à des stocks importants. Le constructeur mentionne également son réseau de fournisseurs alternatifs et souligne ainsi l’initiative qu’il mène depuis plusieurs années pour créer un pool de fournisseurs mondiaux. Trois grands groupes américains comptent parmi les fournisseurs alternatifs au titane russe : Titanium Metals Corporation (Timet), Allegheny Technologies Incorporated (ATI) et RTI International Metals (RTI). Les autres grands pays fournisseurs sont le Kazakhstan, le Japon et la Chine. VSMPO-Avisma n’est pour l’instant visé directement par aucune sanction et peut continuer ses exportations. La plupart des industriels occidentaux continuent à s’approvisionner auprès du groupe. C’est notamment le cas pour les sociétés européennes.

La Tribune et Le Figaro du 8 mars

Les conséquences des sanctions occidentales sur l’aviation civile russe

L’Usine Nouvelle relève que deux programmes phares de l’aviation civile russe, le MC-21 et le SuperJet 100, sont « très dépendants » des industriels européens et américains. Le SuperJet 100 de Sukhoï, un avion régional mis en service en 2011, dépend notamment de Thales et Safran, qui a suspendu l’intégralité des expéditions de pièces, touchant principalement au moteur, le SaM146, et aux nacelles. Le MC-21 d’Irkut, qui a obtenu sa certification fin 2021 de la part des autorités civiles russes et pour lequel les premières livraisons étaient prévues pour 2022, emploie de nombreux équipements de pointe fournis par des groupes tels que le français Thales, l’américain Honeywell et le britannique Meggitt. Ratier-Figeac (Collins Aerospace, groupe Raytheon) devait lui fournir des mini-manches actifs de commandes, « une première technologique dans le transport aérien ». La possibilité de se passer de ces partenaires prendra beaucoup de temps à Irkut. L’Usine Nouvelle observe que la Chine pourrait toutefois être capable de fournir à l’aviation civile russe les pièces et composants qui lui font défaut. Un projet de long-courrier, le CR929, prévoit déjà un rapprochement entre Chine et Russie.

L’Usine Nouvelle du 9 mars