Budget : Marylise Léon demande une répartition des efforts

31/08/2026

Marylise Léon lors de son discours de clôture, 25 août 2026

La CFDT a tenu, mardi 25 août, à Paris, son événement de rentrée. Invité par le syndicat, Sébastien Lecornu a annoncé confier aux partenaires sociaux deux nouveaux thèmes de négociation : les arrêts maladie et l’intelligence artificielle. La secrétaire générale, Marylise Léon, a de son côté réclamé au Premier ministre une juste répartition des efforts dans le budget 2027.

Ne pas laisser toute la place au Medef lors des rentrées sociales, c’est l’objectif des événements organisés désormais chaque année, fin août, par la CFDT. Alors que l’organisation patronale tenait la semaine dernière sa “REF Medef” pendant deux jours, cette nouvelle manifestation de la CFDT permet donc d’occuper le terrain et de communiquer sur ses priorités. L’idée a même été validée par les instances internes de l’organisation. Et depuis 2025, c’est une réussite.

Après avoir reçu François Bayrou l’année dernière, Sébastien Lecornu était logiquement au menu. En pleine préparation du budget 2027, le Premier ministre n’a pas pu se rendre sur place, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, en raison des obsèques du sénateur François Patriat. Il est donc intervenu au format vidéo et a annoncé à cette occasion confier deux nouvelles négociations aux partenaires sociaux sur les arrêts maladie et l’intelligence artificielle. En réponse, dans son discours de clôture de la journée, Marylise Léon a positionné les revendications de la CFDT pour le prochain budget.

Un budget sous contraintes

Interrogé en vidéo, Sébastien Lecornu a développé ses lignes directrices pour le budget 2027. Un budget qu’il place d’emblée sous contraintes : tout d’abord, l’inflation liée aux événements géopolitiques entre l’Iran et les États-Unis, qui a relancé une crise énergétique ouverte en 2022 par la guerre entre la Russie et l’Ukraine. La hausse des taux d’intérêt, ensuite, qui rendent la dette encore plus onéreuse. Enfin, l’incertitude politique d’une élection présidentielle 2027 que se disputent de trop nombreux candidats.

Le Premier ministre prévient : il faut “prendre des mesures difficiles” mais “intelligentes maintenant pour éviter la bêtise brutale plus tard”. Dans ce but, s’il reconnaît “vouloir mettre de la justice”, il considère qu'”il faut qu’on s’accorde sur quelques grandes priorités (…), des postes qui seront préservés”.

“Un effort ne peut être accepté que s’il est juste”

La réponse de Marylise Léon ne s’est pas faite attendre. Dans son discours de clôture, la secrétaire générale de la CFDT ne nie pas l’état des finances publiques mais pose cette question cruciale : “Quels choix et surtout qui porte l’effort ? Un effort ne peut être accepté que s’il est juste”. Hors de question donc de s’en prendre aux malades, aux retraités, ni aux salariés. En revanche, Marylise Léon revendique une participation des bénéficiaires des niches fiscales et des entreprises qui perçoivent des aides publiques. Elle propose de chercher de nouvelles recettes plutôt que des baisses de dépenses.

Et à ce sujet, elle ne manque pas d’idées : une taxation des héritages à hauteur de 1 % dès le premier euro, vantée tôt le matin même sur les ondes de la radio RTL ; une contribution sur les revenus les plus élevés ; la fiscalité du capital ou encore “les contreparties que nous sommes en droit d’attendre des aides publiques aux entreprises”. Mais attention, la leader de la CFDT attend aussi des mesures de long terme car “un budget ne sert pas seulement à boucler l’année suivante, il doit préparer aussi les années qui viennent”.

Deux nouvelles négociations à l’ordre du jour

Le lundi 24 août, la veille de l’événement de rentrée de la CFDT, les partenaires sociaux se sont retrouvés au siège de FO, à Paris, dans la soirée. Une reprise de contact qui “s’est bien passée” selon les participants au complet (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, Medef, Les Entrepreneurs et l’U2P en visio).

