1er mai : Solidaires refuse tout recul et dénonce la non application du code du travail

20/04/2026

L’annonce de Sébastien Lecornu d’un projet de loi afin de sécuriser le travail des salariés des fleuristes et des boulangers le 1er mai ne satisfait pas les bouchers ni les poissonniers. La confédération française de la boucherie (CFBCT) et l’organisation des poissonniers écaillers (OPEF) estiment que cette décision “incompréhensible” et “inéquitable” est synonyme “d’insécurité juridique pour les entreprises artisanales de l’alimentaire”.

“Les artisans peuvent déjà ouvrir à condition de ne pas faire travailler leurs salariés”, réplique Solidaires. ET l’union syndicale d’ajouter : “Le 1er mai est férié et chômé en France depuis 79 ans. Rien ne justifie que le gouvernement s’agite ainsi dans l’urgence en communiquant sur des changements dès 2026 alors qu’aucune loi nouvelle ne pourra être votée. Cela met en difficulté les salariés des secteurs concernés qui vont faire face à des pressions de leurs employeurs pour travailler au mépris du cadre légal sur la base d’annonces médiatiques. Pire, le Premier ministre a annoncé avoir donné instruction de ne pas faire appliquer la loi en vigueur. Que sous pressions d’organisations patronales le chef du gouvernement donne consigne aux administrations de contrôle de ne pas faire appliquer le code du travail constitue un grave précédent”.

Source : actuel CSE

Vente et découpe annoncée de SFR : la CFE-CGC dénonce la casse sociale, la CFDT demande en urgence des négociations

20/04/2026

Altice France, la holding contrôlant SFR, et le consortium associant Bouygues Telecom, Free-Iliad et Orange, alliance constituée pour reprendre en se les partageant les activités de SFR, ont annoncé vendredi 17 avril être entrés en négociation exclusive après avoir trouvé un accord pour un prix de cession de SFR de 20,35 milliards d’euros. 

Cette vente à la découpe annoncée va provoquer, selon la fédération CFE-CGC Télécoms, une “casse sociale”. Le syndicat se tourne vers les pouvoirs publics et les autorités du secteur. Il “exige” de l’Arcep (autorité de régulations du secteur) et du ministère du numérique “la fixation d’obligations aux trois opérateurs restants en matière d’emplois, comme la loi sur les Télécoms le prévoit dans l’article L32-1 du Code des Postes et Télécommunications”. Pour le syndicat, “la relocalisation des emplois éviterait une casse sociale annoncée qui aura lieu non seulement chez SFR mais aussi chez les trois autres opérateurs une fois les opérations de transferts d’actifs réalisés”.

La CFDT, premier syndicat du secteur et organisation représentative dans les quatre grandes entreprises des télécoms, réagit de son côté en pensant à l’emploi : “Derrière cette opération présentée comme industrielle et stratégique, la CFDT rappelle une réalité incontournable : ce sont des milliers d’emplois qui sont directement et indirectement concernés. Le projet de reprise repose sur un partage des activités, des clients et des infrastructures entre les opérateurs. Une telle logique de découpage entraînera mécaniquement des doublons, des mutualisations et des réorganisations profondes. Dans un secteur déjà marqué par des restructurations, des délocalisations et une pression constante sur l’emploi, ce scénario fait peser un risque réel d’une nouvelle onde de choc sociale”.

Le syndicat, qui avait organisé un point presse sur le sujet en mars, réclame en urgence l’ouverture d’une négociation “avec l’ensemble des acteurs du projet et les organisations syndicales afin de poser un cadre social fort, protecteur et négocié”. Pour la CFDT, ce cadre “devra prendre en compte l’ensemble des salariés concernés, y compris ceux des filiales techniques comme Altice Technical Services, qui ne sont pas intégrées dans le périmètre de reprise alors même que leur activité dépend quasi exclusivement de SFR”.

Source : actuel CSE

FO ouvre son 26e congrès confédéral

20/04/2026

Force Ouvrière tient cette semaine, jusqu’à vendredi, son 26e congrès confédéral à Dijon, dans la région d’origine de son secrétaire général Frédéric Souillot. Ce dernier sera en principe seul candidat à sa réélection. Près de 3 900 délégués débattront du rapport d’activité qui dresse le bilan de son mandat : élections professionnelles dans les CSE et la fonction publique, représentativité, réforme des retraites, accords signés sur l’assurance chômage, conclave, conférence sociale…

Frédéric Souillot avait été élu lors du congrès confédéral de Rouen, en juin 2022, prenant ainsi la relève d’Yves Veyrier avec  87,68 % des voix (hors votes nuls). L’organisation syndicale en était sortie apaisé après les divisions qui ont résulté du mandat de Pascal Pavageau.

Pour mémoire, les délégués au congrès n’élisent pas directement le secrétaire général. Ce dernier est élu par le CCN (Comité confédéral national, sorte de Parlement de FO, qui réunit les représentants des fédérations et des Unions départementales). Le même organe élit les membres de la CE (Commission exécutive), ainsi que le bureau confédéral (équipe resserrée autour du numéro un) et le trésorier.