“Un compte rendu sera rédigé et validé la semaine prochaine, et nous passerons ensuite à la phase opérationnelle des opérations”, nous a indiqué Frédéric Souillot (FO). “De toute façon, si on ne s’empare pas des sujets, on prend le risque que le gouvernement le fasse à notre place”, a tranché Patrick Martin (Medef). Les huit représentants syndicaux et patronaux étaient d’accord pour entamer de nouvelles discussions.

Cela tombe bien : mardi 25 août, le Premier ministre a annoncé aux militants CFDT son intention de saisir les partenaires sociaux de deux négociations “dans les prochaines semaines” : les arrêts maladie et l’intelligence artificielle. “Plutôt que de laisser ce sujet à des démagos ou parfois à une vision technocratique et brutale en disant « on sabre », (…) je préfère qu’on fasse confiance au dialogue social”, dixit Sébastien Lecornu.

Mais si Marylise Léon défend elle aussi le dialogue interprofessionnel, elle n’est pas dupe sur certains sujets : “Les arrêts maladie c’est l’arlésienne de tous les budgets de sécurité sociale”, souligne-t-elle. Il faudra donc à son sens comprendre les motifs d’arrêts maladie, notamment en lien avec la dégradation des conditions de travail, et ne pas traiter le sujet “sous le seul prisme individuel”. Les réponses devront donc, selon elle, être “structurées” mais “pas punitives”.

De plus, avant d’ouvrir ces négociations, les partenaires sociaux devront régler un sujet de taille : l’Agirc Arrco. Deux organisations syndicales (la CGT et la CFE-CGC), ont saisi la justice afin de s’opposer au gel des retraites complémentaires. Les négociations ont en effet achoppé juste avant l’été entre patronat et syndicats. De nouvelles réunions sont en tout cas prévues dans les prochaines semaines.

Les élections fonction publique en ligne de mire

Enfin, la CFDT n’a pas choisi au hasard le thème des services publics pour sa journée de rentrée puisque les élections professionnelles dans la fonction publique se dérouleront du 3 au 10 décembre 2026.

Autour de deux tables rondes, militants et chercheurs ont passé en revue les vertus essentielles de ces services atteints de tant de maux, décrits dans un “baromètre du travail 2026” : gel du point d’indice de la fonction publique, défaut d’attractivité des métiers, manque de reconnaissance. Un sujet qui permet aussi à Marylise Léon de faire le lien avec le budget 2027. Quant aux élections, son intention est claire : reprendre la deuxième place que FO lui a ravie lors du dernier scrutin. Pendant ce temps, FO a commencé sa campagne et entend poursuivre ses progrès afin de parvenir en tête devant la CGT. Les jeux sont ouverts…

Marie-Aude Grimont

Les salariés très partagés sur l’IA

01/09/2026

Selon le dernier baromètre de l’Unsa (*), 7 jeunes sur 10 (âgés de 25 à 34 ans) utilisent l’IA, contre 4 sur 10 pour les 50-64 ans. Trois quarts des salariés bac + 5 utilisent l’intelligence artificielle, contre moins d’un quart des salariés n’ayant pas le bac. L’usage de l’IA est d’autant plus massif que le salaire est élevé :  seuls 12% des salariés gagnant entre 1 000 et 1 500 euros déclarent utiliser l’IA, contre 72% chez ceux gagnant entre 5000 et 10 000 euros.

Si au total, 53 % des salariés interrogés disent utiliser l’IA (30 % l’utilisent une à cinq fois par semaine et 12 % plus de cinq fois par jour), ils se montrent partagés sur les bénéfices de l’outil. En effet, 38 % jugent l’IA prometteuse, 17 % “satisfaisante”, 21 % “inutile”, 11 % “décevante”. 

L’Unsa note par ailleurs un léger redressement du moral des salariés qui atteint 5,4 points sur une échelle de 10. 

(*) Sondage effectué du 22 au 24 juillet auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes.