Dans un premier temps, le secrétaire général présentera son rapport d’activité. S’en suivront deux jours d’interventions des délégués, qui réagiront au rapport. Ensuite, jeudi 23 avril, Frédéric Souillot leur apportera sa réponse. Enfin, vendredi 24 avril, les résolutions, qui fixent le programme du prochain mandat, seront discutées et votées. Le CCN se tiendra à partir de 16 heures.

Source : actuel CSE

Congrès FO : Frédéric Souillot revendique l’abrogation des ordonnances Macron sur le CSE

21/04/2026

La revendication n’est pas nouvelle mais elle a recueilli une forte approbation de la part des militants. Lundi matin s’est ouvert le 26e congrès confédéral de Force Ouvrière, à Dijon. Après la mise en place des commissions nécessaires au bon déroulement de l’événement et l’intervention de la maire de Dijon, Nathalie Koenders, Frédéric Souillot a prononcé son discours introductif et présenté son rapport d’activité. Il est rapidement revenu sur les principaux points de son mandat, mais aussi l’actualité sociale récente, au premier rang desquelles la bataille pour faire tomber la proposition de loi des députés ouvrant a davantage le travail des salariés le 1er mai. “La réaction immédiate de l’intersyndicale a conduit le gouvernement à reculer, c’est une première victoire”, s’est félicité le secrétaire général de FO.

Il est également revenu sur les nombreux temps forts de son mandat, entamé en juin 2022, et qui a vu se succéder des élections CSE ainsi que dans la fonction publique, mais aussi s’installer l’instabilité politique en France et se succéder “des offensives nombreuses sur les droits des demandeurs d’emploi”. De la réforme du mode de calcul de l’allocation, aux négociations sur les ruptures conventionnelles et les contrats courts, en passant par la lettre de cadrage de François Bayrou, l’assurance chômage a vu plusieurs fois surgir le risque que le gouvernement reprenne la main, ce qui pour Frédéric Souillot justifiait la signature par son organisation des accords négociés à l’Unédic.

Le numéro un de FO est également revenu sur l’accord relatif au dialogue social mettant fin à la limite de trois mandats pour les élus de CSE, suscitant de larges applaudissements de la part des délégués dans la salle. “C’est une première brèche, abrogation des ordonnances Macron !”, a-t-il scandé, recueillant l’approbation des congressistes. La fin des trois mandats a été saluée dès la première intervention de l’après-midi dans le discours d’un délégué des magasins Carrefour, Dominique Moalek. La fin de la limitation à trois mandats a également été saluée par Gilles Serieys (fédération de l’agroalimentaire) qui a dénoncé la volonté d’Emmanuel Macron de réduire le niveau de compétences des élus de CSE. “Merci au bureau confédéral de n’avoir rien lâché car des camarades nous interpellaient, voyant l’échéance arriver”, a souligné aussi Richard Roze (fédération de l’agroalimentaire). 

FO poursuit également comme objectif le retour du CHSCT : “On ne peut pas accepter que chaque jour, trois travailleurs meurent au travail, deux directement, et un en maladie professionnelle”, considère Frédéric Souillot.

Ce dernier a également poursuivi dans son discours l’un des axes de son mandat, martelé comme un slogan : “redonner la place qui est la sienne à la négociation collective”. Évoquant de nouveau la place des CSE, il a appelé par exemple à ce que l’intelligence artificielle figure dans les négociations annuelles obligatoires et fasse l’objet d’une négociation nationale interprofessionnelle.

En début d’après-midi, une déléguée de l’Ugecam Nord-Est (syndicat des établissements et structures sanitaires et médico-sociaux relevant de l’Assurance Maladie) a regretté que la date du 10 septembre 2025 n’ait pas donné lieu à une mobilisation syndicale (fixée la semaine suivante) et déploré que des accords sur l’assurance chômage soient signés dans un but de défense du paritarisme. Sans surprise, puisqu’il constitue un opposant régulier à la ligne confédérale, Fabrice Lerestif (Union départementale d’Ille-et-Vilaine) a indiqué être mandaté pour voter contre le rapport d’activité (mais pour le rapport de trésorerie). Il a notamment dénoncé l’intersyndicale de 2023 sur les retraites qui selon lui “invisibilise notre organisation”.

Cependant, depuis la mobilisation contre la réforme des retraites, FO a augmenté son nombre d’adhérents de 57 000. La réforme des retraites restera sans doute un sujet de débats dans le cours de la semaine. Jeudi, Frédéric Souillot apportera sa réponse aux congressistes. Pour l’instant, les délégués prennent leurs marques mais les pronostics sont engagés. Emmanuel Dubarré (fédération de la chimie) espère une adoption du rapport d’activité autour de 80 %. Un chiffre que partage Sylvia Veitl (fédération de la pharmacie) qui souhaite “l’adoption la plus large possible”. Ici et là, on entend par exemple que “le discours du secrétaire général a tenu la dragée haute à certains de ses détracteurs”. Quant aux interventions des délégués, si cette première journée s’est déroulée dans le calme, “ça devrait aller crescendo” selon un militant de la métallurgie croisé dans les allées.