Source : actuel CSE

Financement du paritarisme : le reversement des fonds aux syndicats validé

02/09/2026

En l’absence d’interdiction légale ou conventionnelle, une organisation patronale représentative peut organiser contractuellement le reversement des fonds du paritarisme à ses syndicats membres, dès lors que ces fonds restent affectés au financement des missions relevant du paritarisme.

Le Fonds paritaire de financement du dialogue social, institué par l’article L.2135-9 du code du travail, finance les missions d’intérêt général des organisations syndicales de salariés et des organisations professionnelles d’employeurs. Pour les politiques menées paritairement, les crédits sont attribués aux organisations syndicales et patronales représentatives au niveau national et interprofessionnel, à leurs organisations territoriales, aux organisations patronales représentatives au niveau national et multiprofessionnel ainsi qu’aux organisations représentatives de branche (articles L.2135-11 à L.2135-13 du code du travail). Une organisation patronale représentative peut-elle reverser une partie de ces crédits à ses syndicats membres ? C’est la question à laquelle répond la Cour de cassation dans un arrêt publié au Bulletin.

Une clause de reversement contestée

Deux organisations patronales avaient conclu un protocole de rapprochement afin de renforcer leur représentativité dans la branche. Ce protocole prévoyait que l’une d’elles reverserait à ses syndicats membres une partie des fonds perçus au titre du financement du paritarisme, selon une répartition proportionnelle au nombre d’adhérents de chacun.

Après la dénonciation de l’adhésion de l’un des syndicats, l’organisation patronale a demandé l’annulation de cette clause. Selon elle, les crédits du fonds paritaire ne peuvent bénéficier qu’aux organisations représentatives désignées par le code du travail. Leur reversement à un syndicat membre non représentatif, selon un critère fondé sur le nombre d’adhérents, méconnaîtrait tant les dispositions des articles L.2135-9 et suivants du code du travail que celles de l’accord de branche relatif au développement du paritarisme.

Les textes n’excluent pas le reversement des crédits

La Cour de cassation rejette le pourvoi. Elle relève que les articles L.2135-9 à L.2135-16 du code du travail désignent les bénéficiaires des crédits du fonds paritaire et en organisent la répartition, mais qu’ils n’interdisent pas à une organisation patronale représentative de reverser ces crédits à ses syndicats membres. Ils ne prévoient pas davantage les modalités de répartition d’un tel reversement.

Il en résulte qu’une organisation patronale représentative peut convenir contractuellement avec ses syndicats membres du reversement de tout ou partie de ces crédits, y compris selon une répartition proportionnelle au nombre d’adhérents, à la condition que les sommes financent des activités relevant des politiques menées paritairement.

Une solution également retenue pour les fonds conventionnels

La chambre sociale adopte la même analyse pour les financements issus de l’accord de branche relatif au développement du paritarisme. 

 En l’espèce, l’accord de branche du 13 septembre 2000 a institué une association paritaire chargée de recueillir et de gérer les cotisations destinées à financer l’exercice du droit à la négociation collective des salariés et des employeurs ainsi que leur information.

Là encore, en l’absence de stipulation interdisant le reversement des crédits ou en fixant les modalités, une organisation patronale représentative peut en organiser la redistribution entre ses syndicats membres selon le nombre de leurs adhérents.

Les sommes doivent toutefois demeurer affectées au financement d’activités conformes à l’objet du financement conventionnel, en l’occurrence les activités relevant de l’exercice du droit à la négociation collective des employeurs et de leur information.

L’arrêt clarifie ainsi le régime juridique du reversement des financements du paritarisme en l’absence de disposition expresse.

Géraldine Anstett

[Présidentielle 2027] Marylise Léon veut placer les salaires et le travail au cœur du débat

04/09/2026

Marylise Léon, 3 septembre 2026

Salaires, partage de la valeur, conditions de travail, arrêts maladie, transition écologique… À quelques mois de l’élection présidentielle, Marylise Léon entend faire entendre les propositions de la CFDT auprès des candidats. Avec une priorité : remettre le travail et les attentes des salariés au centre du débat.

La CFDT compte peser dans la campagne présidentielle. Marylise Léon a annoncé, hier, lors d’une rencontre avec l’Association des journalistes de l’information sociale (Ajis), son intention de “porter les attentes des travailleurs et travailleuses” lors de cette “élection historique”. Alors que certains candidats à l’élection présidentielle ont été reçus la semaine dernière par le Medef, la secrétaire générale du premier syndicat français a répété son refus de discuter avec les représentants du Rassemblement National. Qualifié de “parti pas comme les autres” en raison de sa volonté d’instaurer la préférence nationale, ses idées sont considérées comme contraires aux valeurs de la CFDT et à l’intérêt des salariés en général, des travailleurs étrangers en particulier.

En revanche, “présidentielle ou pas, on va faire notre boulot de syndicaliste”, a affirmé Marylise Léon, réélue à la tête de la CFDT au congrès de Bordeaux, en juin 2026. La rémunération constituera aussi l’un des principaux marqueurs de la CFDT dans les prochains mois. “Le premier sujet, ce sont les enjeux de rémunération et de pouvoir d’achat”, affirme Marylise Léon. Elle souligne la responsabilité des employeurs, alors que deux millions de travailleurs sont rémunérés au Smic et que 126 branches affichent encore des minima inférieurs au salaire minimum. Les propositions de la CFDT seront donc nombreuses, notamment sur la transparence salariale, le pouvoir d’achat, les retraites, les arrêts maladie, les représentants du personnel ou encore dans le cadre de l’agenda social autonome. 

Vers une négociation sur les parcours syndicaux

Lundi 24 août, patronat et syndicats se sont réunis au siège de FO pour mettre enfin sur les rails un agenda social autonome qui n’en finit plus de commencer. Si les thèmes sont fixés depuis plusieurs mois, aucune date de début de négociation n’a encore été fixée. “On doit encore affiner les sujets et la méthode”, a reconnu Marylise Léon. Elle rappelle aussi que le patronat avait commis en février 2026 “un faux départ” avec une liste de propositions sur l’emploi des jeunes qui avaient hérissé les syndicats. Sept mois plus tard, le sujet reste dans le programme des partenaires sociaux, tout est “dans la façon de les aborder”, selon Marylise Léon.

La numéro un de la CFDT souhaite en tout cas discuter comme prévu de l’IA, du modèle productif ou encore des parcours syndicaux. Ces derniers ont été selon elle “percutés par les ordonnances Macron de 2017 avec l’obligation de ne réaliser que trois mandats successifs”. La mesure est ensuite tombée, depuis, grâce à l’accord national interprofessionnel de novembre 2024.

La future négociation sur les parcours syndicaux poussera-t-elle jusqu’à aborder par exemple le retour du CHSCT ou une hausse du seuil de la commission santé ? Non, selon Marylise Léon : “Le périmètre reste sur la valorisation des parcours. En revanche, nous ferons valoir le besoin de plus de démocratie au travail dans le cadre de la présidentielle”, nous a-t-elle indiqué.

“Une éventualité que la CFDT ne participe pas”

Il reste cependant une embûche sur le chemin des partenaires sociaux, Marylise Léon en convient : la situation bloquée à l’Agirc-Arrco. Le patronat ayant refusé de revaloriser les retraites complémentaires, deux organisations syndicales (CGT et CFE-CGC) ont saisi la justice. Pour Marylise Léon, “cela revient à demander un arbitrage sur un texte qu’on a écrit nous-mêmes”. De l’avis de la secrétaire générale, la négociation Agirc-Arrco “sera déterminante pour la suite de l’agenda autonome”. Et même plus : “L’absence de revalorisation n’est pas entendable. En cas d’échec à l’Agirc-Arrco, il existe une éventualité que la CFDT ne participe pas à l’agenda autonome”, ajoute-t-elle en mettant la pression sur le patronat. Un prochain “tour de piste” placera bientôt les partenaires sociaux autour de la table.