Source : actuel CSE

Ruptures conventionnelles, retraites, grève générale : malgré les critiques internes, Frédéric Souillot reste soutenu par ses militants

24/04/2026

Jeudi 23 avril au matin, le secrétaire général de FO a adressé sa réponse aux 243 militants montés en tribune les deux jours précédents. Les débats ont souvent été vifs, en particulier lundi soir, quand Frédéric Vuillaume (secrétaire d’un syndicat de Bourgogne et coutumier du fait lors des précédents congrès) a fait irruption dans la salle et tenté de prendre la parole de force, considérant que le congrès ne lui faisait pas la place qui lui était due. Tensions renouvelée mardi matin par une nouvelle irruption, cette fois-ci des représentants d’un syndicat dissident des fonctionnaires territoriaux de Marseille, non reconnus par la confédération en raison de leur absence de conformité aux statuts. L’affaire s’est réglée en coulisses, le secrétaire général leur proposant de réaliser une assemblée générale consultative.

Au-delà de ces deux échauffourées, les militants anarchistes et trotskistes, tendances installées de longue date à FO, ont reproché aux réformistes (ligne incarnée par Frédéric Souillot et son équipe) la signature de l’accord sur les ruptures conventionnelles, la participation à la conférence sociale Travail Emploi Retraites, une position considérée comme obscure sur le Rassemblement National, ou encore le maintien de la confédération dans l’intersyndicale lors de la mobilisation contre la réforme des retraites en 2023.

Pendant ces deux jours d’interventions, mardi et mercredi derniers, les militants réformistes (souvent issus des puissantes fédérations de la métallurgie ou de l’agroalimentaire) n’ont pas manqué de répondre, parfois sous les huées. “La signature de l’accord sur l’assurance chômage était courageuse, dans l’intérêt des salariés et du dialogue social”, a soutenu par exemple Géraldine Gomiz, de la fédération des métaux. “Nous sommes un syndicat qui paie ses cotisations, comme tous ceux qui montent à cette tribune”, a ironisé Jean-Pierre Glacet (union départementale (UD) des Ardennes) dans une allusion au syndicat dissident des territoriaux.

D’autres ont directement pris la défense de Frédéric Souillot, à l’instar de Franck Mary-Montlaur (UD de l’Hérault) dénonçant “des attaques dégueulasses” dont il a été la cible, de Laurent Rescanières (agroalimentaire FGTA) questionnant “comment des militants peuvent remettre en question son intégrité ?”, ou encore Valentin Rodriguez (métallurgie), regrettant “le coup de force inacceptable” des territoriaux de Marseille.

Dans un discours d’une heure, pendant laquelle il a reçu le soutien de la salle, Frédéric Souillot a répondu point par point aux critiques “certaines honnêtes et respectueuses” mais aussi aux “attaques un peu trop personnelles et procès d’intention” formulés à son égard par les militants. À commencer par celle sur la signature de certains accords interprofessionnels. Sur le partage de la valeur, il rappelle que les revendications FO ont été tenues car le texte mentionne que les dispositifs de partage de la valeur ne peuvent se substituer aux salaires”. Sur les ruptures conventionnelles ensuite : “Défendre l’accord, c’est défendre notre signature de 2008 qui les mettait en place”.

Autre mise au point sur la mobilisation de 2023 pour les retraites, certains militants lui reprochant d’être resté dans l’intersyndicale et de ne pas suffisamment appeler à la grève générale : “Pour FO, il n’y a pas de sujet, abrogation de la réforme des retraites !”, a-t-il clamé, recevant de larges applaudissements. Quant à l’intersyndicale, il s’est permis de citer les militants qui, en 2023, lui intimaient que “sortir de l’intersyndicale, c’est la mort” et a renvoyé à la résolution du congrès de 2022 qui appelait à “l’unité la plus large possible”. Il a enfin souligné que le “bouton de la grève générale” sur lequel il suffirait d’appuyer ont aussi tendance, comme tous les boutons d’urgence, à “arrêter les choses”, tout en renvoyant aux articles 32 et 33 des statuts de la confédération qui disposent notamment que “Seul le Comité confédéral national a pouvoir d’examiner et de décider sur toute proposition de grève générale englobant toutes les industries”.

Ces réponses et celles qui ont suivi sur le 1er mai, la démocratie en interne, l’extrême droite, le sexisme, les guerres dans le monde ou encore la participation de FO aux conférences sociales nationales (nous y reviendrons dans le prochain article), auront une forte influence sur l’élection de Frédéric Souillot. Ce dernier verra son taux d’élection fixé ce soir en fin de journée, voire en début de nuit, par le Comité confédéral national qui se réunira à partir de 16 heures. Le CCN, sorte de Parlement de FO, réunit les représentants des fédérations et des unions départementales.

Source : actuel CSE