Les héritages pour financer la protection sociale

Autre sujet à l’agenda, le financement de la protection sociale. Sur ce point, la leader de la CFDT ne soutient pas le projet de TVA sociale porté par certains candidats à la présidentielle. “C’est regarder les choses par le bout de la lorgnette et une façon de déresponsabiliser les employeurs”, a-t-elle tranché. En revanche, elle se dit favorable à l’instauration d’une cotisation patronale afin de compenser les effets des suppressions d’emplois liées à l’intelligence artificielle.

Sa proposition de taxer les héritages de 1 % dès le premier euro a fait grand bruit mais elle l’assume : “Seulement 15 % des héritages sont taxés en France, notre mesure apporterait 9000 milliards d’euros entre 2025 et 2040”.

Elle portera également un élargissement du patrimoine des dirigeants d’entreprises dans le dispositif de transmission des entreprises Pacte Dutreil. Enfin, la gouvernance du régime des retraites de base ne pourra, selon elle, être confiée aux partenaires sociaux uniquement “si on considère qu’ils sont les mieux placés pour le faire, qu’on leur donne les marges de manœuvre et qu’on définisse l’articulation des rôles du gouvernement et du Parlement”.

Partage de la valeur et transparence salariale

La CFDT entend également remettre sur la table le partage de la valeur. “Nous avons signé un accord sur le partage de la valeur [retranscrit dans la loi du 29 novembre 2023]. Les résultats ne sont pas au rendez-vous. Nous avons commencé à contacter certaines branches professionnelles”, regrette Marylise Léon.

Autre priorité : la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale. Marylise Léon espère que le texte pourra avancer rapidement : J’espère qu’il y a une fenêtre de tir avant d’être congelé par le débat présidentiel”.

Elle rejette les critiques patronales contre une réglementation jugée trop complexe. Le patronat ne veut pas admettre qu’il devra expliquer la politique salariale”, estime-t-elle. La CFDT sera notamment attentive aux seuils retenus pour apprécier le travail de valeur égale et aux informations communiquées aux représentants du personnel.

Un “bouclier social climatique”

Deuxième grand chantier : l’adaptation du travail au changement climatique. La CFDT défend la création d’un “bouclier social climatique” afin de mieux protéger les travailleurs face aux vagues de chaleur et aux événements climatiques extrêmes.

“On demande un bouclier climatique, plus de dialogue social sur ces enjeux, des entreprises qui négocient des plans de continuité de l’activité”, explique Marylise Léon.

La centrale réclame notamment des plans de continuité d’activité “canicule” obligatoires et négociés, une adaptation des rythmes et des horaires de travail, le renforcement des contrôles, le recours à des modalités adaptées de télétravail ainsi qu’une clarification de l’activité partielle. Elle veut également étendre la protection au-delà des seuls salariés, en incluant les indépendants et les saisonniers. L’objectif est de “sortir de l’exception” pour faire de l’adaptation climatique une composante permanente de la prévention des risques professionnels et du dialogue social.

Arrêts maladie : pas de réponse “punitive”

Sur les arrêts maladie, enfin, Marylise Léon s’oppose à une politique centrée sur la sanction et les économies budgétaires. “La meilleure réponse, c’est de comprendre ce qui se passe au travail, mettre en lumière le travail réel et voir les moyens d’adapter le travail à l’homme”. Pour la CFDT, l’augmentation des arrêts maladie doit d’abord conduire à interroger les conditions et l’organisation du travail. “Punir ne résoudra pas les problèmes de fond, les dysfonctionnements dans le travail”.

Marylise Léon alerte également sur la progression de l’incapacité, de l’invalidité et des licenciements pour inaptitude. “Si les politiques veulent répondre d’une manière punitive, on ne résoudra pas le problème. On ne résoudra pas le problème par des coups de rabot”. Autant de sujets que la CFDT entend désormais porter dans la campagne, avec la volonté de “peser sur les programmes” des candidats et de placer le travail, les salaires et la transition écologique au cœur du débat présidentiel.

Marie-Aude Grimont, Anne Bariet